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Live Report   

Down : La Nouvelle-Orléans vibre encore


Près d’un an après son concert à huis clos célébrant le quart de siècle de l’album Nola, Down rebranche le stream ce vendredi 13 août devant la fosse comble du Fillmore de La Nouvelle-Orléans. Accompagné en première partie du comédien Dave Hill qui jonglera pendant vingt minutes entre blagues graveleuses et solos fiévreux, le super-groupe retrouve donc son public chauffé à blanc pour la première fois depuis 2016, une éternité pour les deux parties. Si le live d’août 2020 était une bouffée d’air frais au milieu de l’été, intéressant car accompagné d’interviews et d’images d’archives, l’absence d’audience physique fixait naturellement un plafond de verre à l’énergie globale du show. Aujourd’hui, le plafond a perdu quelques dents. Majoritairement originaire de Louisiane, le pit est on ne peut plus qualifié pour apprécier et renvoyer le groove lancinant d’Anselmo et consorts. On regretterait presque que les caméramans ne se soient pas encore un peu plus attardés sur cette foule, complément acquise à la cause du groupe.

Il est vrai qu’avec les gueules présentes sur scène, il y a de quoi se mettre dans l’objectif. De retour dans la « brotherhood » depuis 2019, Kirk Windstein avec ses allures de dark Santa Claus déroule ses solos un petit sourire en coin, loin de son rôle frontal chez Crowbar. L’alchimie avec Pepper Keenan ne faiblit pas malgré les années, le « Riff Meister » restant un exemple en matière de feeling sludge même s’il se révèlera techniquement moins chirurgical sur certains passages. A la section rythmique, Jimmy Bower transpire sang et eau derrière ses fûts pendant que Pat Bruders, la trogne cramoisie, fait trembler sa Rickenbacker et occupe la scène dans un style plus énergique que pouvait le faire Rex Brown avant lui.

Anselmo, bien que restant Anselmo, semble plus serein que par le passé. Pas de bière à la main, pas de coup de tête neuneu dans le micro, une énergie plus maîtrisée, l’oncle Phil s’éparpille moins. Lui-même le reconnaît, ces chansons lui donnent du fil à retordre et demandent plus de justesse que son œuvre avec The Illegals, les envolées vocales flottantes de « Eyes Of The South » l’attesteront. Sa gouaille reste quant à elle intacte, le frontman réussissant toujours à arracher un sourire avec une connerie ou une anecdote à raconter. Il révèlera notamment la brillante idée de Pepper Keenan, qui réussit à faire croire à Jimmy Bower que la salle était infestée de serpents depuis le confinement, pour ensuite lui en jeter un (en caoutchouc) à la tronche. Humour redneck quand tu nous tiens.

Le moment le plus faible de ce vendredi soir restera probablement « Bury Me In Smoke ». Pinacle de la set-liste, ce classique dont la spécificité est de faire tourner le riff principal de manière toujours plus lourde a ici perdu sa saveur lorsque tout le groupe a transmis ses instruments à Dave Hill et d’autres musiciens. Pas assez carré, parasité par des solos dispensables, le final tant attendu s’est vite transformé en jam oubliable. En contrepoint, « Lifer », et son hommage tout particulier à Hollise Murphy, restera dans les mémoires. Emporté bien trop jeune par le Covid-19, le jeune homme était un membre incontournable de la scène underground de La Nouvelle-Orléans, connu et aimé pour son énergie et sa bonhomie. Vêtu d’un tee-shirt à son effigie, Anselmo se poussera dans ses retranchements pour cette vibrante communion. Si le groupe n’a plus la même vivacité sur scène qu’il y a quinze ans, Down n’a rien perdu de son groove et de son aura pour le moins unique.

A croire que le bayou ça conserve.



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