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Interview   

Dialogue des corps sur Radio Metal


Naan sérieux ?! » : voici la réaction que Metalo a eue il y a quelques minutes quand je lui ai annoncé que ce mercredi 7 juillet le Douc (fusion du Duc et de moi-même pour ceux qui ne suivent pas nos (d)ébats hebdomadaires) recevra le groupe Abinaya. Dans un geste d’imperator et considérant que, durant ses trois ans et demi d’activité au sein de Radio Metal, Metalo avait fait un travail globalement correct votre serviteur a eu la magnanimité d’accepter sa présence lors de cette interview téléphonique !

Un véritable risque lorsque l’on connaît les très fortes inimitiés entre le D(ou)c et Metalo suite à des histoires pénibles de canapé dont l’évocation ferait clairement de la peine à Christine Boutin. Metalo vs Do(u)c, D(o)uc vs Metalo : le combat s’annonce rude mais, entre les échanges de coups, nous parlerons quand même de Corps, le deuxième album d’Abinaya sorti l’année dernière.

Interview :

Abinaya existe depuis un petit moment. Est-ce que tu pourrais présenter rapidement le groupe pour tous ceux qui ne vous connaitraient pas encore? D’ailleurs serait-il possible de ne pas connaître Abinaya aujourd’hui ?

Igor : Je crois que c’est impossible vu le mal que l’on se donne (rires)! Alors, c’est très simple. On s’est formé dans les alentours de 2001-2002. On a commencé avec un petit premier album où la base de départ de notre musique était déjà présente, à savoir les guitares avec des grosses distos sur des percus, à la différence qu’à l’époque on était beaucoup plus dans de la « relique ». Du rock/blues donc. Ensuite, il y a eu la rencontre avec Andreas Santo (basse) et Nicolas Vieilhome (batterie). C’est ainsi qu’avec Nicolas Heraud (percus), déjà présent sur le premier album, on a sorti notre second album en juin dernier. Cette fois, on a un peu durci le ton mais on a tout de même conservé ce côté percus qui fait, selon moi notre originalité, avec le chant clair en français.

Considères-tu ce côté percu comme une marque de fabrique chez Abinaya ?

Oui, c’est certain. Cela fait longtemps que je connais Nico qui s’occupe de la percu et j’ai donc toujours eu cette vibration lorsque je joue de la guitare. D’ailleurs, j’ai besoin de l’entendre en live, cela me permet de passer un bonne demi-heure ou heure sur scène. De plus, la percu est vraiment prise en compte dans le processus de composition donc ce côté un peu tribal est une véritable identité pour nous.

Du coup, serais-tu influencé par un groupe comme Tryo dont le côté percussion est pas mal mis en valeur ?

J’en écoute c’est vrai mais à la base, mon trip percus vient de Sepultura et Soulfly. J’ai beaucoup écouté les derniers albums de Soulfly et j’ai été également voir Sepultura au Nouveau Casino la dernière fois. Lorsque tu vois Derek (Green) taper sur de gros djembés, ça te prend vraiment aux tripes. Tu peux avoir énormément d’imagination qui peut venir se greffer dessus comme un délire de jungle bien entendu mais également un délire viking, martial, oriental…Je trouve que le côté percussif développe l’imaginaire. Mais je suis aussi un gros amateur de grosses guitares (rires)!

Andreas Kisser de Sepultura justement a beaucoup apprécié votre musique et vous l’avez même rencontré. Comment cela s’est-il passé ?

On a pu rencontré Andreas Kisser grâce à Roger Weissier de Replica Records. On bosse un peu dans son label, du coup il nous a eu des pass lors du dernier concert de Sepultura au Nouveau Casino. On a pu rencontré Andreas, Derek et le batteur. Comme notre Andreas à nous est brésilien et il s’avérait qu’ils habitaient un peu dans le même coin au Brésil. Ils se sont donc montrés super sympas. Le coup de bol a fait que j’avais un album d’Abinaya sur moi donc je leur ai donné pour qu’ils puissent écouter ce que l’on faisait. C’est ainsi que deux semaines plus tard, je reçois un mot sur mon myspace où Andreas m’a dit qu’il avait chroniqué Abinaya sur son blog et qu’il avait adoré (rires)!

A la première écoute, on pourrait dire qu’Abinaya serait la rencontre improbable entre Trust et Sepultura. Ta voix fait quand même rappeler celle de Bernie. Qu’en penses-tu ?

Exactement, d’ailleurs, je l’avais dit dans une autre interview pour un fanzine l’autre fois. Abinaya serait la rencontre improbable entre Trust, Noir Désir, Sepultura et les guitares à la Black Label Society. Tu vois le genre? (rires)

En effet, c’est très improbable comme mélange (rires)…

C’est vrai que ce côté original a été un bon moyen de se faire connaître pour nous. Ce délire à la fois de chant clair en français, de grosses guitares et de percus nous fait sortir des sentiers battus. C’est vrai que ce côté OVNI peut nous discréditer mais pour le moment, ça se passe super bien.

Metal’O Phil nous a confié qu’il s’était pris une énorme claque d’un point de vue musical mais également au niveau visuel lorsqu’il vous avez vu au Raismefest 2009. Le percussionniste a en effet l’habitude de jouer son instrument en faisant des mouvements de capoeira, ce qui rend le show surprenant et impressionnant. Il nous a aussi confié que les grosses claques qu’il s’était pris pendant ce weekend étaient principalement issues de la scène découverte. Est-ce que cela te surprend ?

En descendant de scène, cela m’avait bien surpris, c’est vrai. Par la suite, j’ai lu quelques live reports de ce festival et on retrouvait beaucoup cet état de fait. Ca m’a fait super plaisir bien sûr! D’ailleurs, un journaliste belge a fait un classement des 10 meilleures prestations de l’année selon lui. On retrouve bien sûr des pointures comme Metallica et consort. Quelle ne fut pas notre surprise de voir le nom d’Abinaya à la troisième place (rires)! Ca m’a vraiment fait halluciné, surtout pour un show de scène découverte du Raismefest. Peut-être étions-nous particulièrement en forme ce soir là. Après c’est vrai que le fait que Nico danse beaucoup donne un plus. Peut-être y a-t-il une classe naturelle chez nous qui fait que… enfin je ne sais pas (rires)!

Justement, peux-tu nous en dire plus à propos de cette danse que pratique Nico ?

Nico s’occupe de la percu au sein d’Abinaya mais il faut savoir qu’à la base, c’est un cracheur de feu. Je l’ai connu dans des festivals de pyrotechnie à 2 ou à 3 avec de la danse, de la chorégraphie. J’ai toujours considéré que les capacités de Nico étaient un atout vraiment fort pour nous, d’autant plus que c’est un mec bien foutu et bien baraqué…

En fait, c’est un plus par rapport à votre public féminin pour résumer (rires).

Peut-être, peut-être! Mais c’est vrai que je trouvais que le concept de la percu donnait plutôt bien et ce mix que l’on développe passe très bien le cap de la scène. Je me rappelle que j’avais été scotché par les prestations de feu du premier Hawkwind, juste avant que Lemmy ne se fasse virer du groupe. J’avais vraiment été impressionné par les crachages de feu avec la musique psychédélique de Hawkwind. Ce concept m’a toujours attiré, à l’instar des performances de Rammstein pour en venir à des choses plus récentes. Le côté feu fait dégager une énergie un peu païenne, un peu tribale, et je pense que Nico apporte vraiment cela au groupe. J’espère qu’au Free Wheels, le mois prochain, on pourra bien leur botter le cul avec ça!

Est-ce que tu penses que la préparation scénique doit vraiment être effective dans un groupe ou c’est quelque chose de vraiment naturel ?

De ce point de vue là, franchement, on ne prépare rien du tout. C’est spontané cette façon de faire chez nous.

Andreas : Tu sais, je tiens à dire que le metal fonctionne très bien au Brésil car c’est un style vraiment ouvert. Les groupes brésiliens n’ont aucun problème sur le fait d’utiliser des instruments différents.

C’est vrai que tu es Brésilien Andreas. Te sers-tu de ces influences et cette origine différente des autres membres dans ton jeu de basse ou dans la composition ?

Oui, je tape sur ma basse (rires)! Après, en revenant à Nico, il a bel et bien son jeu personnel. Moi, de mon côté, on ne peut pas dire que je construis quelque chose de personnel. Tout cela est le reflet de mes influences: la scène thrash brésilienne mais également la scène américaine des années 80, comme Anthrax, Megadeth… Ce qui explique pourquoi je saute sur scène et tout. En fait, chacun au sein d’Abinaya a son propre style car nous avons des influences différentes et venons d’horizons différents.

Avec ce que vous nous expliquez là et les échos que l’on a eu auparavant, cela donne vraiment envie de vous voir. Abinaya vaut son pesant de cacahuètes, qui plus est, brésiliennes !

Ecoute, il y a acajou, tous les fruits un peu tropicaux. Enfin, il faut que ce soit noir pour que cela convienne avec le metal (rires)!

Peux-tu nous dire un mot sur les thématiques des paroles d’Abinaya ?

Alors là… Ce n’est pas mon créneau du tout! Je ne fais que m’exciter sur scène, tu sais (rires)! C’est Igor qui s’occupe de cela car il est très doué là dessus. Ecrire des choses en français, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est la même chose au Brésil. Certains groupes se risquent à écrire leurs chansons en portugais mais le résultat est rarement probant. En anglais, cela sonne toujours mieux car la cadence du temps est respectée plus facilement. J’avoue que Igor se débrouille bien mais je ne suis pas trop réceptif au chant français dans le sens où c’est plus quelque chose de parler et non mélodique comme cela devrait l’être. Je pense qu’Igor a une sorte de don pour cela et il en prend un énorme plaisir. En plus, il y a un bon équilibre entre le rock et le metal dans son chant, ce qui fait que je suis plus réceptif à ce que fais Abinaya sur cet aspect que d’autres groupes chantant en français.

Metal’O Phil nous a également fait part des défauts qu’il avait relevé chez Abinaya. Premièrement, il nous disait que les titres passaient très bien un par un mais que sur la longueur, cela devenait vite redondant. Que peux-tu dire à ce sujet ?

Igor : Je me souviens que lorsque l’on était descendu de scène, il nous avait dit que notre trip rythmique était super mais que « trop de rythmique tue la rythmique ». Je dois dire que j’ai garder son expression là dans la tête. Après cet aspect redondant, tu sais… Quand je vais à un concert de metal, je relève souvent de la répétition (rires)! C’est souvent le même plat qui est resservi non-stop. On essaie de varier mais qu’est-ce que tu veux, la percu est toujours là, je suis également le seul à la guitare. On est réellement un trio, cela reste donc basique de ce point de vue là. Par contre, ce que je peux te dire, c’est que l’on ne s’est jamais ennuyé lors de nos concerts. C’est quand même le premier critère pour faire une bonne prestation.

Je pense que sa réflexion se faisait plus au niveau de vos compositions et non à la prestation en tant que telle. Son second point, au niveau des défauts, était le côté linéaire que pouvait avoir ton chant. Moi, il me fait beaucoup pensé à celui de No One Is Innocent. Es-tu d’accord avec cette remarque ?

Oui, en plus, je le connais Thomas! Je l’ai croisé quelques fois et je lui ai donné l’album, il avait adoré! En plus, il y a des chances que l’on se retrouve en live avec eux. Ils ont trouvé un autre tourneur et c’est possible que quelques petits plans se concrétisent.

C’est vrai que vu que vos timbres se rapprochent, ce serait vraiment le bon plan! Par contre, ce côté linéaire évoqué: est-ce que tu en es conscient ou est-ce une remarque que tu ne comprends pas trop ?

Non, je m’en rends très bien compte. J’ai un organe vocal très standard, pas très puissant. Comme dirait un spécialiste, je n’ai pas beaucoup de spectre dans la voix. De ce point de vue là, je ne peux le contredire. En même temps, je suis un peu devenu chanteur d’Abinaya par accident. Aux touts débuts, on avait un chanteur puis il a fini à ne plus venir en répèts. J’étais le seul à chanter à peu près juste dans le groupe donc le batteur de l’époque m’a demandé de me coller au micro.

A la base, tu étais un guitariste pur ?

A la base, oui. Puis le chant s’est introduit petit à petit. Je n’ai jamais pris de cours, donc je n’ai jamais réellement bossé mon chant. Par contre, maintenant, j’ai découvert quelque chose de bien. Je bosse avec des In-eat Monitors, chose que je n’avais pas encore au Raismefest. Je me souviens des retours ignobles que l’on pouvait avoir dans le passé, même sur des grosses scènes. On entendait surtout les kicks et à l’arrivée, on ne s’entendait pas très bien. Avec ça, je m’entends mieux et j’arrive, je trouve, à progresser. Tout du moins, j’essaie. En conclusion, le côté linéaire: en progrès (rires)!

C’est bien de voir que vous arrivez à vous rendre compte de vos défauts car ce n’est pas donné à tout le monde de les reconnaître et de les accepter…

En effet, mais je ne suis pas du genre à me mettre sur un piédestal non plus. A dire vrai, lorsque notre album est sorti, on croyait vraiment que l’on allait se faire descendre car notre musique est difficilement étiquetable. C’est déjà un beau cadeau pour nous de voir que toutes les chroniques dans les webzines sont positives. Il y a même des chroniques qui viennent d’Australie ou d’Autriche qui sont super sympas. Ces réactions ont été une vraie surprise pour nous!

Est-ce que vous avez des envies de compositions dans le cadre d’un nouvel album en ce moment? Avez-vous commencé à travailler dessus? Et surtout, où en êtes-vous au niveau concerts en ce moment ?

Pour le nouvel album, on a déjà commencé oui. On a déjà 3 nouvelles compos que l’on est en train de mettre au point dont une sera jouée, on l’espère, durant le Free Wheels en août, le prochain gros festival où l’on jouera. Pour l’instant, c’est un peu prématuré de parler véritablement d’album puisque Corps est encore assez frais. Après, c’est vrai que niveau composition, on avance tout le temps. Chaque semaine, chacun apporte quelque chose: une ligne de basse, de guitare, de batterie… On enregistre tout cela pour le faire passer en mp3 à Nico. Pour ce qui est des concerts, comme je l’ai dit, on sera sur la scène du Free Wheels vers 17h je crois, à Courpière dans le Puy de Dôme. Le 23 octobre, dans l’arrière pays Niçois, on devra ouvrir pour Vulcain, si tout se passe bien. C’est vraiment génial car Vulcain, cela me ramène à mon adolescence!



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