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Live Report   

Edguy : des fans qui jouent pour d’autres fans


L’annonce d’une tournée d’Edguy avec, en ouverture, le projet solo de James Kottak (Scorpions) sonnait comme une évidence, tant les personnalités exubérantes de Tobias Sammet et de James sont comparables. On ose à peine s’imaginer ce que serait une soirée réunissant ces deux sales gosses dans une même pièce. C’est donc une soirée bon enfant qui s’annonce avec deux groupes qui, quoi que l’on pense de leur musique en studio, n’ont rien à prouver quant à leur énergie, leur spontanéité et leur talent scénique. Une affiche globalement familière puisque Karelia (ouvrant la soirée) et Edguy ont tous deux tourné récemment avec James Kottak dans son autre groupe dont le nom nous échappe. Mais si, vous savez, un machin avec des pattes et qui pique, là…

Étant donné le lien fort entre Edguy et ses fans, afin de mieux saisir l’expérience du concert car, après tout, un groupe ne joue pas pour des journalistes, mais bien pour un public, nous avons donné, en fin de compte rendu, la parole à Séverine, fan d’Edguy (ou alors juste de Tobias Sammet ?) devant l’éternel, pour qu’elle partage avec vous son ressenti.


Artistes : EdguyKottakKarelia
Date : 12 octobre 2011
Lieu : Lyon – Villeurbanne
Salle : Transbordeur

Jack Ruetsch (Karelia), une élégance véritable

Notre équipe arrivée sur les lieux dans l’après-midi, nous assistons aux balances de Karelia, bien plus décontractées que ce à quoi nous avions pu assister en suivant le groupe en tournée avec les Scorpions. Le groupe dispose de tout le temps dont il a besoin pour effectuer ses réglages et tester le son sur plusieurs titres. Alors que nous nous étions habitués à voir le groupe courir dans toutes les directions, chacun a ici le temps de souffler. Nous en profitons pour discuter avec Matthieu Kleiber qui nous parle de la difficulté qu’a eu le groupe pour se libérer et faire le déplacement en semaine ; Karelia repartira donc juste après son set et après avoir – traditionnellement – rencontré ses fans au stand de merchandising. Rien de mieux que d’aller enseigner le marketing international à 8 heures du matin dans un amphithéâtre après avoir roulé toute la nuit et, par conséquent, dormi deux heures. En coulisses, l’ambiance est, sans surprise, connaissant la bande, à la fête. Le talent comique de Matthieu – que vous avez par ailleurs pu découvrir dans notre regrettée mais savoureuse rubrique My Opinion Sucks – n’est plus à prouver. Fred, le nouveau batteur du groupe, est discret mais semble s’être très bien intégré à l’ambiance.

Samuel Clauss (Karelia), une élégance incontestable

Quelques minutes plus tard, Karelia monte sur scène pour une trentaine de minutes. Sur l’intro de « Bill For The Ride », les membres du groupe arrivent un par un dans le noir. Mais, au moment où les lumières devraient s’allumer, le noir persiste, gâchant l’effet voulu de cette introduction. Le problème persiste malheureusement sur plusieurs chansons, imprégnant une frustration inconsciente dans l’esprit du spectateur. Mis à part ce problème mineur, le son est bon et le set efficace. Le groupe a fait le choix d’enchaîner ses titres sans temps morts, réalisant ainsi une prestation coup de poing des plus dynamiques. Même le solo de batterie (très bon au demeurant, couplé à un sample de percussions orientales) ne semble pas de trop. Mention spéciale à la gestuelle fulgurante de Fred, particulièrement agréable à admirer.

Philippe Sissler, le nouveau bassiste du groupe

Scéniquement, les musiciens sont à l’aise et particulièrement détendus. Une décontraction que l’on attribuera aux bonnes conditions de balances ou, si l’on veut chercher plus loin, à la sortie de Golden Decadence, le quatrième opus de la formation, après plus de deux ans d’incertitudes diverses. Sans surprise, la couleur rock n’ roll de cet opus ainsi que sa diversité passent parfaitement le cap de la scène. « My TV Sucks », titre parodiant le rap bling-bling sur lequel Matthieu arrive nanti d’une imposante veste en fourrure, et la reprise du magnifique « The Show Must Go On » s’avèrent particulièrement fédérateurs. La modestie du groupe, assumant n’être que l’ouverture de Kottak et d’Edguy pour qui la majorité des fans se sont déplacés, est très appréciée et le public adresse à Karelia une réponse plus que respectueuse et enjouée. La formation sort de scène extrêmement satisfaite. Seul bémol à cette soirée : la désagrégation des noyaux des pruneaux servis au catering, dont Matt ne manquera pas de se plaindre auprès du cuistot. A raison : un tel manque d’éthique, c’est criminel.

James Kottak, cette fois au micro

Le musicien des Scorpions qui aura su le mieux tirer profit du coup de projecteur généré par l’annonce de la retraite du groupe et la longue tournée d’adieu est très certainement son batteur James Kottak. Deux albums en deux ans – Rock‘N’Roll Forever et Kottak Attack – forcément mis en valeur ces derniers temps par la forte présence promotionnelle de la bande à Klaus Meine. Et puis, au-delà de ces considérations conjoncturelles, il n’y a pas à dire, le blondinet aux cheveux en bataille attire forcément la sympathie par sa bonne humeur et son sens de la fête. C’est d’ailleurs ce qui ressort immédiatement lorsque Kottak et ses camarades foulent les planches : les musiciens s’éclatent les uns avec les autres comme une joyeuse bande d’adolescents.

Scène de ménage entre Stephanie et James

Les plus perspicaces auront noté un chamboulement chez les Kottak puisque James s’est séparé de sa femme et batteuse Athena Lee, sœur de Tommy. James assurant le poste de chanteur guitariste, c’est donc à Francis Ruiz qu’ont été remises les baguettes, certes moins sexy mais assurément efficace, et c’est Stephanie Smith qui s’est emparé du cœur de Kottak et accessoirement de la seconde guitare. Force est de constater que la complicité entre les deux amants est forte à en juger par leurs chamailleries permanentes sur scène et autres coups de pieds au dernière qu’ils s’infligent gentiment. Forcément tout ceci fait sourire un public conquis par l’humeur joviale transmise. Un accueil donc très chaleureux, d’autant plus que le punk rock juvénile de la formation donne immédiatement envie de bouger. Car, même si Kottak a du mal à convaincre sur album, sa musique se révèle être un parfait défouloir en live.

Sale gosse ! Descends de là tout de suite !

C’est le dernier album du groupe, Kottak Attak, qui aura été le plus mis à l’honneur, ce qui n’a pas empêché Kottak d’interpréter sa reprise toute personnelle du « Holidays » de qui-vous-savez. Une version punk ultra énergique – à écouter sur l’album Rock’N’Roll – qui fait immédiatement mouche auprès du public. Autre moment fort, lorsque le frontman retire les T-shirts qu’il porte sur lui, les dévoilant un à un, à l’effigie d’Edguy, Scorpions, Kottak et Karelia à qui il n’a pas manqué de glisser un petit message de sympathie.

En somme, une prestation bien rock’n’roll qui fait du bien par où ça passe.

Tobias Sammet (Edguy), répondant également au nom de TOBIIIIIIIIII !

Les bouffons sont de retour en ville et, à n’en pas douter, comme à l’accoutumée, ils réservent à leur public un franc moment de divertissement. Car Edguy, c’est précisément ça. Même si leurs deux derniers albums ne font pas l’unanimité et même si le groupe, de manière générale, essuie quelques critiques – parfois justes – sur sa musique, il est indéniable que lorsque la bande à Tobias Sammet monte sur les planches, c’est pour se fendre la poire et en faire profiter ses petits copains venus les voir en masse. Preuve en est ces sourires de gosses affichés dès l’entrée en scène. Car le groupe n’est ni plus ni moins qu’une bande de fans venus jouer pour d’autres fans. Alors, exceptionnellement, cédons notre plume à une vraie fan, coincée contre la barrière du premier rang, coiffée d’oreilles de lapin et portant à bout de bras de petits coussins en forme de cœurs – la jovialité d’Edguy passe aussi par là – pour rapporter, avec ses mots, son vécu de cette soirée. Car l’esprit analytique et réfléchi du journaliste n’a que peu à faire dans une cours de récréation où l’innocence règne en maître.

Notre photographe se serait évanoui sur place suite à ce cliché

Séverine – peut-être pas si innocente que ça dirons certains – vous raconte :

Le show tant attendu commence enfin ! Le thème du cirque sert d’introduction tandis que l’on voit Félix Bohnke (batterie) s’installer, suivi de Jens Ludwig (guitare), Dirk Sauer (guitare) et Tobias Eggi Exxel (basse). Vient enfin, en courant, Tobias Sammet (chant), alias Tobiiiiiiiiiiiiii pour les fans, surtout féminines. A peine Tobias apparaît que l’on sent un mouvement de foule nous écrasant un peu contre la barrière. Le show débute par le titre « Nobody’s Hero », dont le refrain est reprit en cœur par le public, à tel point que l’on n’entend presque plus la superbe voix de Tobias ! Au cours de la chanson j’ai personnellement droit à un petit « coucou » de sa part, ayant été également présente, la veille, au live de Pratteln en Suisse. Tobias Sammet est quelqu’un d’adorable, toujours très touché par les cadeaux de ses fans. Sur le bord de la scène, on retrouve notamment un drapeau offert la veille par des fans présents à Pratteln.

Dirk Sauer et Tobias (oh non ! encore un ?!) Exxel

Le show continue et les titres s’enchaînent. L’ambiance de la salle ne faiblit pas, à tel point que l’on voit Tobias Sammet impressionné et nous le fait savoir régulièrement, notamment par des révérences et autres gestes. Edguy est le genre de groupe à aimer retrouver son public et ça se voit. La bonne humeur est bien présente et les sourires des uns et des autres sont sincères. Tobias est fidèle à sa réputation de frontman, parcourant la scène sans cesse, prenant des poses idiotes pour satisfaire l’appareil photo d’une fan, cherchant à rebrancher un câble sur « Vain Glory Opera » qui ne semble pas à sa place et essayant même de le brancher dans les fesses de Jens (guitariste)… et évidemment tout ça en chantant !

Tobias Sammet et Jens Ludwig

Les lives d’Edguy sont un festival de bonne humeur, de blagues idiotes et de fous rires pour les spectateurs, et sont souvent remplis d’anecdotes en général plutôt drôles. Côté anecdotes justement, cette soirée en est pleine à craquer. En voici une dont votre narratrice (totalement amoureuse de Tobias Sammet) est l’actrice principale. Elle se passe sur la chanson incontournable du groupe en live, à savoir « Superheroes ». Le groupe avait réservé une belle surprise, Tobias apparaissant au milieu de la foule sur une nacelle qui s’élève, tandis que tombe une pluie de paillettes. A ce moment là, trois filles, dont votre narratrice, se pavanent avec des oreilles de lapin rose bonbon avec diverses inscriptions, dont « Edguy The Best ». Un classique. A la fin du titre, Tobias remarque les oreilles et adresse un sourire au trio d’un air attendri et touché. Votre reporter lève alors bien haut son coussin spécialement conçu pour l’occasion. D’un côté apparaissait l’inscription « Tobi is a Genius, Edguy The Best ». L’expression attendrie de Tobias disparaît à la vue de l’autre côté du coussin, comportant l’inscription « Tobi ! Fuck Me ! » pour laisser la place à des yeux ronds et une bouche bée. Fou rire garanti. Tous ces objets ont bien entendu fini sur scène, Tobias faisant très attention à poser le cœur du « bon côté » contre la batterie.

Jens, le soliste du groupe

Côté setlist, honneur est principalement fait au dernier album, plus quelques anciens titres incontournables tels que « Lavatory Love Machine », « Vain Glory Opera », « Superheroes », « Tears Of The Mandrake ». « Land Of The Miracle » fut remplacée par « Babylon », un groupe de fans ayant fortement réclamé cette chanson. Comme toujours les musiciens furent irréprochables, un show cadré et magnifique, Tobias Sammet atteignant les notes les plus hautes sans problème et faisant frissonner l’audience. La petite faute de Jens sur le solo de guitare de « Vain Glory Opera » sera vite pardonnée.

Edguy en live, la garantie d’une bonne soirée

Un show d’Edguy, c’est la garantie d’une bonne soirée. Bref, « Tobias is a Genius, Edguy the Best !!! »

Setlist :

Nobody’s Hero
The Arcane Guild
Tears of the Mandrake
Pandora Box
Rock of the Cashel
Lavatory Love Machine
Behind the Gates of Midnight World
Superheroes
Robin Hood
Ministry of Saints
Vain Glory Opera
Babylon
King of fools

Séverine et ses copines lapines…

Bonus Karelia en backstage : Une élégance véritable

Compte-rendus : Séverine (Edguy), Spaceman (Kottak) et Metal’O Phil (Karelia)
Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt



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