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Titre À Titre   

En Avant, Asia !


Il faut se méfier des séances de pré-écoute exclusives. L’excitation de la nouveauté, la rareté intrinsèque du fait de ne pas réellement avoir accès à l’objet, ont tendance à fausser les émotions et vous font idéaliser le moment.

Surtout avec un album aussi dense que ce nouvel Avantasia. Pour cet ultime opus, Tobias Sammet ne souhaitait avoir aucun regret et a tout donné. L’accomplissement de toute une vie, comme il nous l’avouera plus tard en interview, triste et heureux à l’idée de tourner cette page et quelque peu inquiet de ne pas savoir quoi faire après. The Wicked Symphony/Angel Of Babylon se veut donc comme un festival, compilant toutes les facettes musicales de la saga depuis 10 ans.


Il est 16h en ce lundi 8 mars 2010 et il n’y a pas foule dans la Cantada, petit bar du 11ème arrondissement de Paris accueillant régulièrement des séances de pré-écoute des nouveaux albums d’artistes de la scène metal.

Après avoir salué Tobias, toujours très relax en se préparant à enchaîner les interviews, nous nous installons dans une pièce aux murs de pierre et à la lumière tamisée. C’est dévisagés par un squelette que nous nous livrerons entre confrères à une bataille sans merci, au jeu de qui, pendant cette heure, sera le plus inspiré et relèvera le plus de clins d’oeils et de références.

Si dans un premier temps, nous regrettions la décision de Nuclear Blast de ne proposer qu’un condensé d’une heure de ce double album, c’est avec soulagement que nous quittions la pièce à la fin de cette heure. Le fait est que ce nouvel opus est intense et difficile à digérer.

Sans plus attendre, voici un track by track des titres qu’il nous a été donné d’écouter :


Avantasia Tome 4 : The Wicked Symphony

1. The Wicked Symphony
Après une entrée en matière fortement inspirée des bandes originales de Hans Zimmer, Tobias est le premier chanteur à intervenir sur ce titre épiques aux orchestrations rappelant la « Empty Hollow Suite » du dernier Rage. A l’instar de The Scarecrow, Jorn Lande fait son apparition sur le second couplet. L’homme est fidèle à lui-même et, sans surprise, fait frissonner. Les deux sont rejoints par d’autres vocalistes à l’unisson sur un refrain des plus puissants et fédérateurs.

Premier constat : niveau chant, ça envoie. Les différents chanteurs, Jorn en tête de liste, se livrent à une prestation vocale, certes démonstrative, mais aussi jubilatoire. Les guitaristes ne sont pas en reste. Pour cet album, Tobias s’est notamment entouré d’Oliver Hartman et de Bruce Kulick (Kiss). De quoi espérer d’épiques duels. Les guitaristes qui nous lisent ne seront pas déçus : ils en auront pour leur argent sur ce disque. Un premier solo très inspiré débouche sur un break tribal et dansant, avant d’embrayer sur un riff des plus rock n’roll, puis sur un second solo, lui aussi débordant de feeling.

« The Wicked Symphony » ne porte pas le nom de l’album pour rien. Il s’agit en effet du titre le plus représentatif de l’aspect « feu d’artifice » du disque.

2. Wastelands
L’intro happy metal, typique de chez Edguy, le laisse rapidement présager : « Wastelands » est un titre de speed mélodique tout ce qu’il y a de plus prévisible. C’est au tour de Kiske de faire son entrée, secondé par Sammet sur le second couplet. Un titre très conventionnel et moyen néanmoins sauvé par un nouveau duel de soli efficace.

3. Scales Of Justice
Le titre le plus heavy du disque. La gueulante introductive, très Iced Earth dans l’esprit, annonce la couleur : on t’a reconu Tim Owens ! Ce « Scales Of Justice » aurait sans problèmes pu figurer sur un album d’Iced Earth, si l’on excepte son refrain mélodique, un poil moins rageur que ce que la bande à Schaffer peuvent proposer.

4. Dying For An Angel (titre déjà disponible en streaming sur www.tobiassammet.com)

Le tube de l’album est, sans aucune contestation possible, le meilleur single qu’Avantasia ait pu proposer à ce jour. « Dying For An Angel » est un mid tempo FM dans le style de « Lost In Space » (single de The Scarecrow) au refrain absolument imparable. Tobias y est secondé par Klaus Meine des Scorpions. L’alchimie est parfaite, on a affaire à un parfait mélange entre les Scorpions et Edguy. Encore une fois, un très bon solo de guitare vient boucler l’ensemble. A écouter en boucle !

5. Blizzard Of A Broken Mirror
« Blizzard Of A Broken Mirror » est un autre mid tempo heavy, introduit de manière très traditionnelle à coups de power chords et de descentes de toms. Sur ce titre rappelant par moments Stratovarius, c’est au tour d’André Matos d’assurer un refrain chantant à la Freedom Call.
Après le second refrain, l’atmosphère se détend avec un autre interlude à cordes que n’aurait pas renié Hans Zimmer. A la suite de quoi le morceau se transforme en power ballade qui nous ramène progressivement au refrain.
Un titre intéressant dans sa construction.

6. Runaway Train
Très rapidement, avec cette intro piano/violons, on voit arriver le successeur de « Cry Just A Little ». La ballade mièvre de l’album, c’est une étape obligatoire chez Tobias. Encore une fois, Jorn Lande est au centre de l’attention. L’irruption de la guitare et de la batterie font penser à « Land Of The Miracle » d’Edguy. Encore une fois, Jorn, à l’instar d’un Blackie Lawless ou bien de son idole David Coverdale, démontre sa capacité à sublimer le plus médiocre des morceaux ne serait-ce que par ses intonations. Néanmoins, l’illusion ne dure pas et ce « Runaway Train », qui s’étire en longueur, reste moyen, alors que « Cry Just A Little » faisait son petit effet et faisait au moins sourire.

7. States Of Mother
Après un riff qui laisse présager un brûlot heavy dans la veine de « Scales Of Justice », c’est finalement à un autre morceau de speed mélodique que l’on a affaire avec un Russel Allen étonnamment joyeux. En dehors de cette curiosité, rien de mémorable néanmoins.


Avantasia Tome 5 : Angel Of Babylon

8. Stargazers
C’est une vague déferlante de Speed Metal à la Helloween qui arrive de nulle part pour briser le calme plat d’une intro minimaliste avec guitares clean et chant.
Le refrain, facile à retenir (« Stargazers ! » chanté en boucle) fait beaucoup penser à « Lord Of The Wastelands » de Stratovarius (album Fourth Dimension de 1995). A noter un micro solo de basse et un énième solo de guitare, cependant très bon.

9. Angel Of Babylon
Un titre qui ne nous nous aura pas marqué, si ce n’est pour la ressemblance de ses claviers à « Hunting High And Low » de Stratovarius. Puis c’est la confirmation lors du solo de clavier dont on reconnaîtra immédiatement le géniteur : Jens Johannsson, claviériste de… Strato. Tout s’explique.

10. Death Is Just A Feeling
Le titre qui fera sourire l’assemblée. Sur une musique que l’on croirait tirée d’un film d’animation de Tim Burton, Jon Oliva prend une intonation caricaturale de méchant de dessin animé. Un des titres les plus originaux du disque, garni qui plus est d’un très bon refrain.

11. Rat Race
« 1, 2, 3, 4 » et c’est parti pour « Rat Race », chanson typique à la Edguy avec un refrain efficace et un Lande encore une fois irradiant de charisme.

12. Journey To Arkadia
Ce double album se clôt un peu à la manière du second tome, sur un refrain grandiloquent où tous se rejoignent pour un final théâtral de type « comédie musicale ». Un peu niais et exagéré, votre serviteur en convient, mais c’est exactement ce que l’on recherche sur ce genre de bouquet final.

En résumé :

Dans sa globalité, The Wicked Symphony/Angel Of Babylon va de l’excellent au médiocre. Malheureusement, malgré l’enthousiasme de Tobias pour qui tous les titres sont réussis, ce double album contient trop de titres de remplissage. Conventionnels, voire même contemplatifs. En cela, il est d’ailleurs difficile d’en vouloir à Tobias, qui a réalisé ici une sorte d’Avantasia puissance 10, exacerbant chaque facette du projet.

Il insistera là-dessus quelques minutes plus tard en interview, il n’était pas question de faire un retour aux sources pour contenter les fans. Et connaissant la volonté du bonhomme de toujours aller de l’avant et de ne pas se plier aux volontés des plus conservateurs, nous le croyons sur parole. A ce sujet, je vous renvoie à ces propos de notre interview réalisée début 2009 : « Ne pas évoluer de peur de perdre ses fans est le comportement le plus commercial qu’on puisse adopter« .

Le fait est que ce double album est un parfait résumé des deux grandes périodes d’Avantasia, la sensibilité hard rock/FM de The Scarecrow se mêlant à la dimension épique et symphonique des Metal Opera Part.1 et 2. Un mot sur les soli, excellents, dont l’effet sera néanmoins émoussé par une trop grande récurrence. Trop de solo tue le solo, même si c’est Bruce Kulick. Tobias, à qui l’on avait reproché d’être trop présent est ici plus en retrait, laissant notamment la part belle à Jorn Lande, qui incarne dans le concept l’alter ego du personnage de Sammet. A l’exception d’un « Scales Of Justice », qui porte bien trop les couleurs d’Iced Earth, l’alchimie entre les invités et le son d’Avantasia est parfaite. Avec en haut du panier, le duo entre Tobias et Klaus Meine.

Sortie du disque le 3 avril. Pour rappel, voici la liste des invités présents :

* Klaus Meine (SCORPIONS)
* Tim « Ripper » Owens (JUDAS PRIEST, YNGWIE MALMSTEEN, ICED EARTH)
* Eric Singer (KISS, ALICE COOPER)
* Michael Kiske (HELLOWEEN)
* Jorn Lande (MASTERPLAN, ARK, MILLENIUM)
* Bob Catley (MAGNUM)
* Sascha Paeth
* Felix Bohnke (EDGUY)
* Alex Holzwarth (RHAPSODY, SIEGES EVEN)
* Russell Allen (SYMPHONY X)
* Jens Johansson (STRATOVARIUS, DIO, YNGWIE MALMSTEEN)
* André Matos (ANGRA, SHAAMAN, VIPER)
* Bruce Kulick (KISS, GRAND FUNK RAILROAD)
* Cloudy Yang
* Oliver Hartmann (AT VANCE, HARTMANN)
* Jon Oliva (JON OLIVA’S PAIN, TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA, SAVATAGE)

Une interview détaillée de Tobias sera disponible prochainement. Restez connectés !



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