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Interview   

Dream Evil : anti-héro du heavy metal


Difficile de savoir s’il joue ou s’il reflète le véritable état d’esprit du groupe, toujours est-il que si l’on en juge par les propos du chanteur Niklas Isfeldt alias Nick Night, Dream Evil a l’air d’être une sacré bande de bras cassés ! D’après lui, ils sont « fainéants, gros, fatigués et vieux », il qualifie la musique du groupe de musique de ploucs, il se dit lui-même nul pour écrire les paroles, lorsqu’ils donnent un concert ils ne veulent pas être tête d’affiche pour ne pas jouer trop longtemps et aller boire des bières, il nous explique également que chez lui il n’écoute pas de musique parce que sa femme ne veut pas…

Il en vient même à s’excuser durant l’interview : « Je parle tellement mal, désolé ! J’ai dit à Fredrik : ‘Je ne devrais pas faire d’interview parce que je suis tellement mauvais !’ Fredrik lui est très bon ! Il en a fait quelque chose comme cinq-cents. Moi, je crois que ce n’est que ma cinquième interview de toute ma carrière ! » Pourtant, le frontman n’en est pas moins bavard et fort sympathique, très décontracté, au point de ne pas hésiter à dire, avec le plus grand naturel qui soit, tout ce qu’il ne faut jamais dire en interview promotionnelle si on veut un tant soit peu mettre son travail en valeur.

Mais au final, c’est aussi ce côté qui frise le Spinal Tap, avec tous les clichés avec lesquels le groupe s’amuse, mais aussi de se dire que ce ne sont là que « des mecs normaux » – il a lui-même bricolé les ailes de dragon qu’ils portent dans leur dernier clip ! -, qui les rendent attachants. Et au final, l’entretien se révèle fort instructif, notamment lorsque l’on dévie très vite sur les cas Snowy Shaw et Gus G, qui furent respectivement batteur et guitariste de la formation à ses débuts, depuis partis faire carrière ailleurs.

« Je ne dis pas que je suis un mauvais chanteur. Je suis plus comme un chanteur de disco [rires]. Je n’ai vraiment pas la voix caractéristique du heavy metal. »

Radio Metal : Sept ans sont passés depuis qu’In The Night est sorti. Qu’est-ce qui a pris autant de temps au groupe pour revenir ?

Niklas Isfeldt (chant) : Tellement de choses se sont passées ! C’est juste qu’il y a eu des trucs privés. En fait, au cours de ces sept ans, j’ai eu deux enfants et j’ai trouvé un travail stable, tout le monde a un travail stable, donc c’est difficile de trouver du temps pour faire des chansons et ainsi de suite. Et notre batteur a également un autre groupe, il a enregistré un album avec eux. En plus, Fredrik a plein de choses à faire avec ses enfants : ils sont, disons, dans le top cinq en motocross, donc ils voyagent beaucoup en Europe pour faire des courses, et d’ailleurs je crois qu’il se rend en Italie demain pour ça. Avant, c’était lui qui motivait tous les membres pour faire des choses [petits rires], mais lorsque tout d’un coup il a arrêté de le faire, tout monde s’est endormi, nous sommes devenus fainéants, gros, fatigués et vieux. Donc nous avons dû nous en charger nous-même cette fois et motiver Fredrik à la place. Donc je pense que c’est pour ces raisons que nous n’avons pas sorti d’album en sept ans.

Fredrik n’était-il pas occupé avec son travail de producteur aussi ?

Ouais, mais je ne crois pas qu’il ait trop de choses à faire de nos jours. Bien sûr qu’il est occupé avec ça, mais c’est vraiment un mauvais business d’avoir un studio en ce moment, car tout le monde enregistre à la maison [petits rires], c’est moins cher ! Et les gens n’achètent pas d’albums, ils téléchargent, vont sur Spotify et tout, donc… Les gens ne sont pas prêts à payer autant et les labels donnent bien moins d’argent aux groupes à dépenser sur leurs enregistrements. Donc je pense que c’est un business difficile.

Le groupe a commencé à ralentir sa cadence plus ou moins lorsque Gus G et Snowy Shaw sont partis. Est-ce que leurs départs, respectivement en 2004 et 2006, pourrait avoir impacté la motivation dans le groupe sur le long terme ?

Ouais, je le pense, car ces deux mecs avaient vraiment faim ! Ils voulaient faire quelque chose. Le reste d’entre nous, nous ne sommes que des ploucs qui font ça pour le fun. Eux voulaient vivre de la musique. Et ils vivent de la musique aujourd’hui. Nous n’avons pas besoin d’argent parce que nous avons des boulots stables avec de supers salaires, donc pour nous c’est plus comme un passe-temps. Et ils voulaient être des rock stars ; ce sont des rock stars. Tu n’as qu’à regarder Gus ! Donc je pense qu’ils en ont eu marre de moi, Peter et Fredrik parce que nous sommes tous des fainéants, nous ne sommes pas des rock stars ! [Rires] Nous aimons prendre ça à la cool, nous ne voulons pas trop tourner. Ouais, nous sommes paresseux.

Avec le recul, est-ce la raison pour laquelle ils sont partis, donc ?

Je le pense, et je pense que les deux ont de fortes personnalités. Ils sont comme des tyrans ! Ils veulent décider quelles chansons vont sur l’album, ils veulent… Je veux dire que le reste d’entre nous, nous sommes des démocrates, l’opinion de chacun devrait compter. Snowy, lui veut être un dictateur, et je pense que c’est pareil avec Gus. Je pense que c’est pour ça que Gus est parti, car Snowy était trop fort. Et après que Gus est parti, Snowy a décidé de partir aussi. Tout d’un coup, il a dit qu’il voulait être payé plus [rires]. Nous avons toujours été démocratiques parce que nous avons toujours dit : « Peu importe qui a écrit les chansons, car nous allons voter pour les meilleures chansons. » Nous nous retrouvons toujours avec quarante chansons pour chaque album, ensuite tout le monde vote pour les chansons, et peu importe si j’ai toutes mes chansons, le reste des gars devrait être crédité à vingt pour cent chacun quoi qu’il en soit ; tu partages tout en cinq. Mais lorsque nous avons commencé à faire les chansons pour l’album United, je crois que Snowy a eu soixante pour cent de ses chansons et moi quarante pour cent des miennes, Peter n’avait aucune chanson à lui, idem pour Fredrik et Markus. Ensuite Snowy m’a appelé et a dit : « Tu sais, tu devrais avoir quarante pour cent et je devrais avoir soixante. » Et j’ai dit : « Pas question ! Lorsque nous avons commencé à voter, nous avons dit : ‘Vingt, vingt, vingt, vingt, vingt.’ Tu ne peux pas débarquer maintenant et dire ‘non, non, non, je veux soixante.’ Car s’ils avaient su que tu voulais plus d’argent s’ils votaient tes chansons, ils ne l’auraient pas fait. Alors que c’est la meilleure façon d’avoir les meilleures chansons. » Donc il a dit : « Ok, alors je prends mes chansons et vous pouvez aller vous faire foutre. » Enfin, il n’était pas en colère, il était plus : « Ok, alors… » Et nous sommes toujours un groupe démocratique et ce n’est pas toujours bien, parce que si tout d’un coup quelqu’un ne veut pas prendre un concert alors que tout le monde le veut… C’est mieux d’avoir une personne qui décide de tout, je pense, pour que les choses avancent. Trop de cuisiniers gâtent la sauce, comme on dit.

Est-ce que tu regrettes de ne plus avoir de « tyran » qui dirige le groupe ?

[Soupir] Non, en fait, je n’aime pas les tyrans parce que Snowy Shaw, c’est le meilleur batteur avec lequel j’ai jamais joué, mais tu pouvais entendre lorsqu’il jouait ses propres chansons, il était très, très bon, et s’il jouait une des chansons de Peter et qu’il n’aimait pas la chanson, alors il la jouait vraiment de façon merdique. Ce n’est pas bien. Je veux dire que tu devrais essayer de faire de ton mieux sur chaque chanson, parce que je pense qu’il aurait été vraiment furieux si j’avais chanté comme de la merde sur ses chansons. Tout le monde doit donner le meilleur de lui-même sur toutes les chansons, même si ce n’est pas toi qui as fait la chanson. C’est une attitude que je n’aime pas.

Il y a toujours un débat à savoir si c’est mieux d’avoir un groupe démocratique ou quelqu’un qui gère toute la vision artistique…

Pour le groupe, c’est mieux si une seule personne prend les décisions, peut-être aussi pour la musique [rires]. Mais nous ne sommes pas comme ça [rires]. Je veux dire que nous avons aussi des goûts musicaux différents. Moi et Peter, nous aimons Judas Priest et ce genre de choses, Fredrik aime Thin Lizzy, des trucs plus tranquilles, et Snowy aimait le death metal… C’est difficile de … [Petits rires] Sur The Book Of Heavy Metal, Snowy Shaw a commencé à prendre un peu le contrôle. Car sur le premier album, Dragonslayer, il n’avait fait aucune chanson, le second album, Evilized, il a fait environ quatre ou cinq chansons, et puis, The Book Of Heavy Metal, il a fait soixante pour cent des chansons, et ça sonnait trop comme Snowy Shaw et plus tellement comme Dream Evil. Car Dream Evil devrait être un mélange de nos sensibilités ; tout le monde devrait pouvoir prendre une chanson et changer des trucs, mais si lui faisait une chanson, il faisait les paroles, les mélodies de chant, tout, et lorsque je chantais, il me disait : « Non, non, tu ne chantes pas ce qu’il faut ! » « Mais qu’est-ce que je dois chanter ? » [Chante une mélodie bouffonne, puis rigole] Je ne chante pas comme ça ! Ce n’est pas ma voix, ça ne fonctionne pas comme ça. « Essaie de chanter aigu comme Rob Halford ! » « Snowy, je ne peux pas faire ça ! » « Ok, alors on jette cette chanson. » « D’accord… » Donc ce n’était pas marrant d’être en studio lorsque quelqu’un t’explique comment chanter. Je veux dire que moi, je ne lui disais pas comment jouer de la batterie ! Je faisais de mon mieux ! [Rires]

« Il ne faut pas que ce soit trop compliqué, les gamins doivent pouvoir prendre une guitare et jouer par-dessus, sans avoir à être trop bons. Il faut que ça reste simple. De la musique de ploucs. »

Tu n’es pas confiant par rapport à ton chant ?

Si je suis confiant. J’ai la voix que j’ai. Je ne peux pas changer ma voix comme Snowy Shaw peut le faire. Je ne peux pas chanter comme Snowy Shaw me dit de chanter. J’ai ma propre voix, elle sonne de manière particulière et je ne peux pas en changer le son. Je ne peux pas atteindre les notes aigues, donc mieux vaut que je ne les chante pas. Il y a certaines notes aigues que je peux atteindre mais je ne peux pas constamment chanter aigue. Donc je ne dis pas que je suis un mauvais chanteur. Je suis plus comme un chanteur de disco [rires]. Je n’ai vraiment pas la voix caractéristique du heavy metal. J’ai une voix douce et chaude.

Mais tu as quand même de la puissance dans la voix…

Ouais, j’ai de la puissance, mais… Snowy Shaw m’a dit : « C’est bizarre, lorsque j’écoute ta voix, ça ne donne pas l’impression que tu chantes aigu. Mais lorsque j’essaie de prendre ces notes moi-même, je me rends compte qu’elles sont super hautes. » Car j’ai un timbre de voix très doux, ce qui fait que les gens pensent que ce n’est pas si haut, mais ça l’est pas mal. Et Snowy Shaw, lorsqu’il prend les notes aigues, ça sonne comme s’il chantait putain d’aigue. En fait, Snowy Shaw a son propre groupe désormais, où il joue toutes les chansons de tous les groupes dans lesquels il a joué, et il joue « The Book Of Heavy Metal », et il m’a dit : « Putain, mais comment parviens-tu à chanter cette partie au milieu ? Parce que c’est tellement aigu ! » « Quoi ? Tu penses que c’est aigu ? Parce que tu peux chanter extrêmement aigu ! » Il a dit « c’est super haut », mais je ne m’étais même pas rendu compte à quel point c’était aigu, parce que lorsque je le chante, ça ne sonne pas comme tel. C’est étrange !

Tu as dit que Snowy a un peu pris le contrôle sur The Book Of Heavy Metal, mais au final, cet album est devenu votre album emblématique…

Et il a notamment fait la chanson « The Book Of Heavy Metal (March Of The Metallians », c’est une très, très bonne chanson. Mais après The Book Of Heavy Metal, les nouvelles chansons étaient bonnes, je les aimais bien, mais Fredrik ne les aimaient pas du tout, car elles étaient trop hard, trop heavy, et pas assez mélodiques. Je ne sais pas. En fait, Snowy Shaw est un très bon ami, je ne devrais pas être là à dire de la merde sur lui, mais il a une forte volonté et, tôt ou tard, il prend le contrôle de tous les groupes dans lesquels il joue.

Mais ce que je veux dire c’est : n’est-ce pas ironique que votre album emblématique ne reflète pas vraiment le groupe dans son ensemble ?

Si, c’est le cas, parce que ces chansons que Snowy a écrites sur celui-ci étaient « Man Of A Mouse », « The Book Of Heavy Metal » et quelques autres chansons qui ne se sont pas retrouvées sur l’album, mais ensuite, il a été impliqué dans les autres chansons et il a trouvé des idées et tout. Donc il n’a pas vraiment créé quatre-vingt pour cent des chansons, il était impliqué dans quatre-vingt pour cent de l’ensemble. Donc tout le monde était impliqué et ça sonne quand même comme Dream Evil, mais si ça avait été plus loin, je pense que ça n’aurait plus sonné comme Dream Evil, et plus comme Notre Dame ou peu importe.

Pour revenir au nouvel album Six : en n’ayant pas composé de nouvel album en six ans, quel était votre état d’esprit au moment où vous avez commencé le processus pour ce sixième album ?

J’ai commencé le processus il y a sept ans ! J’ai commencé à faire des chansons et ainsi de suite, mais lorsque je fais des chansons, j’en fais plein, et tu penses toujours que les nouvelles chansons sont les meilleures. Nous n’avions pas d’idée concrète sur comment… Nous nous contentons de faire des chansons, nous créons la musique que nous aimons. Nous ne pensons pas tellement à ce que les gens aiment. Si j’aime une chanson, je l’aime, c’est tout [petits rires]. Peter et moi, nous travaillons beaucoup ensemble. Peter créé des chansons, des riffs, et puis il les apporte chez moi et je fais une mélodie par-dessus, ensuite nous faisons les paroles ensemble. Je crois que sur cet album, Peter et moi avons fait environ cinquante pour cent des chansons, et puis Patrik, le batteur, Pat Power, a fait l’autre moitié. Il a apporté beaucoup de chansons. Et il est un peu comme Snowy Shaw [rires]. Il ne veut vraiment pas que les gens changent quoi que ce soit dans ses chansons, et nous n’avions de toute façon vraiment rien à changer. Et c’est un très bon parolier ; Snowy Shaw était un parolier extrêmement bon également. Donc pour certaines de mes chansons, j’ai demandé à Patrik : « Peux-tu écrire les paroles ? » Et il les a tout de suite écrites. Je me fiche de savoir qui a fait quoi. De toute façon, nous partageons tout équitablement, mais tu peux voir des gens devenir cupides lorsqu’ils voient que « oh, il y plein de chansons à moi maintenant, pourquoi est-ce que je ne devrais pas avoir plus d’argent ou bla bla bla. » Et puis nous avons de toute façon fait appel à un jury metal qui décide quelles chansons se retrouveront dans l’album. Donc ce n’est pas nous qui décidons. Laissons les gens normaux décider.

Est-ce que le break de six ans a donné une impulsion et une inspiration nouvelles ?

C’est difficile d’avoir de l’inspiration quand tu as des petits enfants qui crient et courrent partout ! Parce que j’ai souvent de l’inspiration lorsque je m’apprête à m’endormir, alors quand ça arrive, je saute hors du lit et je cours en bas dans mon studio, et c’est dur d’avoir cette inspiration lorsque tu es constamment réveillé par des enfants. Donc je ne sais pas. C’est difficile à dire, l’inspiration vient quand elle veut.

D’après tout ce que tu viens de dire, on dirait que Fredrik Nordström n’est pas très impliqué dans la composition aujourd’hui, bien qu’il le soit dans le groupe…

Fredrik ne fait plus vraiment de musique, il ne fait que produire, et il donne son avis, si tel couplet doit être plus court ou si nous devons faire telle chose comme ça. Il arrange les chansons. Il ne les fait pas, il les arrange. Et il est très bon avec le son, évidemment, car c’est monsieur Fredrik Nordström, il obtient un très bon son de batterie et de guitare. Et je pense que sur les deux premiers albums, nous ne comprenions pas son talent [petits rires], nous pensions qu’il ne faisait que détruire et il était là : « Cette chanson, on devrait en faire un single. » Et nous disions : « Pas question ! C’est la pire chanson de l’album ! » Mais après coup, nous avons fini par comprendre qu’il a de l’expérience et donc que nous devrions l’écouter.

Comme il produit le groupe, penses-tu que le fait qu’il ne compose plus de chanson lui permet d’avoir suffisamment de recul sur la musique ?

Ouais, peut-être. Peut-être que c’est une bonne chose qu’il ne fasse pas de musique et ne fait que la produire et l’arranger. Car il peut voir les chansons avec un autre regard, pour ainsi dire. Il peut peut-être entendre ce qui est bon et ce qui est mauvais.

« Patrik est bon et Snowy Shaw était très bon, mais le reste d’entre nous, nous sommes assez attardés lorsqu’il s’agit d’écrire des paroles. »

Tu as mentionné le fait que vous avez sélectionné les chansons via un jury metal, constitué de fans que vous avez invités. Penses-tu que les fans sont forcément les meilleurs juges ?

Peut-être pas ! [Rires] Car cette fois, ils ont complètement voté pour d’autres chansons que celles que moi, Fredrik et tout le monde dans le groupe aurait voté. Nous étions là : « Oh, donc ils ont voté pour cette chanson comme étant la meilleure ?! C’est l’une des chansons que nous voulions jeter ! » Ensuite, lorsque nous l’avons écouté, nous avons commencé à comprendre qu’ils avaient raison, c’était une très bonne chanson. Mais nous l’avions trop écoutée, nous en avions marre des chansons. Donc certaines des chansons qui ne se sont pas retrouvées sur l’album étaient nos préférées, mais lorsque nous avons vu les résultats, peut-être qu’ils avaient raison, car ces chansons pour lesquelles ils avaient voté avaient les meilleurs arguments, elles étaient très bonnes. Donc… Je ne sais pas. Mais Century Media ne voulaient pas que nous suivions le résultat du jury [petits rires], ils voulaient que nous mettions d’autres chansons mais nous avons dit que nous avons mis en place un jury, qu’ils ont passé du temps à écouter les chansons vingt fois, ensuite ils ont voté, et donc nous devions suivre le résultat du vote, nous ne pouvons pas leur tourner le dos.

N’étiez-vous pas vous-même tentés d’ajouter quelques chansons que vous adoriez et pour lesquelles le jury n’avait pas voté ?

Absolument ! [Rires] J’ai essayé de convaincre Leif Jensen de Century Media que nous devrions peut-être avoir treize chansons au lieu de douze sur l’album, et inclure telle chanson. Et il a dit : « Ouais, je suis d’accord mais il doit n’y avoir que douze chansons, et vous avez déjà dit qu’on devrait suivre le vote. » Donc c’était dur. Mais nous avons enregistré seize chansons et ces seize chansons sortiront d’une façon ou d’une autre. L’album original possède douze chansons, le digipack en a deux de plus et la version japonaise en aura encore deux autres, donc ça fait seize chansons en tout, quoi qu’il arrive.

Pourquoi se restreindre à douze chansons ?

Je ne sais pas ! Il m’a dit : « Nous avons toujours eu douze chansons ! » « Peut-être qu’on devrait en avoir treize cette fois. » Mais non, ils n’ont pas été d’accord.

Beaucoup de musiciens, et je pense à Mikael Åkerfeldt d’Opeth par exemple, voient la création d’un album comme quelque chose de très égoïste. Donc j’imagine que vous n’êtes pas trop d’accord avec ça…

Non, effectivement, car comme on l’a dit, nous avons fait appel à un jury pour choisir les chansons de l’album, et avec Dream Evil, nous faisons de la musique qui devrait être aussi simple que possible car il faut que ce soit des refrains faciles à chanter, même pour ceux qui, comme moi, ne sont pas bons en anglais. Il ne faut pas que ce soit trop compliqué, les gamins doivent pouvoir prendre une guitare et jouer par-dessus, sans avoir à être trop bons. Il faut que ça reste simple. De la musique de ploucs.

D’ailleurs, comment avez-vous constitué le jury ?

Ce sont juste des gens que nous rencontrons. Je crois que certains d’entre eux travaillent à un magasin de pneus, Fredrik les a rencontrés et c’était des metalleux. J’en ai rencontrés certains autres à mon boulot, des vendeurs de matériel électrique et des électriciens que nous savions aimaient le heavy metal ou le hard rock. Mais il ne faut pas que ce soit de trop bons amis parce qu’alors, tu peux les influencer dans leur vote.

Fredrik a dit que vous aviez une règle, « si tu veux faire partie du jury, il ne faut pas savoir jouer d’un instrument de musique. » Pourquoi ? Pensez-vous que le fait de jouer d’un instrument fausse le jugement en tant qu’auditeur ?

Ouais. Peut-être. Car si tu es guitariste, tu n’écouteras que les guitares, je pense. Si tu es batteur, tu es concentré sur la batterie. Et si tu es bassiste, tu essaieras d’entendre la basse, mais de toute façon tu ne l’entends jamais [rires]. Non, mais si tu joues d’un instrument, tu écoutes presque à quatre-vingt pour cent uniquement cet instrument, je pense. Personnellement, en tant que chanteur, évidemment, j’écoute le chant. J’aime les bons riffs aussi, mais je n’écoute jamais la batterie ou la basse. Je pense que ces mecs qui ne jouent d’aucun instrument, ils écoutent l’ensemble, chaque instrument, toute la chanson.

D’un autre côté, l’une des caractéristiques des auditeurs de metal est qu’ils sont souvent musiciens eux-mêmes. Ne penses-tu pas que la maestria et les qualités techniques fait partie de ce que tous ces metalleux recherchent dans le heavy metal ?

Peut-être. Tu marques un point [petits rires]. Evidemment, il ne faut pas que ce soit trop simple, il faut quand même que ça sonne comment étant fait par des musiciens professionnels. Je veux dire qu’AC/DC joue de la musique très simple mais ils sont très bons. Tant que tu as un bon guitariste lead, tu peux toujours corriger ces riffs simples. Pour toutes les chansons que j’ai écrites, j’ai joué la guitare moi-même sur les démos mais je ne peux pas jouer aussi bien [qu’un vrai guitariste], mais ce n’est que pour donner l’idée et je montre ça au guitariste et lui corrige mes riffs. En fait, sur l’album United, j’ai fait soixante-dix pour cent de toutes les chansons. Markus était le nouveau guitariste à l’époque et il n’a pas changé mes riffs [petits rires], et je lui ai dit : « Il faut que tu les changes parce qu’ils sonnent trop simples, et tu dois les rendre un peu plus compliqués. » Donc les riffs les plus simples que nous ayons sortis sont sur l’album United. Mais il ne faut pas que ce soit trop simple, il faut que ça sonne simple. Je veux dire que si tu joues un riff, tu peux le faire de différentes façons. Tu n’as pas besoin de toutes les notes, un riff peut faire « ti tididi di di di » mais un gamin peut seulement jouer « ti ti di di di », il y a moins de notes, ça n’a pas d’importance du moment qu’ils ont l’impression de le jouer, au lieu de [chante un plan de guitare très rapide et compliqué], ça ils ne pourraient jamais le jouer. Je ne sais pas. Je ne suis qu’un simple chanteur, tu sais.

Tu as dit que vous étiez surpris de certaines chansons que le jury a choisies et que vous n’auriez vous-même pas choisi. As-tu des exemples ?

« Sin City », celle-ci a été voté comme étant la meilleure chanson, elle a reçu le plus grand nombre de suffrages. Cette chanson a été écrite par Peter et moi, et nous pensions « nan, peut-être qu’on ne devrait pas la mettre sur l’album, on devrait laisser la place pour une meilleure chanson. » Mais tout le monde lui a donné dix points, le plus haut score. Du coup, nous avons dû reconsidérer notre décision. Peter et moi avons fait une chanson qui s’appelle « Under Attack » qui pour moi était une des meilleures, et celle-ci ne s’est pas retrouvée sur l’album [petits rires]. Et ce qui est étrange, c’est que nous avons la première partie et la seconde partie : « How To Start A War, première partie » et « How To Start A War, seconde partie », et « How To Start A War » est sur l’album, c’est la première partie, et « Under Attack » est la seconde partie. Il faut que la musique soit amusante, pareil pour les paroles, il ne faut pas que ce soit trop sérieux, qu’il y ait un peu d’humour, donc « How To Start A War » parle d’un gars qui se rend à une exposition de vaisseaux spatiaux et, par accident, il démarre un des vaisseaux et s’envole, atterri sur une planète, tue la femme de l’empereur, ensuite décide de retourner sur Terre mais sans se rendre compte qu’il était pris en chasse, ensuite « Under Attack » est la seconde partie, lorsque la Terre est attaquée par les extraterrestres [rires]. C’est vraiment très intéressant ! « Under Attack » sera l’une des chansons bonus. Et elle reste pour moi l’une des meilleures chansons.

« Fredrik est celui qui adhère à fond au Sverigedemokraterna, c’est le parti raciste suédois. Il ne le dit pas mais je le ressens [rires]. »

L’album s’appelle Six évidemment parce que c’est votre sixième album, mais autrement, qu’est-ce que ce nombre représente pour vous ? A-t-il une signification particulière ?

Non, ce n’est qu’un nombre. Nous avons pensé à 666, le nombre de la bête, et que nous aurions le six et deux ombres qui formeraient un 666, nous trouvions que ça ferait un bon artwork pour l’album [rires]. C’était juste ça. Et c’était notre sixième album… Au début, lorsque nous avons commencé à enregistrer l’album, nous avions la chanson « We Are Forever », la dernière chanson du disque, et nous pensions que nous devions appeler l’album We Are Forever à la place. Mais c’était plus simple avec Six [rires].

L’album s’ouvre sur la chanson « Dream Evil ». C’est quelque chose d’important de donner le nom du groupe à une chanson. Qu’est-ce qui vous a fait penser que celle-ci le méritait plus que les autres ?

Peut-être qu’elle ne le méritait pas ! [Rires] J’ai également fait celle-ci. Au début, je n’avais pas de vraies paroles, je chantais un peu n’importe quoi. Ensuite il y a eu le « see no evil, hear no evil, speak no evil,” peu importe, qui collait avec Dream Evil, donc j’ai juste essayé et les autres gars ont aimé. Alors que moi pas. Nous avions une chanson qui s’appelle « Blind Evil » sur l’album United, celle-ci, depuis le début j’aurais aimé qu’elle s’appelle « Dream Evil » à la place de « Blind Evil », et en fait, je pense que c’est une meilleure chanson [rires]. Tu sais, c’est dur pour moi d’écrire des paroles parce que suis très mauvais à ça, donc ça se termine avec ce que ça se termine. Mais « Dream Evil » collait. Ça parle de gens qui ne prennent position sur rien. Ils ne font que suivre la masse et disent toujours oui à tout. J’ai des amis à mon boulot qui ont vraiment peur de donner leur avis, ils sont juste là à dire « oui, oui, bien sûr, monsieur. » Ce sont les mêmes personnes sur Facebook qui créé un profil où ils montrent à quel point ils sont tout le temps heureux, qu’ils ont une belle épouse, de magnifiques enfants, « oh, quel délicieux repas », ils prennent des photos de leur repas, mais ce ne sont que des mensonges ; ils vivent un mensonge, ils montrent quelque chose qui n’existe pas.

Et pourquoi n’as-tu pas appelé « Blind Evil » « Dream Evil » si c’était ton idée de départ ?

D’abord c’était « Dream Evil », ensuite c’était « Blood Eagle ». Est-ce que tu sais ce qu’est un Aigle de Sang (traduction de Blood Eagle, NDT) ? C’est lorsque les vikings coupaient le dos de leurs ennemis. Ensuite, nous avons commencé à écrire les paroles, c’était dur de trouver une histoire qui convienne au refrain. Nous sommes trop mauvais en anglais ! [Rires] Patrik est bon et Snowy Shaw était très bon, mais le reste d’entre nous, nous sommes assez attardés lorsqu’il s’agit d’écrire des paroles.

La chanson « Creature Of The Night » suit une longue lignée de chanson avec le mot “night” (“Heavy Metal In The Night”, “Children Of The Night”, “Only For The Night”, “In The Night”). Qu’est-ce que la nuit représente pour vous ?

C’est un mot sympa à chanter ! [Rires] C’est facile à placer dans les paroles. Non, je ne sais pas… « Creature Of The Night », c’est juste arrivé comme ça. Je ne sais pas qui a trouvé ça. Je crois que c’est Patrik qui a sorti ça [chante] « Creatures of the night ! » Cette chanson parle d’hommes qui se font des putes… Je crois [rires]. Ceci dit, dans le dernier album, In The Night, nous avons dit que nous devions inclure « in the night » dans chaque texte, mais je crois que c’était Leif Jensen qui a dit : « Les gars, vous avez oublié une chanson ! » [Rires] « Merde ! » Car ensuite nous avons aussi surligné « in the night » dans les paroles, dans toutes les chansons, mais nous avons oublié une chanson, donc ce n’était pas super.

Il y a toujours eu plein de clichés heavy metal dans votre musique (“Six Hundred And 66”, “Too Loud”, “Hellride”), mais qu’est-ce que ces clichés représentent pour vous ?

C’est censé être fun. En fait, nous avons une approche à la Monty Python ou Spinal Tap. D’ailleurs, nous allons faire un clip vidéo demain ici chez moi. J’ai fabriqué des ailes de dragon pour chacun de nous, ça fait deux semaines maintenant que je travaille dessus [petits rires]. Nous allons être tellement putain de metal ! Tout du moins, nous aurons l’air putain de metal… Mais nous allons faire des choses normales, comme faire la lessive, faire la cuisine, tondre l’herbe, changer un pneu de voiture, prendre le bus, jouer avec les enfants, acheter du lait, peu importe, avec tout l’accoutrement de guerrier. Il devrait y avoir plein de petits extraits où nous sommes en uniforme metal complet en train de faire des choses normales. Je ne sais pas pourquoi mais… [Rires] Je crois que ça commencera dans mon garage. J’ai une porte électrique et je vais remplir le garage de fumée, et nous nous tiendrons en ligne, et lorsque la porte s’ouvrira, toute la fumée s’échappera et nous sortirons. Ça devrait être marrant ! Si tu fais une vidéo marrante et que les gens rient quand ils la voient parce que c’est tellement stupide, alors peut-être qu’ils la regarderont plus d’une fois. Car je me souviens lorsque Twisted Sister est arrivé avec leurs vidéos pour « I Wanna Rock » ou « We’re Not Gonna Take It », je les ai vues plein de fois parce que j’aimais les vidéos. Je ne trouvais pas les chansons extrêmement bonnes mais j’aimais les vidéos. En fait, je voulais faire une vidéo pour la chanson « Sin City », parce que j’avais une très bonne histoire pour, mais il s’est avéré que les autres gars ne trouvaient pas que c’était une bonne idée [rires].

C’était quoi l’histoire ?

L’histoire commençait lorsqu’ils venaient frapper à ma porte… Ça existe probablement aussi en France, on les appelle les « Jehovas vittnen » en Suède, ce sont des genres de chrétiens qui frappent aux portes pour essayer de vendre leurs livres aux personnes âgées, ou peu importe, et ils veulent parler de Dieu. Et pour la vidéo, l’idée était d’avoir des témoins de Jéhovah qui frappent à la porte. Moi, Peter et Patrik nous aurions été les témoins de Jéhovah, et un homme pauvre et faible ouvre la porte, et il invoque le diable, et ça aurait été Fredrik. Tout aurait été comme le vieux film sur Dracula en noir et blanc. Ensuite, lorsqu’il invoque le diable, Markus serait soudainement apparu avec de la fumée. Les couplets, où nous racontons l’histoire, auraient été en noir et blanc, et durant le refrain, nous aurions été en couleur, avec tous les trucs metal et tout. Je trouvais que ça serait super et Patrik [Ullaeus], notre réalisateur, était enthousiasmé par l’idée, mais nous avions déjà voté pour « Antidote », c’est ça la vidéo que nous allons enregistrer demain. Et « Antidote », en soit, n’a rien à voir avec le fait de jouer avec des enfants vêtus d’armures de la tête au pied [rires]. « Antidote » parle d’antiracisme, car il y a trop racisme aujourd’hui en Europe et dans le monde entier, avec Trump, Le Pen dans votre élection, ces trucs Nazis. Les gens ne semblent pas apprendre de l’histoire. Il y a trop de haine !

« Je n’écoute que du vieux metal des années 80, comme Judas Priest, Accept, TANK, le vieux Iron Maiden, peu importe, de vieux trucs fait par des gars qui sont bientôt morts. »

Du coup, c’était important de mettre en avant cette chanson ?

Ouais mais, en fait, certains d’entre nous ne sont pas d’accord, ils sont peut-être un peu Nazis [rires]. Donc je voulais que nous fassions un clip qui prenne vraiment position. Nous aurions dû faire un clip où je me serais tenu devant un pupitre face à des gens avec un microphone, dans un discours à la Adolf Hitler avec le même genre de coupe de cheveux, mais au lieu d’avoir le symbole Nazis, j’aurais eu le symbole Nazis barré. Ensuite nous aurions eu des extraits avec Trump et tous les leaders extrémistes d’Europe. Mais soudainement, nous avons pris conscience que nous n’étions pas un groupe politisé, donc nous ne devrions pas trop rentrer dans la politique. Nous ne sommes pas Rage Against The Machine, tu vois.

Pourquoi pas ?

Je ne crois pas que Fredrik apprécie. Fredrik est celui qui adhère à fond au Sverigedemokraterna, c’est le parti raciste suédois. Il ne le dit pas mais je le ressens [rires].

Dans la chanson « Too Loud », tu chantes « Too loud, too drunk, too proud » (« Trop fort, trop bourré, trop fier »). Est-ce ça le heavy metal, les excès ?

En fait, j’ai écrit les paroles et les mélodies de celle-ci et Fredrik a fait les riffs. Je visualisais des images de groupes de Los Angeles dans les années 80 qui faisaient la fête, genre David Lee Roth, avec toutes les filles autour de la piscine, en train de boire de la bière, le soleil qui brille, peu importe, et des clichés, comme d’habitude. Ce sont des paroles marrantes. Nous ne grandissons jamais. Je chante quelque chose comme… Qu’est-ce que je chante, en fait ? Je ne me souviens pas de ce que je chante ! [Rires] « Un jour, il faudra… grandir… mais pas encore… on est encore trop jeunes… » Quelque chose comme ça. Nous sommes trop vieux mais nous voulons être jeunes et faire la fête toute la journée.

On dirait une chanson de Kiss…

Ouais ! [Chante “Rock & Roll All Nite”] “I wanna rock and roll all night and party every day!” C’est pas mal dans cette veine. [Chante “Shout It Out Loud”] “Well the night’s begun and you want some fun, do you think you’re gonna find it?” C’est un peu comme ça, cette chanson.

Une question plus générale : que penses-tu de la place du heavy metal aujourd’hui ?

Je n’écoute pas tellement de musique de nos jours parce que ma femme n’en écoute jamais, et elle me dit toujours d’éteindre la musique ! [Rires] Et de toute façon je n’écoute que de vieux machins [petits rires]. Je n’écoute que du vieux metal des années 80, comme Judas Priest, Accept, TANK, le vieux Iron Maiden, peu importe, de vieux trucs fait par des gars qui sont bientôt morts, ce genre de musique. Je n’ai pas entendu un seul nouveau groupe… Les nouveaux groupes pour moi viennent du début des années 90 ! C’est à partir de là que j’ai arrêté d’écouter. Ça ne répond pas à ta question, bien sûr… En fait, je n’aime plus aller aux concerts, parce que je m’en suis lassé ! Il y a trop de gens, c’est trop bondé. Je préfère me poser chez moi, prendre une bière et écouter ma chaîne hi-fi à la place. Si tu vas voir un concert, tu voudras prendre des bières et quelqu’un doit conduire, et il n’y a pas de bus ou de métro qui fonctionnent encore aux horaires où tu voudras rentrer chez toi le soir après le concert, donc alors tu dois prendre un taxi et ça coûte un max. Et comme je l’ai dit avant, nous commençons à nous faire vieux, à être paresseux, fatigués et obèses [rires]. Je pense que ça n’a toujours pas répondu à ta question…

Mais est-ce que ça signifie que tu n’aimes pas jouer en concert non plus ?

Oh, si, nous adorons jouer en concert ! Mais nous sommes trop paresseux ! [Rires] Il y avait une date et ils m’ont demandé si nous pouvions la prendre, et j’ai dit : « Ouais, bien sûr, on peut la prendre. » Et puis Fredrik a demandé : « Est-ce qu’on est en tête d’affiche ? » « Oui ! » « Non, non, non, je ne veux pas être tête d’affiche ! » « Pourquoi pas ? » « Non, je veux être la première partie et jouer quarante-cinq minutes et ensuite aller boire des bières ! » [Rires] C’est comme ça que nous fonctionnons. Nous pouvons jouer un peu et ensuite nous voulons faire la fête. Mais c’est bondé lorsque tu es dans la foule, en revanche ça ne l’est pas lorsque tu es sur scène car tu as un peu de distance, donc c’est bien. Je veux dire que c’est juste que j’en ai marre d’aller aux concerts. Je ne vais même plus au pub parce que j’en ai marre. Je trouve simplement que c’est sympa d’être à la maison, et boire une bière complètement tout seul [petits rires]. Non, mais avec des amis, parce que tu t’amuses toujours plus lorsque tu es posé chez toi à boire des bières avant de partir en boite. Le meilleur moment le soir est presque toujours avant de sortir, parce que lorsque tu sors en boite ou autre, vous vous séparez, tu perds tes amis, tu ne sais pas où ils sont, et puis tu bois trop et tu deviens trop ivre et tu veux rentrer chez toi [rires].

L’album se termine sur la chanson « We Are Forever ». Est-ce une déclaration par rapport au groupe ou plus généralement le heavy metal ?

C’est une déclaration normale pour nous, je pense. Tu sais, ça prend de plus en plus de temps pour que nous fassions un album. Ca fait sept ans maintenant. Donc peut-être que nous ferons le prochain album dans quinze ans [petits rires]. C’est juste pour dire aux fans que nous sommes éternels, ne vous inquiétez pas, nous reviendrons [rires], même si ça prend vingt ans. D’un autre côté, si ça prend quatorze ans, alors j’aurais soixante-cinq ans… Bon, soixante-cinq, tu as Biff Byford, etc., ces gars on soixante-cinq ans voire plus…

Interview réalisée par téléphone le 24 mai 2017 par Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.

Site internet officiel de Dream Evil : www.dreamevil.se.

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  • « « Antidote » parle d’antiracisme, car il y a trop racisme aujourd’hui en Europe et dans le monde entier, avec Trump, Le Pen dans votre élection, ces trucs Nazis. Les gens ne semblent pas apprendre de l’histoire. Il y a trop de haine ! »

    Ah ouais, il dit VRAIMENT que des conneries !

    😉

    Bon, en fait effectivement c’est n’importe quoi cette interview 😀 Résultat je vais allez écouter tout ça.

    Bien joué…

    [Reply]

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