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Interview   

Entombed A.D. est prêt pour se battre au front


Dur, dur pour Entombed ! Le groupe, désormais mené par le chanteur et unique membre originel restant L-G Petrov, se réjouissait de sortir enfin son nouvel album Back To The Front, six ans après le précédent Serpent Saints. Mais voilà, il aura tout compte fait fallu attendre neuf mois de plus pour le voir débarquer, à cause de sombres affaires légales opposant le groupe à son ancien guitariste Alex Hellid au sujet du nom du groupe. Peu a d’ailleurs filtré sur les raisons et circonstances du départ du musicien. Alors, lorsque nous avons eu Petrov au téléphone pour la seconde fois, à la veille de la sortie de l’album, nous n’avons pas manqué d’essayer de faire la lumière sur toute cette histoire. « C’est étrange ! » nous répète-t-il sans arrêt pour qualifier l’attitude de l’ancien guitariste auquel il en tient visiblement rigueur et exprimer sa propre incompréhension.

Toujours est-il qu’Entombed A.D. – car tel est son nouveau patronyme – est bel est bien de retour au front, prêt à en découdre. Ce nouvel album cristallise d’ailleurs cette volonté d’avancer, et d’avancer vite, et de retrouver l’essence death metal d’Entombed. Petrov n’est pas du genre à vouloir chipoter et se perdre dans des réflexions stériles : pour lui, il faut que ce soit instinctif et que ça tourne, un point c’est tout. Nous avons donc cuisiné le chanteur pour qu’il nous donne, non sans une certaine bonhomie et humour, sa vision de tout ceci et plus encore.

« Si tu n’es pas prêt à tourner et le faire vite alors tu dois te mettre en retrait. Et si tu veux malgré tout en faire partie à 100%, décider et être d’une certaine manière un « tyran », avec les autres qui attendent sans que rien ne se passe… Il fallait qu’on agisse ! »

Radio Metal : Back To The Front devait sortir en octobre l’année dernière mais voit finalement le jour début août, ce qui fait neuf mois d’écart. Sachant qu’en plus votre précédent album est vieux de six ans… Quel est ton état d’esprit là tout de suite ? Es-tu soulagé de voir l’album enfin sortir ?

Lars-Göran Petrov (chant) : Oui, évidemment ! Je veux dire que ce fut une longue et frustrante année mais l’amour pour la musique, pour le fait de faire de la musique et de tourner était trop fort. Ça devait arriver. Je veux dire que l’année dernière était clairement le moment de faire un album. Six ans ! C’est ridicule ! [Rires] Nous avons donc décidé de faire ce qu’il faut pour que l’album sorte. Pas seulement nous étions frustrés, mais d’autres gens également : les fans et des gens qui attendaient l’album ; ça faisait déjà six ans et il fallait qu’ils attendent encore un an de plus. C’est ce que nous faisons : nous jouons de la musique. Nous sommes donc désormais Entombed A.D. et nous fonçons ! Comme tu l’as dit, c’était il y a neuf mois, certaines personnes travaillent très lentement… C’est une année que nous avons oublié, tu sais. Maintenant nous allons de l’avant et faisons ce que les groupes font : faire des albums et partir en tournée ! [Rires]

Il était annoncé à l’origine que l’album a été repoussé à cause de « problèmes techniques imprévisibles. » Peux-tu nous dire ce qui s’est passé ?

Il y a plus d’un an nous nous sommes posés avec tout le groupe et avons dit « faisons un album ». Nous avons fait des réunions et tout, avons planifié les choses pour faire les chansons, pour enregistrer et sortir tout ça, mais tout d’un coup, l’un des membres (ndlr : le guitariste et membre fondateur Alex Hellid) à l’époque a dit que « oh non, il n’y a pas eu de réunions ! » Alors que nous étions là avec les producteurs, la maison de disques et tout… C’était donc un peu étrange. Et ensuite il y a eu une galère sur le nom du groupe. Tout ceci était bizarre. C’est assez difficile à expliquer ! [Rires] [Ce type] ne voulait pas se mettre en retrait et voulait nous arrêter, mais désormais nous y allons franchement. La musique est ce qui importe le plus et nous détestons nous tourner les pouces à la maison ! [Rires]

Est-ce ainsi la manière dont Alex Hellid a quitté le groupe ?

Ouais ou peu importe ce qu’il a fait. Je ne sais pas ! Je veux dire… C’est étrange !

Était-ce sa décision ?

Je ne sais pas ! Il a simplement disparu ! Lorsque le reste du groupe faisait des chansons et tout, il a disparu. Je suppose qu’il avait ses propres plans mais en général ça lui prend des années, donc nous avons décidé de nous concentrer sur ce que nous avions prévu et avons fait l’album. Et il est prêt depuis un an, il était donc clairement temps. Nous avons travaillé efficacement, rapidement et de manière professionnelle, et c’est ainsi que les choses doivent être faites ! Ensuite tu sors ça et tu pars en tournée. Il n’y a rien de plus à faire, tu sais. [Rires] Mais si tu veux te poser chez toi… Je veux dire qu’il est nécessaire de tourner ; tu dois être loin de ta famille. Tu es dans un groupe ! Si tu veux rester chez toi à te tourner les pouces, alors il n’y a rien que nous puissions faire !

Vous avez changé le nom pour devenir Entombed A.D. alors qu’Alex a donné quelques concerts en utilisant le nom Entombed…

Pas vraiment, je veux dire que désormais personne ne peut utiliser le nom Entombed (ndlr : le nom est maintenant la propriété des quatre membres originels Alex Hellid, Lars-Göran Petrov, Uffe Cederlund et Nicke Andersson) et il est clair qu’il ne tourne pas ! [Rires] Je crois qu’il n’a jamais voulu tourné. Tu pourras lui demander plus tard mais je pense qu’il préfère se poser chez lui. C’est vraiment étrange, vraiment étrange… Mais tout ce qui nous importe désormais, c’est la musique. Mais je comprends que les gens veulent savoir et au final ils sauront, mais c’est étrange. Mais nous avons au moins prouvé que nous pouvions faire un album et que nous sommes prêts à en découdre. Nous sommes plus vieux mais si tu es dans un groupe, il y a des choses que tu dois faire et j’adore ça ! [Rires]

Mais pourquoi avez-vous eu à changer de nom ?

Dans la mesure où il y a eu beaucoup d’ennuis avec le nom et qu’Alex objectait à chaque fois que nous faisions quelque chose, nous avons ajouté le « A.D. » pour pouvoir sortir l’album. Et tu nous verras aussi beaucoup sur la route ! Mais au stade où ça en est aujourd’hui, nous ne savons pas comment ce sera lorsque cette interview sera publiée car les choses évoluent vite. [Rires] A.D. signifie ce que tu veux. C’est à chacun de décider. [Rires]

« Nous avons donc repris la pédale Boss HM-2, exactement comme sur les premiers albums. J’espère que nous aurons plus de ce genre de son dans le futur, car ça me rend heureux ! [Rires] »

Est-ce que tu vois ce changement comme étant permanent ou bien avez-vous l’intention de reprendre le nom d’origine dans le futur si la possibilité se présente ?

Nous ne savons pas encore. C’est incertain pour le moment, mais Entombed A.D. est la part du vieux Entombed qui veut faire de la musique, la faire rapidement et faire en sorte que les choses se font. Et les choses se font, c’est donc vraiment, vraiment cool. Et ce sera super ! [Rires]

Le groupe a dû gérer d’importants changement dans ses rangs il y a huit ans et là le groupe a à nouveau dû faire face à des problèmes de line-up et même légaux. N’es-tu pas exténué par tout ceci ?

Ouais, mais si tu n’es pas prêt à tourner et le faire vite alors tu dois te mettre en retrait. Et si tu veux malgré tout en faire partie à 100%, décider et être d’une certaine manière un « tyran », avec les autres qui attendent sans que rien ne se passe… Il fallait qu’on agisse ! Et nous avons agi en faisant l’album. Mais, je veux dire qu’il est inévitable de voir des changements de line-up se produire, les gens prennent de l’âge, ont des enfants ou perdent leur intérêt, ils partent ou se font virer… Mais l’esprit d’Entombed perdure et nous sommes là aujourd’hui. Les mecs d’Amon Amarth ont des enfants et des familles mais ils tournent en permanence ! C’est à ça qu’on devrait se préparer. Ta femme sait bien qui elle a épousé ! [Rires] Elle a épousé un musicien, c’est à prendre ou à laisser !

Est-ce que tu t’es dit à un moment donné que ce serait la fin du groupe ? Ne t’es-tu pas dit : « Ok, je laisse tomber » ?

Non, il n’y avait qu’une voie à suivre, et c’était de faire un nouvel album. C’est ce que nous faisons, c’est notre vie. Donc si tu te bats pour ta vie, tu fais ça. Et c’est frustrant de rester assis chez toi et voir d’autres groupes faire des albums, des tournées, s’éclater, rencontrer tous ces gens, boire des bières et headbanguer ensemble. Tout ceci nous manquait uniquement parce qu’un mec voulait rester assis chez lui tout en gardant la main sur le groupe. Ça ne fonctionne pas.

Etant toi-même le seul membre originel du groupe, comment t’es-tu arrangé pour que Back To The Front sonne encore à ce point comme un album classique d’Entombed ?

Moi, Nico (Elgstrand), Victor (Brandt) et Olle (Dahlstedt) étions… Je veux dire qu’ils sont aussi dans le groupe depuis près de quinze ans. Donc pour moi ils sont autant que moi des membres d’origine car ils ont également officié dans le groupe pendant très, très longtemps. Ils sont égaux. Je ne suis qu’une partie du groupe ! [Rires] Et j’estime que c’est la musique qui doit importer le plus et je trouve que l’album sonne super. Nous sommes entrés en studio en mai et nous avons commencé à faire les chansons quelque chose comme cinq ou six mois auparavant. Évidemment nous avions quelques riffs et autres qui dataient d’avant et que nous avons incorporés dans les nouvelles chansons que nous avons écrites. Lorsque nous sommes entrés en studio, beaucoup de chansons étaient prêtes à 80%, nous avons improvisé, pris des décisions spontanées et enregistré tout ça. Le processus de composition n’était pas si compliqué. Nous avons assemblé les chansons, les avons écouté et trouvé que ça sonnait super. Nous n’avons pas trop réfléchi. Nous aimons lorsque les décisions sont rapidement prises, car autrement tu peux tourner en rond pendant une éternité [rires] avec seulement une chanson ou idée, si tu vois ce que je veux dire. Nous avons choisi d’improviser, pas de l’improvisation totale mais nous n’avons pas analysé chaque riff, nous n’avons pas eu à tout disséquer à 100% : si ça sonne bien, on le prend ! Avant ça, ça nous prenait des centaines d’années pour faire une simple chanson, mais ce n’est plus le cas. Nous avons suivi ce que nous avions dans les tripes. Et j’espère que les gens apprécieront !

Penses-tu que la meilleure musique est celle qui ressort sans qu’on ait à la forcer ?

Exactement ! Si tu fais des plans – « Comment allons-nous enregistrer cet album ? », « Nous devons donner dans ce type de musique », etc. – ça devient ennuyeux. Ça devrait être spontané et frais. On n’a pas à dire : « Oh, avec cet album nous allons faire du hard rock ! » Nous sommes un groupe de death metal et nous jouons du death metal ! [Rires] Et c’est ce que nous avons fait.

Dirais-tu qu’il y a eu des moments dans le passé du groupe où les choses ont été trop réfléchies ?

Pas vraiment. Mas il y a certains des vieux trucs qui ont pris trop de temps. Comme Serpent Saints, ça a pris une éternité à faire les chansons [de cet album]. Il y a eu énormément de discussions mais au final ce qu’on a obtenu ce sont des chansons simples et qui n’étaient pas si bonnes que ça, de ce que je me souviens. Donc cette fois-ci nous nous sommes donnés et ça sonne carrément mieux ! C’était un peu amateur, parce qu’un mec voulait avoir la main sur tout alors que maintenant nous travaillons vraiment en tant que groupe, et les choses sont bien plus faciles ainsi.

Tu as publié un post en janvier pour rassurer les fans sur le fait que l’album était du pur Entombed. Etait-ce important à ce stade de revenir avec un tel album, en laissant peut-être de côté certains des éléments rock et être purement metal ?

C’est aussi quelque chose qui se produit lorsque tu ne réfléchis pas trop : ta véritable nature ressort dans ce que tu fais. Avant nous avions ce truc qu’on appelle death n’ roll, mais ce n’est pas nous qui avons trouvé ce terme ! Je ne sais pas d’où ça vient. Mais parfois on saute les parties rock. Je veux dire qu’il devrait y avoir des grooves à certains moments, mais pas trop de [il chante une partie de guitare rock] ce genre de trucs rock. On veut plus de pédale de distorsion metal !

« Nous n’essayons pas d’écrire des paroles profondes. […] Si on a « mort » ou « haine » quelque part, ça me va. [Rires] Je ne suis moi-même pas une personne très profonde. »

Comment c’était d’ailleurs en studio ? Penses-tu que vous soyez revenus à la manière dont le groupe travaillait à vos débuts ?

Peut-être, ouais, je veux dire que nous devrions travailler les uns avec les autres et ne pas avoir un type qui prend en charge toutes les responsabilités. Si quelqu’un a une idée qui colle à la chanson, il ne devrait y avoir aucun problème, nous la prenons. On n’a pas à passer toute une journée à enregistrer un riff ! L’enregistrement en tant que tel s’est déroulé très rapidement. Il faut être bien préparé en entrant en studio, de manière à savoir ce que tu enregistres. Mais il y a toujours une part de surprise. En fait, nous vivions dans le studio pendant cinq semaines, donc nous n’avions aucune autre distraction. Nous pouvions alors nous réveiller la nuit et courir en slip descendre au niveau en dessous et enregistrer un riff. Ensuite on retournait dormir, pour finalement écouter le matin suivant [avec les autres gars] ce qu’on a enregistré et ça sonnait super ! [Rires] C’était cool ! C’était super de simplement savoir que le studio était à seulement quelques mètres au cas où tu aurais une nouvelle idée. Ça allait très vite si quelque chose avait besoin d’être réarrangé ou autre, c’était des décisions rapides et efficaces. Et je pense que tu peux le ressentir et l’entendre sur l’album également. Ça roulait tout seul. Le but était d’enregistrer tout d’un coup, et c’est ce que nous avons fait. Nous avons passé cinq semaines là-bas, en étant parfaitement concentré sur les chansons et petit à petit nous les construisions et enregistrions. Ce n’était pas si difficile en fait car, si tu enregistres deux chansons à la fois, puis tu vas chez toi entre temps… Je veux dire que ça fait trop de distractions et ensuite tu perds la complexité du sentiment. C’était mieux de se retrouver dans la même maison en guise de studio et juste se concentrer sur le fait de mettre ça sur bande. Je ne crois pas que nous ayons déjà travaillé ainsi auparavant. Ça a fait du bien d’être loin de chez soi pour se concentrer entièrement lorsque nous étions en studio et faire en sorte de faire les choses. Autrement, nous aurions fait ça en trois mois alors que ça nous a pris cinq semaines [rires].

Roberto Laghi a été choisi en tant que producteur pour ce nouvel album. D’où vous est venue cette idée, dans la mesure où il est connu des gens pour ces récents travaux avec In Flames ?

Nous avons écouté plusieurs producteurs. Nous avons écouté ce qu’ils avaient fait jusqu’à présent et nous avons bien aimé ce type. Et d’ailleurs nous sommes allés le voir quelques mois auparavant pour faire un enregistrement de test. Nous y sommes allés et avons enregistré une version de la seconde piste « Bedlam Attack » et ça sonnait super, c’est un chouette type, il est professionnel, il s’occupe bien des choses. Donc lorsque nous sommes revenus, nous savions comment il travaillait : il rentre vraiment dans les détails de la batterie et de comment les choses sonnent. Et il sait d’où vient Entombed, il a réalisé quelque chose qui sonne de manière significative comme du Entombed, tu sais, les guitares épaisses, nous avons d’ailleurs ressorti la vieille distorsion d’antan [rires]. Pour nous, c’était le son de guitare [qui était important]. On a eu différents sons de guitare sur les albums, certains étaient bons, certains ne l’étaient pas tant que ça. Et je crois que ce que les gens retiennent c’est le son de guitare. Avec les changements de line-up et tout, chaque album est voué à sonner différemment et c’est amusant, mais aussi les gens perdent leurs repères [rires]. Si tu regardes Motörhead, AC/DC, Deicide, les gens savent à quoi s’attendre. Nous avons donc repris la pédale Boss HM-2, exactement comme sur les premiers albums. J’espère que nous aurons plus de ce genre de son dans le futur, car ça me rend heureux ! [Rires] Et aussi, Roberto Laghi savait ce que nous voulions et nous savions comment il le voulait, et tout a fonctionné en symbiose. C’est un super gars en studio, et en dehors aussi [rires]. Il est ouvert d’esprit, tu sais. Lorsqu’il s’est engagé avec nous, il savait ce qu’était Entombed et ce que nous recherchions. Ce n’était pas un dictateur mais il avait des opinions affirmées à propos de comment ça allait sonner. Et maintenant, lorsque nous écoutons l’album, ça sonne exactement comme nous le voulions. C’est clairement le genre de type avec lequel je pourrais continuer à travailler. C’était un enregistrement qui s’est déroulé sans accro et d’ailleurs je ne m’en souviens pas beaucoup ! Les enregistrements du chant ont été tellement rapides !

Avez-vous aussi essayé de vous inspirer du type de paroles que vous écriviez par le passé ?

Nous avons choisi d’écrire des paroles death metal classiques : la guerre et les zombies ! [Rires] Je ne suis moi-même pas très attaché aux paroles, tu sais. Lorsque j’écoute un album, je ne lis pas les paroles en essayant de les suivre sur la musique. Si je suis au premier rang pendant le concert d’un groupe que j’aime bien, je chante les mots comme [il simule être à un concert] « mort ! » ou « exécution ! » [Rires] Tu sais, les paroles de death metal standards, normales quoi. Nous n’essayons pas d’écrire des paroles profondes, car je ne suis moi-même pas intéressé par ça. Après tout, c’est du death metal : tu n’as pas à distinguer chaque syllabe ou chaque mot que tu chantes. Si on a « mort » ou « haine » quelque part, ça me va. [Rires] Je ne suis moi-même pas une personne très profonde. Ça peut paraître simpliste, mais c’est ainsi. J’aime écouter du metal, boire de la bière et headbanger. [Rires]

Tu te contentes des choses simples de la vie…

Exactement ! Ce n’est pas si difficile. Si tu rentres trop en profondeur dans les choses, tout ce que tu y gagnes c’est de t’embrouiller la tête et te perdre quelque part. Ouvre cette bière, assures-toi qu’elle est fraîche et faisons la fête ! [Rires]

Est-ce que le titre de l’album, Back To The Front, renvoie aux origines d’Entombed ou biens serait-ce plutôt le fait que le groupe est de retour au top ? Ou bien les deux ?

Ouais, nous sommes revenus après six ans et désormais nous sommes de retour au front pour se battre pour le metal [rires]. Je crois qu’on a fait un album d’Entombed solide, et j’attends avec impatience sa sortie, de partir en tournée et tout ce qui est attendu d’un groupe de metal. Nous sommes très heureux d’avoir fait le choix de faire un album maintenant et ne pas avoir attendu un an de plus [rires]. Je crois donc que Back To The Front résume très bien où nous en sommes aujourd’hui. Nous sommes de retour pour nous battre.

Et est-ce que vous avez profité du temps qui s’est écoulé entre la sortie originelle en octobre et maintenant pour composer de la nouvelle musique ?

Ouais. Je veux dire que maintenant nous sommes une super bande de musiciens, donc nous enregistrons de nouveaux riffs dans nos ordinateurs dans notre salle de répétition et faisons en permanence de la nouvelle musique. Nous avons donc clairement beaucoup d’idées pour un prochain album. Et je ne pense pas qu’il sortira dans six ans ! [Rires]

« Si tu rentres trop en profondeur dans les choses, tout ce que tu y gagnes c’est de t’embrouiller la tête. […] Ouvre cette bière, assures-toi qu’elle est fraîche et faisons la fête ! [Rires] »

La scène metal et rock suédoise n’a pas arrêté de progresser, année après année. Comment perçois-tu cette scène foisonnante et pleine de réussites ? Quels sont les changements les plus importants que tu as pu constater par rapport au moment où Entombed est parti à l’étranger pour la première fois ?

C’est grosso-modo la même chose, mais il y a de nouveaux groupes, de nouveaux mômes, les plus jeunes qui montent des groupes s’inspirent des plus vieux groupes et s’approprient l’esprit. En suède, tout le monde aime la musique, c’est donc pour ça, je pense, qu’il y a une telle émergence de nouveaux groupes. Nous appelons ça « la nouvelle vague de la vieille école suédoise » [rires]. C’est super de voir des jeunes porter de vieux patches Nihilist (ndlr : le nom de groupe qui a précédé Entombed) et Entombed, ils perpétuent l’héritage.

Vous étiez l’un des groupes à l’origine du succès du death metal suédois dans le monde. Ressens-tu plutôt de la fierté ou bien plutôt de la jalousie lorsque tu vois tous ces nouveaux groupes qui rencontrent un énorme succès dans le monde, comme Ghost, In Flames ou Opeth ?

Non, je suis simplement heureux pour les gars. Ils font ce qu’ils font. J’apprécie tout le succès qu’ils rencontrent, ils sont tous nos amis et nous avons un intérêt commun dans le fait de boire de la bière [rires], particulièrement en Suède. Ça n’a rien à voir avec la jalousie, je suis simplement heureux pour tout le monde. Nous sommes bons amis avec tout le monde. Lorsqu’on se voit, on ne parle pas tant de musique, on parle plutôt du goût d’une bière [rires]. C’est bien. Ça permet de brandir bien haut le drapeau suédois.

Tu as aussi travaillé pour un autre projet cette année, un groupe dénommé Fireborn. Comment t’es-tu retrouvé impliqué dans ce projet ?

C’est juste que nous nous connaissions très bien. Tu sais, Stockholm n’est pas une si grande ville. Je crois que nous avons décidé ça autour d’une bière : « Ok, faisons des chansons ! » Ça n’a pas pris beaucoup de temps. Est-ce que tu as entendu les chansons ?

Oui, les deux chansons qu’on peut entendre sur internet…

Ouais, elles ont été faciles à enregistrer. Nous les avons faites en seulement quelques heures. Donc c’est cool. Mais tu sais, Entombed A.D. et Fireborn n’interféreront pas entre eux, ce sont deux groupes totalement différents. Mais ouais, si quelque chose se passe [avec ce groupe], c’est cool. On pourrait bien faire quelques concerts. En fait, je n’appellerais pas ça un projet : c’est un groupe. Mais nous prenons les choses comme elles viennent et je trouve que ça sonne bien.

Comment as-tu trouvé le temps de travailler avec les deux groupes ?

Fireborn ne prend pas tant de temps que ça. Nous sommes allés en studio avec quelques bières un dimanche après-midi pour enregistrer ça [rires]. C’est donc juste l’affaire de quelques heures ici et là. D’ailleurs, c’est pareil avec Entombed A.D.. Lorsque tu travailles avec des mecs géniaux, les choses se font plus rapidement et tu n’as pas à passer une semaine dans un studio ou une salle de répétition pour que ça sonne bien. Ce que nous faisions auparavant en dix semaines, nous pouvons désormais le faire en un jour, grosso-modo, car les mecs sont des professionnels.

Est-ce qu’il y a une date de sortie déjà ?

Non, pas encore. Nous en sommes aux premiers stades, mais nous avons déjà 13 chansons. Mais Entombed A.D. est notre priorité. Continuez à vous tenir informer là-dessus !

Ok, pour terminer cette interview, peux-tu nous dire ce qui est prévu niveau concerts et tournées avec Entombed A.D. ?

Nous avons quelques festivals en août. Le Motocultor, tu connais ?

Bien sûr !

Donc ouais, nous irons jouer là-bas. Ensuite il y a Party San, Bloodstock et quelques autres. Avec un peu de chances nous irons au Japon et ensuite nous ferons une grosse tournée avec nos frères de metal de Grave, et je crois que nous viendrons en France sur cette tournée. C’est ainsi que ça devrait se passer : tourner, tourner, tourner…

Je me souviens de lorsque vous étiez venus à Lyon et que vous aviez décidé de donner un concert gratuit dans une salle plus petite parce que la salle prévue à l’origine n’avait pas vendu assez de billets…

Oui, je sais, c’était super ! Je ne sais pas qui a fait ça, mais je pense que le prix des billets était un peu trop cher. Mais c’était super qu’ils aient décidé d’en faire un concert gratuit. La salle était bondée, ils ont vendu un paquet de bières et nous nous sommes éclatés. C’était un super concert. Une petite scène et beaucoup d’énergie [rire]. J’espère que les gens ont ressentis la même chose. Donc bordel, c’était génial ! Tout le monde a participé à cette soirée. C’aurait été vraiment dommage de laisser passer ça. Je ne sais pas si nous jouerons à Lyon sur la prochaine tournée, mais on pourrait toujours revenir et faire la même chose. Je demanderais au promoteur ! [Rires] Mais ouais, j’ai hâte de revenir en France et lorsque nous nous croiserons je paierai la première bière !

Interview téléphonique réalisée le 9 septembre 2013 et le 25 juin 2014 par Spaceman et Metal’O Phil.
Retranscription, traduction, introduction et fiche de questions : Spaceman.
Photos : Niclas Brunzell.

Page Facebook officielle d’Entombed A.D. : www.facebook.com/EntombedAD



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