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Live Report   

EISBRECHER AU ROXY DE SAARBRÜCKEN


Artiste : Eisbrecher
Ville : Saarbrücken (Allemagne)
Lieu : Roxy
Date : 23-09-2008
Public : 300 personnes environ

Eisbrecher, la tête d’affiche, est un groupe né du départ de deux têtes pensantes de l’excellent groupe Megaherz en 2002. Alexx Wesselsky et Noel Pixx ont décidé de vivre leur vie et leur musique de leur côté…et grand bien leur en a pris. La concrétisation de cette séparation est l’album éponyme Eisbrecher sorti en 2004. Il a bénéficié d’une distribution plus que discrète notamment car débarquait dans le même temps l’ouragan « Reise, Reise » des berlinois, et bien entendu compatriotes, de Rammstein. En fait Eisbrecher suit son petit bonhomme de chemin simplement. Une idée différente du metal allemand, dansant, sexy, et glacial à la fois. Sortiront tour à tour les albums « Antikörper » puis « Sünde », confirmation légitime que nos Teutons de Glace sont là, et qu’on ne pourra pas se passer d’eux. Voilà pour le contexte.


Eisbrecher : que c’est bon !

C’est que les bougres sont bons : ils manient judicieusement romantisme, force, rigueur et électronique au service d’un metal millimétrique. Du moins en studio. Rendez-vous donc ce mardi soir pour une confirmation sur la Brebacher Landstrasse.

Parlons-en de ce lieu, justement. Le Roxy, à Saarbrücken, c’est ce petit club qu’on a tous fréquenté ! Vous savez, avec ces escaliers éclairés à la lumière crue des néons, le bar en entrant à gauche, la scène de 4,5 m² au fond qui est occupée par un bon mètre cube trois-quarts de batterie… Ah, ces affiches de gloires passées (Queen, Toto, Mötörhead, Accept…), ce tissu tigré sur les poteaux jonchant le dancefloor… Alors que la nostalgie et l’envie d’une bonne Weizen nous étreignent, arrive la première partie : Jesus On Extasy.

Jesus On Extasy, c’est un peu les 69 Eyes qui auraient fauté avec Depeche Mode un soir de grande déprime alcoolique. Placebo gothique, tout au mieux. Desservis par un son extrêmement moche puisque trop grave, ils se sont débrouillés « comme ils ont pu ». Des compos qui tardent à chauffer, une voix agaçante… vous l’aurez compris, relativement déçevant. Reste le dernier morceau qui, comme une délivrance, se dresse tel le rhinocéros agonisant face au chasseur triomphant, pour faire trembler une dernière fois la brousse. Une sorte de résurgence post-NIN mâtiné de Ministry punkisant. Très bruitiste, violent à souhait, trop court.

Certes les toutes jeunes filles de l’audience ont fortement apprécié et l’ont fait savoir par maints cris stridents et répétés (rien qu’en écrivant ça, je viens de prendre 10 ans dans le râble), mais pour la majorité du public la mayonnaise n’a pas pris. Le nombre conséquent de mes charmants voisins Outre-sarrois avec un gobelet à la main en train de discuter au bar me l’a tacitement confirmé ! Bref, au mieux, gageons que cette prestation, si elle n’a pas chauffé le public, a au moins eu le mérite de chauffer les enceintes du Roxy.

Quelques minutes passent et les Eisbrecher arrivent, un par un, sur scène. Lumière bleue fuyante. Riff de guitare. Nappe de synthétiseur lourde et grésillante. Puis enfin, Alexx monte sur scène, tout de noir vêtu, lunettes de soleil et couvre-chef tout droit sorti de Das Boot, un piolet dans chaque main…
Et le show commence.


Alexx apprécie les cadeaux de ses gentilles fans…

Puissant, empli de force, le son est d’une clarté exemplaire. A croire que c’était un stagiaire qui sonorisait les Jesus On Extasy juste avant. Guitare tranchée (une des marques de fabrique du style que l’on nomme « Neue Deutsche Härte»), batterie aux peaux surtendues qui claquent : pas de doute Madame, c’est de la bonne !

La voix d’Alexx est particulièrement mise en avant grâce à la musique froide et romantique d’Eisbrecher : grave, suave quand il faut, dure lorsque c’est nécessaire… à ce petit jeu, on est extrêmement bien servis grâce à des titres comme « Angst », « Willkommen » ou encore « Schwarze Wittwe », qui mêlent les deux aspects d’Eisbrecher. Les musiciens s’en donnent à c?ur joie, faisant sonner leurs cordes dans tous les sens. Alexx, charmeur et incroyablement communicatif, joue avec son public.

Tour à tour dragueur, gros beauf allemand, comique improvisé, danseur hip hop, le colosse chauve de deux mètres livre une prestation que l’on ne voit que rarement : celle d’un chanteur (allons jusqu’à l’élargir au groupe !) qui est venu à la rencontre de son public. Laisser chanter les refrains en tendant le micro aux premiers rangs, descendre dans la fosse discuter avec les gens entre les chansons…on ne voit plus ça souvent.

Justement, entre chaque chanson, un petit speech d’intro ou comique (après « Leider », chanson plutôt romantique : « Alors Mesdames, je vous ai fait pleurer ? Non ??? Et m*rde !) Force est de constater, si l’on peut oser la comparaison, que contrairement à Rammstein, Eisbrecher est moins porté sur le show/entertainment (encore que…ce simulacre de communion au cookie et à la vodka sur « Vergissmeinnicht » remette en cause le propos !) que les Berliner 6. Puis vient le temps des rappels. Ca tombe bien, on n’avait pas encore entendu le gros gros hit des familles : les voilà revenus sur scène avec le tonitruant et martial « This Is Deutsch » ! Wouch : Là c’est définitif. Désolé, chers lecteurs, d’être aussi vulgaire, mais ça tatane ta gueule grave !

Et cet accoutrement du chanteur : gilet en laine vert hideux et chapeau tyrolien bien cliché… c’est à mourir de rire. Le concert s’achèvera sur « Miststück » (je vous laisse traduire vous même : c’est vachement plus fun !), une chanson écrite par Alexx et Noel alors qu’ils faisaient partie de Megaherz… Et le public qui la reprend par c?ur ! Ca c’est de la fidélité. Et justement, après 3 bonnes minutes de jam en fin de morceau, la rythmique se stabilise. A ce moment Alexx, le chanteur charismatico-burlesque, entame le premier couplet de « Nigger » de Clawfinger ! Boudiou !

Ainsi se clôture notre aventure allemande de la semaine. Bref, très bon concert. Jesus On Extasy n’a pas été franchement convaincant mais l’on a trouvé un Eisbrecher qui maîtrise parfaitement son sujet et qui ne demande qu’à s’exporter ! Ah ça c’est sûr : soyez sûrs que je vais vous bassiner un moment avec ça !

Set-List

Kann denn Liebe Sünde sein ?
Angst
Antikörper
Phosphor
Willkommen im nichts
Herzdieb
Leider
Alkohol
Mein Blut
Vergissmeinnicht
Zu sterben
Schwartze Wittwe
Heilig
Zeichen der Venus

Rappels :

This is Deutsch
Ohne dich
Miststück (Megaherz Cover)



Laisser un commentaire

  • Oui, je vais l’Amphi !

    Il y a beaucoup de petites salles en Allemagne et très conviviales 😉

    [Reply]

  • R.I.P. le Roxy… J’y ai vu quelques groupes, c’était effectivement une ambiance très particulière, très différente des salles de plus grande importance. C’est bien dommage, mais ainsi va la grande loi de l’Economie.

    [Reply]

  • Alors merci beaucoup de me faire autant plaisir et de me faire revivre ces délicieux moments à chaque lecture !

    Si vous pouviez me faire de nouveau plaisir avec une prochaine revue lors de la prochaine tournée en février/mars 2012 qui acompagnera la sortie du 5ème album (en plus, changement de label : Columbia Records !!)

    Pour parler du cocnert de Losheim, c’était génial, une ambiance et un enthousiasme dignent de ce nom !! J’étais trempée !! Et je ne vous cache pas que j’ai vu et parlé avec tous les membres et que j’ai passé beaucoup de temps avec Alexx en backstage avec tous les français qui m’accompagnaient 😉 !

    Jennifer

    [Reply]

    Le Duc ®

    Il est toujours aussi dispo pour les fans, cet homme là…

    On se croisera probablement à l’Amphi Fest en juillet, alors… fais-moi signe si tu y vas !

  • Je rajoute juste que le 24 juin 2011, ils jouent à Losheim am See. c’est seulemnt à 50 km de la frontière et à 4h de pairs, 3h de Lille, 2h de Strasbourg.

    La place est à 22,5 €.

    Venez nombreux !!

    Jennifer

    [Reply]

  • Même si cette revue date de la précédente tournée, c’est la seule en français et elle mérite un commentaire.

    Merci d’avoir fait la seule revue en français de ce groupe si bon mais méconnu en France !!

    Je connais ce groupe depuis peu et seulement depuis leur quatrième album, Eiszeit. J’ai écouté une seule chanson : Eiszeit et je suis allée les voir en concert avec des amis à kaiserslautern.

    Les mots utilisés ne peuvent mieux exprimer la réalité de ce groupe en concert. C’est un coup de foudre que j’ai eu avec eux. La voix du chanteur, le plaisir des membres à être sur scène, les voir s’amuser entre eux, la proximité avec le public, la communication … tant de choses qui font que pour moi c’est un groupe extraordinaire et exceptionnel. Donner et recevoir autant, c’est rare !

    Leurs places ne sont pas chères (entre 20 et 30 €) mais on ne peut les voir qu’en Allemagne. Il faut du temps, de l’argent, des raisons qui ne devraient pas rentrer en compte dans la décision d’aller les voir en concert !

    Alors, j’ai créé un fan-site francophone, un forum de discussion et d’autres choses sur ce groupe afin de le faire découvrir en France et donc de leur assurer un public pour qu’ils puissent venir en france !

    htt://www.eisbrecherfrance.com

    Jennifer

    [Reply]

    Le Duc ®

    C’est toujours un plaisir de vous faire plaisir 😉

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