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Chronique   

Dragonforce – Extreme Power Metal


Le dragon n’est pas près de courber l’échine. Au contraire, il semble inépuisable et fort d’une résilience exceptionnelle. L’an dernier, le claviériste Vadim Pruzhanov avait quitté Dragonforce et, récemment, le bassiste Frédéric Leclercq a décidé de mettre un terme à son aventure avec l’un des cadors du power metal. Ces aléas n’ont pas freiné Dragonforce, prêt à aller encore plus loin que la tournée de Reaching Into Infinity (2017), et ce dès l’enregistrement du nouvel opus, en interagissant directement avec ses fans via un live stream. Extreme Power Metal est un titre d’album on ne peut plus évocateur : le dragon puise sa nouvelle énergie dans ses origines et cherche à réaffirmer son positionnement : aller plus vite et plus fort que tout le monde.

Dragonforce a pallié le départ de Vadim par l’arrivée de Coen Janssen d’Epica qui a joué sur l’album, tandis que Frédéric Leclercq a enregistré ses parties et composé sur l’album avant de quitter le groupe. Il sera remplacé en tournée par le célèbre youtubeur Stevie T. Le principal facteur dans la production d’Extreme Power Metal est la présence de Damien Rainaud qui avait justement officié sur Re-Powered Within, sorte d’échauffement en vue de la déflagration qu’est Extreme Power Metal. Car Dragonforce ne ment pas sur la marchandise. Si Reaching Into Infinity démontrait que Dragonforce avait bel et bien la capacité à varier les dynamiques, Extreme Power Metal se plaît à rappeler tout le monde à l’ordre et remémore les premières heures de fougue du groupe. L’intro de basse frénétique et les leads épileptiques de « Troopers Of The Stars » nous font renouer avec l’extravagance de Dragonforce, généreux en rythmiques ultra-rapides et aux refrains grandiloquents avec effet de chœur. La recette est toujours la même et se résume via « In A Skyforged Dream » : des accroches mélodiques à foison, une ligne vocale fédératrice, un long passage dédié à la démonstration technique et un final exubérant. Il faut bien sûr comprendre la philosophie de Dragonforce pour ne pas se sentir submergé : le groupe joue avec une forme de second degré, avec pour seul objectif de se faire plaisir. De ce côté, Extreme Power Metal a l’allure d’un gigantesque parc d’attractions. Quitte à exalter ou faire vomir selon les sensibilités.

Extreme Power Metal a néanmoins conservé une caractéristique des opus précédents via l’influence de Frédéric Leclercq : « The Last Dragonborn » (chanson inspirée par le jeu vidéo Skyrim, ornée de synthés orientalisants) et « Heart Demolition » délaissent la vitesse éclair pour emprunter un mid-tempo et aérer l’opus. La pseudo-versatilité dont fait preuve Dragonforce est un élément bienvenu. « Heart Demolition », entre ses arpèges, son riffing, ses claviers et ses chœurs, ferait penser à un mix d’Iron Maiden et de vieux Bon Jovi, prouvant qu’Extreme Power Metal entretient un lien de parenté très fort avec les années 80. D’ailleurs, pas besoin d’aller très loin : la pochette du disque et l’intro de « Highway To Oblivion », avec ses percussions pleines de reverb, annoncent d’emblée la couleur. « Strangers » est fourni en mélodies de guitares et sonorités de claviers caractéristiques des eighties, soutenu par une rythmique hard rock FM sur laquelle s’épanouit Marc Hudson cheveux au vent. Le paroxysme du son « années 80 » est atteint sur les phrases de clavier du pont de « Cosmic Power Of The Infinite Shred Machine » (indéniablement l’un des grands moments de l’opus aux airs de BO du jeu de combat Street Fighter), qui confèrent à la chanson un délicieux goût de space opera aux tenues moulantes. Au jeu de l’esthétique tape-à-l’œil, difficile de dépasser Dragonforce, surtout lorsque ce dernier décide de revisiter « My Heart Will Go On » de Céline Dion en version speed-metal en guise de conclusion, comme si de rien n’était…

Extreme Power Metal entérine la particularité de Dragonforce dans le paysage du genre : il s’illustre dans ses confins, s’épanouit dans les aspects les plus excessifs de la musique. Il parvient tout de même à insuffler quelques moments mémorables dans cette dernière qui prend parfois une allure trop rapide et une densité trop importante pour se laisser capturer. Rien n’empêche cependant de se prêter au jeu de la surenchère et d’encaisser le shredding sans broncher à nouveau.

Clip vidéo de la chanson « Heart Demolition » :

Clip vidéo de la chanson « Highway To Oblivion » :

Album Extreme Power Metal, sortie le 27 septembre 2019 via earMUSIC. Disponible à l’achat ici



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