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Live Report   

Disturbed s’adresse aux consciences avec bienveillance


Partage. C’est sans doute l’un des mots qui prédominent lorsque l’on pense aux concerts de Skindred et Disturbed. Même si l’on pourrait également rajouter entre autres « énergie », « joie », « interactions » dans le panier des idées clés. Ces termes, les fidèles lecteurs de live reports en tous genres ont pour habitude de les retrouver concernant bien des artistes différents… Mais c’est justement quand ce dynamisme scénique des artistes est partagé avec une personnalité unique et affirmée qu’il devient, in fine, intéressant à décortiquer.

Les Gallois de Skindred déploient ainsi une énergie incroyable sur scène. Le groupe étant particulièrement important en Angleterre – on se souvient notamment de prestations d’anthologie au Download anglais devant une foule très nombreuse et conquise –, il est toujours étonnant de constater que son développement en France reste poussif, comme si la mayonnaise avait du mal à prendre. Le fait d’avoir joué dans la petite Maroquinerie en février, puis d’y revenir refaire un show le 18 décembre prochain, étant un choix surprenant.

Disturbed se trouve, lorsqu’il vient en France, dans un cas finalement assez similaire. Le concert du jeudi 9 mai donné à l’Elysée Montmartre affichant complet, David Drainman affirmera d’ailleurs sur scène espérer que le groupe puisse se produire à Paris dans une salle plus importante la prochaine fois, même s’il déclare également apprécier jouer dans des cadres intimistes. Le fait est que Disturbed est un groupe qui remplit d’immenses enceintes aux Etats-Unis, donc il paraît logique qu’il se sente à l’étroit sur une scène comme l’Elysée, et sûrement un peu frustré de ne pas être en mesure de proposer à ses fans un show visuel et pyrotechnique à la hauteur de son standing.

Skindred est monté sur les planches à 19H30. Si les premiers rangs savaient que la soirée allait être mouvementée, le groupe a facilement su convaincre le reste de l’audience. Cette dernière répondant parfaitement aux injonctions du chanteur Benji Weebe qui la fera s’asseoir pour ensuite la faire sauter à l’unisson ! Le frontman de Skindred transmet une énergie positive toujours aussi appréciable. Constamment en train de faire des blagues ou de faire réagir son public, Benji est un chanteur qui propose une attitude scénique originale où sa joie de vivre est communicative. Le public se marre et secoue la tête aux rythmes du metal métissé de Skindred. Une mise en bouche qui, très clairement, fut bien plus qu’une mise en bouche, avec des musiciens hyper dynamiques et heureux d’être là.

Setlist :

That’s My Jam
Kill The Power
Nobody
Rat Race
Warning

Disturbed aura, de son côté, effectué un show plus américain à bien des égards. Après une très longue introduction sur l’écran géant qui met en avant l’histoire du groupe et la communion avec ses fans, le concert démarre avec « Are You Ready » extrait du dernier album du groupe, Evolution. Les musiciens sont en forme, mention spéciale au batteur Mike Wengren qui montre sur chaque frappe son envie d’en découdre. La setlist est équilibrée et insiste sur le dernier album du groupe avec quatre titres, tout en mettant aussi en avant The Sickness, le premier album de Disturbed sorti en 2000, avec le même nombre de morceaux. Surtout, outre les deux reprises « Land Of Confusion » (Genesis) et « The Sound Of Silence » (Simon & Garfunkel), chaque album du groupe a droit à au moins un titre.

En débardeur, David Drainman est chaleureux, naturel et concerné. Le frontman parle avec sincérité à son public. Le sujet de la dépression est au cœur du discours du chanteur, ce dernier incitant le public à toujours faire attention aux comportements des personnes de son entourage. Une action positive mais qui donne une couleur assez étrange à cette soirée, particulièrement quand le frontman de Disturbed demande aux spectateurs de lever la main s’ils ont connu eux-mêmes la dépression. Car cela donne un peu le sentiment d’assister à une réunion des dépressifs anonymes, ce qui sort clairement des sentiers battus d’un concert traditionnel de metal ! Devant le nombre impressionnant de mains levées, David Drainman évoquera le fait que, qui que nous soyons, nous ne sommes pas seuls. Un discours fort, bienveillant, plein d’émotions et qui respirait la tendresse.

Mais ne vous méprenez pas, ce concert fut très loin d’être mou ! « Stupify », « Ten Thousand Fists », « Down With The Sickness » et consorts se marient très bien en live avec les nouvelles compositions du groupe qui, même si elles ne sont clairement pas du même acabit, s’écoutent avec plaisir en concert. D’autant plus lorsque le son est d’aussi bonne qualité. Le public est à fond et aura profité comme il se doit de ces dix-huit titres dont le nombre souligne, une nouvelle fois, la générosité des Américains. Alors, comme dirait Valérie Trierweiler, merci pour ce moment !

Setlist :

Are You Ready
Prayer
The Vengeful One
The Animal
Stupify
Voices
Land Of Confusion (reprise de Genesis)
Ten Thousand Fists
The Game
No More
A Reason To Fight
Hold On To Memories
The Sound Of Silence (reprise de Simon & Garfunkel)
Indestructible
Inside The Fire
Rappels :
The Light
Stricken
Down With The Sickness

Photo Disturbed : Loic « Lost » Stephan (Paris 2017)
Photo Skindred : Nicolas Gricourt (Hellfest 2017)



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