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Chronique   

Eluveitie – Origins


Depuis Spirit en 2006, Eluveitie poursuit en toute quiétude sa route, et dépeint toujours si singulièrement la culture celtique en opérant la symbiose entre le death metal aux accents suédois et le folk traditionnel. Après Helvetios en 2012 qui avait vu les Suisses stagner quelque peu en terme d’inspiration – un mal qui ronge concomitamment plusieurs chefs de file du genre tels qu’Ensiferum et Korpiklaani – le groupe publie aujourd’hui Origins, véritable concept album qui s’articule autour des légendes et contes étiologiques de la mythologie celtique, relatant la création du monde, et s’attachant plus particulièrement à Sucellos, dieu gaulois de la nature, du jour et de la nuit, qui pouvait tuer ou ressusciter les êtres au moyen de son marteau magique.

Les éléments formant la clef de voûte d’Eluveitie sont sans surprise réunis, quitte à se retrouver très – trop ? – rapidement en terrain familier, et ce en dépit d’une production de grande qualité, brute et efficace, résultat de la collaboration du groupe avec Tommy Vetterli de Coroner à la production. Certaines ossatures rythmiques et mélodiques sont héritées d’opus antérieurs et naïvement maquillées par d’infimes modifications. Ce mimétisme, symptôme d’une quasi-impasse à se renouveler musicalement, trouve son apogée dans « Celtos » dont la mélodie principale a été fondue dans le même moule qu’« Inis Mona » présente sur l’album Slania. Cette dernière en 2008 ne résidait d’ailleurs qu’en une reprise sous forme de tribute de « Tri Martolod » de l’émérite Alan Stivell.

Malgré un filon proche du tarissement, il faut reconnaître chez Eluveitie un remarquable état d’esprit, conforme aux piliers du peuple celte lui-même qui prônent la joie de vivre, la spiritualité atemporelle, la proximité avec la nature, le magnétisme, et la force. Habillé par les instruments traditionnels – violon, guitare acoustique, mandore, flûte, pipeau, vielle à roue (hurdy-gurdy) ou cornemuse irlandaise (uilleann pipes) – Origins, ponctué en outre d’une omniprésente narration, recèle comme ses prédécesseurs de passages mémorables au détour de l’intro « Origins », des vibrants mais mélancoliques « The Nameless », « King » et « Virunus », ou de « Celtos » dans lequel on imagine le village gaulois se mettre en fête et danser autour du feu. À l’instar du single « A Rose For Epona » d’Helvetios, « The Calls Of Mountains » aère le cœur de l’album en mettant en avant Anna Murphy, au chant principal, qui se montre encore plus convaincante sur « Vianna », instant de communion pendant lequel la Terre et le Ciel ne font plus qu’un – sorte de cantique druidique marchant sur les traces d’un « Quoth The Raven » d’Everything Remains As It Never Was (2010) mais d’une hauteur émotionnelle supérieure – de quoi rompre avec la violence de titres foncièrement survoltés que sont « Sucellos », « Inception » et « The Silver Sister ».

Au grand dam de ceux qui attendaient du sang neuf, Eluveitie accouche d’un Origins au contenu certes plus uni et vivifiant qu’Helvetios mais qui ne se démarque guère plus. Avant qu’il n’y ait péril sous le dolmen, son leader chamanique Chrigel Glanzmann avait déjà annoncé la sortie à venir d’un album acoustique, dans la trempe d’Evocation I – The Arcane Dominion (2009), peut-être l’occasion bientôt d’enrichir le mégalithe de menhirs neufs.

Regarder le clip de « King » et écouter le titre « The Call Of The Mountains » :

Album Origins, sortie le 1er août 2014 chez Nuclear Blast.



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  • Si je peux me permettre, le morceau Celtos reprend bien l’air de Tri Martolod par moment, mais la mélodie principale est fondée sur un autre air traditionnel du Haut Léon, dont je ne parviens pas à retrouver le nom (Je suis d’ailleurs tombé sur cet article en le cherchant)

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  • je trouve que cet album n’apporte rien de nouiveau a Eluveitie au contraire je trouve qu’ils régressent… mais bon, espérons qu’ils feront mieux la prochaine fois.

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  • Salut, je sors d’un coma prolongé de 6 ans( mariage avec une musicophobe….Je croi) je viens d’écouter pour la première fois ELUVETIE et je croi que je devrai adorer à la seconde ou troisiême écoute( je parle de call of the mountain) moins accrocher sur king( mais cela viendra à la 5ème ou 6ème), Bazé( cela se dit encore?), par un planning non compablible avec le festival motocultor et celui de la fête de l’humanité( vais encore raté scorpion…moi…PPPPFFF, donnez moi des dates de festival rock(de 50’s à métal) sympa à ne plus raté, merci à tous et que la force soit en vous( je sais…je sais…mais clichés date un peu d’un autre millenaire….. BON Trips à tous COBRA#357

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  • Personnellement, je ne les trouve pas aussi peu inspiré qu’il l’est dit dans l’article… C’est un de mes groupes préférés, et je trouve qu’il se renouvelle pas si mal =) en tous cas je n’ai jamais éprouvé de lassitude en les écoutant. C’est un groupe qui accompagne tous mes moments durs ou mes moments de détentes, je l’affectionne tout particulièrement, alors je l’ai souvent à fond dans ma voiture ou dans mes écouteurs… Et je sais pas, j’arrive pas trop à comprendre cette critique xD mais je suis moins trempé dans la critique musicale aussi, c’est sûr…

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