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Chronique   

Diamond Head – Lightning To The Nations 2020


Sans Diamond Head, un certain nombre de groupes n’auraient peut-être jamais vu le jour ou, en tout cas, ne seraient peut-être pas tout à fait les mêmes. C’est aussi simple : Diamond Head a été une inspiration de premier choix pour une multitude d’acteurs de la scène NWOBHM ou thrash, dont un certain Metallica. Ce dernier lui a d’ailleurs rendu hommage très tôt avec une reprise de « Am I Evil ? » sur la face B du single « Creeping Death » de 1984 (celles de « Helpless », « The Prince » et « It’s Electric » ont suivi quelques années plus tard). L’influence de Diamond Head est due à la réception de son premier opus Lightning To The Nations (1980). Un album aujourd’hui culte, celui qui a fait naître tous les espoirs d’alors quant à la carrière de Diamond Head. Si cette dernière n’a peut-être pas atteint les sommets promis, reste que Lightning To The Nations est un album iconique dans l’histoire du heavy. Pas moins. Ainsi, lorsque Diamond Head prévoit de le réenregistrer pour fêter ses quarante ans d’existence suivant une idée du batteur Karl Wilcox, il prend des risques. Il s’agit de ressusciter un titan du genre avec le line-up actuel et les moyens de production contemporains. Si les pontes de l’authenticité peuvent crier au scandale, Diamond Head a indéniablement le sens de la célébration.

Diamond Head a multiplié les sessions d’enregistrement pour ce cru 2020 de Lighting To The Nations. Il a donc bénéficié de la « patte Covid-19 » et son recours au home studio sans en être grandement affecté (les prises de batterie ont été effectuées en France en février, avant le confinement). En complément, ce sont les Raw Sound Studios qui ont servi de quartier général, évidemment dirigés par le chanteur-producteur Rasmus Bom Andersen. Le travail effectué par Diamond Head est remarquable, il suffit de comparer les premières secondes de « Lightning To The Nations » et son introduction iconique avec l’original. La production est à des années-lumière et ne dénature pas l’identité sonore de Diamond Head. La part belle est laissée aux guitares, massives sur le riffing et tranchantes lors des leads, soutenues par une frappe puissante à la batterie. Rasmus Bom Andersen insuffle une véritable énergie au titre (avec quelques vocalises héritées du live sur l’intro) et à l’album dans son intégralité. Non, l’exercice du réenregistrement n’est pas vain. Le line-up actuel ne reproduit pas réellement tout à l’identique, il y a des passages qui, sans être explicitement réinterprétés, obéissent aux doigtés, à la frappe et au feeling des musiciens actuels. La plage funk qui émerge au sein de « The Prince » paraît moins exubérante et tranche moins avec l’identité heavy du morceau, tout en gardant son groove. « Sucking My Love » perd en parenté avec Led Zeppelin et gagne en intensité grâce à un son beaucoup plus appuyé et des rythmiques plus marquées. Surtout, cette nouvelle production rend hommage aux élans progressifs de Lightning To The Nations. « Am I Evil ? » est transfiguré par le seul son de guitare. Il ne faut pas s’y tromper, Diamond Head n’a pas seulement effectué une mise à jour sur ce plan, il est allé chercher l’excellence.

Ce Lightning To The Nations 2020 est accompagné de quatre reprises de groupes qui ont marqué Diamond Head. La présence d’« Immigrant Song » de Led Zeppelin s’explique aisément par l’influence historique de ce dernier sur Brian Tatler et par les parallèles évidents avec Robert Plant en termes d’interprétation vocale sur Lightning To The Nations. Un exercice que Rasmus Bom Andersen réussit sans démériter. Le « Sinner » de Judas Priest bénéficie d’une identité sonore adéquate avec des guitares davantage « old-school » et voit à nouveau la versatilité de Rasmus Bom Andersen s’exprimer, à l’aise dans les timbres haut perchés que privilégie Rob Halford. « Rat Bat Blue » de Deep Purple s’avère être un autre choix judicieux. Diamond Head joue sur ses forces en esquivant le problème du clavier en choisissant ce morceau. La guitare le remplace au pied levé, compromis néanmoins discutable tant les phrasés de clavier de « Rat Bat Blue » sont essentiels à l’atmosphère du morceau. C’est surtout « No Remorse » de Metallica qui retient l’attention. Une réponse à la reprise « Am I Evil ? » effectuée par ces derniers il y a trente-six ans. Elle est l’exercice le plus cohérent avec l’effort de production déployé sur ce nouveau Lightning To The Nations. Rasmus Bom Andersen conserve les accents nasillards de James Hetfield en accentuant les aigus. Au-delà de l’exécution proprette du morceau, c’est surtout l’intention de Diamond Head qui est louable.

Lightning To The Nations 2020 a trois avantages. Soit il vous incite à réécouter l’original en vous rappelant sa qualité d’écriture, soit il vous le fait découvrir, soit il vous le « revigore » par une production amoureuse et soucieuse d’effacer les lacunes d’antan. Dans tous les cas, il n’empêche pas la première œuvre d’exister, son interprétation étant suffisamment différente pour ne pas devenir obsolète, sans oublier le charme d’une époque qu’on ne peut recréer. Reste que la version 2020 prouve une chose : la bonne musique est intemporelle.

Clip vidéo de la reprise de « No Remorse » (Metallica) :

Clip vidéo de la chanson « Am I Evil? » :

Album Lightning To The Nations 2020, sortie le 27 novembre 2020 via
Silver Lining Music. Disponible à l’achat ici



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