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Interview   

Down décompose sa palette de couleurs en quatre tableaux


Il lui en a fallu du temps à Down pour donner un successeur à III: Over The Under. Pourtant maigre est la récompense de l’attente diront les plus médisants puisque celle-ci se retrouve être Down IV Part I – The Purple EP, un premier EP d’une série de quatre. Un EP composé de six titres que le groupe qualifie en quelques sortes de « retour aux sources », même si les mêmes médisants évoqués plus haut diront que Down n’a jamais vraiment quitté ses sources. Sans doute que le groupe fait référence à l’allure plus brute et « boueuse » de cet EP en comparaison à son prédécesseur plus léché, selon les standards de la scène Stoner / Sludge de la Nouvelle-Orléans. « On n’aime pas les enregistrements trop ‘lisses’, trop ‘produits' » nous disait Kirk Windstein, guitariste du groupe, lorsque nous l’avons rencontré au Motocultor Festival, où son autre groupe, Crowbar, s’est produit. « On préfère la baraque de Phil (Anselmo) où on peut jammer et boire des bières. C’est cette atmosphère particulière que nous recherchons » explique-t-il.

Il y a un an et demi ce même Kirk Windstein nous affirmait que le groupe possédait une liste de treize ou quatorze chansons mais il ne semblait pas très bien savoir ce que le groupe allait en faire. A vrai dire, cela faisait depuis 2009 qu’il était question de sortir un EP pour faire patienter… Mais « le timing n’était pas bon » s’expliquait-il pour ce retard. Quatre mois plus tard, nous rencontrions de nouveau le guitariste : à ce moment-là les plans s’étaient considérablement éclaircis. On se retrouvait face à un groupe ayant pris conscience que l’industrie du disque se métamorphosait et qui essayait, par conséquent, de nouvelles options. L’essai est en train de se concrétiser en cette série de quatre EPs exposant quatre orientations musicales bien distinctes. « Ça sera un peu une sorte d’album géant » nous dit Pepper Keenan, l’autre guitariste de Down interviewé il y a quelques semaines à l’occasion de la sortie du disque. « Il y a plusieurs styles différents dans lesquels on veut se balader, donc on va pousser la musique de Down dans des directions différentes pour les prochains EPs. […] On est là-dessus depuis un bout de temps, donc on commence à avoir un plan en tête. »

« On serait toujours en studio là si on avait décidé de faire un album entier. L’EP nous donne donc plus de liberté pour tourner, sortir de la nouvelle musique et ne pas être coincés sur un album géant. »

Comme pour répondre aux inquiétudes quant au manque de productivité du groupe, Windstein, de son côté, joue la carte du « moins mais mieux » en affirmant que « au lieu d’enregistrer douze chansons pour un disque d’une heure, tu auras sur chaque EP le meilleur de ce que nous aurons composé : pas de remplissage, que des tueries ! » « Il y a six chansons qui tuent et elles sont vraiment heavy » ajoute-t-il au sujet de ce premier de la série. Pat Bruders, nouveau bassiste la formation et qui accompagne Windstein dans notre discussion, surenchérit en attestant que « ce sera un truc pour collectionneur : les quatre EP formeront un ensemble cohérent. » D’ailleurs, Windstein explique qu’il n’est pas impossible que les quatre EP – soit un total de vingt-quatre chansons – sortent dans un package spécial lorsque tous auront vu le jour.

Cependant, il va falloir être patient. Car lorsque nous demandons à Windstein si un EP sortira chaque année voire avant, celui-ci répond : « Oh, j’en doute, mec. Peut-être un tous les ans et demi. » Autant dire que Down conserve le rythme de sortie relativement lent qui l’a caractérisé jusqu’alors. A ce titre, on se souvient du chanteur Phil Anselmo affirmant que le fait qu’ils n’aient pas à écrire seize à vingt morceaux d’un coup les a allégé d’une grosse pression. Ceci donne assurément l’impression d’un groupe qui a du mal à trouver la route des studios et qui se sent davantage à son aise sur la scène.

Keenan explique les dires d’Anselmo et confirme par là même notre sentiment vis-à-vis de la scène : « Pour Down, on a bossé – combien d’années ? – quatre ans sur l’album précédent. On a donc décidé que ce serait bien mieux pour nous si on ne se mettait pas autant de pression et qu’on n’en écrive que huit à la fois. Comme ça on peut partir en tournée pendant quelque temps, ce qu’on adore faire de toute façon, et ne pas être coincés. Tu sais, on serait toujours en studio là si on avait décidé de faire un album entier. L’EP nous donne donc plus de liberté pour tourner, sortir de la nouvelle musique et ne pas être coincés sur un album géant, tu vois ? C’est mieux pour nous et pour notre planning de tournée. »

Windstein ajoute à cela, après lui avoir fait remarqué que III: Over The Under date d’il y a cinq ans, le fait que les membres du groupe sont accaparés par d’autres projets, en plus des longues tournées : « On ne veut pas attendre aussi longtemps. Mais ce qu’il faut aussi prendre en compte, c’est que depuis 2007, Phil a enregistré deux albums avec Arson Anthem, il dirige son propre label (Housecore Records) avec lequel il produit beaucoup de groupes, il a fini son album solo, on a enregistré le nouvel album de Crowbar. Donc, on ne chôme pas. Avec Down, on a aussi beaucoup tourné : plus de trente-six pays en deux ans, je crois ! »

Pat Bruders : « Travailler avec mes amis et faire la fête avec eux, je ne peux vraiment pas me plaindre. […] Un jour, Phil [Anselmo] m’a appelé et m’a dit : ‘Hey, Rex veut partir et faire son truc : ça te dirait de rejoindre le groupe ?’ C’est le genre d’opportunité que tu ne peux pas manquer. Depuis, tout se passe bien. »

Keenan affirme en revanche que, pour les membres du groupe, « Down semble être le truc principal en ce moment. Tout le monde est concentré sur ça. » Il explique également que la multiplication des projets de chacun n’a rien d’une nécessité et se fait naturellement : « Je pense – en particulier dans la région de la Nouvelle-Orléans – que tout le monde dans le milieu de la musique fait plein de trucs différents. C’est juste quelque chose qu’on fait tous. On aime la musique, point-barre. Down est un des projets mais il y a plein d’autres trucs que tout le monde fait de son côté. » Ça leur permet, entre autres, d’aborder des choses d’un point de vue musical que Down ne leur permet pas forcément : « Phil a ses trucs extrêmes qu’il aime faire de son côté. Moi j’ai mes trucs de blues acoustiques bizarres sur lesquels je travaille » dit-il, en ajoutant : « On sait ce que Down est censé faire. Notre attention – pour moi, personnellement – tourne principalement autour de Phil, ses paroles et ses capacités vocales. » Il reconnait cependant que Down cherche quelque peu à repousser ses limites créatives via les trois EPs à venir en comparaison de celui déjà sorti : « Il y a certaines choses dans Down, avec les autres EPs, qu’on va pousser et tirer un peu plus dans des directions différentes. Mais pour ce premier EP on a voulu retourner au style de NOLA et revenir en arrière, c’est ce qu’on a fait. »

A ce propos, ce premier EP est caractérisé par une pochette violette qui lui vaut le surnon de « The Purple EP » (l’EP violet) – faisant écho au Black Album de Metallica ou au White Album des Beatles. « Il n’a pas vraiment de nom en fait, c’est juste comme ça que les gens semblent l’appeler parce qu’il y a du violet sur la pochette. Mais il n’a pas de nom. Tu peux l’appeler ‘The Black Cross’ si ça te chante » nous dit Keenan avant de conclure sur le sujet : « Tu verras quand les prochains sortiront, l’ensemble sera cohérent. » Il faut savoir que c’est Keenan qui est à l’origine de l’idée visuelle derrière les quatres EP, comme nous le précisent Windstein et le bassiste Pat Bruders : « Généralement, c’est Pepper qui s’occupe de tout le visuel et ce genre de choses. […] Il est vraiment créatif et fait un super job. »

Cet EP est par ailleurs la première réalisation de Down sur laquelle Pat Bruders apparaît. Il avait intégré le groupe suite au départ de l’ex-Pantera Rex Brown, parti se concentrer sur son nouveau groupe Kill Devil Hill. Autant dire qu’il se montre très heureux quant à sa situation. « Je vais te dire mec, je ne pourrais pas obtenir de meilleur job ! » affirme-t-il avec enthousiasme et poursuit : « Travailler avec mes amis et faire la fête avec eux, je ne peux vraiment pas me plaindre. Par ailleurs, je connaissais déjà Kirk et Jimmy avant de rejoindre Down. Un jour, Phil m’a appelé et m’a dit : ‘Hey, Rex veut partir et faire son truc : ça te dirait de rejoindre le groupe ?’. C’est le genre d’opportunité que tu ne peux pas manquer. Depuis, tout se passe bien. »

Plus concrètement, quels changements son arrivée a-t-elle apportés à la musique de Down ? « Je suppose que c’est principalement qu’il joue avec ses doigts » explique Keenan. « Donc il a plus un son à la Geezer Butler. Kirk (Windstein, guitare) et moi avons fait les guitares rythmiques d’abord, puis il est venu se mettre par-dessus Jim (Bower, batterie) et ça collait parfaitement, on en était vraiment contents. […] Ça sonne toujours comme Down. C’est juste que comme il joue avec ses doigts, il n’y a pas autant d’attaque qu’avec Rex. Mais c’est quand même brutal. » Ce qui, tout compte fait, semble plutôt bien coïncider avec le « retour aux sources », notamment en termes de son, que semble actuellement convoiter le groupe.

Mais attendons sagement la suite car les surprises semblent belle et bien se trouver dans ce qui suit…

Interview de Kirk Winstein et Pat Bruders réalisée en face-à-face lors du Motocultor Festival en août 2012
Interview avec Pepper Keenan réalisée par téléphone en septembre 2012

Retranscription et traduction : Stan

Site internet officiel de Down : www.down-nola.com



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  • pour moi ce groupe a vraiment un truc une cohésion entre eux on sent vraiment qu’ils sont heureux d’étre sur sçene est surtout de jouer ensemble,d’ailleurs je vais les voir ce soir au luxembourg j’ai vraiment hàte !!!!

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