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CR De Festival   

Download Festival de Paris : le best-of de la rédac’


Les 10, 11 et 12 juin derniers, notre équipe s’est rendue à l’hippodrome de Longchamp où se tenait la première édition du Download Festival France. Iron Maiden, Korn, Rammstein, Ghost, Deftones, Gojira : en dépit d’un samedi légèrement en retrait, la programmation générale était clairement alléchante. Plus orienté sur des groupes « mainstream » ou relativement facile d’accès (pour un public metal, entendons-nous bien), le menu proposé avait clairement de quoi attirer les foules, notamment celles de la région parisienne qui se trouvaient alors à seulement quelques arrêts de transports en commun. Si l’organisation a connu quelques couacs inhérents à tout jeune festival (notamment sur l’accès au site le premier jour et le rechargement du cashless), le déroulé de ces trois jours s’est plutôt très bien goupillé, laissant peu de temps morts à nos esgourdes.

C’est à tête reposée que nous revenons aujourd’hui sur les concerts qui nous ont le plus marqués, bien entendu, ceci est très subjectif et de très bons concerts n’apparaîtront pas dans cette liste : vous voilà prévenus.

WE CAME AS ROMANS (Philippe Dory)

Pour ouvrir cette toute première édition du Download Festival à l’hippodrome de Longchamp, les organisateurs ont fait appel aux metalcoreux américains de We Came As Romans. Le groupe des six gaillards du Michigan, notamment composé de deux chanteurs, ouvre avec trente minutes de show qu’on espère rempli d’énergie et de panache. Une majorité du public arrivé à l’heure a les yeux rivés sur la MainsStage, une superbe scène qui donne une vue globale sur une partie du site. Les Américains démarrent leur prestation, certes avec un peu de retard, mais fort avec « Regenerate », extrait de l’album We Came As Romans. L’énergie est énorme et le groupe se met immédiatement à sauter comme des fous. L’utilisation d’un chant scream et d’un chant clair donnent une puissance supplémentaire au combo, et la possibilité aux deux chanteurs d’en mettre un peu plus à chaque fois. Le groupe fait usage d’éléments électroniques via un synthé, comme sur le morceau « Fade Away », agrémentant un metalcore très mélodique et entraînant. Le public se montre plutôt réceptif aux chansons proposées. Malheureusement, le son n’est pas toujours au rendez-vous et s’avère un peu brouillé, problème ceci dit récurrent en festival, d’autant plus dans le cas d’un nouveau festival pas encore rôdé. Les musiciens ne se laissent pas abattre pour autant : leur plaisir est palpable sur un morceau comme « Tear It Down », avec un refrain où les chœurs sont omniprésents, ainsi que des breaks efficaces. Belle présence scénique sur « Tracing Back Roots » extrait de l’album éponyme de 2013. Au fil de la prestation, le pit commence à bouger un peu plus et le public se met tranquillement dans son festival. Dernière chance de tout donner sur la chanson « Hope », bien connu du public dont le refrain est repris en chœur. Bref une bonne mise en bouche pour les festivaliers de l’hippodrome qui auront pris en pleine face toute la débauche d’énergie des jeunes loups de We Came As Romans.

BEARTOOTH (Valentin Istria)

Et on poursuit dans le metalcore en ce vendredi après-midi sur la Stage 2. Les Américains de Beartooth sont sur les planches pour défendre leur album « Aggressive » fraîchement arrivé dans les bacs ce mois-ci, et confirme sa puissance et son ingéniosité dès les premiers titres. Devant une foule peu nombreuse mais captivée, les titres comme « Aggressive » ou « Hated », ainsi que d’autres du répertoire passé, sont scandés par le public entre deux mosh pits, les circles suivant sans aucune hésitation. Rien à redire sur la prestation offerte. Malgré leur jeune âge, une maturité certaine se dégage du quintet. Charisme, puissance, cohésion scénique, tout est là et travaillé au poil près et les breakdowns transpercent les oreilles, obligeant le public à bouger en synchro avec les musiciens. Le son suit à la perfection, la basse porte les guitares façon old school, le tout surplombé par une batterie bien équilibrée au trig et le chant menant la bataille sans hésitation. Les trois quarts d’heure de set ne seront pas assez, laissant les fans sur leur faim mais heureux de s’être défoulé pour l’heure du goûter.

GOJIRA (Thibaud Bétencourt)

Premier grand moment pour le Download. Alors que malheureusement certains festivaliers peinent encore à pénétrer dans l’enceinte du festival, Gojira se prépare calmement à arpenter la Main Stage devant une foule quand même déjà nombreuse. À n’en pas douter, le quatuor français a conscience que son statut ne cesse de s’accroître, en passe de sortir sa sixième réalisation studio : Magma. Le Download vient confirmer ce dont tout le monde se doutait déjà : Gojira est désormais une tête d’affiche de premier plan, indéniablement. Les Français n’ont pas besoin d’avoir recours à une pléthore d’artifices pour emporter l’adhésion de la foule. Bonhomie, énergie débordante et communication avec le public suffit. Le riff dévastateur de « Toxic Garbage Island » servi par une production à la hauteur ne tarde pas à emporter tous les suffrages. Rien de révolutionnaire dans le show de Gojira, Mario se démène comme un diable, Christian Andreu affiche toujours le sourire, Jean-Michel Labadie continue de se dénuquer et Joe impose sa présence sans forcer. Les habitués du groupe ne seront pas surpris, ce qui frappe toutefois c’est l’extrême aisance avec laquelle les musiciens semblent évoluer. Gojira classique certes, mais Gojira grand format. « L’Enfant Sauvage » et « The Heaviest Matter Of The Universe » amorceront les premiers vrais pogos et headbangs du festival, précédant les deux nouvelles compositions « Silvera » et « Stranded » dont la pertinence live était encore à vérifier. Résultat sans appel : les titres de Magma éclipsent tous les doutes et rassurent les plus sceptiques. Magma promet du très bon matériel live, « Silvera » et « Stranded » semblent d’ores et déjà être des incontournables de la setlist. Le concert d’à peine une heure se termine sur le massif « Vacuity », de quoi véritablement enterrer l’audience et augurer un festival qui s’annonce à la hauteur des attentes musicalement parlant. Joe Duplantier en profitera pour rappeler que le groupe officie depuis 20 ans, et que le Download est en quelque sorte leur concert d’anniversaire… 20 ans de travail pour proposer une prestation aussi intense, nourrie par une setlist qui désormais compte trop de hits pour laisser une personne sur le carreau. Cela les vaut largement.

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AVATAR (Valentin Istria)

Mesdames et messieurs, le freak show est arrivé. Après avoir sorti leur dernier album Feathers And Flesh, une œuvre concept album complètement déjantée et psychédélique, le combo d’Avatar se présente au public pour affirmer sa position de monument en marche. Ouvrant le concert sur le premier single sorti, « For The Swarm », et enchaînant avec « Hail The Apocalypse » de l’album précédent, l’humeur est tout de suite appuyée : de la jonglerie scénique et musicale aura lieu aujourd’hui. Que l’on soit connaisseur ou en totale découverte sur ce concert, la catégorie d’inclassable sera appliquée par tout le monde pour le combo suédois. Voltigeant entre death old school, groove metal, death mélodique et « magic circus », Avatar ne cesse d’impressionner et de captiver, ce magnifique frontman Johannes s’appropriant les yeux d’une foule réceptive. « Torn Appart », « Smells Like A Freakshow », « The Eagle Has Landed », tous ce micmac émotionnel et renversant transporte dans l’univers du quintet qui n’a peur de rien, et surtout pas d’expérimenter, seul bémol possible de par la grande palette d’influences proposées qui peut rendre la setlist décousue aux oreilles de certains. Voix angélique, scream transcendant, solos de guitares vertigineux et harmonisés sans la moindre pression, ajoutés à l’apparence théâtrale dantesque et vintage d’Avatar, le concert est un régal pour les yeux comme pour les oreilles.

DEFTONES (Philippe Dory)

18h30, c’est à Deftones de jouer sur la scène principale, là où Iron Maiden va donner son concert deux heures plus tard. Les Américains viennent cette année défendre Gore, leur dernier album en date. Et pour bien commencer les choses, les Deftones démarrent pied au plancher leur presta sur la puissante « Rocket Skates » de l’album Diamond Eyes. Tout de suite, la voix de Chino Moreno ressort assez bien. Coiffé d’une nouvelle teinture blonde et muni d’une chemise, le puissant frontman prend d’assaut la Main Stage pour un début de concert tonitruant. En effet, les hits “My Own Summer (Shove It)” et “Be Quiet And Drive (Far Away) » s’enchaînent immédiatement, comme si les néo metalleux de Sacramento voulaient tout de suite en découdre. Le son de la basse de Sergio Vega, le remplaçant de Chi Cheng décédé en 2013, s’en sort très bien ; normal, il fait maintenant quasiment parti des murs. En revanche, la guitare de Stephen Carpenter est brouillonne et les nuances ressortent mal. La première chanson plus calme arrive avec « Rosmary », extraite de l’excellent Koi No Yokan (2012). Le mix des parties calmes et plus rapides est exécuté avec doigté et on commence réellement à se mettre dedans. Sur « Diamond Eyes », le public reprend le refrain en chœur pour ce single de 2010 désormais devenu un classique. On remarque que dès que Chino prend sa guitare pour faire la rythmique, le son paraît plus abouti et l’ensemble de groupe ressort mieux. Voilà plus de la moitié du show qui est passé, et après tous ces extraits bien connus du public, le groupe va (enfin) jouer une chanson de son dernier album, la plutôt lente et calme « Prayers/Triangles ». Ce titre possédant une belle mélodie de guitare ne parvient toutefois pas à maintenir l’excitation de l’audience. Deftones a l’intelligence de jouer « Change (In The House Of Flies) » qui marche toujours très bien. Pour preuve, le public agite la tête sans concession, pendant qu’Abe Cunningham se déchaîne sur ses cymbales. Après un deuxième et dernier extrait de Gore, « Rubicon », Deftones mise pour les rappels sur « Engine No. 9 ». Un modèle de violence sur lequel le pit explose et qui termine le show en beauté. Le problème de voir Deftones en festival reste que le son si particulier et plein d’effets ne ressort pas comme dans un espace clôt et fermé. L’appréciation notamment de la guitare n’est pas optimum et la voix de Chino n’offre pas le même effet. Malgré cela, c’est toujours un bon moment que l’on passe en compagnie de ces patrons et précurseurs du neo metal.

IRON MAIDEN (Alexandre Covalciuc)

Pour de multiples raisons, Iron Maiden fait partie de ces groupes qui déçoivent rarement et ce n’est pas leur prestation au Download qui prouvera le contraire. Au premier plan de ses qualités, la légende peut compter sur la technique irréprochable de ses membres : le trio Murray-Smith-Gers se répond à qui mieux-mieux, Nicko McBrain déroule comme une bête, Steve Harris est Steve Harris et Bruce Dickinson semble au sommet de son art, ce qui relève du tour de force seulement un an après son cancer de la langue.

Bien entendu, toute cette technique ne serait rien sans la bonhomie des six gaillards, toujours prêts à haranguer leur public et jamais avares en sourires. Après plusieurs décennies de carrière, le groupe londonien continue de dégager une énergie positive juste hallucinante, car simple et sincère. Malgré quelques discours un peu abracadabrantesques et un « Scream for me Sonisphere ! » plutôt cocasse, tonton Bruce tient la baraque sans fioritures et continue de gambader partout comme un cabri (à quand une chorégraphie avec Babymetal ?). Janick Gers de son côté, prouve qu’à quasiment soixante ans on peut continuer à avoir une souplesse d’entre-jambe (non, pas celle-ci) digne d’une gymnaste olympique, respect à lui et à l’élasticité de ses pantalons.

Côté setlist, force est de relever que le groupe ne se l’est pas joué frileux et fait la part belle aux nouveaux morceaux, là où il aurait été facile de jouer deux-trois nouveaux titres et de balancer pèle-mêle tous les tubes en mode best-of du dimanche. Il faut d’ailleurs souligner que, même si toutes les chansons de The Book Of Souls n’obtiennent pas un accueil triomphal, la majorité d’entre elles s’intègrent sans rougir au milieu des « Powerslave », « Fear Of The Dark », « The Number Of The Beast », « The Trooper » et autre « Hallowed Be Thy Name ».

Enfin, le show scénique est comme à son habitude un gros plaisir coupable. Kitsch et grandiloquent à souhait, digne d’un spectacle tribal de Walibi. La mise en scène nous renvoie en plein dans les années 80. Entre décors à la Indiana Jones et jets de flammes, l’ambiance est à l’image du groupe, débridée et cent pour cent assumée. Eddy, muni de son plus beau pagne, fera son habituel tour de piste, toujours plus adulé par des générations de fans de tout âge. En somme, une franche réussite et des milliers de sourires.

GHOST (Julien Peschaux)

En voyant Papa Emeritus III débarquer sur la deuxième scène du Download, on s’est rapidement dit que quelque chose n’était pas comme d’habitude. Etait-ce l’accoutrement du pape suédois, deuxième costume de scène habituellement revêtu en deuxième partie de set, offert d’entrée en lieu et place de ma traditionnelle aube papale ? Ou alors ce « From The Pinnacle To The Pit » peu habituel, également, en début de show des Suédois ? Toujours est-il que Papa Emeritus III donnera bien vite un indice qui expliquera le changement d’ambiance par rapport aux autres concerts que le groupe a donné cette année : ce dernier est atteint de ce que l’on saura plus tard être une laryngite et est donc fortement diminué pour interpréter les titres dans leur pleine mesure… Ce qui se vérifiera très rapidement : la voix déraille très vite, rien que quand il s’adresse à la foule et on sent que vocalement et physiquement, le show sera douloureux pour lui. L’aide de la foule est demandée… et le vœu du Pape bientôt exaucé.

Le changement d’envergure du groupe auprès du public – et même du grand public – est immédiatement perceptible dans le traitement que reçoit Ghost dès les premières minutes et même avec une prestation tronquée due aux problèmes vocaux de Papa : eux qui n’avaient encore il y a peu jamais foulé les planches parisiennes en tête d’affiche se voient acclamés, réclamés et adoubés par plusieurs dizaines de milliers de personnes sur une des deux Main Stage de la grande messe parisienne du metal … Les désormais classiques « Year Zero et « Monstrance Clock » remportent toujours la palme auprès du public, les plus récents « Cirice » ou « Absolution » suivant de près dans le cœur des Parisiens. La prestation des Suédois est, comme à son habitude, irréprochable dans l’engagement et l’exécution musicale. On regrettera évidemment ce petit manque de forme de Papa, tout en s’estimant heureux : les deux dates au Pink Pop et au Download UK de la suite de la tournée ont été annulées pour que le chanteur soigne sa gorge… A revoir très vite, donc, dans une belle date en tête d’affiche dans la capitale française, promise pour un futur proche par le groupe à ses adorateurs.

BABYMETAL (Thibaud Bétencourt)

Que de curiosité autour des trois nippones. Critiquées sur de nombreux médias, Babymetal continue son chemin en n’ayant cure des brimades en tout genre. Preuve en est, la programmation du groupe au Download est à la fois audacieuse et extrêmement réfléchie. Certains y voient une offense, peut-être nourries par une mauvaise appréhension de ce qu’est véritablement le groupe, d’autres y voient l’occasion de se divertir, hâte de constater la réputation d’un show énergique et décalé au possible. Une foule s’est réunie devant la Main Stage, composée à la fois de connaisseurs de la musique du groupe et de novices, sans doute attirés par le côté insolite du set. Les samples d’introduction du concert se font entendre, tout le monde se tient prêt à accueillir les trois idoles jusqu’à ce que… Plus de son. Un véritable coup d’épée dans l’eau et malheureusement le problème technique le plus important du festival qui viendra occulter vingt-cinq minutes du set des japonaises. Heureusement les pitreries des festivaliers et la réalisation du festival sait divertir, les minutes d’attente s’étant transformées en chasse au Pikachu parmi les spectateurs. Babymetal finira bel et bien par se produire, mais l’attente aura malheureusement fait son mal. Une setlist réduite, uniquement composée des hits comme « Megitsune », « KARATE » ou « Gimme Chocolate !! » échouera à convaincre les plus dubitatifs. Une chose est certaine cependant, la production est énorme et « KARATE » bénéficiera d’un des sons les plus massifs du festival. En outre, les trois filles démontrent que tout est millimétré chez Babymetal, chaque pas de danse est parfaitement réfléchi. On peut détester la musique, impossible de nier la fougue et le professionnalisme extrême de la formation. Au final, on regrette réellement de ne pas avoir eu ces vingt-cinq minutes en plus. Babymetal sur scène a définitivement plus d’énergie que beaucoup de formations actuelles.

KORN (Valentin Istria)

Où qu’on aille, le débat sera le même : la prestation de Korn sera-t-elle bonne ce soir ? Possédant cette réputation bipolaire de qualité de concert, c’est intrigué et avec une certaine appréhension qu’une partie de la foule est venue voir Korn en ce samedi soir, clôturant la journée. Les avis sont différents sur les derniers albums, beaucoup se plaignent de la phase dubstep électro que le groupe a pris pendant l’absence de Welch, les attentes sont donc mitigées chez la plupart des membres du public. Et c’est l’heure de le vérifier. Arrivant sur scène avec une aisance légendaire et un charisme n’ayant aucun besoin de définition, commençant de façon surprenante avec « Right Now », le combo lance la fosse dans une danse incontrôlable. Le refrain scandé nous rappelle la position et l’influence que possède ce combo mythique, pilier du nu metal comme on le connait aujourd’hui. « Here To Stay » prend le relais, étonnant le public de la setlist old school que le groupe lui amène, et qui ne finit pas de s’arrêter ! « Falling Away From Me », « Shoots And Ladders » (avec un passage de « One » de Metallica calé en plein milieu pour le fun), « Blind », un solo de batterie pertinent et modeste, les doutes sont maintenant levés : Korn soulève et renverse le Download Festival de manière spectaculaire et complètement assumée, calculée et vertigineuse. Au plus grand bonheur du public (apparemment), le dernier opus The Paradigm Shift n’aura eu qu’un seul morceau présenté pendant ce show, « Hater », tiré de sa World Tour Edition. Pour affirmer la polyvalence et la puissance du combo, une magnifique reprise du mythique « Another Brick In The Wall » de Pink Floyd nous est présentée de façon incroyable, Jonathan Davis portant la foule par sa voix reconnaissable entre mille et ses mimiques légendaires. Le show est visuellement et sur le plan du son parfait, une grosse claque qui en fera taire plus d’un sur les performances du groupe. Un rappel de quatre titres est par ailleurs offert, clôturant la journée sur l’incontournable « Freak On A Leash », laissant la foule en délire dans le noir complet rentrer chez elle des étoiles pleins les yeux.

LOFOFORA (Alexandre Covalciuc)

Lofofora ne sait pas faire les choses à moitié. Du début de leur set jusqu’aux ultimes notes, le combo hexagonal ne lâche rien, matraque, mitraille les esgourdes de la Stage 2. Au menu du jour, des « tubes » (même si ce terme s’applique difficilement à ce registre) et des morceaux du dernier opus, L’Epreuve Du Contraire. Histoire de mettre tout le monde d’accord et de commencer avec les bases, Lofo démarre avec « L’œuf » et « Le Fond Et La Forme », donnant l’opportunité à la fosse de s’échauffer d’emblée, à sec en somme. Comme à son habitude, Reuno communique à sa façon : « si on m’avait dit qu’un jour on jouerait face à la Défense… », « on va faire un slow pour les gens qui sont venus là pour pécho quand même ! », « Paris ! Paris ! On t’encule ! », le maître hurleur taquine le pit avec un grand sourire. A sa gauche, Daniel Descieux (arborant un tee-shirt hommage à Schultz de Parabellum) transpire de groove et semble en air-surfing permanent. La section rythmique n’est également pas en reste avec Vincent Hernault et Phil Curty qui plombent les riffs. Le show s’achève sur « Macho Blues », « Carapace » et « Auto-Pilote », sous la pluie et le vent qui n’arriveront pas à gâcher la fête.

RAMMSTEIN (Julien Peschaux)

Le décompte des secondes avant le début du show de Rammstein laissait présager du meilleur pour ce passage des Allemands en tête d’affiche, évidemment, de cette dernière soirée au Download. Le public a très tôt déserté la fosse de Mustaine et ses acolytes de Megadeth sur la Stage 2 d’en face pour venir se placer au mieux, la pluie ne semble toujours pas tentée de refaire une petite apparition : tout semble donc en ordre pour une heure trente de show à l’allemande. Et Rammstein déçoit rarement : tout est trop calibré, mesuré à la goutte de Kérosène près, pour entrevoir l’ombre d’un doute sur la prestation de ce qui est devenu l’un des meilleurs groupes Live de la planète, tous genres confondus. Il n’y aura donc presque pas d’anicroche non plus cette fois-ci et un certain nombre de petites surprises pour agrémenter le voyage brûlant outre-Rhin.

Le « presque » vient d’un incident technique, rare pendant les concerts du groupe : un pont de lumière s’est ainsi détaché et est tombé sur scène sur une reprise par ailerus épique du « Stripped » de Depeche Mode. Bien avant cela, le public parisien avait vibré sur des morceaux interprétés moins souvent en live ces dernières années : l’introducteur « Ramm 4 », le méconnu « Hallelujah » ou encore ce « Zerstören » en hommage aux victimes des attentats de Paris. Pas d’hommage sous forme de pleurs mais du Rammstein dans le texte et les actes : habillé en gavroche parigot, Till jette son pardessus cradingue sur la dernière note du morceau pour laisser apparaître une ceinture d’explosifs qu’il fera sauter, avant que les logos « Peace For Paris » ne s’affichent sur les écrans. Un hommage original et poignant, qui laissera coi une partie du public avant un tonnerre d’applaudissements.

Le reste du concert est constellé de tous les marqueurs d’un show de Rammstein : pyrotechnie en tout genre, costumes, maquillage, Christian « Flake » Lorenz qui trinque, guitares industrielles et rythmiques implacables, le tout ponctué d’une émotion particulière lors d’un « Seemann » vocalement prenant ou d’un « Frühling In Paris », joué pour la première fois depuis 2012 en France et qui fera chanter tout l’hippodrome de Longchamp. Un « Ich Will » toujours aussi fantastique à voir en live et enfin un « Amerika » frénétique précéderont « Engel » et « Sonne » qui termineront la soirée en beauté (sans « Ohne Dich », hélas). Le public sera enchanté par les multiples tableaux scéniques que propose le groupe (lumières affolantes, lasers, un Till Lindemann qui s’envole carrément avec des ailes gigantesques à la fin…) et par le sérieux de la prestation. Il n’y a pas de changements massifs pour qui a déjà vu Rammstein en live ces dernières années ; mais si les autres groupes de rock possédaient ne serait-ce qu’un quart de la dimension scénique extraordinaire des Allemands, peut-être pourrait-on alors reprocher à Rammstein un petit manque d’évolution dans son show. En attendant, le public finit systématiquement dans le même état : la bouche ouverte, les yeux ébahis par un tel déferlement sonore et visuel. Cent pour cent « Deutsche Qualitat ».

Nous pouvons rentrer chez nous avec un grand sourire après trois jours de festival qui auront clairement donné envie de refaire le déplacement l’année prochaine. En espérant juste pour le public que le Download Festival France et le Hellfest, qui proposent tous deux de superbes affiches, ne tombent pas en même temps ou ne soient pas aussi rapprochés dans le temps.



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  • La seule bonne surprise de ce CR, c’est Avatar. Tous les autres, c’est… attendu.

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  • TRUE METALHEAD dit :

    J’y étais pour la journée du vendredi (car notre priorité, c’était Iron Maiden) et je peux dire que c’était absolument génial !! Mais le seul point faible, c’était l’organisation qui était un peu mal foutu, car quand le festival a ouvert ses portes à 15h comme il avait promis, on avait attendus comme des cons dans une immense queue alors que Gojira a commencé à jouer. Même que pas mal de mecs derrière nous n’en pouvaient tellement plus d’attendre qu’ils ont escaladé la grille pour pénétrer dans le festival. On quand on nous a enfin fait passer, on nous a même pas fouillé !

    Bon, c’était vraiment super pour ma première fois un festival comme le Download ! J’ai vu Avatar, Anthrax (avec sa reprise superbe de « Antisocial » de Trust), et le soir, c’était la grande messe : IRON MAIDEN !!!!

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