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Interview   

EPICA : ENTRETIEN AVEC SIMONE SIMONS


EPICA est devenu, au fil du temps, un groupe majeur de la scène Metal. Simone Simons, la jolie chanteuse du combo hollandais, nous a accordé un long entretien lors du passage d’Epica à Villeurbanne. Retrouvez l’interview de Radio Metal ci-dessous !

Radio Metal : Parlons un peu du nouvel album. Au contraire de beaucoup de formations de Metal à chanteuse, vous vous êtes tournés vers un style plus extrême. Pourquoi ?

Simone Simons : Nous en sommes déjà à notre troisième album et il y a eu pas mal de changements au sein du groupe. Au début, nous n’avions plus de batteur, plus de maison de disques… Pour notre troisième album, nous nous devions de faire quelque chose de spécial. Sue les deux premiers opus, nous étions plus ou moins à la recherche de notre style, de notre identité. Cette fois, nous les avons trouvés. Nous avons un nouveau batteur, ce qui apporte un changement considérable. Le mixage est également très différent, les guitares sont bien plus présentes. Les chansons sont plus longues, plus agressives, plus complexes. Les caractéristiques qui faisaient EPICA sont toujours là, mais nous sommes passés un cran au-dessus.

Etes-vous tentés de devenir l’EVANESCENCE européen ?

Non. Personnellement, je n’aime pas EVANESCENCE, et je n’aimerais pas qu’on nous compare à eux. Ils font du rock très commercial, tandis qu’EPICA est beaucoup plus ciblé Metal. Nous avons des vocaux masculins très agressifs, notre musique est plus complexe. EPICA appartient à la scène metal, alors qu’EVANESCENCE est un groupe très pop-rock.

Les sujets abordés par The Divine Conspiracy semblent aller plus loin que les histoires d’épées et de dragons propres à votre style. Peux-tu nous en dire plus ?

Nous n’avons jamais rien écrit à propos de dragons et de châteaux. The Divine Conspiracy est un concept album. Il raconte que les différentes religions ont été créées par Dieu pour poser un défi à l’humanité : serions-nous capables de comprendre que toutes les religions transmettent le même message, et qu’il n’y a pas différents dieux, mais un seul ? Une fois que nous aurions compris cela, les guerres de religion s’arrêteraient, nous nous respecterions les uns les autres, et tous seraient libres de croire ce qu’ils veulent.

Toi-même, crois-tu en Dieu ?

Je crois en quelque chose qui nous donne de la force, mais je n’appelle pas cette entité Dieu. Je ne prie pas et je ne vais pas à l’église.

Pourquoi avoir utilisé ce style très arabisant sur cet album ? Est-ce toi qui as composé les parties de clavier ? J’ai lu quelque part que tu jouais du piano lorsque tu étais plus jeune…

Je n’ai jamais joué de piano ! C’était sans doute une question pour Mark (ndlr : Mark Jansen, principal compositeur du groupe)… J’apprends le piano en ce moment-même, mais quand j’étais plus jeune, je jouais de la flûte. Ces sonorités arabisantes sont une idée de Mark. C’est lui qui compose, et il adore la musique arabe. Je trouve que ça correspond très bien à nos paroles. Ce côté arabisant se retrouve dans les trois dernières chansons de The Embrace that Smothers, il se marie très bien au concept.

Mark a déclaré être un fan de Metal extrême, ce qui transparaît sur le nouvel album. Qu’en est-il pour toi ? Quelles sont tes influences, les groupes que tu aimes particulièrement ?

Pour ce qui est du Metal, j’adore OPETH et RAMMSTEIN. D’un point de vue plus rock, j’écoute beaucoup MUSE. Les chanteuses que j’écoute le plus sont Imogen Heap ou Katie Melua – pas très Metal ! Je ne cherche pas vraiment à m’inspirer d’autres chanteuses. Je me laisse simplement guider par mes émotions et ce qui me paraît confortable. Je ne veux pas ressembler aux autres chanteuses, c’est pour cela que j’essaie de faire quelque chose qui me correspond.


Une fois de plus, vous avez fait appel à Sascha Paeth, le producteur de nombreux groupes de Metal symphonique, pour produire votre album. N’avez-vous pas peur d’un son stéréotypé ? N’aimeriez-vous pas essayer un producteur plus grand public, ou au contraire plus axé extrême ?

Nous avons traversé une période difficile (pas de batteur, pas de maison de disques…), et nous avons décidé de travailler avec Sascha parce que nous savons que le produit fini est toujours satisfaisant. Pour cet album, cependant, nous lui avons explicitement demandé de faire un mixage différent. La différence par rapport aux deux premiers albums est flagrante. Le résultat est moins lisse, moins gentillet et parfait. Jusqu’à présent, travailler aux Gate Studios avec Sascha, Miro et Amanda a toujours porté ses fruits. Nous ne savons pas encore ce que nous ferons pour les prochains albums, mais pour celui-ci, cette collaboration nous paraissait parfaite. Nous sommes très satisfaits du résultat final.

Tu as participé à un projet appelé AINA. C’est sur album que j’ai entendu ta voix pour la première fois. Il n’y a pas eu beaucoup de publicité autour de ce projet. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Effectivement, c’était il y a un petit moment. Nous étions en train d’enregistrer Consign to Oblivion quand on m’a demandé de chanter sur cet opéra metal. C’était une idée de Transmission Records, ils me voulaient absolument sur ce projet. Mais tout était déjà pratiquement fini, et ils m’ont rajouté une petite ligne de chant. Ce n’était pas exactement une priorité pour Transmission Records, ils ont eu pas mal de problèmes avec les gens qui ont écrit l’album. Transmission Records n’existe même plus aujourd’hui, donc j’ignore s’ils vont rééditer l’album. C’est un très bon disque, et il mériterait plus de publicité, mais ça n’a pas vraiment marché.

Dans une précédente interview pour Radio Metal, tu déclarais que le nouvel album était dédié à Theo Van Gogh. Peux-tu préciser ?

Theo Van Gogh était un provocateur néerlandais. Il a réalisé quelques films, il écrivait dans des journaux, et il avait une opinion très tranchée sur la culture islamique, notamment sur la place de la femme. Il a tourné des films très explicites sur les femmes musulmanes. Il a été assassiné il y a trois ans. C’était un homme qui savait ce qu’il voulait. Il pouvait parfois se montrer très arrogant, mais c’est tout même vraiment dommage qu’il ait été tué. Une chanson de notre album, Safeguard to Paradise, lui est dédiée.

En tant qu’artiste, ce meurtre t’a-t-il touché ? Comme par exemple celui de Dimebag Darrell…

C’est une drôle d’histoire, même si je ne connais pas tous les détails de la mort de Dimebag Darrell. Mais en tant qu’artiste (et pas seulement musicien), on se doit d’exprimer notre point de vue, et parfois, ce point de vue dérange. Il est très inquiétant que certaines personnes soient prêtes à tuer parce que quelqu’un a une opinion différente de la leur. Les paroles de nos chansons ne parlent pas de la pluie et du beau temps, nous laissons aux gens la possibilité de réfléchir à leur sens. Nous ne forçons personne à penser comme nous. Laisser aux gens la liberté de croire ce qu’ils veulent est très important.

As-tu parfois peur de ton statut, de ta célébrité ?

EPICA n’est pas connu au point que nous ayons besoin de gardes du corps – sauf peut-être au Mexique, où les gens essaient toujours de te toucher, de t’approcher. Les choses sont évidemment un peu plus difficiles pour moi, parce que je suis la chanteuse, le visage du groupe, celle qui donne les interviews… J’ai parfois du mal à supporter le manque d’intimité, j’aimerais vraiment en avoir davantage. Je ne crois pas qu’être aussi célèbre que Madonna me plairait…

Comment se passe la tournée avec SONATA ARTICA ?

Jusqu’à présent, nous avons donné de super concerts, dont la moitié à guichets fermés. Nous avons même joué en Suède, où nous n’étions encore jamais allés. Les fans de SONATA ARTICA qui ne connaissaient pas EPICA aiment beaucoup notre musique. Tout le monde sur la tournée est très sympa, tout se passe très bien.

Maintenant, vous êtes assez connus pour tourner en tête d’affiche, est-ce prévu ?

Nous reviendrons en France au mois de février. Nous donnerons quelques concerts en tête d’affiche, ce qui nous donnera la possibilité de jouer un peu plus longtemps que 50 minutes !

Quelle est la situation actuelle concernant votre batteur ?

Nous avons deux batteurs de sessions qui travaillent avec nous. Pendant la tournée aux Etats-Unis, nous jouions avec Ariën van Weesenbeek, qui a participé à l’album. Actuellement, nous tournons avec Koen Herfst, qui est lui aussi très doué. Malheureusement, tous les deux ont déjà leurs propres groupes, mais ce sont les meilleurs batteurs avec qui nous ayons travaillé, et nous aimerions beaucoup continuer avec eux. Nous avons fait passer quelques auditions, mais personne ne leur arrivait à la cheville. Donc nous attendons toujours.

Cherchez-vous un batteur permanent, ou plutôt un musicien de session ?

Nous avons auditionné un Brésilien et un Hollandais qui étaient assez bons. Mais Ariën a fait un tel boulot sur le nouvel album que nous aurions l’impression de faire un pas en arrière en choisissant quelqu’un de moins doué. Nos critères de sélection sont très élevés.

Vous êtes aujourd’hui en bons termes avec AFTER FOREVER. Peut-on espérer une tournée ensemble ?

Un jour, peut-être. Je n’en sais rien. Pour le moment, les gars d’AFTER FOREVER sont occupés de leur côté. Sander a participé à notre album : il chante sur Death of a Dream, l’une des dernières parties de The Embrace that Smothers, un concept que Mark avait lancé quand il était encore chez AFTER FOREVER. La boucle est bouclée. Il n’y a plus d’animosité entre nos deux groupes, nous sommes amis à présent. J’aimerais beaucoup tourner avec eux un de ces jours. La tournée est prévue pour EPICA jusqu’au mois de mai, mais après, pourquoi pas !

Entretien réalisé à Villeurbanne le 14 novembre 2007

Traduction : Saff’

Myspace Epica : www.myspace.com/epica
Site Internet EPICA : www.epica.nl



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