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En Tournée Avec   

En tournée avec Pain : les vacances de Peter Tägtgren


Pain fait actuellement la promotion de son dernier album, You Only Live Twice, dans le cadre de sa tournée européenne. Nous avons eu le privilège d’accompagner le groupe durant trois jours à l’occasion du passage de cette tournée par la France. Un voyage qui nous aura également permis de suivre Engel, qui ouvre chaque soir pour Pain et partage leur tourbus. Ce reportage a été effectué dans des conditions idéales pour vous offrir un regard réaliste sur les tournées puisque nous avons littéralement vécu aux côtés des deux groupes durant ces trois jours : dans les salles de concert, en loges tout en dormant dans le tourbus.

C’est parti pour la visite…

Artistes : PainEngel
Reportage réalisé sur les dates suivantes :
25 octobre 2011 (Le Divan du Monde, Paris)
26 octobre 2011 (Le Ninkasi Kao, Lyon)
27 octobre 2011 (Le Phare, Toulouse)

Le « salon » du Tourbus

Concrètement, à quoi ressemble un tourbus ? Après tout, nombre de musiciens y vivent pendant de nombreux mois ! A l’avant, on trouve la partie « communautaire » du véhicule. Tables, télévisions (voire consoles de jeux comme ici, une Playstation 2), Frigo, espace cuisine. Un binôme salon/cuisine en quelque sorte où l’on bavarde, discute, se détend, travaille ou fait la fête. A l’arrière, séparée de la première pièce par une porte à maintenir fermée en permanence, une rangée de couchettes confortables où le silence est de rigueur, même en journée. Peter Tägtgren y passe beaucoup de temps pour se relaxer et se lève tard. Quant au chauffeur qui roule souvent de nuit (ou très tôt le matin), il dort dès que le matériel a été déchargé et que les musiciens ont investi la salle de concert jusqu’au début de soirée voire jusqu’à la fin du concert, au moment de recharger et de se mettre en route pour la ville suivante.

Les 10 commandements du tourbus (cliquez sur l’image pour l’agrandir). Nous savons de source sûre qu’une de ces règles n’a pas été respectée par un certain journaliste d’origine polonaise et fan de Dream Theater, dont nous ne révélerons pas l’identité. Car nous protégeons nos sources

Pour cette tournée, le bus de tournée transportait, entre les deux groupes, le tour manager (qui se trouve être Markus Lempsch, qui fut le guitariste d’Obscura sur le premier album du groupe), les techniciens ainsi que votre serviteur. Soit 19 personnes. Beaucoup trop d’après les dires du chauffeur pour qui, pour des raisons d’intimité, un tourbus ne devrait pas transporter plus de huit personnes, quitte à utiliser plus de véhicules. Arrêtons-nous quelques instants sur Achim, le chauffeur, justement, très sympathique et très drôle au demeurant, dont on ne soupçonnerait pas, à première vue, la collection d’anecdotes qu’il a en réserve. Après plusieurs décennies de carrière, l’homme en a vu, des camions qui disparaissaient ou des groupes se déplaçant à l’aide d’indécents convois de matériel. Plusieurs fois on pouvait observer les différents musiciens ou techniciens discuter avec lui, écoutant avec un émerveillement quasi enfantin les anecdotes qu’il avait à partager. Dernière précision : l’homme est extrêmement difficile en termes d’alimentation. Jugez plutôt :

Extrait d’un dialogue s’étant déroulé le 27 octobre 2011 aux alentours de 19h30 au Phare de Toulouse :

Technicien : « Tu as faim ? Le dîner est prêt au catering. »

Achim : « Je ne mange que de la vraie nourriture. »

Technicien :  « Bah oui, ils proposent une saucisse à la toulousaine ou du poisson »

Achim  : « Pfff… »

Technicien : « Quoi, c’est pas de la vraie nourriture, la saucisse ? »

Achim  : « Non »

Technicien : « C’est pas de la vraie nourriture, le poisson ? »

Achim  : « Non. Je retourne me coucher »

Gilles Lartigot, un commentaire ?

Les préparatifs

Mais direction le théâtre principal des événements : la salle de concert. Et avant de poursuivre, il convient de rétablir une vérité importante pour rappeler encore une fois (si besoin est) que la vie de musicien, même à forte notoriété, n’est pas qu’une passion rémunérée. Comme dans tout emploi, il y a des à côtés dont on ne veut pas. Et à titre d’exemple, en tournée, on s’emmerde. En tant que musicien, l’action se déroule aux moments du soundcheck et du concert, auxquels on ajoute de gratifiants moments comme les rencontres avec les fans. C’est d’autant plus vrai avec Pain, qui est un groupe des plus rodés et professionnels, réalisant des balances efficaces dans un temps record. Le reste du temps, mis à part un peu d’activité sportive au moment du déchargement et du chargement du matériel, il ne se passe rien. « Ils pourraient en profiter pour visiter ! » répondrez-vous. Mais toutes les salles ne se situent pas dans une position centrale. Le temps de se rapprocher des points d’intérêts – et c’est d’autant plus le cas dans une grande ville – il faudrait déjà retourner à la salle de concert. En résumé, on a suffisamment de temps pour s’ennuyer, pas assez pour visiter (les dates suivantes, en Espagne, laisseront cependant plus de libertés au groupe à ce niveau-là. Il faut donc tuer le temps.

Pain tue le temps

Et pour cela, chacun a son truc. Les musiciens d’Engel, très présents sur les réseaux sociaux, gèrent leur page Facebook et font le tour de la toile pour dénicher ce qui aurait pu être posté sur YouTube par des fans. Sur la date de Toulouse, le groupe s’enfermera dans sa loge pour une réunion de groupe avec leur manager Patrick Douglas. Quand il le peut, David Wallin, le batteur, se promène dans la ville. Mais, sur ces dates françaises, le timing étant serré, nous le verrons surtout faire le tour de YouTube et des réseaux sociaux avec son ordinateur portable.

Michael Bohlin, guitariste de Pain à l’emploi du temps de ministre

Le guitariste Michael Bohlin est le plus occupé. L’homme est directeur des ventes à Avid Audio. Tournée ou pas tournée, il se couche tôt et se lève tôt pour passer des coups de téléphone et répondre à ses mails. Voilà qui laisse peu de temps pour travailler la guitare. Mais Michael s’en fiche. « En tournée, on joue plus d’une heure tous les soirs, c’est déjà un sacré entraînement. Quand je suis chez moi et que je m’apprête à enregistrer ou partir en tournée, là je prends ma guitare et travaille les morceaux. […] Je n’ai jamais été fan des guitar heroes. L’important, c’est la chanson, j’admire bien plus des guitaristes capables de composer de bons et solides riffs de guitare ». Ses influences ? Rhandy Roads, Dimebag Darrell, entre autres.

Peter Tägtgren : « Les tournées sont le moment où je me repose le plus »

Quant au maître à penser Peter Tägtgren, c’est son discours qui aura inspiré le titre de ce reportage. L’homme a en effet une vision des tournées aux antipodes du commun des musiciens : « Les tournées sont le moment où je me repose le plus. Autrement, quand je suis chez moi, je dois travailler ». Ainsi, l’homme se lève en milieu d’après-midi, traîne un peu dans le tourbus en caleçon, demandant à ses collègues ce qui se dit aux informations, regarde un film, va sur Internet, passe quelques coups de fil.

Au contact des fans

Humainement, les membres de Pain, à l’instar de l’équipe technique, sont des personnages réservés et peu bavards, qui, en dehors des instants comme les shows ou les Meet & Greet, semblent préférer rester entre eux. Ils n’en sont pas moins gentils, faciles à vivre. Et simples. Tellement que c’en est troublant, pour ne pas dire démystifiant. Le succès (certes relatif, il ne s’agit pas non plus de Metallica) ne semble en rien avoir altéré leur comportement. Peu importe la notoriété qu’il représente, Peter Tägtgren regarde le concert d’Engel sur les côtés de la scène, sans se préoccuper du fait d’être facilement vu depuis le premier rang. Malgré une certaine discrétion (timidité ?), rencontrer leurs fans leur tient à cœur. Ils ne refusent à aucun moment de signer un autographe ou de faire une photo.

Andre s’échauffe

Une fois le matériel installé, les balances effectuées, les lumières définies et les détails peaufinés, plus rien ne se passe pendant une à deux heures jusqu’à l’ouverture des portes. C’est ce temps mort que nous évoquions plus tôt dans ce compte-rendu. En début de soirée, au catering, est servi le dîner, en fonction ou non des exigences, tantôt simples, tantôt surréalistes et virulentes des artistes. Et à ce titre, d’après les dires des cuistots, Sonata Arctica seraient « particulièrement exigeants » et Lara Fabian, « pas plus futée qu’elle en a l’air à la télévision ». Autre anecdote, passé un temps, Paradise Lost avait demandé à se faire servir en loge un plat d’un restaurant situé quelques mètres seulement en face de la salle de concert. « Ils n’avaient pas envie de sortir de la salle. Mais c’était demandé extrêmement gentiment et poliment, donc on l’a fait ». Peut-on demander de se faire servir de la nourriture non industrielle ? « Non, qu’ils aillent se faire foutre.» nous répondra le responsable du catering rencontré à Paris. Mais vous vous en serez doutés, chez Pain, on n’est pas difficile. Seule demande : un peu d’alcool et des sandwiches à emporter pour la route après le concert.

Les derniers instants avant le show

Puis les portes s’ouvrent et le public investit la salle. « Pain a une fanbase très dévouée » déclare Andre Skaug, le récent nouveau bassiste du groupe. Certains fans sont en effet présents depuis la fin de matinée devant la salle. Il est temps de se préparer à monter sur scène. Après s’être changé et maquillé, le batteur David Wallin s’échauffe les poignets et les chevilles pendant une trentaine de minutes. Peter et Andre, quand ils en ont la possibilité, s’échauffent en effectuant un jogging et en s’étirant. Puis, une fois maquillé, Peter s’assoit non loin de la scène et se concentre. Les membres du groupe ne ressentent aucun stress. « Je ne stresse un peu qu’en début de tournée » déclare David. Peter est catégorique, il ne stresse jamais, pas même lors du tout premier concert qu’il a donné de sa vie, il y a de ça quelques années, au collège. A quelques secondes du show, à la manière d’une équipe sportive, les quatre musiciens réunissent leur bras au centre et poussent un cri de guerre.

Engel, charismatiques et enthousiastes

« We are Engel from Gothenburg, Sweden ! » hurle Magnus, le chanteur d’Engel à la fin du premier titre du set. Ce groupe suédois, notamment constitué d’anciens membres d’Amon Amarth et d’In Flames, ne révolutionne pas le death suédois, mais le pratique avec sincérité et efficacité, éclaircissant de percutants couplets propices au headbanging par de fédérateurs refrains en chant clair. Sur scène, le groupe est charismatique et enthousiaste, développant un très bon contact avec le public, notamment avec la gente féminine. Steve Drennan, le bassiste, fait preuve d’une présence solennelle et élégante. Magnus Klavborn, le chanteur, est une pile électrique. Marcus, à la guitare, est le beau gosse discret et timide de la troupe tandis que Jimmy, le batteur, éternellement souriant sur scène, est l’incarnation de la joie à l’état pur. Le public réagit extrêmement bien au set et c’est ébahi que les Suédois quittent la scène, non sans hésiter à faire un rappel.

Magnus Klavborn, la pile électrique

Patrick Douglas, le manager, reste en permanence à l’arrière de la scène, prenant des photos et filmant le concert pour les partager ensuite sur YouTube et Facebook. Après le show, on les retrouve tous les soirs au stand de Merchandising pour des dédicaces. Hors de la scène, le groupe est tout aussi jovial et festif. Steve est clairement le communiquant de la formation, toujours disposé à parler de l’histoire, de l’état d’esprit ou des projets d’Engel.

Après l’entracte démarre, en guise d’introduction, « Lux Aeterna » titre tiré de la bande originale de Requiem For A Dream. Après quoi apparaît David derrière les fûts, rapidement suivi de ses trois acolytes pour un démarrage en trombe avec « Let Me Out ». Sur une rythmique rapide à la Fear Factory, où les riffs de guitare se calent sur la grosse caisse, Peter Tägtgren fait son entrée avec un hurlement que l’on aurait pu entendre dans Hypocrisy. Des couplets intenses éclaircis par un refrain lent et mélodique. Le rythme est donné.

Parle à ma main, Peter !

Pain étant le projet de Peter Tägtgren, il est très logiquement au centre de l’attention, néanmoins ses trois acolytes dégagent un charisme tout aussi équivalent. Entre le blagueur Peter Tägtgren, aux mimiques amusantes, l’élégant Michael Bohlin, Andre Skaug l’imposant mais souriant bassiste barbu et son headbanging très visuel ou encore David Wallin, son look indus et son jeu simple et percutant, on a affaire à un groupe scéniquement cohérent, égalitaire et efficace. Tout le monde participe aux choeurs sur les refrains, y compris le batteur, sauf sur la date toulousaine : il doit en effet chanter dans une position très inconfortable, en tournant sa tête vers la gauche pour atteindre le micro, ce qui à terme, pose des problèmes de dos.

David Wallin, vu depuis la scène

Si la musique de Pain n’est pas d’une extrême complexité, le professionnalisme et le bagage du groupe se fait sentir par sa mise en place et sa décontraction. Pendant ce temps Marcus Ring, alias « Macke » est sur le côté de la scène, accorde et prépare les guitares selon les titres. A l’image de ses collègues du crew, en véritable homme de l’ombre, il est dans le feu de l’action pendant l’intégralité du show, comme les autres membres du staff accompagnant le groupe sans que personne ne soupçonne sa présence et l’importance de celle-ci.

Marcus Ring, un des hommes de l’ombre de Pain

Côté public, la très bonne ambiance et l’accueil réservé par le public ne faibliront pas jusqu’à la fin du concert. La grande majorité (pour ne pas dire l’intégralité) des refrains sont repris en chœur par le public, à tel point qu’il serait difficile d’isoler un moment plus fort que les autres. Les titres du dernier album, notamment « The Great Pretender » et « Dirty Woman », où le groupe s’essaye à des riffs plus heavy et rock n’ roll, passent très bien le cap de la scène. Deux morceaux qui contribuent à la diversité des ambiances proposées par le groupe, allant des sombres « Psalms Of Extinction » ou « Let Me Out » au dansant « Suicide Machine » sans oublier le mid tempo fédérateur « Nailed To The Ground ».

Andre, le nouveau bassiste

Summum de l’échange fort et festif que la formation crée avec son public, les quatre musiciens se regroupent devant la scène pour une interprétation semi acoustique de « Have A Drink On Me », David jouant sur une mini batterie et Peter partant systématiquement en fou rire. Bon enfant. Le concert se clôture sur le tube « Shut Your Mouth » dont la mélodie vous harcèlera pendant plusieurs jours. Fait exceptionnel, lors du concert lyonnais, ébahis par la réponse du public, les Suédois se concertent et décident d’interpréter un rappel supplémentaire imprévu réservé, selon Peter « aux meilleurs publics ». Encore un moment de franche rigolade, puisque d’après David Wallin, « Peter n’arrive jamais à se rappeler des paroles, mais c’est pas grave, les autres la connaissent ».

Dirty Tägtgren

Bref, une prestation d’un groupe dévoué à une audience qui l’est tout autant. A aucun moment les fans n’ont été silencieux, vivant le concert en spectateurs. Pain n’a pas joué pour son public. Pain a joué avec son public.

La Setlist

Alors que cette tournée suit actuellement son cours, le groupe prépare la suite. Une présence au Hellfest est en pourparlers et un DVD live, pour lequel nous avons par ailleurs assisté à une séance photos promotionnelle des plus guerrières, sera enregistré à la fin de l’année avec l’aide de Denis Goria, photographe professionnel et proche du groupe. A moyen terme, Pain souhaite avoir la possibilité de jouer dans de plus grandes salles telles que le Zénith. Mais pour cela, Peter voit un léger problème : « Mince ! Il faut que je commence à écrire de bonnes chansons alors ! Ca m’énerve, je préfère continuer à écrire des chansons médiocres ! ».

Dommage pour le Zénith !

Photos bonus :

Une bluffante reproduction des membres de Pain

Les Soundchecks, c’est metal

Soundcheck depuis le public

L’échauffement de David

Séance d’étirements pré-concert

La mini-batterie de « Have A Drink On Me »

Watch Your Head !

Et le plus important : vous !

Photos reportage : Philippe ‘Metal’O Phil’ Sliwa
Photos live (Lyon) : Nicolas ‘Spaceman’ Gricourt



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  • Pour moi, Pain est une découverte et une sacrée découverte. J’espère que j’aurai l’occasion de les voir sur scène ce qui doit être énorme vu les vidéos que j’ai pu voir sur youtube.

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  • Captain Sami dit :

    Un report super enrichissant un grand merci à la team pour nous faire partager se genre de chose continuer comme sa les gars !

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  • Vu à Lyon également, juste énorme 🙂 Faut dire que le sieur Tägtgren a du bagage musical derrière lui et sait faire ce qu’il faut, ses complices sur scène étant tout aussi bons. Et, pour info, le bassiste de Pain est toujours officiellement Johan Husgafvel, malheureusement écarté de la tournée pour cause de problèmes familiaux le retenant en Suède. Mais il est vrai que le bassiste, Andre (qui avait déjà joué avec Pain sur une autre tournée il y a quelques années) était très très convaincant et particulièrement communicatif 🙂

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  • AAAAAArgh !! J’les ai vu au Kao, c’était tellement énorme !
    Headbanging et bonne humeur étaient au rendez-vous, et effectivement on a été gratifié d’un superbe « Bye / Die » en final. Faut dire qu’on était chaud au Kao xD

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  • Super article, merci les mecs pour cette « vue de l’intérieur » !

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  • jennyrockgothic dit :

    Merci, Metal’O Phil !!!!

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  • Super report les gars !

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  • « Suèdois » pas « Finlandais » 😉 !

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    Effectivement, c’est corrigé ! Merci !

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