ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Entretien avec Blaze « Pascal » Bayley



A première vue, Blaze Bayley ne paye pas de mine. Il m’accueillera en effet vêtu d’un jogging, de chaussures de ville, d’une veste en cuir, d’un bandana et d’un bonnet. Le plouc de base, quoi ! Et pourtant, l’homme a chanté dans des stades avec Iron Maiden.

Et c’est devant une centaine de personnes à peine qu’il se produira ce 11 mars 2010 dans la MJC de Vaulx-en-Velin. Une sacrée douche froide. Pas étonnant que le mec ait fait une dépression. Blaze Bayley est un blessé de la vie. Tombé dans l’alcoolisme après son éviction d’Iron Maiden, c’est grâce à l’aide de son ex-femme qu’il a pu reprendre pied. Epouse que la maladie lui a enlevé du jour au lendemain.

A côté de Blaze Bayley, Renaud Hantson, c’est un timide. L’interviewer est à la fois un plaisir et un calvaire. Après avoir vaguement identifié le thème de votre question, il brode, allant de digressions en digressions, le regard lointain, complètement absorbé par l’idée qu’il essaye de faire passer. Comme s’il luttait pour organiser des idées qui lui arrivent en masse et pour arriver à conclure son raisonnement.

Sa réflexion n’est pas toujours facile à suivre, mais il finit toujours par retomber sur ses pattes. Résultat : cet entretien aura duré plus de 45 minutes avec notamment une première question, pourtant anodine, à laquelle il mettra plus de 10 minutes à répondre !


«C’est une règle dont on se sert en répète également : on ne s’arrête jamais de jouer, même si l’on fait des erreurs. Si tu prends l’habitude de t’arrêter dès qu’il y a un problème, alors tu es assuré de foirer en live. »
Radio Metal : La biographie sur ton site officiel insiste là-dessus : Blaze Bayley n’est pas que ton projet solo, c’est un groupe à part entière. Comme tout le monde te connaît déjà, pourrais-tu nous présenter les musiciens qui constituent la formation ? Blaze Bayley (chant) : Le nom de mon batteur est Larry Patterson et il vient de Nouvelle-Zélande. C’est quelqu’un d’assez intéressant parce que, même s’il joue de la batterie depuis des années, il est aussi historien et a écrit plein de bouquins. Notamment sur la Deuxième Guerre Mondiale. Il s’est spécialisé dans les sous-marins allemands. Compte-tenu de son expérience, quand on eu l’idée d’écrire un livre, on a décidé que ce serait lui qui s’en chargerait.

Sa personnalité est vraiment un moteur pour le groupe. Quand on écoute Promise And Terror, même dans les compos où le tempo est plus lent, on sent que c’est lui qui mène la chanson. Dans chaque morceau, il essaie toujours de pousser le tempo à fond mais il parvient malgré tout à garder le groove et l’émotion. On peut dire que c’est vraiment Larry qui a su booster le groupe dans ce domaine. Il a aussi une qualité que l’on trouve souvent chez les batteurs : c’est quelqu’un de très courageux. C’est important parce que quand je cherchais des musiciens pour mon groupe, je voulais trouver des gens qui n’auraient pas peur d’avancer dans n’importe quelle situation perturbante. C’est une règle dont on se sert en répète également : on ne s’arrête jamais de jouer, même si l’on fait des erreurs. Si tu prends l’habitude de t’arrêter dès qu’il y a un problème, alors tu es assuré de foirer en live. Par exemple, pendant l’un de nos premiers concerts, les deux amplis de Nico (guitare) ont planté et ça a prit dix bonnes minutes pour les réparer. Pendant ce temps, Larry a improvisé et on a pu faire une session jam avec la foule. Du coup c’était génial ! C’est à ce moment-là que j’ai su que j’avais fait le bon choix en gardant ce gars. Sa présence apporte énormément de choses à notre musique.

Ensuite il y a Jay Walsh. C’est quelqu’un que je connais depuis des années. Quand mon groupe s’appelait Blaze, il jouait souvent en première partie de nos concerts avec Fourwaykill. J’ai toujours admiré sa façon de jouer à la guitare car ça me fait penser à un mélange entre Dimebag et Tommi Iommi. Quand je cherchais un guitariste, j’ai tout de suite pensé à lui, même si je savais qu’il avait déjà d’autres projets musicaux.

David Bermudez, le bassiste, a été le premier à être recruté. A la création du groupe, je fouillais MySpace pour trouver des musiciens qui pourraient convenir au projet. C’est là que je suis tombé sur David, qui jouait alors dans Under Threat, un groupe de death Colombien.
Il y avait une vidéo du groupe sur le site et sa prestation m’a vraiment impressionné. Je l’ai appelé et je lui ai expliqué mes idées. Il m’a ensuite soumis ses idées et on a fini par se mettre d’accord sur le fait d’intégrer des éléments death dans les compos.

Ensuite, David m’a donné le numéro de son frère, Nico, un guitariste merveilleux qui était connu pour jouer sur une 7 cordes. « The Man Who Would Not Die » a été composée avec cette guitare qui produit un son particulier. Notre son est particulier et intense du fait de la présence de cette guitare, mais aussi d’une six cordes et d’une basse à 5 cordes.

Tout comme son frère, Nico vient de Bogota. C’est quelqu’un de très calme, une véritable tête pensante. D’ailleurs il a souvent des idées très précises qui permettent au groupe d’avancer. Il exécute ses changements de cordes avec une précision impressionnante. On remarque cette technique lorsqu’on écoute Promise And Terror plus d’une fois. Au début, on n’y prête pas vraiment attention et on n’entend que la voix et la batterie. Mais au fil des écoutes, on commence a comprendre la complexité des guitares et c’est là que les choses montent d’un cran.

Quand j’ai commencé le projet, la première chose dont je me suis rendu compte, c’était que le nom du groupe ne collait pas. Depuis que j’ai quitté Maiden et que je suis dans Blaze, les fans me demandent souvent ce que je fais à présent parce qu’ils n’ont jamais entendu parler de mon groupe. J’aurais préféré que le nom du groupe ait toujours été Blaze Bayley. Sur cette question, les mecs de Sanctuary Management ne m’ont pas donné de bons conseils. Quand tu tapes Blaze dans Google, tu tombes sur des centaines de sites, mais ce sont soit des sites porno, soit du rap ! (rires) « Blaze Bayley » était donc la meilleure solution, vu que ce nom est directement lié à mon héritage musical. Par contre, cela ne veut pas du tout dire que je suis la seule personne à prendre les décisions dans ce groupe. Un jour, Steve Harris m’a dit cette phrase, avec laquelle je suis totalement d’accord : « on s’en fout de savoir qui a eu l’idée, c’est l’idée qui compte ».

Toutes les décisions sont prises ensemble. Cependant, vu mon expérience musicale, je joue un peu le rôle de leader. Mais sinon, on pousse tous le groupe vers l’avant, on partage la nourriture, on conduit le van chacun son tour… La seule exception à cette règle, c’est que je suis le seul à avoir ma propre chambre d’hôtel. La raison est simple : je dois me retenir de trop parler pendant les tournées. Et puis cela me laisse l’opportunité de me balader nu sans que cela ne gène personne (rires) !


« J’ai eu un déclic quand je me suis rendu compte que j’étais un chanteur qui était balayeur dans un hôtel plutôt qu’un balayeur qui était chanteur pendant le weekend.»

Le titre de ton dernier album est étrange : pourquoi marier ces deux termes que sont « Promesse » et « Terreur » ? La promesse conduirait-elle systématiquement à la trahison et donc à la terreur ?

Le titre parle de notre subconscient le plus profond qui peut nous adresser des messages via nos rêves. Il peut nous dire comment vivre notre vie. Et on peut avoir peur de prendre le risque de la vivre. Mettons que tu croises une belle femme alors que tu es déjà dans une relation amoureuse. Pourtant, ton subconscient te dit que c’est elle la femme de ta vie. Pour moi, cet instant s’est produit quand je me suis rendu compte que j’étais un chanteur qui était balayeur dans un hôtel plutôt qu’un balayeur qui était chanteur pendant le weekend. J’ai toujours su que je voulais être dans un groupe de musique, écrire des chansons et pouvoir les chanter. « The Promise », c’est ça, c’est ton futur, qu’au fond de toi tu connais, même si tu n’y crois pas car le chemin est trop difficile. Pour suivre ce chemin et atteindre ce futur, il te faut délaisser la sécurité, le confort de ta situation actuelle.

Ce n’est qu’en le faisant que tu pourras vivre ta vie et devenir un être humain à part entière, t’enrichir et être heureux au jour le jour. C’est ça « The Terror ». On n’aboutit à rien sans faire de sacrifices.

Les paroles et les illustrations de l’album sont liées à cette idée. On y voit un homme seul sur un rocher. Autour, c’est la tempête. Ce personnage est malheureux, mais est en sécurité, à l’abri de la tempête. Au moment où il se décide à trouver son chemin, il doit donc quitter cet abri et affronter la tempête (cf. le titre « Time To Dare »). Au dos de la pochette, l’autre image nous montre que la tempête est passée et qu’il n’y a plus personne sur le rocher. Sans savoir où le personnage est parti, on devine donc qu’il est parti à la recherche d’une vie qui lui conviendrait mieux.

Globalement, dans ses paroles et ses titres (« Madness And Sorrow », « Surrounded By Sadness », « Letting Go Of The World »…), cet album est extrêmement sombre. Il se conclut par un titre évocateur, « Comfortable In Darkness ». Est-ce que ce titre est une conclusion à une réflexion globale sur ton existence ? Un peu comme pour dire « finalement, mon malheur, je m’y suis fait » ?

L’album raconte ma propre expérience et l’expérience de mon deuil (ndlr : Blaze fait référence au décès de son épouse). Heureusement, toute ma vie j’ai été entouré par des amis formidables qui m’ont toujours aidé dans ces moments difficiles. Cet album raconte une histoire. Les chansons s’enchaînent très bien parce qu’elles suivent un chemin. Pour comprendre le message, il faut suivre l’histoire du début. L’album commence avec un titre sur le fait que l’amour peut vous sauver, ce qui fait directement référence au fait que ma femme m’ait sauvé la vie durant la période la plus sombre de la mienne. Elle m’a soutenu, m’a fait arrêter de boire et a remis ma carrière en route. La fin de l’album a l’air plus sombre, comme si rien ne valait plus la peine. Et ce qu’il faut, c’est trouver un moyen de vivre dans cette obscurité, dans le présent et ne pas anticiper le futur. Si les chansons parlent de l’obscurité de la vie, elles sont au final positives car elles disent comment survivre.

On n’avait pas prévu d’écrire des paroles aussi personnelles. Mais le fait est que nous cherchions des paroles pour aller avec la musique de Nico et rien ne collait. J’ai donc sorti mon journal intime et c’est là que les phrases ont commencé à se mettre parfaitement en place.

Dans ce groupe, nous avons pour règle de toujours suivre notre instinct. Donc dès le départ, on a su qu’il fallait garder ces paroles. Quand on relie ces chansons ensemble, une histoire complète prend forme. Se servir de ses problèmes personnels dans la musique ne marche pas toujours, mais dans le cas présent, la symbiose est parfaite et j’en suis très fier. Ca a été tellement facile qu’au final, ça a été l’album le plus rapide à réaliser.


« Par exemple, la chanson «Blackmailer» parle du directeur de SPV. La boîte me devait beaucoup d’argent et ils refusaient de me payer si je ne leur donnais pas le reste des droits du groupe. »
Tu as traversé des temps très difficiles à l’époque de Blood And Belief (dépression, alcool…). A tel point que tu as failli t’arrêter là. « The Man That Would Not Die » c’était un peu l’album « Do Or Die », non ?

Quand je travaillais sur Blood And Belief, je pensais que ce serait mon dernier. Notre accord avec la maison de disques n’allait plus du tout, j’avais de gros problèmes avec mon ex-femme et je n’avais pas d’argent. Du coup, quitte à faire un dernier album, autant qu’il soit le plus honnête possible. Puis, quand ma femme est venue à mon secours et qu’elle m’a encouragé à continuer ma carrière, je me suis senti revivre. A SPV, ils pensaient tous que j’allais tout simplement disparaître et mon manager de l’époque me répétait constamment que je n’étais plus rien, que personne ne s’intéressait plus à moi.

C’est en réaction à cela que nous avons fait The Man Who Would Not Die, c’était très excitant de travailler avec de nouvelles personnes telles que David et Nico. Dès le départ, nous étions d’accord sur le fait que la musique n’est pas seulement un travail ou une carrière, mais aussi une façon de vivre. C’était l’étincelle dont j’avais besoin pour continuer. C’était comme si j’avais une corde autour du cou mais que je refusais de me laisser tuer. A l’époque où l’on pendait les condamnés à mort, lorsque la corde se brisait, le condamné était proclamé innocent. C’est un peu ça, l’histoire de ma vie à l’époque. En studio, on a beaucoup parlé de l’histoire du Comte de Monte Cristo et de l’Homme au Masque de Fer. C’est pour cela que le thème de la revanche est très présent sur l’album.

Par exemple, la chanson «Blackmailer» parle du directeur de SPV. La boîte me devait beaucoup d’argent et ils refusaient de me payer si je ne leur donnais pas le reste des droits du groupe. A cette époque, ils n’avaient que nos contrats en Europe et ils voulaient aussi avoir ceux qui couvraient le reste du monde. C’est pour cette raison qu’ils me faisaient du chantage en menaçant de ne pas me payer. Pour pouvoir garder le groupe, j’ai cédé à leurs demandes parce que je courrais le risque de tout perdre. Puis ils m’ont menti une seconde fois quand je n’ai pas reçu un seul sou de leur part pour ma tournée.

« The Man That Would Not Die » et « Promise & Terror » sont-ils pour toi les albums de la lumière au bout du tunnel ?

C’est une conclusion que l’on pourrait faire, mais je préfère la vision « Comfortable In Darkness » dont je t’ai parlé tout à l’heure. Pour être bien là où tu es, il ne faut pas se dire que ça ira mieux après. Cette philosophie peut sembler désespérée, mais c’est ça qui m’a permis de renaître. Quand j’étais plus jeune, j’étais ambitieux et je voulais constamment avancer. Et au final, je n’avançais pas. Il faut apprécier chaque moment non pas comme si c’était le dernier, mais de façon à ne pas regretter ta journée si tu meurs demain. Aujourd’hui, par exemple, je suis en France, je joue devant des fans sans qui je ne serais pas là. C’est tout ce qui compte.

Un jour, ma femme et moi nous tenions la main à un concert d’Iron Maiden. Le lendemain elle est tombée dans le coma. Trois mois plus tard, elle était décédée. Elle n’était pas malade, il n’y avait pas de signes précurseurs. On n’aurait pas pu le prévoir. C’est la preuve qu’on ne peut pas dire de quoi demain sera fait. Il n’y a pas de lumière au bout du tunnel. Il faut vivre sa vie de manière à ne pas regretter chaque journée.

Quel est l’état de ta relation avec les fans de Maiden à l’heure actuelle ? Y en a-t-il qui te sont restés fidèles parce qu’ils avaient découvert par le biais de Maiden dans X-Factor, une voix qui leur plaisait plus ?

Je rencontre énormément de fans d’Iron Maiden qui me disent qu’ils n’ont commencé à écouter mes albums que récemment. Cela dit, je pense qu’ils sont plus ouverts à ce que je fais, maintenant. Les fans se disent que maintenant, avec Blaze Bayley et Iron Maiden, ils peuvent écouter deux excellents groupes au lieu d’un. C’est évident qu’il y a des ressemblances entre ce que je fais et Maiden. Ma voix est très semblable au style de Maiden mais je ne souhaite pas les copier. J’ai joué avec eux, donc l’influence reste, naturellement. Ceux qui m’écoutent sont donc des fans de Maiden, mais pas que. C’est un mélange de gens qui viennent d’horizons différents. Je pense que ceux qui ont apprécié ce que j’ai fait dans Maiden apprécient aussi ce que je fais maintenant.


« Un jour, ma femme et moi nous tenions la main à un concert d’Iron Maiden. Le lendemain elle est tombée dans le coma. Trois mois plus tard, elle était décédée. Elle n’était pas malade, il n’y avait pas de signes précurseurs. On n’aurait pas pu le prévoir. C’est la preuve qu’on ne peut pas dire de quoi demain sera fait. Il n’y a pas de lumière au bout du tunnel. Il faut vivre sa vie de manière à ne pas regretter chaque journée.»

Il y a 3 semaines, tu as été interviewé par… Bruce Dickinson, à l’occasion du Bruce Dickinson Rock Show. Peux-tu nous raconter cette expérience ?

C’est toujours très agréable et très drôle de revoir Bruce, je le connais depuis plus longtemps que de nombreuses personnes. On s’est rencontrés à New York alors que j’étais dans Wolfsbane. Le magazine Kerrang n’arrêtait pas de dire qu’on était jumeaux, du coup on s’est pris en photo ensemble, puis il m’a payé une bière. C’est comme ça que ça a commencé.

Il n’y a jamais eu d’animosité entre nous et j’adore voir Bruce. D’ailleurs, il a donné un soutien énorme pour mon dernier album sur son émission de radio. Je suis toujours en contact avec les autres membres de Maiden aussi. On se marre souvent sur le fait que moi et Bruce avons eus des vies très semblables : on a tous les deux été chanteurs dans Iron Maiden et on a tous les deux quitté Iron Maiden (rires) !

Est-ce qu’il est bon journaliste ?

Oui il est génial.

Est-ce qu’il est meilleur journaliste que chanteur ?

Non quand même pas (rires).

T’en as pas marre qu’on te pose des questions sur toi et Maiden ?

Il faut voir les choses en perspective parce que j’ai toujours été un grand fan d’Iron Maiden, notamment à l’époque où je travaillais dans un hôtel. Les fans de Maiden peuvent être très obsessionnels et veulent absolument tout savoir sur le groupe. Je savais donc qu’en rejoignant Maiden, je serai à jamais associé à ce groupe. Etant un fan absolu du groupe, je vois cette expérience comme une décoration dont je suis fier.


« Quand tu es musicien, tu tombes sur des personnes mal intentionnées qui te disent : «toi tu joues et nous on se charge de l’argent». Malheureusement, cela signifie que les labels se concentrent surtout sur le fait de te distraire (filles, alcool, drogue…) pour que tu ne poses pas de questions sur l’argent qui se ballade. C’est le meilleur moyen pour éviter que l’artiste ne se rende compte que son placement dans les charts ne reflète pas le chèque bancaire qu’on lui donne. »
Est-ce que c’est Iron Maiden qui t’a donné envie d’être chanteur ? Est-ce que ça a été le groupe de « La Promesse » qui t’a poussé à quitter ton travail à l’hôtel ?

Non, ça c’était Ronnie James Dio. Je l’ai vu chanter et je me suis dit : «Je veux faire ça».

Pour valoriser ton projet musical, tu as pris des cours de gestion afin d’avoir de solides notions de business. A l’origine, j’ai cru comprendre que la gestion, la communication, le management, ne t’intéressent pas du tout et que tu es avant tout artiste dans l’âme. Penses-tu qu’aujourd’hui, en tant que musicien, on ne puisse pas y couper et qu’on soit obligé de tout faire par soi-même ?

Être musicien ne suffit plus. Quand tu es musicien, tu tombes sur des personnes mal intentionnées qui te disent : «toi tu joues et nous on se charge de l’argent». Malheureusement, cela signifie que les labels se concentrent surtout sur le fait de te distraire (filles, alcool, drogue…) pour que tu ne poses pas de questions sur l’argent qui se ballade. C’est le meilleur moyen pour éviter que l’artiste ne se rende compte que son placement dans les charts ne reflète pas le chèque bancaire qu’on lui donne. Souvent, ce ne sont que les artistes qui connaissent un peu le business, comme Mick Jagger par exemple, qui parviennent à faire durer leur succès. En ce qui me concerne, j’ai compris très vite que si je voulais conserver ma liberté et mon indépendance, il fallait que je prenne des cours.

Ton véritable nom est Bayley Cook, mais tu as récemment fait des démarches administratives pour ton passeport indique « Blaze Bayley », peux tu nous parler de cette anecdote ?

En Anglais le nom Bayley est plutôt connu comme étant un nom de famille donc ça portait souvent a confusion. Quand j’étais dans Wolfsbane et qu’on s’inventait des noms glam stupides, j’ai trouvé que Blaze me convenait donc je l’ai gardé pour qu’on arrête de me poser la question.


This post is also available in: Anglais



Laisser un commentaire

5 commentaires :

  • J’ai vu Blaze Bayley 3 fois en 1 an, ce sont tout simplement les concerts les plus exceptionnels auxquels j’ai pu assister. Tout d’abord, ses 2 derniers albums sont tout simplement fantastiques, mon préféré est \Man who wouldn’t die\, qui est un pur chef d’oeuvre. Mais surtout, comme justement souligné dans un autre commentaire, Blaze est à la fois simple et proche des gens, toujours dispo pour une photo ou un autographe, mais aussi immensément charismatique. Sa présence sur scène est impressionnante, et sa personnalité, ce qu’il vit se ressentent dans son chant, très émotionnel, un peu comme Bon Scott jadis. Il y a une vraie communion entre les musiciens et le public, au service d’une set-list à chaque fois monumentale. Les 2/3 morceaux de Maiden qu’il joue à chaque fois sont un peu la cerise sur le gateau, mais son propre répertoire est tellement exceptionnel qu’il pourrait faire sans..Blaze Bayley Band est pour moi ni plus ni moins que le meilleur groupe de Métal au Monde, et de loin, leur relatif manque de notoriété et les assez faibles assistances devant lesquelles ils jouent sont une réelle injustice. Mais tant mieux pour les \Happy few\ comme nous, qui en prenons plein les yeux au 1er rang à chaque fois. Merci Blaze, merci mon ami, 1000 fois merci !
    P.S.: au fait, j’oubliais, je vais le voir en concert ds 10 jours à Anvers en Belgique!

    [Reply]

  • Chris the Hit dit :

    J’ai vu ce monsieur en concert à Lunes ( Aix en provence,13 ) en jogging et bonnet ( LOL ) avant de rentrer sur scène.
    J’aime à la fois son attitude proche des gens très touchant , et en même temps le chanteur quasi mythique voire intouchable.
    Pour avoir vu un paquet de concert, j’ai jamais vu un type pareil .
    Je m’explique, hormis le fait qu’il était extraordinaire sur scène remplis de talent : on sent bien qu’il est passionné et que c’est un véritable artiste au vrai sens du terme ; il y a eu un passage ou il s ‘est adressé à la foule (en délire) et des larmes ont coulés ( lui et nous ), et je vous assure que c’était sincère.
    De plus, j’ai jamais vu qqu’un autant disponible et gentil ( en tant qu’artiste véritable) car il signait des autographes + photos et discutait à qui voulait l’attendre : entre les pauses de la 1ere partie et même après son concert ; il s’est même rendu à l’issue de son show , bière à la main, revêtit de son bonnet, pour faire quelques dédicaces, comme un pote, tranquille, sans se prendre pour une Star ( qu’il est ! )

    Bref, on peut être qu’admiratif devant tant de talents et de courage d’un homme qui ne voulait pas mourir ! ! !

    [Reply]

  • metalsymph dit :

    Très bonne interview merci ! Pour ceux qui n’ont pas encore vu Blaze en concert, allez y les yeux fermés, c’est du pur bonheur et ça vous laisse pantois !
    Ses albums sont extra, et mériteraient d’être bien plus connus.

    Vive Blaze!

    [Reply]

  • Super de pouvoir lire cette interview – A toutes celles et ceux qui ne voient en Blaze Bayley « que » l’ex-Maiden se jettent sur ses albums, surtout les deux derniers en date, c’est énorme de créativité et de personalité, ce gars là a beaucoup plus à offrir avec son groupe qu’avec tout ce qu’il a pu faire avant… et allez le voir avec son groupe sur scène, ça respire l’honneteté et c’est vraiment énorme !

    [Reply]

  • Interview très intéressante !

    [Reply]

  • Sonata Arctica - Stones Grow Her Name - Artwork
    Sonata Arctica
    Stones Grow Her Name
    Oomph! - Des Wahnsinns Fette Beute
    Oomph!
    Des Wahnsinns Fette Beute
    Europe - Bag Of Bones
    Europe
    Bag Of Bones
    Kreator - Phantom Antichrist
    Kreator
    Phantom Antichrist
  • 1/3
    scorpions nancyontherocks michaelschenker
    wasp textures stephanforte eths doro devildriver Delain darkfuneral cob archenemy anneke amonamarth