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Nouvelles Du Front   

Dillinger n’entre dans aucun plan


Les Dillinger Escape Plan sont actuellement en studio afin de fournir un successeur à Option Paralyis, sorti en 2010, et qui sera la sixième offrande studio du groupe. Dans une interview accordée au site américain Noisecreep, Greg Puciato revient sur cet enregistrement, notamment, et plus largement sur ce qui fait la particularité de DEP, un groupe dans lequel rien ne se passe comme dans un autre: « Dillinger est une bête différente de tous les autres groupes à l’enregistrement », commence-t-il, « même Steve [Evetts, le producteur du groupe, ndlr.] m’a dit qu’aucun autre groupe qu’il avait enregistré ne requérait un tel niveau d’attention aux détails. »

Par conséquent, l’enregistrement de l’album a pris trois semaines de retard et le groupe prévoit désormais une sortie pour avril ou mai de cette année. Mais Greg Puciato n’a cure de ces délais et souhaite avant tout délivrer un album réussi, car s’il n’a jamais regretté un seul des albums de Dillinger Escape Plan sur lesquels il a travaillé (depuis son arrivée dans le groupe en 2001), il reconnaît qu’un des albums du groupe, Ire Works sorti en 2007, était « décousu », mais que « c’était le mieux que nous pouvions faire à l’époque étant donné les circonstances ».

En effet, aujourd’hui les conditions de travail ne sont plus les mêmes pour Greg Puciato et ses sbires. Lorsque le groupe travaille à l’élaboration d’Ire Works en 2007, ils se retrouvent à sept dans une petite chambre d’hôtel pour enregistrer les titres, avec un nouveau batteur, Gil Sharone, avec qui ils n’ont encore jamais joué. Le groupe, à cette époque, est à deux doigts de la séparation mais grâce à cette atmosphère chaotique sort un album sincère, colérique et dont l’énergie est saluée.

Aujourd’hui, les circonstances sont bien meilleures pour les Dillinger Escape Plan, qui, malgré le départ de Jeff Tuttle parti se concentrer sur ses autres projets (dont Old Gods), n’ont pas peur de cet énième changement de line-up, eux qui ont déjà connu le renouvellement de tous les postes du groupe depuis sa création. Option Paralysis a été très positivement critiqué par les médias et le public, et le groupe a assis définitivement sa réputation mondiale de groupe de scène grâce à une tournée mondiale pléthorique pour le soutenir, et des performances qui restent dans les mémoires des spectateurs. Car Greg Puciato n’est pas du genre à s’économiser en concert. Il grimpe à peu près partout où il peut le faire, crache du feu, balance les instruments… montre qu’il n’a pas rejoint un groupe dont il était le premier fan pour y faire de la figuration.

Le nouvel album est toujours selon Greg, « l’album le plus dingue » qu’ils aient enregistré. Même si de nombreux groupes tiennent des propos de cet acabit à la veille de la sortie d’un nouvel opus, comment ne pas croire ce vocaliste qui fait rarement les choses à moitié ? « C’est le premier album, depuis que j’ai rejoint le groupe, où, lorsque Ben (Weinman, guitariste, ndlr.) m’a envoyé des chansons, j’ai dit : ‘Qu’est-ce qui se passe ? Ça sonne comme une ruche!’ » L’intégration du remplaçant de Tuttle, James Love, ancien guitariste du groupe revenu à ses premiers amours, fut donc relativement simple, lui qui connaissait déjà certains titres des débuts, ce qui a permis à Ben Weinman de se consacrer à l’écriture du nouvel album plus qu’à la transmission des anciens morceaux au nouveau.

Il y a aussi cette signature chez Sumerian Records, qui marque une nouvelle étape dans leur cheminement de carrière. A la veille de la sortie d’Option Paralysis en 2010, Dillinger Escape Plan avait fondé son propre label, Party Smasher Inc., pour obtenir cette fameuse indépendance de production que revendiquent tant d’artistes désireux d’assurer leur pérennité artistique par eux-mêmes. Ces adeptes du Do It Yourself ont donc aujourd’hui trouvé refuge chez Sumerian Records (après avoir sorti Option Paralysis chez les français de Season Of Mist, une parenthèse après des années passées chez Relapse), une maison dans laquelle ils se sentiront comme chez eux aux côtés des Born Of Osiris ou Periphery. En effet, Ash Avildsen, le fondateur de Sumerian Records, accorde une place toute particulière dans son label aux formations qui assurent eux-mêmes leur promotion et l’organisation de leurs tournées. Comme il l’avait confié l’année dernière à Noisecreep, il a lui-même bâti son univers, aujourd’hui reconnu par le milieu Metal. Ça tombe plutôt bien, car les Dillinger ont grandi et évolué loin de tout carcan de l’industrie du disque, réservant, par exemple, l’aspect de la production à leur producteur historique, Steve Evetts, proche du groupe, qui a tenu bon contre vents et marées. Un label à leur image, en somme.

Et Dillinger n’a jamais souhaité suivre la voie des autres, ou une voie qu’on aurait pu lui tracer : « A une certaine époque, les majors et managers nous chauffaient sérieusement en nous disant : ‘Les gars, vous êtes les prochains System Of A Down, ou les prochains Slipknot !’ Et ça nous a fait flipper. » Musicalement, toujours à la frontière entre Metal et Hardcore, même s’ils ne sont jamais tombés dans la grande vague Metalcore des années 2000, ayant réussi le pari de réunir les deux publics dans les mêmes concerts, Greg Puciato et les Dillinger par sa voix se sentent pourtant beaucoup plus proches du mouvement Hardcore car, pour lui, le Metal « a une esthétique et une mentalité très différentes de la nôtre. »

Ce qui explique aussi la multiplicité des projets musicaux dans lesquels le chanteur s’est impliqué ces dernières années: le projet Electro d’Iggor Cavalera, Mixhell (il donne de la voix sur le titre « Exit Wound »), des collaborations avec Deftones, Soulfly, Devin Townsend ou Every Time I Die… On peut suivre les avancées du groupe sur le nouvel album grâce aux messages laissés par le frontman sur les réseaux sociaux officiels du groupe, et apparemment, il s’époumone à nouveau de toutes ses forces sur l’opus à venir, au point de « voir les étoiles une dizaine de fois » lors de l’enregistrement des titres.

Et là encore, le propos Hardcore n’est pas loin quand il donne sa vision du chant agressif: « Sois égoïste, mais pas prétentieux. Si tu cries dans une chanson, je veux ressentir de la spontanéité et de l’émotion. Ne crie pas à propos du Cosmos ou de science-fiction orwellienne de merde. Je préfère entendre un gamin crier ‘Fuck you Parents & Teachers’ qu’un trentenaire crier de la pseudo-philosophie sur de la branlette de manche. » Greg Puciato, s’il ne voit pas la musique avec des œillères, n’est définitivement pas un homme de compromis.



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