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Interview   

EPICA : ENTRETIEN AVEC AD SLUIJTER


Radio Metal : Au début de l’année, vous avez mené une tournée aux Etats-Unis avec Amanda Somerville au chant, alors que Simone se remettait d’une grave maladie. Peux-tu nous en dire plus sur cette partie de la tournée ? Comment était-ce de jouer avec Amanda ?

Ad Sluijter
: Amanda était notre chanteuse de secours. Nous ne savions pas si Simone serait suffisamment remise pour partir aux Etats-Unis, et on ne peut pas annuler une tournée la veille de son lancement. Nous espérions que Simone aurait recouvré suffisamment de forces, mais dans le cas contraire, Amanda devrait la remplacer. Quelques jours avant le début de la tournée, il est devenu évident que Simone n’était pas guérie, alors nous avons décidé de partie avec Amanda. C’était formidable, Amanda a fait du très bon boulot. Comme c’est une de nos proches amies, elle connaissait déjà toutes les chansons par c?ur. Ça n’a pas été trop difficile pour elle de remplacer Simone. La seule chose dont nous avions un peu peur, c’était la réaction du public, étant donné que beaucoup de spectateurs viennent aux concerts pour Simone. Heureusement, le public a très bien réagi et a accordé à Amanda tout le respect qu’elle mérite. Nous sommes très heureux d’avoir pu faire cette tournée, elle a été excellente.

Au contraire de nombreux groupes européens, notamment les groupes à chanteuse, vous avez commencé très tôt à tourner aux Etats-Unis, dès votre premier album. Comment expliques-tu cela ?

Si l’on se rend à l’étranger très tôt, il est aussi facile d’y faire son trou que ça ne l’est dans son propre pays. De la même façon, nous sommes très rapidement allés en Belgique, en Allemagne et en France. Beaucoup de groupes choisissent de jouer dans leur pays pendant des années et sont déçus par le résultat de leurs premiers concerts à l’étranger, tant au niveau des recettes que du public. Alors ils abandonnent tout et retournent chez eux. Nous voulions tourner à l’étranger le plus tôt possible. Toutes les offres ne valaient pas le coup, bien sûr, mais nous avons eu la chance d’en recevoir de très intéressantes dès nos débuts. Partir en tournée si tôt a été une très bonne chose. C’était parfois un peu difficile, car on n’attire pas toujours beaucoup de monde quand on débute, mais c’est un bon moyen de se faire de la promo. Au fur et à mesure des tournées, nous avons attiré davantage de public et reçu davantage de retours. Je crois vraiment que nous avons pris la bonne décision.



(Al) : « Ce n’est pas la première fois que nous abordons le sujet de la religion. Nos précédents albums, particulièrement « The Phantom Agony », contenaient eux aussi ce mini-concept. Mark a écrit la majeure partie de « The Divine Conspiracy », il trouvait intéressant de se pencher davantage sur ce sujet. »

Dans la dernière interview qu’elle a accordée à Radio Metal, Simone nous a dit que vous cherchiez un batteur permanent. Au final, ce batteur n’est autre que Ariën van Weesenbeck, avec qui vous avez enregistré « The Divine Consiracy ». Que s’est-il passé ?! Qu’avez-vous fait pour convaincre Ariën de rejoindre le groupe ?

En fait, rien du tout ! Lorsque notre ancien batteur a quitté le groupe, nous nous sommes mis à la recherche d’un nouveau batteur, mais nous ne voulions pas entrer en studio avec quelqu’un que nous connaîtrions à peine. Nous n’étions qu’à un mois de l’enregistrement, alors nous avons décidé de contacter Ariën, qui était un de nos amis. Il avait d’ailleurs participé à un autre projet avec Coen [Jansen, claviers]. Nous lui avons demandé de se joindre à nous pour enregistrer cet album, ce qui nous laissait un peu de temps pour chercher un batteur permanent. Nous lui avons bien sûr également demandé de rejoindre le groupe, mais il participait déjà à GOD DETHRONED, et il ne pensait pas qu’il était possible de combiner les deux. Ariën a accepté de devenir musicien de session, et peut-être de participer à quelques concerts.


C’est exactement ce qui s’est passé : il a enregistré l’album et a joué plusieurs fois avec nous. Comme il ne pouvait pas être là tous les soirs, nous avons engagé un autre batteur néerlandais, Koen Herfst, et nous passions de l’un à l’autre. Entre-temps, nous avons auditionné pas mal de gens, mais aucun n’était vraiment convaincant. Finalement, comme il ne jouait pas énormément avec GOD DETHRONED, Ariën a décidé de combiner son groupe et EPICA. Pour être honnête, il n’était pas très emballé par notre musique avant de jouer les chansons sur scène. GOD DETHRONED est un groupe de metal très direct, avec des blast beats et des doubles basses, mais avec EPICA, il avait la possibilité de se diversifier. C’est ce qui lui a plu. Malheureusement, peu de temps après qu’Ariën a accepté de rejoindre le groupe, GOD DETHRONES a décidé de donner davantage de concerts. Ariën a dû quitter GOD DETHRONED pour rester avec nous. Au final, nous avons résolu le problème, mais ça n’a pas été facile. Beaucoup de gens nous demandent encore pourquoi Ariën n’apparaît pas dans le livret en tant que membre du groupe.

2008 a marqué votre quatrième participation au Metal Female Voices Fest, en Belgique…

Ce n’était pas la cinquième ? Je crois que nous n’avons manqué qu’une ou deux éditions…

Tu es plus au courant que moi, tu dois avoir raison ! Peux-tu nous expliquer quelles sont les différences entre un concert traditionnel et un festival ? Un public plus large, j’imagine…

Parfois, effectivement. Quand on joue à un festival non metal, on peut toucher des gens qui n’auraient jamais prêté à notre musique en temps normal. Dans le cas d’un festival metal, on essaie de toucher les gens qui sont d’habitude plus intéressés par d’autres sous-genres. Lorsqu’on donne un concert en tête d’affiche, le public est là pour nous. C’est la principale différence : pas besoin de convaincre les spectateurs de nos capacités. Il est évidemment plus facile de jouer pour un public acquis à votre cause, mais les festivals comme les concerts ont des côtés positifs et des côtés négatifs. C’est aussi un défi que d’essayer de convaincre un public qui n’est pas intéressé par votre musique.

Pourquoi avoir choisi d’écrire un album sur la conspiration montée par Dieu contre les mortels ? Etait-ce une façon de dire que les Hommes doivent s’aimer les uns les autres et ne pas se battre pour des questions de religion ?

Ce n’est pas la première fois que nous abordons le sujet de la religion. Nos précédents albums, particulièrement « The Phantom Agony », contenaient eux aussi ce mini-concept. Mark a écrit la majeure partie de « The Divine Conspiracy », il trouvait intéressant de se pencher davantage sur ce sujet. Il a lu un livre qui évoquait cette théorie et a décidé de l’adapter en chanson. C’est comme ça que ça a commencé : Mark trouvait l’idée intéressante et voulait écrire un concept album à ce sujet.

Certaines personnes ont dû être particulièrement agacées à la lecture des paroles de “The Divine Conspiracy”, plus particulièrement celles de “Fools Of Damnation” ou, pire encore, “Living A Lie”, où vous allez jusqu’à utiliser une prière catholique, la prière de Fatima. Avez-vous reçu des critiques de la part de groupes religieux par rapport aux paroles ou à l’album en lui-même ?

Oui. Nous recevons beaucoup d’e-mails ou de messages sur MySpace. Je trouve très injuste de nous juger de cette façon. Certaines personnes font preuve de beaucoup de subtilité dans leurs critiques, mais d’autres n’hésitent pas à nous dire que nous allons mourir si nous continuons comme ça. Nous ne prétendons pas que toutes les religions sont bonnes à jeter ; notre message est que toutes les religions ont leurs bons et leurs mauvais côtés. En gros, il n’y a qu’une seule religion, mais les gens ne l’ont pas encore compris. Le concept de l’album est de faire comprendre aux gens qu’il n’y a pas plusieurs religions, mais une seule.

Le concept de “The Embrace That Smothers” a pris fin avec “The Divine Conspiracy”. Penses-tu qu’une nouvelle série verra le jour avec le prochain album ?

“The Embrace That Smothers” ou “A New Age Dawns” sont des concepts basés sur les paroles. Je pense que nos paroles auront toujours un thème central, mais je ne sais pas si ce thème sera la religion. “The Embrace That Smothers” a déjà suffisamment exploré ce sujet.

En octobre, vous avez donné deux concerts pyrotechniques avec l’artiste Medusa ; vous avez également donné un concert avec un orchestre en Hongrie, concert au cours duquel vous avez par exemple joué le thème de Star Wars, et vous avez récemment ajouté des effets visuels à vos concerts. On dirait que vous vous efforcez de vous différencier des autres groupes de metal à chanteuse…

Le but n’est pas de nous différencier des autres groupes, mais plutôt de porter nos concerts au niveau supérieur. Les gens qui viennent nous voir veulent du neuf. Nous explorons différentes façons de rendre nos spectacles plus intéressants – effets visuels ou pyrotechniques, guests… La projection vidéo est quelque chose que nous pouvons sans doute développer davantage. Nous avons donné trois concerts avec des effets visuels sur quelques chansons, et je pense que nous pouvons vraiment faire quelque chose d’intéressant avec ça. C’est un bon moyen de rendre nos concerts plus intéressants. Pour l’orchestre, c’était un peu différent. Nous avons été invités à jouer au festival de Miskolc. Ce festival dure une semaine, il y a de la musique partout, plus de 300 artistes et un groupe invité à jouer avec un orchestre. L’an dernier, c’était THERION, et cette fois, c’était notre tour. L’idée était de jouer de la musique classique avec l’orchestre, et de nous faire accompagner par l’orchestre pour des chansons d’EPICA. Le concert a été enregistré, et nous espérons en tirer un album live. Ce n’était pas tout à fait la même chose que lorsqu’on invite des guests ou qu’on s’offre des effets pyrotechniques.

Nous allons conclure cette interview avec une question classique : avez-vous déjà commencé à travailler sur le prochain album ? Si oui, à quoi peut-on s’attendre ?

Nous avons commencé à travailler sur un nouvel album, en effet. Mark a déjà écrit pas mal de choses, et nous essayons de transformer tout ça en album. Je ne sais pas trop quand cet album sortira, mais nous allons probablement commencer à l’enregistrer en janvier. Si tout se passe bien, nous pourrons peut-être sortir l’album en septembre.

Vous allez donc briser le rythme de vos sorties ?

Je crois que notre premier album en sorti en 2003, le second en 2005, le troisième en 2007… Et le prochain sortira sans doute en 2009 !

Un album tous les deux ans, en somme…

Nous avons aussi sorti “The Score” en 2005, ce qui fait deux albums en un an, mais c’est la seule fois où nous avons fait cela.

Vous avez également sorti “We Will Take You With Us”, mais celui-ci était un peu différent, puisqu’il s’agissait d’un live en studio…

Nous en avons également fait un DVD. Une émission néerlandaise appelée « Two Meter Sessions » invite souvent des groupes en studio pour faire de la musique acoustique. Nous avions vraiment envie de nous lancer, mais nous voulions faire plus que de l’acoustique pour éviter l’ennui. Nous avons donc décidé de jouer en électrique, comme pour un concert normal. Puis nous avons eu l’idée d’inviter un orchestre et une chorale en studio. La journée a été intense ! Nous n’avions absolument pas répété, heureusement que la plupart des musiciens qui nous accompagnaient avaient enregistré l’album avec nous. L’ensemble à cordes n’était pas le même que pour l’enregistrement. C’était dingue, ce n’est pas possible de tout enregistrer en une seule journée quand on n’a pas du tout répété. La plupart des chansons ont été enregistrées en une seule prise, ce qui est assez intense. En fait, c’était principalement un enregistrement DVD. Nous avions l’intention d’en faire un bonus sur notre deuxième album, mais nous avons tellement aimé le résultat que nous avons finalement décidé de le sortir tel quel. On nous demande souvent pourquoi nous avons sorti un DVD si tôt après la sortie de notre premier album, mais nous aimions trop le résultat pour attendre !

Date : 21 novembre 2008 à Paris
MySpace Epica : myspace.com/epica



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