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Interview   

Entrevue spirituelle avec Michael Amott


Beaucoup pensaient Spiritual Beggars fini après le départ de l’excellent JB. Mais c’était sous-estimer la capacité de Michael Amott à réveiller les talents. Après tout, il avait déjà fait le coup au tout début des années 2000 lorsque Spice a fait ses valises, remplacé par JB, le barbu des (alors inconnus) Grand Magus. Il est vrai, pourtant, en écoutant les œuvres heavy/speed de Firewind qu’il était légitime de se poser des questions quant à l’intégration d’Apollo Papathanasio, chanteur de la formation Grecque, à Spiritual Beggars. Au final, il faut le dire, Apollo s’est avéré bluffant avec sa voix chaude et ses intonations à la David Coverdale, très différent de ce qu’on lui connait au sein de Firewind. Preuve que Michael Amott a une fois de plus eu le nez creux. Sans compter que l’album en lui-même, Return To Zero, est une vraie bombe inspirée et pleine d’accroche, à la croisée du stoner et du classic rock. Il n’est pas étonnant de constater une telle réussite puisque, Michael l’avoue lui-même, il n’y a aucune pression avec Spiritual Beggars juste du pur plaisir égoïste.

Mais trêve de bla bla, le mieux est de laisser la parole au chef de meute.

« […] j’adore travailler avec JB, c’est quelqu’un de génial et nous sommes encore très bons amis aujourd’hui. Je suis sûr que nous serons amenés à retravailler ensemble dans le futur, si ce n’est pas au sein de Spiritual Beggars, ce sera sous un autre projet. »

Radio Metal : Tu es parti en tournée pendant deux ans avec Arch Enemy, fais quelques concerts avec Carcass et te voilà maintenant de retour avec Spiritual Beggars. Comment fais-tu pour t’investir dans autant de projets ?

Michael Amott (guitare) : Je suppose que j’ai un bon manager (rires), il m’aide à m’organiser. En réalité, je ne fais qu’une seule chose à la fois. J’adore faire des concerts et enregistrer, je joue de la guitare tous les jours et cela n’est pas vraiment du travail pour moi. Bien sûr, je suis bien occupé car il faut une sacrée organisation mais ça me plaît !

Il aura fallu cinq ans à Spiritual Beggars pour revenir avec un nouvel album. Ce qui fait une longue attente pour les fans. Est-ce que cela vient du fait que chaque membre du groupe a un emploi du temps très chargé ?

Oui c’est cela, en se penchant sur Spiritual Beggars on remarque qu’il y a des membres venant d’autres groupes assez célèbres, qui partent beaucoup en tournée et qui, par conséquent, ont des emplois du temps très chargés. C’était la raison principale justifiant ce délai. Une fois rentré d’une longue tournée, j’appelle les gars de Spiritual Beggars pour leur demander s’ils voudraient faire un nouvel album mais la moitié d’entre eux n’est même pas dans le pays. (rires) C’est assez dur de s’organiser. Au final tout a réussi à se mettre en place en début d’année et donc nous avons pu nous lancer.

Que signifie le titre « Return To Zero » ? Il y a t-il un lien avec le départ de JB ?

Pas vraiment, il y a plein de sens différents à ce titre d’album. Au début de l’année, nous n’avions plus de chanteur, plus de maison de disques, plus de véritable soutien de qui que ce soit, plus personne ne sachant vraiment que le groupe existait encore et que nous préparions un nouvel album. C’était comme si nous repartions à zéro. C’était ce que nous ressentions, c’était aussi assez excitant parce qu’on avait un nouveau projet dont personne ne se doutait. Nous étions redevenus en quelque sorte un groupe inconnu.

Au début, le départ du groupe de JB a été un véritable coup dur pour les fans, étais-tu également déçu ?

Oui bien sûr… Enfin, je n’étais pas exactement « déçu ». Ce que je veux dire, c’est que j’adore travailler avec JB, c’est quelqu’un de génial et nous sommes encore très bons amis aujourd’hui. Je suis sûr que nous serons amenés à retravailler ensemble dans le futur, si ce n’est pas au sein de Spiritual Beggars, ce sera sous un autre projet. J’ai passé de très bons moments à travailler avec lui. A ce moment-là, Je ne voulais pas vraiment chercher un nouveau chanteur. Lorsque JB nous a dit qu’il ne pourrait plus s’investir dans Spiritual Beggars cette année, je me suis dis que c’était certainement la fin du projet. Cependant, après cela, les choses se sont précipitées dans une voie très positive. Je crois qu’il y a quelque chose de bon qui est ressorti de tout cela.

J’ai parlé de ce sujet avec JB. Il m’a confié qu’il aurait vraiment aimé faire un nouvel album avec Spiritual Beggars et rejouer en concert avec le groupe. Mais au même moment, tu as décidé d’enregistrer cet album. Il avait trop de choses à faire avec Grand Magus, ce qui était sa priorité. Ne pouvais-tu pas simplement attendre qu’il termine ce qu’il avait à faire avec Grand Magus ?

Nous avons attendu cinq ans pour réunir tout le monde au même moment. Moi et Sharlee jouons dans Arch Enemy et Per Wiberg, notre claviériste, joue dans Opeth, et les deux groupes ont eu du temps libre cette année, ce fut donc possible pour nous de prévoir un nouvel album. Dès que nous avons un nouvel album avec Arch Enemy et Opeth cela conduit à deux années supplémentaires. Ce qui signifie que l’on aurait peut être dû attendre neuf ans pour sortir un nouvel album avec Spiritual Beggars. Les chansons étaient écrites et nous ne cherchions pas de nouveau chanteur. Cependant, lorsque JB nous a annoncé que c’était impossible pour lui de rester, nous pensions que nous pourrions attendre mais par la suite, les choses ont évolué très rapidement. On nous a présenté Apollo, il est venu répéter avec nous et ça sonnait extraordinairement bien. Par conséquent nous nous sommes dit « Pourquoi ne pas enregistrer un album ? » ça rendait tellement bien ! Nous voulons simplement nous amuser, tu sais. Spiritual Beggars n’est pas ce qu’il y a de plus sérieux. C’est en quelque sorte des vacances.

Comment est-ce que Spiritual Beggars en est venu à demander à Apollo de rejoindre le groupe ? Comment l’avez vous rencontré ?

En réalité c’est un chanteur local, il a beaucoup joué avec notre batteur, Ludwig Witt, et fait parti de groupes depuis des années, faisant du hard rock à la façon de Whitesnake, Deep Purple, Black Sabbath, Judas Priest etc. C’est Ludwig qui nous l’a présenté.

As-tu à un moment donné envisagé de rappeler Spice ?

Non.

Pourquoi non ?

Nous souhaitons aller de l’avant, cette collaboration musicale est terminée.

As-tu gardé contact avec lui ?

Non, je ne lui ai pas parlé depuis une dizaine d’années.

Apollo est le troisième chanteur de Spiritual Beggars et les trois sont vraiment excellents. As-tu l’impression d’être chanceux à cet égard ?

Ce n’est pas de la chance, je choisis de bons chanteurs. (rires) Je ne prends pas des gens qui sont mauvais. Bien sûr c’est difficile de trouver des chanteurs talentueux ! On cherche quelqu’un possédant une grande énergie, de très cool et faisant ressortir quelque chose d’unique. Chacun des trois chanteurs de Spiritual Beggars aura apporté quelque chose de vraiment particulier à chaque album.

« C’est simplement très agréable de pouvoir emprunter des chemins que nous ne serions pas sensés prendre individuellement en temps que musiciens, en revanche, je trouve que cela a du sens avec Spiritual Beggars. »

A mes yeux, Return to Zero semble se tourner, encore plus que les albums précédents, vers un rock classique frôlant le blues. Beaucoup de titres comme « Believe In Me », « Coming Home » ou « A New Dawn Rising » font penser à des morceaux de Whitesnake. Crois-tu que cela vient de la façon de chanter d’Apollo qui se rapproche de celle de David Coverdale ou était-ce ainsi que tu envisageais les choses au moment de composer ?

En effet, la plupart des titres étaient déjà écrits avant l’arrivée d’Apollo au sein du groupe. Bien évidemment, nous n’avons pas cessé de travailler une fois qu’il nous avait rejoints. Il prenait place aux répétitions, et dans la pré-production. Il venait chez moi ou nous nous rencontrions au studio découvrant les parties mélodiques, vocales et les phrasés. Il a vraiment joué un rôle. Je crois que je suis d’accord avec toi, cet album est plus mélodique que les anciens. C’est le genre d’albums que je voulais réaliser à ce stade avec Spiritual Beggars.

Est-ce qu’Apollo est un fan de David Coverdale ?

Oui, nous le sommes tous. Tout particulièrement ce qu’il a fait avec Deep Purple, ainsi que les débuts de Whitesnake. Il a produit des classiques, c’est vraiment excellent.

La chanson de clôture « The Road Less Travelled » ne ressemble à rien de ce que j’ai pu entendre du groupe. C’est une ballade menée par de douces mélodies jouées au piano, une batterie moins présente, on peut même entendre de la mandoline. Quelle est l’histoire que renferme ce titre ?

C’est exact, cette chanson est très différente. Je n’avais encore jamais composé quelque chose de similaire. Je l’ai d’abord écrite à la guitare mais depuis le début je savais que l’instrument principal devrait être le piano. Ainsi, j’ai demandé à Per Wiberg de m’aider à l’arranger pour le piano et j’ai ajouté les parties de mandoline. C’est assez doux, inspiré par des thèmes musicaux calmes. De mon point de vue, c’est très positif d’apporter de nouvelles choses à un album.

Return to Zero est un album très varié. Était-ce important pour toi ?

Oui, je voulais réellement qu’il y ait une grande diversité autrement je trouve cela ennuyeux ! Je n’aime pas écouter des albums avec douze chansons similaires. Spiritual Beggars nous donne l’opportunité d’explorer différents aspects de la musique que l’on ne pourrait aborder avec nos groupes réguliers. C’est simplement très agréable de pouvoir emprunter des chemins que nous ne serions pas censés prendre individuellement en temps que musiciens, en revanche, je trouve que cela a du sens avec Spiritual Beggars.

Tout comme pour les deux précédents, ce sont toi et Rickard Bengtsson qui ont produit cet album. Il y avait il une volonté de votre part de préserver l’identité que vous aviez atteinte avec le son des deux derniers albums ?

Non, c’est simplement que j’aime co-produire Spiritual Beggars notamment parce que je suis là pour l’ensemble du processus. J’ai une vision complète étant donné que j’écris la plupart des musiques mais aussi les paroles et mélodies. Ainsi, je suis certain que tout est gardé ensemble en restant fidèle à ma vision du projet. Et puis, Rickard possède son propre studio (Sweetspot Studio) situé dans la campagne. C’est l’endroit idéal pour s’enregistrer, il n’y a pas de distractions. Le studio est agréablement aménagé. Nous disposons d’un équipement vintage fantastique, c’est vraiment très cool.

Angela, chanteuse d’Arch Enemy, a écrit les paroles d’une chanson présente sur l’album ? Comment cela s’est passé ?

C’était une chanson que j’avais depuis l’album Demon, c’est à dire il y a déjà cinq ans de cela, mais elle n’est pas apparue sur l’album car nous n’avions pas de paroles. Nous n’avons pas pu écrire les paroles à temps, donc nous l’avons mise de côté. Nous avons toujours des versions instrumentales des chansons. J’avais déjà joué la chanson à Angela avant et elle lui a vraiment plu. Un jour elle m’a proposé des paroles qui selon elle correspondrait parfaitement, me disant qu’on devrait essayer de la jouer et cela a fonctionné à la perfection.

Avez-vous envisagé de la laisser chanter certains passages de la chanson ?

Non, nous n’y avons pas pensé, elle a une voix complètement différente, plus agressive.

Il est précisé que l’emballage de la version limitée de Return to Zero est respectueux de l’environnement, était-ce votre idée ou celle du label ?

C’était la nôtre en fait.

Est-ce parce que tu te sens concerné par l’écologie ?

Oui. N’importe qui avec un cerveau l’est ! (Rires)

Dans ce cas, que fais-tu dans la vie pour préserver l’environnement ?

J’ai toujours été végétarien par conséquent je ne soutiens pas l’industrie de la viande.

La pochette de l’album Return to Zero est rose et assez tape-à-l’œil en as-tu, en quelque sorte, assez des couleurs sombres caractéristiques du metal ?

Non, je voulais juste des couleurs variées et vives. J’ai transmis mon idée à l’artiste responsable de la pochette dans le but d’avoir quelque chose de différent sur une base « vibrante ». Je l’ai vu dans un magasin l’autre jour et en réalité je trouve qu’il ressort particulièrement. Ces couleurs sont très dramatiques. (rires)

« […] nous ne sommes pas un groupe à carrière et nous ne cherchons pas à avoir une carrière avec Spiritual Beggars. […] Pour tout te dire, cela nous offre beaucoup de liberté dans le sens où nous nous moquons complètement de savoir ce que les gens pensent de ce nouvel album. (rires) »

Spiritual Beggars est vraiment un groupe de qualité mais il est loin d’avoir le succès d’Arch Enemy ou Opeth. Penses tu que Spiritual Beggars reste dans l’ombre des groupes principaux des membres, que cela joue sur son succès ?

C’est possible oui, mais nous prenons plaisir à jouer une musique qui est moins « importante ». Pour Spiritual Beggars, c’est plus une question de nous retrouver, de jouer de la musique, d’amitié et de nous faire plaisir. Le succès passe au second plan. Nous ne nous focalisons pas vraiment sur le reste.

Il semblerait que pour toi Spiritual Beggars est uniquement un groupe pour le plaisir, que vous ne cherchez pas vraiment à gagner en reconnaissance.

Je n’ai jamais recherché la reconnaissance avec quoi que ce soit que j’ai pu faire. J’ai toujours joué pour le plaisir. C’est important d’aimer ce que l’on fait, d’aimer la musique. Comme tu le disais, nous ne sommes pas un groupe à carrière et nous ne cherchons pas à avoir une carrière avec Spiritual Beggars. C’est clairement vrai. Pour tout te dire, cela nous offre beaucoup de liberté dans le sens où nous nous moquons complètement de savoir ce que les gens pensent de ce nouvel album. (rires)

Arch Enemy et Spiritual Beggars sont deux groupes très différents, ces changements d’un groupe à l’autre vous permettent d’apporter un peu de sang neuf aux compositions. Est-ce que cela vous permet de garder un certain niveau d’inspiration en ne restant pas fixé à un seul et unique projet ?

Oui, je pense que c’est une description correcte.

Est-ce qu’une tournée pourrait réunir Spiritual Beggars, Grand Magus et peut être l’un des groupes de Spice un de ces jours ?

Tout est possible (rires) mais rien n’est prévu pour l’instant.

Où en êtes vous maintenant avec Arch Enemy ? Rise Of the Tyrant a déjà quelques années et The Root of all Evil est sorti presque au même moment. Les fans attendent forcément le prochain album.

Oui, nous le savons, c’est pourquoi nous sommes en train d’en composer un nouveau, cela fait déjà un moment que nous écrivons. Je crois que maintenant nous sommes à mi-chemin, nous allons pouvoir enregistrer très prochainement, je pense que l’album pourra sortir avant l’été 2011.

Connais-tu déjà le chemin musical que vous allez emprunter pour cet album ?

Il y aura des titres rapides, beaucoup de mélodies… (rires) Cela sera du metal extrême.

Tu étais au Hellfest cette année. Tu as joué à la fois avec Arch Enemy et avec Carcass, comment as-tu vécu cette expérience ?

Je ne jouais pas le même jour alors cela n’était pas physiquement épuisant. Le Hellfest est génial ! C’est vraiment super et important pour la scène metal française d’avoir l’un des plus grands festivals européens.

Si ma mémoire est bonne, tu as joué avec Carcass juste après Alice Cooper. N’était-ce pas trop difficile de jouer juste après le grand show à l’américaine d’Alice Cooper?

Non, j’essayais de voir un peu de sa performance mais j’étais occupé avant le concert. C’est l’avantage de ces festivals, il y a plein de rock et de metal différents mélangés le temps d’un week-end, c’est vraiment extra. C’est ce qui me plait dans ces festivals : la diversité.

Au sujet de Carcass, n’avez-vous toujours pas d’album de prévu ?

Nous n’avons jamais eu de nouvel album en projet. La réunion était incroyable et la réaction des fans fantastique mais je ne crois pas que nous allons faire quoique ce soit d’autres pendant un moment. Nous travaillons sur un nouvel album avec Arch Enemy dont découlera une nouvelle tournée. Après tout, on ne sait jamais ce qu’il peut arriver, je ne dis jamais jamais car par exemple je n’aurais jamais cru que l’on se réunirait avec Carcass et au final on a passé un super moment ! Je ne ferme aucune porte, je suis ouvert aux suggestions.

Interview réalisée par phoner
MySpace Spiritual Beggars : www.myspace.com/spiritualbeggars



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