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Interview   

Enfin du sleaze en France !


Le 12 janvier dernier, High Hopes accueillait Nico, le chanteur d’Aesthesia. Aesthesia ? C’est quoi ça ? Du black metal ? Voilà ce que scanderont ceux qui auront misérablement loupé cette émission. Croyez-moi, vous serez punis de cette hérésie. Aesthesia, c’est du hard rock/sleaze tout ce qu’il y a de plus juteux. Il n’y a qu’à voir la pochette de leur dernier méfait, Shattered Idols, pour s’en convaincre. Pochette que nous ne pouvons nous empêcher, dans notre infinie bonté, de vous faire partager ci-contre.

Et en plus, musicalement, les Parisiens envoient le pâté, assez pour s’offrir un featuring avec l’ancien guitariste des Hardcore Superstar, rien que ça ! Alors, convaincus maintenant ? Laissez-vous donc tenter par cette petite séance de rattrapage avant de venir prendre votre châtiment pour avoir failli à votre devoir en n’ayant pas été à l’écoute de High Hopes.

Écoutez l’interview :

Vous venez de sortir votre second album, Shattered Idols, qui est quand même un sacré disque ! Les chroniques étaient d’ailleurs extrêmement positives. Étant donné que l’album est sorti l’année dernière, as-tu apprécié les retours qui en ont résulté ?

Oui, il est sorti en septembre dernier. Au niveau des retombées, des chroniques, c’était satisfaisant. Je dirais même que j’ai été impressionné ! Il y a quand même 100% des chroniques qui sont positives voire ultra positives. Là-dessus, c’est clair que ça fait plaisir !

Au niveau des critiques, y a-t-il néanmoins eu des défauts qui ont été exposés ?

Justement, non (rires) ! Je n’en ai pas entendu. Toutes les chroniques nous comparent à Guns’N Roses mais en dehors de ça, chaque chronique relève le fait que nous ne sommes pas de pâles imitateurs, qu’on est plutôt des héritiers du style. Sans vouloir trop me la raconter, au niveau des défauts, je n’en ai pas vu spécialement.

Dans ce que j’ai vu des chroniques, on te reprochait par le passé d’avoir une voix trop proche d’Axl Rose. Est-ce un élément que tu as pris en considération pour cet album ?

Bien sûr ! C’est vrai qu’avant… Je pense que c’est aussi une histoire de maturité, au fur et à mesure de l’expérience, ça finit par venir. Il y a la personnalité qui prend le dessus peut-être par rapport aux débuts. Avant, cela faisait beaucoup plus copier-coller alors que maintenant c’est plus personnel. Mais c’est vrai que les gens tiquent sur la ressemblance dès qu’ils écoutent : ils savent donc ce qu’on a écouté pendant des années (rires) !

Lorsqu’on reprend l’histoire d’Aesthesia, vous avez quand même un parcours assez atypique. Votre première démo est sortie en 2005 et vous avez quand même tourné avec beaucoup de groupes assez célèbres à l’échelle européenne, notamment Rose Tattoo. Comment vous-êtes vous débrouillés pour tourner avec des groupes avec une certaine envergure alors que vous êtes finalement un groupe assez jeune ?

C’est du cas par cas, c’est un peu à l’arrache. On harcèle les gens, d’autres apprécient le groupe, son style. C’est vrai que dans ce style-là, il n’y a pas énormément de représentants. C’est clair que quand ces groupes-là mettent un pied en France et que nous, nous débarquons pour essayer de copiner avec les organisateurs, des fois le calcul est assez simple. Après tout, il ne faut pas se leurrer, dans ce monde-là, il y a beaucoup de copinage. Et puis, dans ce style, je pense qu’on a des arguments à faire valoir quand même.

Notamment la pochette de Shattered Idols…

Ah oui, tout de suite, on s’est dit qu’on allait faire quelque chose d’alléchant (rires) !

Si tu avais un mot pour la résumer cette pochette, qu’est-ce que ce serait ?

Ah merde ! En un mot ? Rock’n’roll peut-être… Je ne sais pas trop… En un mot ? Mais c’est quoi ces questions (rires) ?

C’est vrai que tu disais qu’il n’y avait pas beaucoup de représentants de la scène hard rock/sleaze en France. Maintenant que tu le dis, je me rends compte qu’il n’y a vraiment aucun autre groupe qui me vient en tête. As-tu des références de groupes qui officient dans ce style en France qui, comme vous, commenceraient à se faire un nom ?

Au niveau du hard rock/sleaze… Je sais qu’il y a Rakel Traxx mais ils sont très glam. BlackRain, c’est très glam, au niveau du style, ça donne plus du metal/glam… Après, ce n’est pas très éloigné non plus, je cherche aussi la petite bête là.

A la limite, il y aurait Solid State qui sont de Nice. Mais en France, il faudrait que la scène démarre car c’est vrai qu’on est très en retard sur le sleaze. J’ai l’impression que ce style est surtout concentré en Scandinavie…

C’est vrai qu’à part les States ou la Scandinavie, il ne faut pas chercher en France ou les autres pays latins pour trouver ce genre de groupes. C’est clair que c’est la spécialité de ces pays-là.

Quand vous aviez tourné à l’échelle européenne, où avez-vous tourné ? Et est-ce que ça s’était bien passé ?

Oui, ça s’était relativement bien passé. Après, il y a eu des hauts et des bas aussi c’est vrai parce que tout s’est passé à notre échelle. On a fait la Suisse, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et la France bien sûr. En fait, c’était une semaine dans les pays étrangers et l’autre semaine, c’était un peu un tour de la France. Si je me rappelle bien : Lyon, Montpellier, Toulouse, Nantes, Rennes et Paris. Donc, oui, on a fait le tour comme ça. Après en Suisse, je sais que maintenant, il y a des gens qui font une bonne centaine de kilomètres pour nous voir maintenant à chaque fois qu’on y va. Jamais ils ne louperaient un concert. Depuis qu’on y a mis les pieds, jamais ils n’ont raté un concert d’Aesthesia.

Cela voudrait-il dire qu’Aesthesia est avant tout un groupe de scène ?

Oui, on est un gros groupe de scène (rires) ! C’est clair que la scène, on se démerde plutôt pas mal dessus. Pour ça, il faut venir voir !


« Under Sixteen » comporte un featuring très particulier. Peux-tu nous en parler ?

Il s’agit de Thomas Silver, l’ancien guitariste de Hardcore Superstar, l’une de nos idoles aussi. C’est avec lui à la guitare que j’ai découvert Hardcore Superstar, pour moi, une des meilleures périodes du groupe également. Lorsqu’on a découvert le groupe, c’était aussi à une période où l’attitude rock’n’roll était quasi-nulle. C’était surtout des groupes de metal. J’ai découvert le groupe en 2001 et on a bien accroché depuis, ils ont fait du chemin depuis aussi. Et puis, quand on a voulu enregistrer l’album, Julien a réussi à choper son contact et lui a demandé si ça l’intéressait en lui envoyant la pré-prod’ de la chanson. Le gars a répondu que ça pétait bien, qu’il pouvait mettre un bon truc dessus, que ça l’intéressait. Après, on s’est dit « bingo, let’s go ! » et « Under Sixteen » est sorti.

Ça s’est donc fait vraiment naturellement. Vous êtes passé par MySpace pour le contacter ?

Oui, il me semble qu’il était passé par le MySpace.

Côté scène, en plus de se payer le luxe de fricoter avec Hardcore Superstar en album, les messieurs d’Aesthesia fréquentent aussi un autre grand groupe au niveau concert. Tu peux nous en dire plus ?

A la fin du mois, le vendredi 28 janvier, on joue au Klub à Paris pour une soirée rock avec un DJ particulier puisqu’il s’agit du guitariste des Backyard Babies, mister Dregen. Donc, c’est un groupe italien tribute des Backyard Babies qui va ouvrir et nous, on sera la tête d’affiche juste avant que la soirée ne commence pour toute la nuit.

L’ami des Backyard Babies, il est DJ à ses heures perdues ?

Apparemment, j’ai découvert ça avec vous. Quand j’ai vu qu’il animait une soirée en tant que DJ, je me suis dit qu’au niveau des Backyard, ça devait être plutôt tranquille en ce moment donc monsieur s’est permis d’aller jouer les David Guetta du rock’n’roll (rires) ! Mais tant mieux, ça pète s’il fait ça en passe-temps.

On parlait de BlackRain tout à l’heure. Tu dois connaître un peu ce qui arrive au groupe, le fait qu’ils travaillent avec le manager de Metallica, leur montée en notoriété… Quel regard poses-tu à cela ?

Tu veux que je te dise quoi ? C’est des grosses tapettes quoi (rires) ! Non, on a des bons rapports, on se connaît entre nous. Quand on joue, ça arrive souvent qu’ils viennent nous voir. On s’apprécie mutuellement. Quand on était dans notre première tournée, on n’arrêtait pas d’écouter leur premier album aussi à un point que je n’en peux plus (rires) ! C’est des gars vachement sympathiques et avec Swan, leur chanteur, on s’entend vachement bien. On a un gros respect mutuel aussi. Je suis bien content pour eux que ça avance. C’est vrai qu’ils font de gros sacrifices et dans un sens, je suis sûr que ça va porter ses fruits. Quelque part, c’est intéressant de voir des groupes dans le monde du hard rock qui avancent parce que c’est quand même une allée pavée d’embûches. Ça t’aide à garder la foi aussi des fois. Tu te dis que tu ne joues pas pour des murs.

Comme vous voyez en tant que témoins les sacrifices que doivent faire BlackRain, pensez-vous que vous tenteriez votre chance également si vous avez une opportunité similaire à la leur ?

Il y a un parcours assez similaire entre les deux groupes sauf que eux ont tapé dans du lourd en faisant Alice Cooper. En général, ce genre d’opportunités, je ne pense pas qu’on refuserait. On est à peu près dans le même état d’esprit, on avance dans le même sens. On n’est pas du genre à cracher dessus. Après, il y a beaucoup de beaux parleurs aussi dans ce monde-là, beaucoup de gens qui en étalent mais tu ne t’en aperçois qu’après coup si l’opportunité est bonne ou pas. C’est souvent comme ça, des mecs qui t’annoncent monts et merveilles… Je ne vais pas sortir de dossier non plus mais… Il y a des « Monts et merveilles » puis, au final, tu t’es un peu croûté. Mais sinon, on n’est pas du genre à cracher dans la soupe, on ne peut pas se permettre de laisser une porte fermée sans savoir ce qu’il y a derrière.

Comme certains d’entre vous sont dans d’autres groupes, Aesthesia est vraiment votre priorité à tous ?

Oui, Julien joue dans Pleasure Addiction mais ce n’est qu’un side-project puisque Pleasure Addiction est composé de membres appartenant également à d’autres groupes. Chaque membre a son projet principal. Julien, si tu m’entends, j’espère que tu es tourné vers Aesthesia… Non, non, je plaisante (rires) ! Non, mais il n’y a aucun souci là-dessus, ça se passe très bien au niveau de la cohabitation des deux projets, les plannings. Après ce n’est que Julien qui est concerné mais si chacun de nous avait des projets personnels de son côté, c’est vrai que ça deviendrait vite le gros bordel.

Alors, c’est toi qui a réalisé l’artwork car tu touches à l’infographie. Notre œil avisé pourra remarquer que le livret est composé de photos de filles légèrement vêtues. Ce sont des filles qui ont posé pour vous ou ce sont des photos prises sur internet (rires) ?

Non, ce sont des filles qui ont posé pour le groupe !

Blague à part, on voit bien qu’il y a différentes influences dans cet artwork, le délire comics, BD par exemple…

C’est possible ! De toute façon, ça vient de mon style. Au niveau graphisme, je suis dans la bande-dessinée. Il y avait déjà une bande-dessinée dans le livret du premier album. Donc à mon avis, ça doit bien se ressentir dans Shattered Idols.

Est-ce que Dominique de Shotgun Generation, le label très tourné vers le hard rock dans lequel vous êtes, est content de bosser avec vous ?

Déjà, il faudrait peut-être que tu poses la question à l’envers : est-ce qu’on est content de bosser avec eux car l’inverse, on s’en tape un peu ! Non, je plaisante. Moi, je suis super satisfait de bosser avec Dominique qui est un passionné. Ça se ressent tout de suite quand tu travailles avec ce genre de gars, il y a vraiment de la passion et du professionnalisme, histoire de te remettre à ta place si on a du retard sur quelques trucs. Étant donné que ça m’arrive d’avoir du retard pour rendre certains trucs… Post-it (rires) ! Mais à ce niveau-là, c’est quelque chose de vraiment agréable et j’ai été assez impressionné par sa façon de faire, les résultats que ça donne. On passe chez vous, on a déjà fait plusieurs radios, c’est extrêmement satisfaisant. Franchement, je suis très content d’être chez Shotgun Generation.

Interview réalisée par phoner le 12 janvier 2011.

MySpace d’Aesthesia : www.myspace.com/aesthesiamusic



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