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En Tournée Avec   

EN TOURNEE AVEC LE GROUPE CULT OF LUNA


Artiste : Cult Of Luna
Lieux : Feyzin, Tourcoing et Paris
Salle : L’Epicerie Moderne, le Grand Mix et l’Elysée Montmartre
Date : Mars 2009


L’Epicerie Moderne

14 Mars 2009, milieu d’après-midi. Julien de K-Productions est notre interlocuteur pour ce tour report. Julien a un rôle considérable, et pourtant ignoré du public, car derrière la scène c’est lui qui gère toute l’organisation d’un concert. Et organiser un concert c’est quoi ? C’est penser à tout…tout le temps. Un boulot énorme qui va de la prise de contact avec les structures locales qui accueillent les groupes, les relations entre le combo et les techniciens, les moyens mis en place pour le concert, la santé financière d’une soirée sans oublier la somme des petits (et nombreux) problèmes qui peuvent se présenter d’une manière impondérable tout au long d’une journée.

Etre producteur et organisateur de spectacle est une activité qui nécessite une organisation hors-pair. Ce travail de l’ombre mérite d’être souligné d’emblée. Bien sûr, le tour manager est par définition quelqu’un de très occupé et au moment où nous débarquons à Feyzin pour ce premier concert français des Cult Of Luna, Julien est parti à l’hôtel. En effet notre homme doit s’assurer que le bon nombre de lits est réservé et, plus généralement, que les membres des différents groupes qui accompagnent les Cult Of Luna sur la tournée seront bien logés. De mon côté, j’entre dans la salle au moment de la balance des Cult Of Luna…


Les Cult Of Luna aux balances.

Ma première rencontre avec le groupe de rock expérimental est donc musicale. Pas de mots, juste du son. Le soundcheck est toujours un moment particulier. Nous sommes de l’autre côté du rideau, dans l’intimité des musiciens, et avons conscience d’assister à des instants privilégiés. On peut capter des regards, des émotions et beaucoup de feeling. Un pur moment de plaisir. C’est donc l’heure pour le groupe de régler chaque instrument et d’adapter l’ensemble à la configuration de la salle. On sent le soin apporté à la qualité et à l’équilibre du son. Chaque musicien teste son instrument et Erik (guitare) passe quelques minutes de plus que ses petits camarades à perfectionner le son de sa Fender Telecaster. Derrière la console, on peut tout de suite sentir que Daniel, l’ingé son des Cult Of Luna, fait un travail incroyable en rendant le son massif sans rien perdre de son intelligibilité. Bref, on s’attend au meilleur pour la soirée et nos (bonnes) impressions se révèleront exactes.


Un travail collectif.

En attendant le concert, certains membres du groupe regagnent les loges pour se détendre alors que d’autres écrivent des emails dans un coin avec leur ordinateurs portables. Klas, le chanteur des Cult, profite de ces quelques instants pour s’aérer à l’extérieur de la salle. Seuls sur un banc nous discutons de cette tournée et de son déroulement. La garçon n’est pas un grand bavard mais répond poliment à mes interrogations. J’apprends de sa bouche que la plupart des membres du groupe sont encore étudiants ou ont un petit boulot à côté pour arrondir leurs fins de mois. Klas bosse par exemple comme chauffeur magasinier afin de subvenir aux besoins de sa petite famille. Depuis quelques temps il est d’ailleurs heureux papa et profite de son temps à la maison avec son enfant et sa copine. On est très loin des clichés rock’n roll et des excès en tous genres !

Beaucoup de personnes se laissent corrompre par les paillettes et tout le décorum d’un concert. Or, comme de nombreux groupes, les Cult Of Luna tournent…mais galèrent. On ne peut pas dire que le combo suédois galère à un point que vous ne soupçonnez pas…mais leur situation personnelle sort du cadre onirique dans lequel les fans ont tendance à mettre les musiciens. Les Cult Of Luna sont des passionnés et ont la chance d’aimer ce qu’ils font. Mais les Cult Of Luna ne sont pas des millionnaires de la musique, loin de là. D’ailleurs le groupe n’a même pas de roadies. Ils déchargent eux-mêmes leur matériel depuis le van dans lequel ils parcourent des centaines et des centaines de kilomètres tous les jours… Lorsque l’on sait qu’un groupe comme Gojira fait des tournées à guichets fermés et n’obtient pas assez d’argent pour économiser on se dit que, décidément, être artiste aujourd’hui relève d’un combat de tous les instants qui nécessite une sacrée dose de folie !


Les My Reference Events prennent une pause méritée !

Pendant que j’échange avec Klas, l’équipe de My Reference Events met les dernières touches à l’organisation de la soirée. Nos amis de My Reference Events travaillent notamment sur les concerts metal qui se tiennent dans la région Rhône Alpes. Cette date à Feyzin est donc organisée par My Reference Events même si c’est K-Productions qui gère l’organisation globale de la tournée. Il est déjà 18H, Stephane (My Ref) et ses collègues installent donc le coin fumeur, les barrières pour la file d’attente et le guichet. Le parking se remplit petit à petit et les premiers spectateurs se postent à l’entrée de la salle. Il y en aura à peu près 350 ce soir. Pas mal pour un concert qui se tient en périphérie, à quelques kilomètres au Sud de Lyon.


Grosse tournée pour les COL.

L’Epicerie Moderne, à Feyzin, est une salle de musiques actuelles. De conception récente, elle rend justice à la musique des groupes qui foulent ses planches. En effet la salle est équipée de gradins sur lesquels trônent des fauteuils en velours, style cinéma. L’acoustique est donc très bonne, avec les propriétés d’absorption du matériau. Et pour ceux qui veulent passer le concert pépère et ne pas rater une once du spectacle offert, les conditions sont optimales. D’ailleurs le groupe ne cache pas sa joie de jouer dans une salle équipée de fauteuils car c’est ainsi que, d’après lui, on peut vraiment être captivé et ainsi apprécier à sa juste valeur la musique de Cult Of Luna. Une vérité.

Petite parenthèse : les deux autres groupes qui accompagnent Cult Of Luna sur cette tournée française sont Destruction Incorporated et Dysfunctional By Choice, mieux connu sous le diminutif de Dysby. Ces deux groupes sont français et voyagent dans un van à part. En fait cette solution de deux vans + chambre d’hôtel pour tout le monde est bien plus économique qu’un tour bus équipé de couchette. L’avantage est de mieux dormir la nuit, mais l’inconvénient est que l’on avale moins bien les kilomètres de route qui séparent les musiciens de leur prochaine destination. C’est donc une partie de l’après-midi qui s’envole à chaque fois. La seconde camionnette des deux groupes arrive donc en fin d’après midi et il faut donc se presser pour les balances. L’éternelle course contre la montre. Arnaud, l’ingé son, fait son boulot du mieux qu’il peut pour les deux groupes de premières partie avant que les portes ne s’ouvrent.


Destruction Incorporated

C’est le trio Destruction Incorporated qui commence, avec des membres issus de groupes tels que Lofofora, No One Is innocent et Magic. Rien qu’à les apercevoir aux balances, on sait que ça va groover sec. Le jeu de batterie très énergique soutient les lignes de basses qui assoient la musique. Et à la guitare, on alterne entre riffs rock’n roll et passages planants. Le travail du son est aussi essentiel, et les multiples pédales d’effets ne sont pas là que pour faire joli ! Une musique bien rock’n roll et pleine de groove qu’on pourrait qualifier aussi de fusion. Viennent ensuite les Dysfunctionnal By Choice. Il faudra attendre la date de Tourcoing pour se faire une idée de leur prestation sur scène car il est l’heure de se remplir l’estomac avec les Cult Of Luna !

Enfin « avec les Cult Of Luna » on se comprend… En effet le groupe mange à l’étage dans une pièce prévue à cet effet et reste un peu dans son coin. Explication : les sept suédois sont végétariens, et le chef cuistot doit leur préparer des plats répondant à leurs exigences. Un menu qu’ils se partagent sur la même table. Heureusement pour le reste de l’équipe, il y a un buffet. Et il aurait été clairement dommage de ne pas goûter aux lasagnes faites maison ! Un petit dessert et tout le monde redescend à son poste. L’heure tourne et le concert se rapproche. Vous pouvez d’ailleurs lire le compte-rendu du concert de Feyzin par Radio Metal en cliquant sur l’image ci-dessous.


Un show magique !

La soirée se termine mais la tournée des Cult Of Luna, elle, se poursuit dans le Sud en passant par Toulouse sans oublier trois dates en Espagne et un concert à Cognac. Nous retrouvons donc tout ce beau monde du côté de Tourcoing, au Grand Mix le 21 Mars dernier. Le groupe arrive sur place vers 14h et attend patiemment qu’on lui ouvre la salle ! Ah la tranquillité suédoise…Mais heureusement une entrée se trouve également derrière le bâtiment pour garer la camionnette et décharger le matériel. Le Grand Mix est un vieux bâtiment en brique délabré comme on peut en voir dans le Nord de la France. En revanche, à l’intérieur du bâtiment, la réhabilitation du lieu en a fait une salle de concert moderne. Le volume est un énorme cube en béton avec une très belle finition, agrémenté de panneaux de correction acoustiques en forme d’antennes satellite. Le bar aussi est très beau, et la bière locale, la malheur, est particulièrement bonne. Mais nous nous égarons !


Le Grand Mix à Tourcoing.

Très bien équipée également, la salle du Grand Mix promet donc de belles surprises pour le soir même ! C’est l’heure des balances, le groupe s’applique et Daniel, l’ingé son des Cult que l’on a déjà mentionné plus haut, réalise encore une fois un super son. Ce mec est un magicien et réussit, soir après soir, à reproduire la puissance et la clarté de cette musique torturée made in Cult Of Luna où chaque instrument trouve si bien sa place… Biquet, ingé lumière des Cult Of Luna et manager des Dysby, s’applique à placer les éclairages sur la scène et à commander tout ça derrière la console de mixage. Les yeux du hibou hissé en backdrop fonctionnent : ils s’éclaireront à la fin du set pour faire un petit effet lumineux.

Le décor de scène est à l’image des Cult Of Luna : sans fioritures. Le groupe se retire dans les loges et retrouvent le contact avec le monde extérieur grâce à Internet. Pour ma part, j’accompagne Daniel et Andreas (basse) à l’hôtel. Ces deux personnes parlent peu et un certain stress est même palpable. Il est clair que le groupe manque de repère mais comment ne pas l’être en étant tous les jours confrontés à une nouvelle ville, de nouvelles personnes et de nouveaux lieux?! Cette situation est, par définition, en décalage par rapport au monde « normal ».


Une salle à la déco high tech !

A mon retour sur place, Destruction Incorporated et les Dysby débarquent seulement dans la salle. Au programme : balances avant l’ouverture de la salle prévue à 20h. Puis le moment tant attendu est déjà là. Les Dysby débarquent sur scène avec leurs lampes accrochées au poignet alors que l’obscurité est déchirée d’effets stroboscopiques. L’effet vaut son pesant de cacahouètes…même si il est délicat à maîtriser pour les photographes ! Le groupe délivre une prestation énergique et pleine de conviction avant que les Destruction Incorporated assurent également bien leur mission.


Grosse prestation des Cult !

Cult Of Luna, comme chaque soir, finit d’assommer la salle. Le concert de Tourcoing peut d’ailleurs être lu sur la photo ci-dessus. Le temps de vider les derniers futs de Malheur et certains sont déjà dans leurs lits ! Le rythme d’une tournée est particulièrement dur et seuls ceux qui le vivent sont bien placés pour en parler. Dans les faits j’ai suivi le groupe sur seulement trois dates et pourtant j’ai ressenti une vraie fatigue physique alors, qu’en plus, je n’assurais bien évidemment pas un concert le soir même ! Vous imaginez la difficulté de tenir le rythme d’une longue tournée. C’est là où les drogues etc. peuvent être compréhensibles pour tenir le coup…même si les Cult Of Luna ne consomment pas.


Le Grand Mix : un bar magnifique

Si les membres du groupe sont restés jusque tard dans la nuit accoudés au bar du Grand Mix, ils sont malgré tout tôt debout le lendemain matin. Ils ont même presque fini leur petit déjeuner quand je les rejoins dans la salle du restaurant de l’hôtel ! En plus ils ont l’air en pleine forme… Ces suédois ont vraiment une longueur d’avance sur nous ! Les Cult Of Luna embarquent calmement dans leur van et rejoignent la capitale par la route. Julien, Arnaud et moi-même prenons pour notre part le train jusqu’à Paris. Cela permet de discuter du déroulement de la tournée et d’esquisser un bilan. Julien est satisfait de l’ambiance globale et, de l’aveu du groupe lui-même, tout semble bien mieux organisé que les récentes dates en Espagne ! De la gare du Nord, nous rejoignons le reste de l’équipe à l’Elysée Montmartre pour clôturer la tournée en beauté. La date parisienne étant la dernière des huit dates françaises prévues.


Ici c’est Paris !

La fatigue se lit sur les visages de chacun. Toute l’équipe en a un peu marre de se balader le matériel. La tournée a bien fatigué les groupes autant que l’équipe technique. Je croise Johannes (guitare et voix dans le groupe) dans le couloir des loges. Il est assis par terre et semble complètement harassé. Notre homme a donné une série d’interviews aux médias parisiens…et apparemment ça a finit de le laminer ! Mais notre gaillard sait aussi qu’il s’agit de la dernière date et il tente sûrement de garder au mieux son énergie pour le public parisien.


Les Dysby arrivent sur place !

Je croise aussi Erik et Fredrik, qui comme à leur habitude, ne quittent jamais leur guitare. Et oui ces deux là ont toujours leur instrument en bandoulière avec leurs mains et leurs doigts qui se baladent en permanence sur le manche ! D’ailleurs ils sont parfois si appliqués qu’ils en oublient même les personnes qui les sollicitent. Cult Of Luna vit vraiment dans son monde ! Peut-être faut-il mettre cela sur le compte d’une certaine timidité ou même d’une tendance à se replier sur soi-même ? Le plus important est de toute façon que les Cult Of Luna démontrent la très grande maîtrise de leur répertoire en exprimant leurs pulsions intérieures chaque soir. Et cela nécessite de l’entraînement, tout simplement. C’est ce que montrera également cette troisième date dont le compte-rendu se savoure ci-dessous.


L’extase.

Les Dysby ont aussi un univers à eux, même si ils jouent dans une salle moins obscure que d’habitude. Ce soir, à l’Elysée Montmartre, le jeu de scène minimise les contrastes et effets stroboscopiques. On peut, en conséquence, apercevoir le visage des membres du groupe et ils sont clairement heureux de jouer devant les copains et une assistance bien fournie. Dans la foule on peut y croiser du people, dont Etienne, le batteur des Aqme. Destruction Incorporated est également très content de jouer à Paris. Pierre ne manquera d’ailleurs pas de le crier à l’assistance debout derrière sa batterie !


Biquet : un homme de l’ombre talentueux.

Cult Of Luna monte donc une dernière fois sur les planches françaises pour cette année. Bien sûr le groupe suédois donne tout comme si il n’avait pas dans les bottes ces nombreuses dates. Le son est gros et tout le monde se donne à fond. Biquet, comme à son habitude, gère les lights en rythme avec le son tout en headbanguant comme un forcené. Ce mec fait son boulot avec passion et ça se voit! D’ailleurs, quand il ne participe pas au show avec ses lumières, Biquet est toujours en train de raconter une blague et de détendre l’atmosphère ! A de nombreuses reprises, Biquet aura (avec succès) tenté de décoincer un peu les Cult Of Luna !

A la fin du concert le groupe signe chaleureusement les affiches à disposition sur le bord du merchandising. Les dernières personnes qui traînent par ci par là quittent la salle. On débarrasse tous le plancher et les Cult Of Luna paraissent soulagés par le déroulement plus que parfait de ce périple en France. Julien peut, en conséquence, souffler et se relâcher. Tout le monde peut se retrouver sereinement dans un bar à coté réservé exprès pour l’occasion. La fête peut démarrer et la soirée…ne pas finir !


Cult Of Luna et ses lumières si particulières…

Le lendemain les membres de Cult Of Luna repartent en Suède pour reprendre leurs activités personnelles. L’actualité du groupe est la sortie de leur DVD, Fire Is Born, un live filmé à Londres sur la première partie de la tournée. Nous vous conseillons bien évidemment, pour terminer ce compte-rendu, de vous pencher sérieusement sur Eternal Kingdom, un album concept enivrant et riche en émotions. In Cult Of Luna Radio Metal trust !

NB : Merci à Julien pour cette invitation au coeur du voyage.



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