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Live Report   

En manque de Stratovarius


Artistes : HelloweenTrick Or Treat
Date : 12 janvier 2011
Lieu : Lyon (Villeurbanne)
Salle : Le Transbordeur

Une soirée heavy ? Qui aurait cru que cela remplirait un Transbordeur ? Eh bien telle fut ma surprise en arrivant au Transbo (comme on dit ici) et en découvrant la lo-o-o-ongue file de métalleux qui patientaient gentiment dans le froid avant de trouver refuge dans la salle de concert. Pourtant l’heure d’ouverture annoncée est largement dépassée, que se passe-t-il ?

L’explication à ce retard, ou cet « horaire différé », c’est que Stratovarius ne jouera pas et, du coup, les organisateurs ont choisi de faire démarrer les concerts plus tard. On peut se demander à quoi ça sert, on est déjà déçu de voir l’affiche amputée d’un groupe (déception d’autant plus grande quand on se déplace surtout pour eux), plus encore quand on doit ensuite rentrer tard chez soi avec parfois un long trajet dans les pattes. Enfin, cessons de tergiverser sur l’organisation, parlons musique.

Helloween et Stratovarius à l’affiche

C’est Trick or Treat qui va chauffer la salle et les spectateurs un peu engourdis par la rudesse de Dame Janvier (non, pas Miss Janvier). Ces Italiens ont bien compris quelles ficelles tirer pour capter l’auditoire. D’abord ils proposent une musique très calibrée (c’est-à-dire très standard et rentrant dans le moule des compositions de speed metal) et très bien exécutée, avec en plus une grosse touche de délire, version happy-happy-metal.

Bref, ce sont des descendants directs de Kai Hansen, la fougue de la jeunesse en plus. Comment ne pas sourire devant leur dégaine Eighties très prononcée, avec des moules burnes tigrés sur fond rose, bandeau dans les cheveux… Le chanteur en rajoute en enfilant un diadème surmonté d’oreilles de lapin sur une chanson dédiées à ces rongeurs et enfile même un gant façon Donald Duck sur la chanson du même titre. Bref, on rigole bien, c’est un peu du Dragon Force sans la performance supersonique. Et que la barre du ridicule ait été dépassée ou non, je laisse à chacun le soin d’en juger.

Mis à part la forme, on ne retient pas grand-chose, si ce n’est qu’il y a de la double grosse caisse, des riffs qui vont vite et des soli à tout va. Même le bassiste se fend de cet exercice de style ! Pas mal, mais pas transcendant non plus, il y en a d’autres qui le font mieux.

Interlude. Les roadies changent le matériel et c’est David, ex-Destinity, qui se charge d’annoncer et d’expliquer le pourquoi du comment de l’annulation de Stratovarius. Timo a tout simplement chopé une bactérie et, comme pour la veille à Paris, le groupe a dû annuler le show. Les fans les plus acharnés s’étaient peut-être déjà consolés en rencontrant leurs idoles plus tôt dans la journée à la séance de dédicaces organisée au disquaire Gibert Joseph (cette parenthèse de la journée des Finlandais à Lyon a d’ailleurs été immortalisée par la vidéo de monsieur le Doc filmant Metalo et son chapeau pointu).

Andi Deris (Helloween) et la grosse batterie

Fin de la parenthèse. Retour au concert où, assez vite, on découvre le plateau de Helloween. Là, on réalise que l’on va avoir droit à du gros show.  A la dernière minute le voile de la batterie tombe pour révéler une superbe quadruple grosse caisse. Ça y est, les enchères reprennent ! Portnoy a jeté l’éponge avec sa triple grosse caisse, celle de Peter Criss est déjà oubliée. Pas mal de frime – ou d’effet en tous cas – pour épater le public.

Il y a les lights aussi avec d’énormes projecteurs motorisés et une grosse rampe de spots installés derrière les grilles qui protègent les deux énormes façades d’amplis (y a-t-il d’ailleurs autant d’amplis qu’on le croit derrière tout ça ?). Tout ceci  est posé sur un grande plateforme sur laquelle les membres monteront et descendront au grès du show, spécialement Markus le bassiste, qui a un rôle central dans l’animation du concert.

Helloween (ici à Paris le 11 janvier)

Tout ça est bien beau mais vais-je retrouver les frissons de mes vingt ans quand j’écoutais cette musique qui me faisait décoller à la vitesse de la double grosse caisse au galop ? Eh bien pas vraiment. Tout est très calibré. Bien sûr les compos de heavy/speed sont ce qu’elles sont, c’est-à-dire qu’elle ne sortent pas du standard établi par le groupe. Quant au jeu de scène des musiciens, il est assez réduit face à l’armada des artifices mis en place, surtout Weiki qui n’est pas reconnu pour être des plus expressifs. On ne sent plus un très grand enthousiasme, cette émotion même qui caractérise le speed métal qui est de se sentir porté par une grande vague sonore chargée d’énergie positive.

Sans doute deviens-je vieux. Avec l’âge, on perd ce goût pour ce côté naïf, le bien et le mal et tout ce truc à la « Seigneur Des Anneaux » qui font les ingrédients de base d’un chef-d’œuvre comme  « Keeper Of Seven Keys ». Pour être encore motivé, il faut sans doute avoir conservé la candeur des fraîches années, tout spécialement comme ces trois ou quatre jeunes déguisés en blouse de médecin et perruques ébouriffées, clin d’œil à Dr. Stein. Ceux-là ont la pêche (ou la citrouille dans le cas présent).

Mais voilà que le son n’est pas terrible non plus, surtout les soli. On a du mal à garder patience jusqu’aux rappels même si, de son côté, le reste de l’auditoire captivé prend ce qu’il est venu chercher : un concert avec quelques bons morceaux et de grands classiques. Mais où est passé la flamme ?

Photos : Julien Perez.



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  • J’étais au concert parisien et j’ai pas été déçu que par l’annulation de Strato… son pas génial, Derris pas toujours très en voix (surtout au début… toute mon excitation est retombée quand il a massacré Eagle Fly Free, salaud!), Weiki et Sasha qui foiraient les soli… pis je rejoins Skelos, j’ai pas apprécié les interludes d’1/2 heure pendant les morceaux et le discours démago et infantilisant de Derris. Voilà, je m’arrête là sinon je vais passer pour le rabat-joie de service. Y’a quand même eu quelques morceaux qui m’ont sorti de ma torpeur (Future World et I Want Out malgrès les « pauses », ou le medley Keeper of the Seven Keys/King for a Thousand Years/Halloween, c’est génial qu’ils l’ai fait), mais pas assez pour que je sorte de l’élysée avec la banane et c’est vraiment dommage.

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  • j’étais à la représentation parisienne personnellement, c’était la 4ème fois que je les voyais, et effectivement il y a un peu d’essoufflement dans la prestation. l’album lui même est très lourd mais très simple en fait
    En revanche à Paris, ce sont les membres de Strato eux-mêmes qui sont venus s’excuser de ne pas pouvoir jouer (Timo sortait tout juste de chez le médecin et il s’est résigné au dernier moment)

    pour lire mon report de cette soirée, allez voir ici 😉
    http://ultimetal.free.fr/report_live/r_helloween-11.html

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  • J’ai personnellement pas vraiment apprécier, outre l’annulation de Strato, les espèces de longues pauses dû à je ne sais quoi – sûrement des problèmes techniques, qui rendait l’attente de la reprise du morceau assez longue…

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  • « Bref, on rigole bien, c’est un peu du Dragon Force sans la performance supersonique. Et que la barre du ridicule ait été dépassée ou non, je laisse à chacun le soin d’en juger »

    Enorme. 😉

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