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Interview   

Dream Theater à la reconquête du trône


James LaBrie & Jordan Rudess - Dream TheaterScene From A Memory sorti en 1999 est non seulement l’une des œuvres emblématiques de Dream Theater mais également l’un des albums conceptuels les plus reconnus du monde du metal. Il n’est donc pas étonnant d’avoir vu pendant des années les fans réclamer à cor et à cri un nouvel opus conceptuel de cette trempe, surtout après une série d’albums, ces dernières années, où Dream Theater s’est plutôt reposé sur ses acquis. Le groupe les a finalement entendu, proposant cette année ce qui semble être, sur le papier en tout cas, l’album le plus ambitieux jamais envisagé par le groupe, intitulé The Astonishing.

Deux disques, trente-quatre pistes, un orchestre, des chorales diverses et une histoire complexe. En 2285, dans un monde où s’oppose le riche Great Northern Empire Of The Americas (incarné par l’empereur Nafaryus, l’impératrice Arabelle, Daryus et Faythe) et la milice rebelle des Ravenskill (incarnée par Evangeline, Gabriel et Arhys) qui vit dans la précarité, l’art n’existe plus, remplacé par des « machines à bruit » appelées les Nomacs. Gabriel est le héros qui montre aux gens les émotions, la passion, le bonheur et l’espoir que procure la musique, ce qui évidemment inquiète l’empereur Nafaryus qui craint un soulèvement.

L’histoire a été pensée et écrite par le guitariste John Petrucci et la musique composée en duo entre lui et le claviériste Jordan Rudess. C’est ce dernier, avec le chanteur James LaBrie (malheureusement atteint d’une légère extinction de voix le jour de notre rencontre) dont le challenge a été conséquent en incarnant pas moins de huit personnages pour les besoins de l’histoire, que nous avons rencontré pour nous parler de cette monumentale entreprise qui a été la leur pendant deux ans et demi et dont le résultat est sur le point de voir le jour.

Dream Theater

« Avec le changement de membre, la préoccupation principale était de faire savoir aux fans que nous étions toujours le même groupe […]. Après avoir fait deux albums avec Mike Mangini, ça paraissait approprié et naturel de se dire qu’il était temps d’envisager une autre pièce conceptuelle. »

Radio Metal : Vous êtes sur le point de sortir votre nouvel album intitulé The Astonishing. Etant un opéra rock de 34 chansons réparties sur deux disques et basé sur une grande histoire, on dirait qu’il s’agit-là de l’album le plus ambitieux que le groupe ait jamais fait. Du coup, comment cet imposant projet est né ?

James LaBrie (chant) : Je dirais que les graines ont été plantées il y a environ deux ans et demi. John [Petrucci] a eu un moment d’inspiration et, à partir de cette inspiration musicale, il a trouvé un concept, un scénario. [Il s’interrompt] Je peux à peine parler ! (James a la voix cassée, NDLR)

Jordan Rudess (claviers) : Je vais commencer pendant que tu bois de l’eau. En gros, le groupe savait que nous voulions créer un album conceptuel, c’est quelque chose que nous voulions faire depuis un moment. Mais pour faire ça et le faire bien, nous avions besoin d’une histoire vraiment solide. Donc, comme James l’a dit, il y a deux ans et demi, John a commencé à planter les graines de cette histoire et écrire quelque chose. Et il y a un peu plus d’un an, il nous l’a présenté et nous l’avons trouvé très inspirante, et c’était vraiment le bon moment pour commencer à travailler sur un album conceptuel. Donc, après qu’il nous l’ait montrée, lui et moi avons commencé à travailler sur la musique. Ce qui a commencé séparément à différent endroits, lui chez lui et moi chez moi à composer des trucs, a fini en travaillant ensemble tous les jours sur une histoire très détaillée et à assembler cet énorme album conceptuel.

D’ailleurs, James, dans la biographie promotionnelle, tu dis que « cet album est quelque chose que vous deviez absolument faire. » Pourquoi un tel désir ardent ?

James : Eh bien, ça fait seize ans depuis Scenes From A Memory. Ca fait depuis les trois ou quatre dernières années que nous nous disons que, dans un avenir proche, lorsque ce sera le bon moment, ce serait cool de faire un autre album conceptuel, et je pense qu’avec le changement de membre (le départ de Mike Portnoy et l’arrivée de Mike Mangini à la batterie, NDLR), à ce stade, la préoccupation principale était de faire savoir aux fans que nous étions toujours le même groupe, que nous allions toujours balancer de la super musique, mais du coup, ce n’était pas le bon moment pour faire un album conceptuel. Je pense qu’à ce stade de notre carrière, en 2011 avec A Dramatic Turn Of Events, en 2013 avec l’album éponyme, ces albums étaient nécessaires avant de nous retrouver dans une situation où nous pouvions nous dire : « Voilà, c’est le bon moment. » Ces albums sont des albums dont nous pouvons être absolument fiers. Donc, après avoir fait deux albums avec Mike Mangini, ça paraissait approprié et naturel de se dire qu’il était temps d’envisager une autre pièce conceptuelle. Donc ouais, ces albums étaient nécessaires avant de nous retrouver dans cette situation.

Comme tu l’as mentionné, Jordan, la musique de l’album a été écrite en duo, entre toi et John. Peux-tu nous en dire plus sur la façon dont vous avez collaboré sur sa conception ?

Jordan : Depuis seize ans que je suis dans le groupe, grosso-modo, ce qu’il se passe, c’est que nous allons en studio, parfois tous ensemble, parfois pas tout à fait tous ensemble mais quoi qu’il en soit, John et moi sommes très proches lorsqu’il s’agit de composer la musique de Dream Theater et nous l’avons toujours été. Mais sur cet album, nous avons décidé que ça allait être un projet si détaillé, qui nécessiterait une telle concentration – c’est presque comme faire la bande son d’un film -, que nous devrions le faire dans un endroit au calme, presque en se plaçant du point de vue ou dans la position d’un compositeur classique. C’est donc ce que nous avons fait et nous avons expliqué aux autres ce que nous allions faire, nous avons réservé du temps pour nous retrouver, juste moi avec mes claviers et mon ordinateur, John avec sa guitare et son ordinateur, et nous avons entrepris ce grand projet. Evidemment, c’était un travail monumental, rien que par rapport à l’histoire, et ça c’est John qui s’en est chargé, il a créé l’histoire et écrit les paroles, mais nous avons tous les deux composé la musique ensemble. Pour ce qui est de la composition, ce qui était intéressant à ce sujet, c’était que nous devions nous attaquer à des styles qui vont au-delà de ce que nous faisons habituellement avec Dream Theater, qui est évidemment un mélange de progressif, de metal et aussi quelques autres éléments, mais il a fallu que nous allions un peu plus loin, un peu plus en profondeur et amenions de nouvelles choses. Il y a plein d’éléments orchestraux, il y a plein de mélodies vraiment belles que l’on peut chantonner en chœur, et donc le cadre est bien plus large. Donc, le fait d’être ainsi ensemble dans une pièce pendant un long moment nous a donné l’occasion de vraiment nous concentrer sur le travail qui devait être fait et façonner cette chose, de façon à ce que toute la matière thématique soit en rapport avec l’histoire ; les couleurs et la musique devaient se lier à cette histoire très complexe, à mesure qu’elle se déroule.

Apparemment, vous avez pris l’histoire et construit la musique autour. Est-ce que c’était un défi de procéder de cette façon, le fait d’avoir l’histoire avant la musique ?

Eh bien, c’était justement très important d’avoir l’histoire avant la musique.

James : En fait, avoir l’histoire déjà écrite, ça te met dans une super position, car c’était tout de suite visuel et Jordan est le genre de musicien qui lit quelque chose et ça sonne ou se répand tout de suite dans sa tête à la vitesse de la lumière. Il est très instinctif avec la musique en tant que Tout. C’est un don que peu de gens ont, il réagit immédiatement à tout. Je veux dire que le scénario ayant été développé avant, ça les a mis dans une merveilleuse situation.

Jordan : Je suppose que c’est une réalité, comme lorsque James ou John me parlent d’une idée liée à la musique, généralement, pendant la conversation, je traite les données [petits rires], je réfléchis, presque comme si je créais la musique au moment même où on parle. Je ne devrais probablement pas faire ça parce que je devrais mieux être attentif à ce que les gens disent, mais la façon dont mon cerveau littéralement fonctionne fait que je vais répondre quasiment d’une façon musicale. Donc avec cette histoire, c’était super que John l’ai écrit, car peut-être est-ce la raison pour laquelle, dès qu’il me l’a passée, j’ai presque immédiatement commencé à penser, à créer des émotions. Mon expérience en tant que musicien me permet de prendre l’émotion et naturellement la mettre en son. Voilà de quoi il en retournait avec la création de cet album. Bien sûr, composer de la musique c’est encore autre chose parce qu’alors, tu dois commencer à prendre des décisions. S’il y avait un piano ici, je pourrais m’asseoir et toute la journée, non-stop, jouer de la musique que tu n’as jamais entendue, mais si nous devons nous arrêter, composer et dire « voilà ce qu’on veut garder » [petits rires], alors ça prendra plus de temps, de manière à se mettre dans un autre état d’esprit. Il y a par exemple des thèmes dans cette musique, des thèmes qui reviennent, et en premier lieu, nous devions décider quand ils devaient revenir, en fonction de l’histoire, et comment ils devaient revenir. Comme, une fois, nous avions ce thème que nous voulions faire revenir vers la fin mais nous l’avions déjà fait plusieurs fois auparavant, et je voulais faire quelque chose de différent avec mais je n’arrivais pas à savoir comment. J’ai donc dit à John : « Je vais me promener, je reviens. » Et à mi-chemin pendant mon petit tour, j’ai entendu ce refrain dans ma tête. Je suis revenu et j’ai dit : « Je l’ai ! » Je le lui ai joué et il était là : « Oh mon Dieu ! C’est génial ! » C’est donc juste que tu dois faire de la place dans ta tête et t’en éloigner, et ensuite revenir et, tu vois, de bonne choses se produisent.

Dream Theater - The Astonishing

« Lorsque James ou John me parlent d’une idée liée à la musique, généralement, pendant la conversation, je traite les données [petits rires], je réfléchis, presque comme si je créais la musique au moment même où on parle. »

James, sur les neuf chansons de l’album que nous avons entendues, tu sonnes parfois très théâtral, comme dans « Lord Nafaryus ». Quelle différence cela a fait pour toi de chanter un opéra rock ? Comment as-tu abordé le chant ?

James : J’aurais aimé avoir une bonne voix pour pouvoir parler de ça là tout de suite ! Bon, je pense que ce qui m’a aidé dans la façon de préparer et aborder ça, c’était que dans le passé, j’ai été impliqué dans un album qui s’appelle The Absolute Man, avec Trent Gardner, où je jouais le rôle de Léonard De Vinci et j’ai aussi fait un album avec Arjen Lucassen, The Human Equation, dans lequel j’avais le rôle principal. Ces environnements étaient donc déjà [théâtraux], et je me suis rappelé de ces expériences et j’ai réfléchi à la façon dont je les avais abordées. Sauf que là, c’était à une toute autre échelle, car il y a huit personnages, dont sept sont vivants et un mort. Il a donc fallu qu’en premier lieu je m’immerge dans l’histoire. Ensuite, à partir de là, lorsque j’étais très à l’aise avec la façon dont l’histoire se déroulait, avec le sujet de l’histoire, arrivé au moment où John m’a donné les paroles, c’était une question de devenir chacun de ces personnages, ressentir que j’étais aussi proche d’eux et que je deviendrai eux autant que possible. Ensuite, il fallait trouver via les paroles, à tout moment, quelle devait être l’expression, quelle émotion je devais ressentir, comment ce personnage devait interagir et ce que je devais créer pour chacun des personnages, y compris les femmes, Arabelle et Faythe. C’était donc un défi sans précédent, simplement en raison de l’ampleur et la portée de la musique, et l’histoire étant une histoire classique, extrêmement bien écrite, ça m’a vraiment permis de porter ça à un autre niveau.

The Astonishing dépeint une dystopie rétro-futuriste et post-apocalyptique dans un contexte féodal, façon médiéval. C’est la première fois que l’on voit de tels thèmes chez Dream Theater. Quelle a été l’inspiration pour cette histoire ?

Jordan : John dit qu’il a été inspiré par des choses comme Star Wars et le Seigneur Des Anneaux, Game Of Thrones, Harry Potter et toutes ces idées qui proviennent de la science-fiction et du fantastique. Nous adorons tous ça, nous nous y identifions tous. C’était donc un thème qui fonctionne très bien pour nous. L’un des défis était en fait de trouver un artiste qui pouvait le retranscrire comme nous le visualisions. Donc, après avoir beaucoup cherché, nous avons trouvé ce gars chinois, son nom est Jie Ma, et il avait ce style incroyable, qui mélange un peu ces éléments. Il a réussi à créer visuellement tout cet univers, ce qui aide énormément parce que les gens réagissent à la musique, c’est clairement un album de Dream Theater, mais le fait d’avoir le côté visuel qui l’accompagne, ça permet vraiment aux gens de se plonger dans ce monde que nous créons.

Les chansons que nous avons entendues ont toutes les éléments classiques attendus de la part de Dream Theater mais aussi, ici et là, de nouveaux éléments, comme des parties inspirées par la musique médiévale. Tu a brièvement mentionné ça un peu plus tôt, mais est-ce que le fait d’avoir un album basé sur une histoire vous a permis d’explorer de nouveaux territoires que vous n’auriez jamais pensé explorer sans ce concept ?

James : Oui, bien sûr. Je veux dire que nous avons même dû creuser bien plus loin et étendre le style de base, l’inspiration et ce qui était approprié pour tel ou tel moment particulier dans l’histoire.

Jordan : C’était cool parce que nous avons pu utiliser certains styles que nous avons peut-être toujours eu en nous mais que nous n’avons jamais eu l’occasion d’utiliser avant parce que ce n’était jamais approprié. Tous les trucs électroniques sont un bon exemple. Je veux dire que nous avons toujours apprécié la musique électronique et fait des choses comme ça en dehors de Dream Theater mais désormais, nous avons l’occasion de vraiment nous y mettre et faire ce type de passages. Il y a un tas de scènes différentes sur les Nomacs (les machine à bruit – Noise Machines – qui remplacent les artistes dans l’histoire, NDLR) dans l’album, et elles sont complètement électroniques et j’ai pu les produire avec tous mes synthétiseurs et mon ordinateur. C’était super amusant ! Mais ce n’est pas tout, comme tu l’as dit, il y a ces parties classiques romantiques intéressantes, il y a des parties où James chante une sorte de magnifique… presque comme un thème d’amour… Nous n’avons jamais vraiment fait ça auparavant. Donc, le fait d’avoir l’histoire ouvre les horizons et nous permet d’aller encore plus loin, ce qui est, je trouve, énormément gratifiant d’un point de vue personnel. C’est tellement palpitant ! Un exemple étant, au-delà de ce que j’ai fait musicalement, au niveau composition, et de ce que John a fait, de pouvoir présenter à James de la musique que nous avons faite et qui a toute cette dynamique et toutes ces douces et très belles mélodies aériennes, et puis aussi des choses très agressives. C’était fantastique parce qu’une des choses que je préfère dans ce qu’il fait, c’est lorsqu’il va de cet incroyable timbre doux à un son énergique, et entendre ce large éventail sur cet album, c’est genre : « Oui ! » C’est comme un tour de force pour lui !

James : C’était incroyablement inspirant ! C’est une œuvre musicale qui a une incroyable palette dans laquelle un chanteur peut se plonger. Je veux dire, bon Dieu ! Je devenais dingue, j’étais tellement excité ! Mais, tu sais, aussi extrême que Dream Theater a pu être par le passé, où tout le monde pousse le bouchon, je pense que ces mecs, Jordan et John, ont poussé les choses encore plus loin cette fois. Tous les coups étaient permis, en allant à des extrêmes en termes de styles, qui ont peut-être été abordés par le passé mais en les amenant bien plus loin, et à faire des choses inattendues, tout en étant parfait vis-à-vis de ce qui était nécessaire de faire pour que le message passe, aussi bien musicalement que pour traduire l’histoire. C’était incroyable !

Dream Theater

« Aussi extrême que Dream Theater a pu être par le passé, où tout le monde pousse le bouchon, je pense que ces mecs, Jordan et John, ont poussé les choses encore plus loin cette fois. Tous les coups étaient permis. »

Est-ce que le nom de l’album, The Astonishing (Le Stupéfiant, NDLR), a d’abord à voir avec sa nature ambitieuse ou bien est-ce que ça à voir spécifiquement avec le concept en tant que tel ?

Jordan : Eh bien, The Astonishing a effectivement à voir avec toute l’histoire, le résultat positif qui en découle. Tu sais, de façon générale, l’histoire parle de cette technologie qui, en gros, prend le pouvoir et contrôle presque tout ce qui se passe. Ensuite, des gens se rendent compte qu’il leur manque quelque chose, et il y a un personnage dans un spectacle qui a ce don pour la musique. Ce qui se passe au cours de ce spectacle, et entre ces machines à bruit et cet incroyable personnage qui représente la musique, tous les éléments qui composent tout ça et tous les détails de l’histoire, c’est ça The Astonishing.

James : Exact. Tu vois, tu pourrais dire que le monde est dystopique mais il est devenu stérile, il n’a plus d’âme, il n’a plus foi en rien, et ce personnage de Gabriel ramène tout ça. Il est contagieux, il est magnétique, car il remontre ce qui a été perdu, c’est-à-dire la part artistique qui existait au cœur des êtres humains et le fait que nous pouvons nous exprimer comme aucun autre animal ou chose qui existe sur cette planète. Rien ne créé un éveil artistique aussi profond. Et c’est ce qu’il a fait. Il a pu voir et montrer aux gens la relation avec l’instrument [de musique], en tant qu’extension de soi, qui avait organiquement quelque chose à laquelle nous devons nous rattacher ou dont nous devons à nouveau concrétiser dans ce monde, et se débarrasser de la désensibilisation que ces empereurs et machines ont créés. Car ce sont aussi des écrans de surveillance, ils regardent aussi comment la société se conduit, contrôlant et s’assurant que tout le monde vit dans les limites des règles.

Sur cet album, vous avez utilisé un véritable orchestre et de véritables chœurs, arrangés par David Campbell. Comment s’est passé la collaboration ?

Jordan : C’est marrant, j’étais en train de penser que, tu sais, tu entends les groupes parfois dire : « Ok, c’est l’album sur lequel nous avons tout fait ! Tout ce qui est possible et imaginable ! Tu as tous ces éléments et les orchestres et les chœurs… » Ça sonne un peu drôle, mais pour notre part, cet album, c’est effectivement celui sur lequel nous avons fait ça ! Nous avions un orchestre, nous avions une chorale, nous avions une chorale gospel, nous avions une chorale de jeunes garçons, nous avions un joueur de cornemuse, nous avions des violoncelles, nous avions une soprano, nous avions même James LaBrie qui a chanté dessus, ce qui est un honneur !

James : [Petits rires] Ouais, t’es un petit marrant…

Jordan : Donc ouais, travailler avec David Campbell, c’était super parce que nous avions tant d’éléments, tellement de choses que nous voulions faire, que nous avions besoin de quelqu’un capable de rendre tout ça possible à un haut niveau. Pas seulement écrire les parties de l’orchestre et de la chorale, mais aussi comprendre comment mettre tout en place, comment l’enregistrer, où l’enregistrer, quoi utiliser, quoi faire, la fenêtre de temps, le budget, le cadre musical – une part est rock, une autre part sonne comme de la musique classique… Donc David Campbell était celui que nous voulions pour s’occuper de ça parce que nous avons entendu parler de lui comme ayant fait beaucoup de choses mais aussi il a fait un projet pour Rush… Oh, pas Rush, un projet pour Muse (l’album The 2nd Law de 2012, et plus spécifiquement la prestation de la chanson « Survival » pour les jeux Olympiques de Londres » que nous avons regardé et trouvé vraiment cool, donc nous nous sommes dit que ce serait le mec parfait. Nous étions là : « Wow ! » Car le CV de ce mec est incroyable !

James : Et il a effectivement travaillé avec Rush aussi.

Jordan : C’est vrai ?

James : Ouais, il a fait un peu de boulot avec Rush (sur l’album Clockwork Angels de 2012, NDLR).

Jordan : Et ensuite, ce qui s’est passé, c’est qu’à l’origine, John et moi étions en studio en train d’écrire toute cette musique, et nous pensions que nous écririons juste les chansons et ensuite ferions les trucs que nous faisons en général – le piano et l’orgue, peu importe, et la guitare -, lui donner ça et le laisser faire tout ce qu’il allait faire. Ca semblait être ce qui allait se passer. Mais ça n’est pas vraiment ce qui s’est passé parce que, lorsque nous avons été en studio – tu vois bien le genre de personne et de musiciens que nous sommes -, nous nous sommes rendus comptes que nous voulions vraiment que ça sonne comme nous voulions que ça sonne ! [Petits rires] J’ai donc fini par utiliser tous mes instruments virtuels pour que ça sonne orchestral et comme des chœurs avant de lui donner tout ça. Ce qui est super parce que j’adore orchestrer et j’ai pu m’en donner à cœur joie, et ensuite, lorsque j’ai donné ça à David, il avait une très bonne idée de ce que nous voulions et il pouvait prendre ce que j’ai joué et le transposer pour de vrais instruments, ce qui n’est pas ma spécialité. Je suis bon dans un studio MIDI mais David est un expert en orchestration. Donc si je jouais un accord de cordes, il pouvait dire : « Ok, bon, ces cinq notes dans cet accord de cordes, la note du haut, je la donne au violon, celle du bas, c’est celle du violoncelle… » Il y a beaucoup de travail à faire lorsqu’un claviériste joue un accord de cordes, par exemple. Donc David était incroyable parce qu’il comprenait vraiment ce qui se passait, il comprenait comment prendre ce que j’ai fait et le rendre réel et bien le faire sonner. C’était un mec vraiment super et sympa avec qui travailler.

Interview réalisée en face à face le 4 décembre 2015 par Valentin Istria.
Retranscription : Valentin Istria.
Traduction et introduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Dream Theater : www.dreamtheater.net.



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  • « Esperons …. depuis le temps »

    P*tain j’adore ce genre de commentaire à la con.
    Sous-entendu « ils n’ont rien sortis de valable depuis Metropolis », qu’est-ce que c’est gavant à force…

    Et l’autre en-dessous qui sait pas parler la France…

    [Reply]

    ear

    à te lire,je pressens un inculte…

  • Esperons …. depuis le temps

    [Reply]

  • à lire l’interview,ça pressent l’album culte

    [Reply]

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