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Live Report   

En communion avec Septic Flesh


Septic Flesh enchaîne depuis maintenant de nombreuses années les réussites sur disque. Mais c’est depuis assez peu de temps, depuis Sumerian Daemons en 2003 voire plus récemment, en 2008, avec le majestueux Communion, que le groupe a vu sa popularité faire un bond.

Peut-être est-ce le résultat d’albums à la production plus puissante et plus léchée, avec une dimension symphonique ayant pris une véritable ampleur. Conquis par les deux dernières offrandes des Grecs, le public est venu en grande masse ce soir investir la modeste salle du Marché-Gare de Lyon. A vrai dire, rarement cette enceinte aura été vue aussi pleine. Alors, la grandiloquence des dernières productions de Septic Flesh passera-t-elle le cap de la scène ? Réponse un peu plus bas.

En attendant, ce sont ni plus ni moins que trois groupes de première parties qui essaierons de conquérir l’audience avant l’arrivée des dieux helléniques. D’ores et déjà, en voyant ne serait-ce que l’affiche, on se demande si ce n’est peut être pas un peu trop, sachant que les trois officient dans un registre finalement assez proche. Attention à l’indigestion, il serait dommage de perdre l’appétit avant d’entamer nos Grecs.

Mais jugeons ça sur le terrain et voyons ce que tout cela donne.


Artistes : Septic FleshSvart CrownW.E.B.Valet Parn
Date : 15 mai 2011
Lieu : Lyon
Salle : Marché-Gare

Valet Parn : plus de motivation sur scène que dans le public.

Le premier groupe à monter sur les planches est Valet Parn. Soit dit en passant, on découvrira un peu plus tard que les musiciens du groupe ne sont ni plus ni moins que les roadies de Septic Flesh. Le groupe officie pourtant dans un genre bien différent et surtout très commun de nos jours : un mélange de thrash, de death et de heavy metal. Une tambouille très générique dans la forme mais ayant le mérite d’être énergique dans le fond. Certains metalheads dont la forme importe peu se laissent déjà aller au jeu du défouloir. Mais attention à l’endurance car trois autres groupes suivent. D’autant plus que Valet Parn souffre d’un son pas forcément très clair et un sentiment de lassitude pointe bien vite le bout de son nez face à une musique bien peu inspirée. Une petite demi-heure plus tard, c’est sous un sentiment de soulagement que le groupe évacue la scène.

W.E.B. : une prestation qui n’aura pas forcément retourné toutes les têtes.

A peine le temps de souffler que c’est au tour de W.E.B. de fouler la scène. Peu de dépaysement par rapport au set précédent puisque le groupe officie également dans un registre thrash/death, si ce n’est plus inspiré et un peu plus en place. Très peu d’originalité donc, mais le set s’avère efficace et pêchu avec de bon riffs. Mention spéciale au bassiste qui fait le show remonté comme une pile électrique. Dommage d’ailleurs que ce dernier ait dû subir un souci de son, provenant vraisemblablement d’un câble débranché. Résultat : une basse absente pendant toute la première moitié du set du groupe. Sans compter un mix global très imparfait. Malgré tout, le groupe continue à aller au charbon et à envoyer le feu sans trop se décontenancer, même si on les sentait légèrement interrogatifs par moments. Le groupe clôture son set au bout d’une trentaine de minutes. Il n’en aurait pas fallu plus car même si la qualité de la prestation et des titres interprétés furent respectables, W.E.B. tourne en rond avec des compositions dont on ne retient finalement que peu de choses.

Klem survolté.

Les choses sérieuses commencent avec l’arrivée des français de Svart Crown. Un groupe dont on entend de plus en plus parler. Pour cause : les Niçois s’imposent par un certain charisme et un thrash/death percutant avec, en sus, une teneur sombre voir même malsaine empruntée au black metal. Svart Crown envoie du bois avec une gestuelle somme toute dans les codes du genre : headbanging à foison et pied sur les retours pour provoquer la foule. Le terrain est connu, vu et revu, voire déjà entendu. Mais le public adhère à l’énergie communicative déployée par le groupe. Ça remue sec dans le pit. Cette motivation dont fait preuve l’assistance semble plus que tout nourrir le groupe qui se donne davantage au fur et mesure que les minutes passent.

Et oui, chez Svart Crown, les cheveux c’est fait pour voler !

Face au public déchaîné, JB, le frontman, n’hésite pas à réclamer un Wall Of Death afin d’offrir un point d’orgue à cette prestation sulfureuse. Pratique à laquelle le public de la pourtant petite salle du Marché-Gare se plie volontiers, concluant par un circle-pit des plus festifs.

Malgré tout, quel dommage qu’il s’agisse du troisième groupe de la soirée officiant dans un genre essentiellement similaire. En effet, après les prestations de Valet Parn et W.E.B., même si ce que le groupe offre est très nettement au-dessus, la prestation de Svart Crown perd légèrement en fraîcheur et en impact. L’exploit d’avoir conquis une bonne partie de la salle n’en est que plus méritant. A revoir donc sur une affiche un peu moins homogène où le groupe pourra maximiser toute sa force de frappe.

Le sceptre de Seth.

Enfin, un souffle d’air frais dans la fournaise thrash/death. Un air remonté des profondeurs sépulcrales de l’imposante cité d’Athènes. Dans le noir, deux panneaux avec des symboles occultes et peintures horrifiques s’érigent, menaçants, tantôt rouges puis bleu. On distingue en ombre chinoise sur fond de lumière infernale le sceptre de Seth. Une sculpture tentaculaire et inquiétante en fer forgé, symbole d’une divinité lovecraftienne monstrueuse. Dans le silence de plomb, un souffle humide s’échappe et vient nous caresser le cou. La bête gronde dans les profondeurs, la tension monte. On aperçoit du mouvement, des ombres se faufilent. Les voix de nymphes, annonciatrice de l’orage à venir, se font entendre. Soudainement les dieux se montrent aux mortels, imposants par leurs statures et écrasants de colère.

Un beau diable.

Il faut dire que les musiciens de Septic Flesh ont de sacré « gueules ». Enfin, surtout les deux frangins, Seth et Christos Antoniou. Le premier possède un teint blême et un look qui le font passer aisément pour un prince des ténèbres. Sans compter une nervosité latente dont il fait preuve, avec des expressions possédées. Le second a une allure de molosse mais dégage davantage de sérénité. Il impressionne surtout par ses très longs cheveux en formes de lianes qu’il balance régulièrement dans les airs. Aux côtés de ces deux personnages captivants, les deux autres compères récoltent moins d’attention mais ne réalisent pas moins un travail exemplaire.

A noter que Sotiris Vayenas n’est toujours pas de la partie, remplacé par un guitariste discret mais motivé. Sachez que Sotiris n’a pas foulé les planches françaises depuis douze ans, retenu par des obligations en Grèce. On comprend donc pourquoi son apparition lors du Chaulnes Metal Fest cette année était vue comme un véritable événement. Mais à Lyon, le public a bien dû une fois de plus se contenter des samples de sa voix, à l’instar de toutes les orchestrations et même quelques passages de guitare claire.

Plus fort que le gel fixation longue durée, il y a Septic Flesh.

Certains se souviennent peut être encore du dernier passage de Septic Flesh dans la capitale des Gaules. Cela remonte au 2 mai 2003 (en compagnie, entre autres, de Primordial, Thyrfing et Ancient Rites en tête d’affiche), alors que le groupe venait de sortir l’excellent Sumerian Daemons. Une chose est frappante ce soir, c’est que depuis cette époque le quatuor grec a fait un vrai bond en termes de prestation : charismatique, puissante et énergique. La bande à Seth est devenue un combo de véritables bêtes de scène. Particulièrement Seth lui-même qui arpente la scène et vient parfois à la rencontre des premiers rangs. Et ces derniers le lui rendent bien.

Le public tout entier semble d’ailleurs véritablement envoûté, captivé, par les quatre démons face à eux. Nombreux sont-il à reprendre des mélodies et renforcer les chœurs. Ce fut le cas dès l’ouverture de la prestation avec ‘Vampire From Nazareth’ et ‘Communion’, le bien nommé. D’autres titres remportent de nombreux suffrages tels que ‘Pyramid God’ ou – surtout – ‘Anubis’ qui a pris ce soir des allures d’hymne.

Seth ouvre les fourneaux de l’Enfer.

En introduction, je faisais mention de l’impact des deux derniers albums du groupe sur sa cote de popularité. Au vu de la setlist choisie, la formation semble également en avoir pris note. Ce n’est ni plus ni moins que la moitié de chacun de ces album qui aura constitué les trois quarts du set. Ce qui, au final, représente le seul véritable point noir de la prestation. C’est un bien grand mot au vu de la qualité des compositions mais le fait est que la discographie de la formation recèle de véritables pépites. Preuve en est la réaction dithyrambique des plus anciens fans lorsque Seth annonce ‘Esoptron’. Une vieillerie que l’expérience et les moyens actuels du groupe ont permis de sublimer. Mentionnons également ‘DNA’, plus gothique dans l’esprit mais diablement accrocheur. Dommage que la période pré-2000 ne s’arrête qu’à ces deux titres.

Quand bien même le groupe ait voulu se concentrer sur ses récents succès, que dire de l’absence de l’original ‘Babel’s Gate’ et surtout du tube ‘Sunlight/Moonlight’ ? Une énorme faute de goût ! Ce dernier aurait sans hésitation pu prendre la place d’un ‘We, The Gods’ nettement moins marquant. Probablement que l’absence de Sotiris n’est pas étranger à ce choix, vu l’importance du chant clair sur le refrain. Bref, vous l’aurez compris, le choix des titres était très perfectible.

L’élégant Christos.

C’est un titre du dernier album, ‘Five-Pointed Star’, qui constitue le rappel. Un très bon titre, mais pas forcément le point d’orgue attendu pour clôturer une pourtant très belle prestation. Seth en profite pour, par-dessus les retours, aller à la rencontre des fans, serrer les mains qui s’amassent devant la scène et brandir sa basse tel le guerrier brandit son arme après la victoire.

Setlist de Septic Flesh :

The Vampire From Nazareth
Communion
The Great Mass Of Death
Virtues of The Beast
Unbeliever
Pyramid God
Lovecraft’s Death
Oceans Of Grey
We The Gods
DNA
Esoptron
Persepolis
Anubis

Rappels :
Five-Pointed Star

Photos : Spaceman



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  • La setlist est sympa, mais ça manque de Sangreal à mon goût… Sans doute le même problème de chant clair

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