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Live Report   

EDGUY AU TRANSBORDEUR DE VILLEURBANNE


Artistes : EdguyAndre MatosHeat
Lieu : Villeurbanne (France)
Salle : Transbordeur
Date : 20-01-2009
Public : 700 personnes environ


In the Heat of the night !

La soirée démarre avec le groupe Heat. Les suédois proposent au public un hard finalement très rock. Si vous aimez le groupe Toto, alors Heat est pour vous ! La voix de Kenny Leckremo se rapproche clairement des chanteurs de rock us et ce n’est pas pour déplaire à un public très réceptif. 19h30, le concert démarre et l’on sait directement que l’on va avoir droit à une bonne dose de rock festif. Les palmiers et l’infographie du nom du groupe présents sur le décor de fond de scène faisant d’ailleurs clairement penser aux années 80. Et, en effet, si le décor et les lights restent assez limités tout au long du set, les six musiciens parviennent aisément à séduire le public et l’on se suprend même à taper du pied sur des compositions mélodieuses, faciles d’accès qui alternent entre passage rock et compos plus douces. Bref on peut dire que Heat est clairement du easy listening : et c’est très bien ainsi ! En plus avec Heat ça bouge : alors que demande le peuple !


Eric Rivers, l’un des deux guitaristes des Heat !

L’ami Kenny, chapeau de cowboy sur la tête, harangue la foule et bouge sans arrêt. Ces collègues assurent aussi le spectacle et même Jona Tee, le claviériste du groupe, est actif et joue avec le public ! Justement côté musique, le son du clavier se situe clairement dans la droite lignée d’un « Jump » de Van Halen. un clavier clairement dépassé, et forcément clichesque, mais qui correspond parfaitement à l’atmosphère du soir. Une atmosphère bon enfant et festive comme le prouvent les nombreuses photos prises par le batteur du combo pour immortaliser la soirée ! Après trente minutes de partage, les Heat tirent leurs révérence sous les vivas d’un public qui aura bien apprécié cette mise en bouche ! Souhaitons donc bonne chance à cette formation qui existe seulement depuis un an.


Hugo Mariutti (Andre Matos), toujours aussi appliqué.

Et on enchaîne directement avec Monsieur Andre Matos. L’ex-Angra et ex-Shaman nous présente ce soir son premier essai solo, Time To Be Free. Un très bon disque varié que nous vous conseillons. Sur scène le Père Matos est accompagné de cinq musiciens dont les frères Mariutti. De retour quelques mois après son passage acoustique, nous ne boudons pas notre plaisir de revoir l’une des plus belles voix de la scène heavy metal sur scène. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, la qualité du son proposé par les musiciens est moins bonne que pour la prestation des Heat. En effet, l’on a comme l’impression que le volume a été monté ce qui provoque de nombreux larsens tout au long du set et un son nettement plus brouillon que pour le groupe précédent…dommage. Pourtant les tubes de l’album sont au rendez-vous ce soir, notamment les très bons « Letting Go » et « How Long ». Le public ne s’y trompe pas et savoure à sa juste valeur les cinquante minutes du show.


« Oui, c’est Moi. Andre Matos. »

Mais, bien évidemment, Andre Matos a ses fans et ces derniers ont clairement été marqués par l’époque Angra. Un groupe qui a connu un très grand succès en France lors de tournées pleines à craquer. Pas étonnant alors de noter que les plus beaux accueils de la part du public ont été réservés aux tubes « Nothing To Say » et « Carry On » de la période Angra. C’est d’ailleurs sur le superbe enchaînement « Unfinished Allegro – Carry On » que le set d’Andre Matos ser termine dans un mini-rappel très efficace. Ce que l’on peut conclure à la vue et à l’écoute de ce show, c’est que la voix d’André Matos est toujours aussi impressionnante malgré quelques petites fausses notes compréhensibles. Andre ne lésine pas sur la dynamique et joue comme un beau diable avec son micro ce qui compense le statisme de ses collègues, excepté toutefois Andre « Zaza » Hernandes et ses sympathiques mimiques. Hugo Mariutti et Zaza Hernandes n’ont, malgré tout, pas besoin d’en faire des tonnes car leurs solis font mouche à chaque fois ! Soulignons également la performance exceptionnelle d’Eloy Casagrande, le petit génie du groupe âgé de seulement dix-sept ans et qui martyrise sa batterie avec un savoir-faire incroyable durant tout le show. Donc oui Mesdames et Messieurs, vivement la prochaine tournée d’Andre Matos en tête d’affiche !


Edguy sur scène !

Un concert d’Edguy, ce n’est pas un bal de promo. Non ce n’est pas une espèce de grosse et ambitieuse soirée, organisée dans un endroit luxueux, réunissant toute la clique. Une soirée prétentieuse, énorme sur le papier et culpabilisante pour celui ou celle qui ne passe qu’un bon moment. Une soirée où l’amusement est conceptualisé, une soirée que tu es obligé de kiffer pour marquer le coup. Non, un concert d’Edguy n’est pas un 31 décembre.

Francis Zégut comparait Chinese Democracy à un vieux pote que l’on retrouve après 60 ans et qui n’a plus rien à dire. Un concert d’Edguy, représentant d’une scène heavy/speed à laquelle votre serviteur a tourné le dos, c’est ce vieux pote. Mais il a au contraire un tas de choses à raconter.


Tobias Sammet (Edguy), un sacré frontman !

Les automatismes sont immédiats, les souvenirs refont surface comme si cette vie passée n’avait représenté qu’une journée. Les private jokes (« la marche du gendarme » chantée par la foule) reviennent naturellement. Ces automatismes représentent l’incroyable connexion qui s’opère entre le public et le groupe. A tel point que celui sait qu’il faut crier « behold! » sur The Pharaoh ou « fly! » sur « The Headless Game ». A tel point que celui ci sait que l’on va avoir droit à des impros sur « The Pharaoh » A tel point que certains prennent des paris pour essayer de trouver sur quelle musique de film Felix Bohnke va interpréter son solo de batterie. A tel point que Tobias n’a même plus à demander au public de faire des whooooohooohooo sur « Tears Of A Mandrake ». A tel point que les afficionados commencent à se chauffer la voix dès les premières notes de « Lavatory Love Machine », annonciateur du concours de gueulande opposant une moitié de public à l’autre moitié. A tel point que personne n’a peur de crier pour amorcer une discussion débile avec Tobias. Ces vieux souvenirs, ce sont aussi certaines récurrences dans le jeu de scène ou dans les blagues. Etrangement, ça passe bien!


Jens Ludwig, guitariste du groupe Edguy.

Radio Me… euh… Edguy a beau faire de l’argent et être détesté pour cela, la spontanéité est toujours de mise. Tobias ne fait pas semblant de prendre son pied. Les mines joyeuses des musiciens de groupe ne sont pas (à tous les points de vue!) des sourires automatiques et étirés de nageuses synchronisées ou de futures Miss France. Leur plaisir est communicatif. Tobias Sammet démontre sa maîtrise de la scène. Sûr de lui, il aligne les blagues avec une décontraction à vous rendre jaloux. A titre d’exemple, le frontman annonce « Save Me » comme le « genre de titre que les groupes de Heavy Metal composent pour vendre des disques ». Habile autodérision de la part d’un Tobias qui aime provoquer en se taxant son propre groupe de groupe commercial. Sur le même titre, il s’insurge contre l’absence de briquets ou de téléphones portables et va jusqu’à arrêter le morceau, singeant le sale gosse contrarié. Avant le rappel, il se trompera dans le nom de l’album de la dernière chanson, ruinant toute tentative de maintenir le suspens sur la présence ou non d’un rappel. Faire une setlist des blagues, sorties de leur contexte festif, serait néanmoins long et inutile. Spontanéité et humour bon enfant seront les maîtres mots de cette soirée. On se marre, on chante, on danse, on fait le con et ce, dans une grande convivialité, sans se soucier du regard de l’autre.

Mais résumer ce show à sa dose d’humour serait mettre de côté la qualité et la quantité d’hymnes qu’Edguy est capable de pondre. C’est pourtant déçus par un Tinitus Sanctus inefficace que nous appréhendions ce concert. Mais force est de constater que les quatre titres représentés passent très bien le cap de la scène. Difficile de ne pas taper du pied sur « Dead Or Rock », « Ministy of Saints » et de dodeliner de la tête sur un « Speedhoven » nostalgisant pour les fans de la première heure.

Cette bande de clowns n’usurpe pas son statut de groupe de Musique: Mis à part sur un « Babylon » au tempo sinusoïdal, nous avons affaire à des musiciens irréprochables, coordonnés, carrés. Une batterie simple, mais incisive et deux guitaristes parfaitement en place et qui se complètent parfaitement. Sans être extraordinaires, les soli passent bien. Malgré quelques tremolos agaçants (on ne se refait pas), Tobias signe également une bonne prestation, atteignant sans problème les notes les plus hautes du répertoire et assurant les parties plus hard de manière convaincante.


Dirk Sauer (guitare) au chant !

Côté setlist, étant donné l’abondance de hits potentiels, tous ne pouvaient être représentés. « Mysteria », « How Many Miles » ou encore et surtout le très Europien « Vain Glory Opera » sont les grand absents de cette soirée. Le répertoire est globalement composé de titres de la période hard rock des trois derniers albums du groupe. Au niveau des surprises, la réapparition de l’arabisant « The Pharaoh ». Ce titre, contenant un long interlude ambiant follement inspiré et tout simplement trippant, sera le moment fort du concert. Difficile de ne pas frissoner sur l’escalade vers un unisson jouissif et un refrain final explosif. Le concert se termine sur « King Of Fools » qui achève de casser les voix de l’audience. Audience qui aura vu une file indienne se former et défiler de part et d’autre de la foule. Un petit jeu auquel participera bien entendu votre serviteur, particulièrement friand des files indiennes. Mais nous nous égarons.

En conclusion, si les récentes productions studio d’Edguy sont inégales, l’excellence et la convivialité de leurs prestations scéniques reste une constante. Ils ne se contentent pas d’être là, ni de jouer. Ils font le show. Edguy reste un putain de groupe et ils ont raison de s’en vanter.


« C’était bien là ?! Ouaiiiiis ! »

« Je ne vois pas l’intérêt de faire se métier si on doit se contenter de péter au niveau de son cul. » Alexandre Astier.

Setlist :

Dead Or Rock
Speedhoven
Tears Of A Mandrake
Babylon
The Pharaoh (live extended version)
Ministry Of Saints
Solo de batterie (BO Pirates des Caraïbes)
Pride Of Creation
The Headless Game
Save Me
Superheroes
Out Of Control
Lavatory Love Machine
King Of Fools



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