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Interview   

Dushan Petrossi (Magic Kingdom) rouvre les portes de son royaume symphonique


Dushan Petrossi - Magic KingdomMagic Kingdom a sorti son nouvel album, Savage Requiem, le 20 mars dernier chez AFM Records. Un album avec lequel le groupe belge partage une nouvelle fois son speed metal aussi épique que symphonique. Nous nous sommes entretenus avec le guitariste et tête pensante du groupe Dushan Petrossi qui évoque notamment la manière dont il travaille les arrangements orchestraux et l’intégration du chanteur Christian Palin, que les fans d’Adagio connaissent bien pour avoir chanté sur le dernier album du groupe de Stéphan Forté. Mais aussi les raisons de la faible productivité de Magic Kingdom, qui comptabilise tout de même plus de quinze années d’activité, Savage Requiem étant « seulement » son quatrième album.

En tant que leader d’Iron Mask – dont il nous parlait déjà en 2013 -, Dushan Petrossi en profite pour revenir sur les différences entre les deux groupes et raconte au passage un bel exemple de couac qui peut parfois se dérouler en tournée !

Magic Kingdom - Savage Requiem

« Comme on a peut-être l’occasion de jouer avec un orchestre symphonique, ça me motive un peu pour commencer l’écriture du prochain Magic Kingdom. »

Radio Metal : Tu t’occupes de toute la musique, des harmonies vocales, des arrangements et des paroles. C’est également le cas pour ton autre groupe Iron Mask. Est-ce important pour toi d’avoir le contrôle total de ton art ?

Dushan Petrossi (guitare, arrangements orchestraux) : C’est ma façon de travailler depuis pas mal d’années, donc je suis habitué à faire comme ça. Si je commence un projet, j’ai envie de le terminer et que ça soit fait d’une façon qui me plaise vraiment, comme je l’entends dans ma tête. Je ne suis pas contre que les musiciens me disent « on préfère faire ci ou faire ça ». Pour l’instant ils ne se plaignent pas, donc ils aiment bien que je leur apporte des morceaux et ils apportent leurs touches personnelles en studio, leurs feelings.

Est-ce que tu penses que ça serait quelque chose qui serait amené à changer dans le futur ? Est-ce que tu pourrais te sentir prêt un de ces jours à déléguer un peu plus ?

Oui. Les musiciens avec qui je travaille n’amènent pas de morceaux, ni rien, donc ils aiment bien recevoir le matériel venant de moi. À partir de ce moment-là, ils apprennent le morceau et ils sont contents de cette façon. Comme moi je travaille comme ça depuis vingt ans, ça ne change pas. Intégrer des musiciens qui peuvent apporter quelque chose, ça pourrait être bien aussi un jour, je ne suis pas contre l’idée.

Il y a une partie arrangements et orchestrations qui est assez importante chez Magic Kingdom. Comment ces arrangements sont-ils enregistrés ? Est-ce que c’est un vrai orchestre ?

Non, ce sont des samples orchestraux que j’ai chez moi dans mon studio. Ce sont de vrais samples d’orchestres que tu peux employer à ta façon. Pour le prochain, on devrait avoir une partie avec un vrai orchestre, ça va bien m’aider aussi.

Tu penses que ça pourrait donner une autre dimension à ta musique d’avoir un vrai orchestre ?

C’est toujours bien d’avoir un vrai orchestre. C’est vrai que maintenant les samples s’en rapprochent fortement, mais il faut passer beaucoup de temps dessus. Avec un orchestre cela me permettrait d’aller plus vite et d’avoir une autre dynamique.

Le chanteur sur cet album est Christian Palin qui a chanté pour Adagio il y a quelque années. Tu peux nous parler un petit peu de la manière dont tu l’as recruté ?

En fait c’est un contact mutuel, à la base il avait auditionner pour Iron Mask. Mais j’ai préféré le prendre pour Magic Kingdom, lui aussi a préféré chanter dans ce groupe-là vu que j’étais en train de composer pour Magic Kingdom. Iron Mask, ça sera peut-être plus pour l’année prochaine, étant donné qu’on a déjà sorti deux albums consécutifs. Ça a collé dès le début. Ce que je voulais c’était des musiciens qui soient là en live, s’ils ne le sont pas, ils ne sont pas sur l’album. J’ai eu la blague plusieurs fois dans le passé d’avoir des musiciens qui étaient là sur l’album, mais jamais en live. On veut vraiment avoir l’esprit groupe qu’on avait il y a une quinzaine d’années et pouvoir jouer un peu partout avec des membres qui s’impliquent à fond dans le groupe.

Est-ce que tu avais pensé à d’autres chanteurs que lui ?

Oui, il y a eu plusieurs auditions. Il me fallait vraiment un chanteur qui a un bon bagage technique et qui sache assurer sur toutes les mélodies, du haut-perché au plus bas. Ça demande un bagage technique que certains chanteurs n’ont pas forcément.

Est-ce que tu avais l’impression que Christian était le bon avant même de l’avoir auditionné, simplement en écoutant ce qu’il avait fait dans Adagio ?

Oui, oui ! En Europe il y a quelques chanteurs qui ont ce niveau-là, mais pas des masses. Il faut voir si ça colle humainement et si le reste suit. Il faut un certain niveau et il fallait bien réfléchir à qui donner le job.

Sur la chanson « Ship Of Ghosts », on peut entendre le titre de l’Hymne à la joie de Beethoven, est-ce que tu peux nous parler de ta relation à Beethoven, à ce thème particulier ? Pourquoi est-ce que tu voulais relier ça à cette chanson en particulier ?

C’est un thème que je voulais mettre dans un de mes morceaux depuis pas mal d’années. Il n’y avait aucun morceau qui collait, puis j’ai eu l’idée d’essayer avec ce morceau-là et ça collait parfaitement. C’est le seul élément venant du classique que je reprends note par note. Souvent je m’inspire du classique, mais je ne prends jamais note par note, je fais plutôt un style inspiré du classique avec des arrangements différents. Ici c’est la même mélodie, c’est plutôt un clin d’œil.

Magic Kingdom

« Parfois tu t’aventures très loin là où tu ne connais personne et tu dois arriver là et faire un concert, tu peux tomber sur des choses que tu n’imagines même pas. »

Nous savons que tu es quelqu’un de très passionné par l’Histoire. Dans les paroles d’Iron Mask, tu aimes parler de personnages historiques. Magic Kingdom a un côté plus fantastique et épique. Est-ce que malgré tout tu places des métaphores par rapport à des événements historiques ou des personnages historiques dans Magic Kingdom ?

Il y a des morceaux qui sont inspirés de faits réels historiques dans le nouvel album. « With Fire And Sword » est inspiré par les conflits qu’il y avait entre les Polonais et les Cosaques, donc c’est parti d’un trait historique. Il y a aussi « Full Moon Sacrifice » qui est plutôt inspiré par les Vikings, « Battlefield Magic » aussi, qui vient d’une légende nordique. Je pioche un peu dans ce que j’aime, que ça soit un film, un livre ou une histoire que j’aime bien. Ou alors j’invente ma propre histoire, je la colle la plus possible à l’ambiance du morceau et au thème mélodique, il faut quelque chose qui puisse rejoindre la musique.

Tu as lancé ce projet en 1998 et c’est « seulement » le quatrième album. À quoi est dû ce rythme-là ? Est-ce que c’est voulu ?

Non, pas vraiment. Au début on a eu pas mal de galères avec les premiers labels. Le second album était déjà prêt en 2000-2001, mais il n’est sorti qu’en 2004. En 2005, je me suis un peu plus concentré sur Iron Mask, puis le temps est passé. Avec deux albums d’Iron Mask qui sont sortis entre 2010 et 2014, il était temps de revenir à Magic Kingdom pour faire un nouvel album. Il y avait pas mal de gens qui me demandaient ce qu’était devenu le groupe, il était temps de revenir aux premiers amours.

Est-ce que tu penses que tu vas sortir des albums plus fréquemment avec Magic Kingdom maintenant ?

Je pense qu’on va en sortir un peu plus fréquemment vu qu’on en a déjà un certain nombre avec Iron Mask. Il est un peu temps de se remettre dans le bain avec Magic Kingdom. Comme on a peut-être l’occasion de jouer avec un orchestre symphonique, ça me motive un peu pour commencer l’écriture du prochain Magic Kingdom.

J’aimerai en savoir un peu plus sur la relation qu’Iron Mask a avec Magic Kingdom. Est-ce que ces deux projets se nourrissent un peu l’un de l’autre ?

Quand je compose pour Iron Mask, je suis dans une optique moins speed et moins symphonique, tout en étant bien classique. C’est nettement moins speed metal, moins grandiloquent. Magic Kingdom est beaucoup plus symphonique, avec certains passages très orchestraux, beaucoup plus en rapport avec une musique de film. C’est vraiment ancré dans le classique baroque composé par Bach par exemple.

Je reviens sur une histoire qui concerne plutôt Iron Mask. Vous avez tourné avec Anvil quand ils faisaient la tournée qui a donné lieu à leur documentaire très connu, le rockumentary « Anvil ! The Story Of Anvil » et vous êtes apparus brièvement dans ce DVD. Est-ce que pour vous cette tournée était un moment aussi émouvant que ça l’a été pour eux ?

On peut dire ça. C’était une tournée très éprouvante au niveau des conditions dans lesquelles on voyageait. Il y avait beaucoup de dates parfois très éloignées, on jouait un jour dans le nord de l’Europe et le lendemain il fallait être dans le sud. Il y avait vraiment beaucoup de route et il faisait très froid. Ce n’était pas évident, mais on ne regrette pas. Ça nous a permis d’être sur le DVD aussi.

Dans une interview, vous parliez de certaines dates en Bulgarie qui ne se sont pas très bien passées parce que vous aviez des soucis pour obtenir votre cachet…

Ça s’est passé comme ça : après le concert, l’organisateur a disparu avec la caisse. Tout le monde s’est retrouvé sans rien et il fallait continuer la tournée. Ça fait partie des trucs assez fous qu’on peut voir en tournée. Parfois tu t’aventures très loin là ou tu ne connais personne et tu dois arriver là et faire un concert, tu peux tomber sur des choses que tu n’imagines même pas.

Dans une interview, tu avais parlé d’une mafia qui avait organisé ce concert et qui était partie avec la caisse.

Oui, c’était quelqu’un de la mafia qui était parti avec la caisse…

Ce genre de choses, est-ce que ça arrive fréquemment dans des tournées ?

Non, pas fréquemment. Mais si tu tombes sur un promoteur comme ça… Ils ne font pas long feu ces mecs-là, tout le monde les connaît après. Mais c’est arrivé.

Est-ce que vous avez pu rentrer en contact avec l’organisation après ce concert-là, ou des mois plus tard ?

Nous, on suivait la tournée avec Anvil, c’était eux qui organisaient, donc c’est eux qui ont eu le plus gros des problèmes. Nous on les suivait avec notre van à nous, à nos propres frais. On nous avait proposé de jouer, on pouvait le faire ou non, mais on a accepté. On savait que ça allait être difficile, mais on l’a fait quand même.

Interview réalisée par téléphone le 9 mars 2015 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Gabriel Jung.

Site internet officiel de Magic Kingdom : www.magic-kingdom.be.



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