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Nouvelles Du Front   

Eddie Vedder, l’homme au grand coeur


Trois adolescents sont incarcérés pour le meurtre de trois jeunes garçons en Arkansas. 19 ans plus tard, de nouvelles preuves remettent en question leur culpabilité et le fonctionnement du système judiciaire américain. Voilà un synopsis parfait pour un thriller politico-judiciaire comme Hollywood adore les fabriquer. Sauf que le cas est réel, que les trois adolescents ont été emprisonnés 18 ans pour rien, l’un condamné à mort, les deux autres condamnés à vie, et qu’une poignée d’artistes américains dont le très engagé Henry Rollins (Black Flag), Eddie Vedder (Pearl Jam) et même Metallica ont œuvré à leur niveau pour qu’un nouveau procès ait lieu, grâce à des preuves apportées par les nouvelles techniques d’investigation, comme la recherche d’ADN.

C’est ce que raconte le documentaire West Of Memphis, présenté au festival Sundance du film, et qui fait suite à deux documentaires intitulés Paradise Lost sortis en 1996 et 2000 par la chaîne américaine HBO. Deux documentaires qui ont joué un grand rôle dans l’enquête, mettant en avant de nouveaux éléments ignorés lors du premier procès.

On savait Eddie Vedder artiste engagé, humaniste concerné par les questions politiques et sociales aux Etats-Unis, dans la lutte pour le droit à l’avortement ou contre la réélection de George W. Bush et dans un bon nombre d’œuvres et de concerts caritatifs. Ce que l’on sait moins, surtout vu de notre Hexagone, c’est que le chanteur de Pearl Jam s’était engagé sous diverses formes pour que les « West Memphis Three », nom que l’on a donné outre-atlantique aux trois garçons inculpés de meurtres, soient à nouveau jugés en prenant en compte les nouveaux éléments d’autopsie introduits en 2007 et 2011 dans l’affaire et qui montrent que l’ADN présent sur la scène de crime n’était pas celui des trois accusés. En 2000, le chanteur a ainsi enregistré un titre, « Poor Girl », pour un album au bénéfice de la fondation qui luttait pour le nouveau procès intitulé Free The West Memphis Three, alors que Henri Rollins en 2002 sortait de son côté Rise Above: 24 Black Flag Songs to Benefit the West Memphis Three. Le 23 juillet 2005, les deux artistes activistes vendent des objets leur appartenant lors d’une journée mondiale dédiée à la prise de conscience par le monde de cette affaire et intitulée justement « West Memphis Three World Awareness Day ». Plus tard, il participera à divers concerts pour leur libération, notamment en 2010 en compagnie de Nathalie Maines, chanteuse des Dixie Chicks.

En 2010, invité par le gourou américain de la télévision Larry King, il donne publiquement son avis sur le sujet et s’engage de manière définitive : « Cela m’a pris des années pour […] avoir ce que je ressens aujourd’hui comme une croyance à 100% en leur innocence. Maintenant nous avons beaucoup plus de preuves, et avec conviction nous pouvons dire sans aucun doute que ces jeunes hommes ne méritent pas d’être en prison. » Et le Rocker au grand cœur a vu juste, n’usant pas seulement de son influence et de son argent pour obtenir un nouveau procès, mais s’engageant également lui-même au cœur de l’action, en étant assis lors du procès à côté de la femme d’Echols, l’un des accusés qui avait été condamné à mort, la serrant dans ses bras lors du verdict et sautant au cou de l’homme une fois libéré. Une histoire qui s’est bien terminée, donc, mais qui aurait pu se terminer autrement sans l’engagement des journalistes de HBO qui ont relancé l’affaire et d’hommes et femmes à l’influence culturelle suffisamment importante pour interpeller les médias sur le sujet. Un cas typique de la société américaine, peut-être moins imaginable en France. C’est donc cette histoire qui se finit bien que va raconter le documentaire qui sort cette année, et qui, à l’instar de celui de Dave Grohl, Sound City, présenté dans la même édition du Sundance Film Festival, comportera une bande originale des plus intéressantes, avec donc un titre de Vedder, intulé « Satellite », qui figurait déjà sur son album solo sorti en 2011. Figurent également sur cette bande-son Marilyn Manson, Camp Freddy, Henry Rollins, Band Of Horses ou Bob Dylan. Et pas Metallica, qui aurait pourtant pu participer, vu qu’indirectement cette affaire est entrée dans la carrière des Four Horsemen…

Pour l’anecdote un peu légère – que l’on peut évoquer vu l’issue favorable du procès -, en 1996, alors que HBO s’apprêtait à sortir Paradise Lost, son premier documentaire sur le sujet, les membres de Metallica, qui se sont montrés en premier lieu réticents à fournir à Hollywood un titre, ont finalement autorisé HBO à utiliser leur musique pour le documentaire. Et ce ne sera pas vain pour les Four Horsemen qui, satisfaits du travail effectué, recruteront à cette occasion les réalisateurs de HBO, Joe Berlinger et Bruce Sinofsky, pour réaliser Some Kind Of Monster, un autre film-documentaire (musical celui-ci) retraçant la période tourmentée du groupe entre 2001 et 2003…



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