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Chronique   

Ektomorf – Retribution


A priori pas grand monde parierait sur la longévité d’un artiste qui se contente d’imiter la patte caractéristique d’un autre mieux établi. Pourtant Ektomorf avec ces neuf albums au compteur démontre qu’on peut bel et bien se faire une carrière ainsi. Zoltan Farkas (leader du groupe hongrois) ou celui qui aurait voulu être Cavalera à la place du Cavalera. Et ce n’est pas Retribution qui changera la donne. Mieux vaut peut-être que cela soit ainsi : l’une des rares fois où Ektomorf aura tenté autre chose avec l’explicite The Acoustic, exercice que l’on retrouve ici via le final « Collapsed Bridge », on ne peut pas dire que le résultat ait été très encourageant.

Quelque part, ces riffs sous accordés tantôt « jumpy », tantôt thrash et cette voix qui hurle de façon primaire – avec son lot de « fuck » -, font un instant leur petit effet. Efficace, remuant, mais au final c’est toujours la même rengaine. Même Max Cavalera est plus ou moins passé à autre chose. Et un album tel que ce Retribution tombe d’autant plus à plat qu’il succède tout juste aux dernières réalisations de Soulfly et Sepultura. Avec le premier qui continue à explorer sa fibre musicale et le second qui a fait preuve d’un de ses plus beaux élans créatifs, forcément Ektomorf, toujours embourbé dans les mêmes vieux schémas, fait sourire. Pas nécessairement par moquerie, mais parce qu’il y a quelque chose d’attendrissant dans ce grand gamin qui refuse de mûrir et qui tient farouchement contre lui ce jouet terni par le temps, qu’il a piqué à un autre garnement il y a de ça maintenant des années.

Évidemment, Retribution ne se résume pas qu’à ça. On peut effectivement dire qu’il y a du Korn dans un certain nombre de riffs et mimiques vocales (« Escape »), du Slipknot aussi dans « Who The Fuck Are You ». Tout comme on peut entendre l’influence de la scène metalcore, Killswitch Engage en tête, dans le refrain à la ligne mélodique lisse de « Numb And Sick ». Mais quoi qu’il fasse, Ektomorf continue à vivre dans l’ombre des ténors. Il y a bien « Whisper » qui se détache du lot (à un titre de la fin, il était temps) pour son refrain grungy, son interlude inquiétant et son final ambiancé façon post-rock/shoegaze, mais tant qu’Ektomorf ne se renouvellera pas plus franchement, il est à parier qu’on continuera à rabâcher la même antienne à son sujet, comme lui-même le fait dans sa musique.

Ci-dessous le titre « Face Your Fear » :


Album Retribution, sortie le 31 janvier 2014 chez AFM Records



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