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Interview   

Embryonic Cells : trouver sa place


L’objectif de tout groupe de compo qui souhaite exister médiatiquement est de trouver son identité et sa place dans le paysage musical. Cela ne veut pas nécessairement dire être le plus original possible, mais trouver ce qui le définit le plus et ce qui lui permet de se démarquer artistiquement. C’est valable tant pour une entité de groupe que pour les musiciens qui la composent, qui ont tous un rôle dans l’équilibre sonore général.

C’est cette recherche qui a été au cœur de cet entretien d’Embryonic Cells et de son claviériste Pierre le Pape (Melted Space), à l’occasion de la sortie du nouvel album Horizons. Pierre nous parle du positionnement du groupe vis-à-vis de ses influences, d’un point de vue musical comme en termes de production. Et plus personnellement, il nous décrit avec enthousiasme à quel point il envisage différemment son rôle de claviériste en comparaison de son autre projet Melted Space.

Trouver sa place a été le combat de toute une carrière, dans la mesure où, ne serait-ce que pour exister et perdurer en tant que groupe, le chemin a été laborieux et difficile. C’est pourquoi nous sommes revenus avec Pierre sur les débuts de la formation.

« Nous nous voulons black metal, même s’il n’y a pas vraiment de limite dans le black metal. »

Radio Metal : L’album s’appelle Horizon. Il y a derrière ce titre-là l’idée de regarder au loin vers l’avenir. Dirais-tu que ça représente l’état d’esprit du groupe ?

Pierre Le Pape (clavier) : C’est marrant parce qu’on nous a posé la question tout à l’heure, et c’est une chose à laquelle nous n’avons pas du tout réfléchi. Mais pourquoi pas, ça peut être vu comme ça, étant donné qu’il y a eu plusieurs phases dans l’histoire du groupe, avec six ans entre cet album-là et celui d’avant. Là, nous sommes partis sur une dynamique où nous n’avons pas envie d’attendre autant de temps avant de sortir un nouvel album, donc ça peut effectivement être vu comme ça. Mais par rapport à l’idée du titre, sans parler de concept-album, il y a quand même un fil rouge dans ce qui est raconté, qui traite un peu de tous les déracinés de l’Histoire, au passé, au présent et au futur, et qui ont dû quitter leur terre natale pour pouvoir chercher et aller trouver une nouvelle terre d’accueil. Le sujet fait un peu écho à l’actualité, avec ce qui se passe en Méditerranée, mais ce n’est pas non plus un album politisé. Ça raconte ça, mais ce n’est guère que le fil rouge de l’album.

L’horizon sous-entend beaucoup l’idée de l’inconnu, car on ne sait pas ce qu’il y a à l’horizon, par définition. Est-ce que l’inconnu c’est quelque chose qui vous fait peur ou vous fascine ?

Je ne dirais pas que ça fait peur, mais disons que ça motive. Pour ma part, quand je dois aller dans des zones que je ne connais pas forcément, que ce soit dans un cadre professionnel ou autre, je vois toujours ça comme un défi à relever, et je sais que ça me motive vraiment beaucoup.

Il y a deux titres dans cet album, « Horizon » et « To Horizon », qui se répondent. Quel est le lien entre ces deux morceaux ?

Comme je te disais, il y a un lien tout au long de l’album, et « Horizon » et « To Horizon », on parlait de ces déracinés, et ils doivent aller au-delà de l’horizon pour retrouver un nouvel horizon, et pouvoir trouver de nouveaux repères, une nouvelle vie finalement. Donc c’est centré autour de ça.

L’album se conclut par un morceau qui s’appelle « No Boundaries » (« pas de frontières »). En dehors du concept de l’album, c’est difficile de ne pas y voir une sorte de message quant à l’ouverture musicale du groupe. Que dites-vous à travers ce morceau ?

Plein de choses. C’est vrai qu’au niveau des influences, nous ne nous sommes jamais interdit quoi que ce soit. Nous sommes dans une branche plutôt black metal, mais nous avons tous les quatre différentes influences. Donc c’est vrai que nous ne nous donnons pas de limites dans ce que nous pouvons mettre dans la musique que nous faisons. Je dirais même que plus nous allons pouvoir expérimenter, comme nous avons le faire sur cet album-là, mieux ça va être. C’est-à-dire que nous ne voyons pas vraiment l’intérêt de faire deux fois le même album, donc sur cet album, nous avons pu expérimenter tout un tas de choses, tant au niveau du chant, avec l’utilisation de voix claires, qu’au niveau des orchestrations, des sons utilisés. Il y a une sorte de remise en question permanente, à chaque album, où nous allons nous demander comment amener quelque chose de nouveau, rendre les choses intéressantes… Donc c’est ce en quoi on pourrait dire qu’il n’y a pas de vraie limite musicale. On verra ce que la suite donnera, mais s’il y a un message, c’est que cet album est ce qu’il est, et que l’album suivant sera peut-être différent.

En écoutant l’album, il y a une grosse résonance black metal, mais plus le black metal originel, dans votre musique. Peux-tu nous parler de cette influence ? Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Ça représente pas mal de choses, dans le sens où comme je te disais, nous avons des influences très diverses au sein du groupe, et nous avons aussi des influences communes, des groupes autour desquels nous nous rejoignons, nous nous comprenons, comme notamment Emperor. Donc là où nous allons nous retrouver autour d’un black metal « traditionnel », d’où la patte old school que nous revendiquons d’une certaine façon, tu as des groupes comme Emperor, Mayhem, Dimmu Borgir au début, même Satyricon, qui sont des influences très fortes pour tout le monde dans le groupe. C’est vrai que ça s’entend sur certains blasts, certains riffs, certains arrangements de claviers… Je dirais que c’est aussi pour ça que de façon assez générique, nous nous voulons black metal, même s’il n’y a pas vraiment de limites dans le black metal.

Dans le dossier de presse, par rapport à l’identité de votre musique, il est marqué que ça s’adresse à des fans de Satyricon, Immortal et Dimmu Borgir première période, et tu viens à nouveau de faire cette distinction-là. J’ai l’impression que c’est important pour vous de faire cette distinction chez Dimmu Borgir. Peux-tu nous dire pourquoi ?

Oui. Pour ma part, moi qui suis aux claviers, je suis un des premiers concernés par ce distinguo. J’aime énormément Dimmu Borgir première époque, j’aime aussi ce qui a été fait dans Puritanical Euphoric Misanthropia qui est sorti en 2001. Après, quand c’est devenu de la surenchère pour de la surenchère, j’ai moins accroché. C’est vrai que les autres dans le groupe sont plus branchés sur les albums avant même Puritanical, d’où cette petite précision sur l’époque dimmuborguienne. Après, pour ma part, ayant testé beaucoup de choses en termes d’orchestration avec Melted Space, je fais aussi la part des choses dans le sens où Melted Space se prête beaucoup plus à de l’orchestration qui va ressembler à un Dimmu Borgir plus moderne. Maintenant, chez Embryonic Cells, dans l’ADN black metal old school, on va plus aller dans quelque chose de moins grandiloquent.

« Quand Max vient avec des riffs, une structure, je vais toujours avoir à cœur de me demander comment je peux soutenir ça, le mettre en avant, sans forcément amoindrir l’impact du riff et du chant, et toujours essayer de fournir quelque chose d’intéressant et qui se suffise à lui-même. »

On remarque que l’influence black metal old school s’exprime aussi dans le son. Les guitares sont très en avant, avec une batterie et un chant plutôt en retrait, un peu à l’ancienne, sans parler des claviers, dont on parlera après, sans pour autant tomber dans le son parfois un peu « dégueulasse » de certaines vieilles productions. Y avait-il une volonté de votre part d’être fidèles à cette époque-là jusque dans le traitement du son, tout en conservant un certain équilibre ?

Je dirais que c’est surtout le choix de la personne que nous avons mise derrière les manettes, qui a orienté les choses. Nous avons voulu travailler avec Pierre Schaffner, qui est le batteur de Phazm, dont nous avons pu écouter le travail à de nombreuses reprises. Donc c’est vrai que de travailler avec lui, c’était aussi une certaine façon de garantir ce résultat black old school à l’ancienne. Il y a effectivement la volonté d’aller dans une certaine direction assez fidèle à l’esprit que l’on a pu trouver dans des productions des années 1990. Maintenant, dans le choix des sons, dans la façon de produire, nous avons quand même voulu aussi être actuels, pouvoir fournir une production pas inaudible, mais avec des standards de production d’aujourd’hui, et avoir une bonne production équilibrée avec le côté plus old school, plus brut. Tu mentionnes le fait que les guitares soient quand même relativement en avant, et c’est vrai que si nous avions inversé et mis des claviers très poussés, nous serions justement tombés dans quelque chose de très Dimmu Borgir de maintenant.

Justement, j’ai remarqué que les claviers ne prenaient jamais vraiment le dessus, tant en termes de son que de mélodie. On sent que ça a été pensé comme un arrangement pour mettre en avant les riffs. La meilleure illustration de ça, c’est « Never Let You Fall », où il y a des moments où le clavier disparaît complètement, pour vraiment mettre en lumière ce riff du morceau. Comment as-tu pensé ton rôle sur ce disque ?

Disons que dans le cadre d’Embryonic Cells, j’ai toujours voulu soutenir le riff, soutenir la chanson. Là où, justement, nous n’avons pas de deuxième guitariste, mon rôle va se définir dans l’espace qui est laissé entre la basse et la guitare. Donc je sais que j’ai un rôle de soutien, qui va maintenir la structure, qui va faire le lien entre les deux autres instruments, et c’est vrai que quand Max vient avec des riffs, une structure, je vais toujours avoir à cœur de me demander comment je peux soutenir ça, le mettre en avant, sans forcément amoindrir l’impact du riff et du chant, et toujours essayer de fournir quelque chose d’intéressant et qui se suffise à lui-même. C’est un vrai challenge, c’est super intéressant, c’est ça qui me plaît aussi dans ce travail.

Je remarque aussi qu’il y a tout un travail de nappes sonores, on sent vraiment que tu t’es penché sur le fait de recréer une atmosphère old school avec ces sons. Peux-tu nous parler du travail de création sonore que tu as fait sur tes nappes ?

C’est un travail qui est le fruit d’un autre travail. Via Melted Space, j’avais eu l’occasion sur le dernier album de faire un gros travail de son très approfondi sur des nappes, sur des sons de piano trafiqués, sur de grosses reverbs appliquées à certains sons, et c’est vrai que quand je me suis mis sur l’album d’Embryonic Cells, j’avais déjà tout ce travail dans les pattes, ce qui m’a quand même facilité la tâche quand il a fallu soutenir la guitare, mettre en avant tel ou tel passage… C’est vrai que sur les albums précédents, je m’étais surtout cantonné aux sons que j’utilisais en live. Là, j’avais plus en main mon matériel studio, donc j’ai utilisé plein d’autres sons pour enrichir la palette sonore, et du coup mettre en exergue des émotions, des choses parfois intenses, parfois planantes, parfois plus éthérées, parfois plus agressives même. Il y a quelques passages où je double directement la guitare avec des sons très texturés. C’est un travail très intéressant qui a certainement ouvert plein de pistes pour la suite.

C’est un truc qui te plaît, ce travail de création du son pure, en dehors du travail de l’instrument lui-même ?

Oui. C’est quelque chose de vraiment passionnant, parce que tu n’as, justement, aucune limite, avec le travail du synthé. Tu n’as guère de limites que ta propre créativité, donc c’est vrai qu’on peut partir dans une direction, tester des choses, revenir en arrière, et ça, c’est un kiff, en tant qu’instrumentiste. Moi qui suis quand même très sensible à tout ce qui est musique de film, musique de jeu et autre, c’est un travail qui me plaît vraiment.

C’est un travail très « pur », quelque part, car tu ne vas pas forcément être tenté de mettre en avant une forme de niveau technique ou quoi que ce soit, tu vas vraiment être à la recherche de juste la beauté pure du son…

C’est ça. Disons que ce n’est pas l’objet de montrer que je sais jouer vite, ou bien. C’est vraiment tout au service de la chanson, du titre, du riff, de ce que nous voulons en dégager, et ce n’est jamais au profit de mon ego personnel que je pourrais mettre dedans. En plus, ça ne serait pas intéressant. Je trouverais justement que j’ai mal fait mon travail si je n’allais pas dans le sens du soutien de la chanson.

« Je conseille toujours de travailler encore, revoir son son, aller répéter, faire des concerts, même si c’est devant dix personnes, c’est là que finalement tu apprends le plus, et que tu apprends à aller chercher les gens, à te dépasser toi-même, pour défendre ce que tu as à défendre. »

À propos de l’histoire du groupe, celui-ci a été formé en 1994, et a connu des débuts particulièrement laborieux, parce que le premier album est sorti treize ans plus tard, il y a eu plusieurs démos, vous avez passé énormément de temps dans l’ombre. Là encore il y a peu pas mal de temps entre les albums. Dirais-tu que comme toute expérience qui nécessite beaucoup d’efforts, de patience et de persévérance, ces difficultés-là ont forgé et fait grandir le groupe ?

Exactement. Le groupe a eu différentes phases. Au départ, c’est un groupe qui a été créé avec un certain line-up, mais pas du tout le même que celui de maintenant. Donc quand Max et ses potes ont créé le groupe, c’était un groupe de garage, avec une répète tous les samedis après-midi. Et il y a eu toute une période de maturation où, à l’époque, ils faisaient du thrash, et il y a eu une évolution, petit à petit, vers cette forme de black metal que nous avons encore actuellement. Il y a eu un premier vrai départ avec le premier album, Before The Storm, qui est sorti il y a quelques années maintenant, avec mon arrivée qui coïncidait avec ce moment-là. Le vrai départ du groupe, on peut considérer, finalement, que c’est ce Before The Storm, et les albums qui ont suivi. Maintenant, après ces six ans [qui se sont écoulés depuis The Dread Sentence], nous sommes maintenant dans une phase qu’on pourrait appeler de nouveau départ, quelque part, parce qu’avec la signature chez Apathia Records, tout le travail de promo qu’il y a actuellement, nous n’avons vraiment pas envie d’attendre encore cinq ans avant de sortir un autre album. Donc il y a tout un tas de choses qui ont demandé du temps, de la persévérance. Maintenant, nous sommes vraiment sur une envie commune d’aller de l’avant, et de pouvoir continuer dans cette voie-là.

Penses-tu que qu’il faille galérer, traverser ces étapes-là et ainsi mériter sa place ?

Pas nécessairement. Chaque histoire est différente. Là, en l’occurrence, ça s’est passé comme ça. Maintenant, d’autres groupes suivent d’autres voies, ce n’est pas une fatalité. Cette histoire du groupe, cette signature correspond à une évolution. D’autres groupes suivent d’autres chemins et, quelque part, c’est mieux comme ça. Si tout le monde suivait le même chemin, ce serait un peu lourdingue. Ça reviendrait à dire qu’il y a une recette de cuisine, ce qui n’est absolument pas le cas.

Que dirais-tu à ceux qui traversent ces difficultés-là, qui sont à la place à laquelle vous étiez à l’époque, qui galèrent, et qui commencent à se décourager et envisagent d’arrêter ?

Je conseille toujours de travailler encore, revoir son son, aller répéter, faire des concerts, même si c’est devant dix personnes, c’est là que finalement tu apprends le plus, et que tu apprends à aller chercher les gens, à te dépasser toi-même, pour défendre ce que tu as à défendre. Si j’avais un conseil à donner, ce serait de jouer, jouer, jouer.

Penses-tu que ce que vous avez vécu, ça soit un mal pour un bien, et que ça vous ait préparés pour la suite ?

C’est une bonne question ! [Rires] Effectivement, on pourrait dire ça d’un certain point de vue, car même si la fréquence d’albums est ce qu’elle est, il y a quand même eu beaucoup de concerts entre les albums. Je dirais que la route nous a forgés et initiés à beaucoup de choses au sein du groupe. C’est aussi à partir de là que naissent les envies de se lancer pour faire un album, aller défendre ça… Donc un mal pour un bien, je n’irais peut-être pas jusque-là, mais c’est quelque chose dont nous sommes finalement plutôt contents, car c’est l’histoire du groupe, le groupe a une histoire qui lui est propre, et c’est aussi ça que nous allons défendre sur scène.

On dit toujours qu’il ne faut jamais oublier d’où l’on vient. Est-ce que c’est ce que vous vous dites, qu’il ne faut jamais oublier ce par quoi vous êtes passés ?

Complètement. Enfin, je dirais que ne pas oublier d’où nous venons, c’est quelque chose que nous n’aurions pas la prétention de dire, dans le sens où nous allons jouer là où on nous propose de jouer, que ce soit sur une grosse scène ou dans un bar, si l’occasion se présente. Nous ne nous considérons pas non plus si avancés, au point où nous puissions nous dire qu’il ne faille pas oublier d’où nous venons. Ça, c’est quelque chose que nous mettons en pratique presque au quotidien. Si demain on nous propose de jouer à tel endroit, nous ne serons pas regardants, ce sera pour nous l’opportunité d’aller défendre des morceaux.

Je sais que tu es un gros fan de Marvel et de l’univers étendu qu’ils ont développé à travers les films depuis des années. Si je ne me trompe pas, cette série de films va plus ou moins arriver à sa fin cette année, avec le dernier Avengers. Comment te sens-tu vis-à-vis de ça ? Est-ce que c’est quelque chose qui te chagrine, ou penses-tu que ce soit bien que ça arrive à son terme ?

Je suis assez excité par le nouvel Avengers qui va sortir, car ça va être la conclusion de dix ans de Marvel. Maintenant, je pense qu’ils ne vont pas hésiter à rebondir sur de nouvelles histoires. Disney vient de racheter la Fox, donc ils vont pouvoir enfin réunir tous les héros Marvel sous la même écurie, donc je pense que ça va quand même donner lieu à de nouveaux films, à un nouveau cycle, qui va durer je ne sais pas combien d’années, assez longtemps je leur souhaite. Mais là où effectivement on risque de dire au revoir à certains personnages que nous suivons depuis maintenant dix ans, je pense que c’est un univers suffisamment riche pour pouvoir nous proposer quelque chose de nouveau, et repartir sur de nouvelles histoires. Mais ça, c’est quelque chose de plutôt cool. Même si c’est vrai qu’il peut y avoir une surabondance de films de super-héros en général, maintenant. Ne serait-ce que pour Marvel, ils en sont à trois par an, c’est beaucoup. C’est une franchise qui se donne les moyens de surprendre son public, d’amener quelque chose de nouveau, de se renouveler, de se remettre en question… Donc on va dire que je leur fais confiance pour maintenir l’attention qu’il y a autour de leurs films.

Interview réalisée par téléphone le 12 février 2019 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Collas.

Facebook officiel d’Embryonic Cells : www.facebook.com/Embryonic-Cells-179425228782758

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