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Chronique   

Endstille – Kapitulation 2013


Pour Endstille le black metal est, par principe, apolitique. Une position adéquate pour le quatuor allemand afin de ratisser, sans tomber dans l’amalgame facile, un registre portant à controverse : l’Allemagne nazie et la Seconde Guerre Mondiale. Des thématiques qui forment depuis toujours l’identité d’Endstille tout autant qu’elles forment sa musique. Avec Kapitualtion 2013, les Teutons donnent la couleur de cet opus avec cet artwork qui reprend l’imagerie propagandiste russe des années 40. La froide barbarie qui a inscrit la bataille sur le front russe dans l’Histoire anime cette nouvelle galette. Propice, pourrait-on dire, pour un genre aussi abrupte et brutal que le black metal.

Il n’y a d’ailleurs que peu de compromis dans la musique d’Endstille. A tel point que Kapitulation 2013 résonne de manière quasi monocorde. Une réelle linéarité forme cette œuvre qui matraque sans temps mort, à coups de riffs efficaces (« Aborted »), l’auditeur. Les structures des morceaux se confondent et se répètent. Et ce, dès l’entame de l’opus avec cet enchaînement « Aborted »/ »The Redifined Nation ». Avec une écoute détachée il est même ardu de différencier un titre d’un autre. Or, cette linéarité se perçoit, au fur et à mesure, comme un lointain souffle glacial. Rendant la musique distante et accentuant de fait le chant écorché de Zingultus. Ces lointains chœurs sur « Reich An Jugend » et « Nostalgia » ou encore le riff central et mélodique de l’expéditif « Sick Heil » en sont tout autant de preuves. Kapitulation 2013 joue la corde de la lassitude et de l’usure. Sa linéarité résonne comme la marche guerrière et assourdissante d’une armée prête à en découdre. Le terme « Capitulation » est donc fort bien choisi. Des relents thrash (comme ce plan de batterie en introduction sur « The Redifined Nation » avant l’entrée d’une basse vrombissante) viennent durcir le ton de cet album, se sacralisant même par cette reprise de Sodom : « Blasphemer ». Le tout pour un rendu musical plus « mécanique », écrasant et percutant.

Toutefois, Endstille fait du Endstille. Il serait d’ailleurs inutile d’espérer autre chose. La formation est une sombre vitrine d’un passé qui a profondément marqué l’histoire et la culture d’un peuple. Le quatuor relate, à travers son récit musical, les heures sombres de l’Europe sans jamais succomber à la démesure. Au moins, dans sa musique. Carré et concis.

Ci-dessous le titre « The Redifined Nation » :

Album Kapitulation 2013, sortie le 8 novembre 2013 chez Season Of Mist.



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