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Interview   

EPICA : ENTRETIEN AVEC SIMONE SIMONS



Radio Metal : Tu as souffert de graves problèmes de santé au début de l’année. Comment te portes-tu aujourd’hui ?

Simone Simons (chant) : Je vais très bien, merci. L’année dernière a été trop intense pour moi ; j’ai travaillé trop dur, je n’ai pas écouté ce que mon corps me disait et j’ai dû faire une pause. Mais aujourd’hui, je suis de retour, prête à tourner et à chanter. J’ai également appris à écouter mon corps – faire des tournées peut s’avérer très stressant.

Tu as donc recouvré toutes tes capacités vocales et physiques ?

Mes capacités vocales n’ont jamais souffert, c’était seulement mon corps. J’étais épuisée. Je pouvais toujours chanter mais j’avais du mal à me déplacer.

Tu as été remplacée par Amanda Somerville. Comment as-tu vécu cette partie de la tournée ?

Amanda m’a remplacée pendant la tournée aux Etats-Unis, en avril. Nous avons beaucoup discuté pour savoir si le groupe allait poursuivre la tournée si j’étais toujours malade. Un peu avant la tournée, je suis allée voir le médecin, qui m’a dit qu’il était préférable que je reste chez moi. Comme les garçons voulaient vraiment faire cette tournée avec SYMPHONY X, nous avons réfléchi et décidé qu’Amanda était la personne la plus à même de me remplacer. Elle connaît le groupe, elle fait pratiquement partie de la famille, et elle est Américaine, c e qui était un gros avantage pour la tournée aux Etats-Unis. Ça s’est très bien passé. Beaucoup de fans ont apprécié sa performance – après tout, sa voix n’est pas très différente de la mienne. Elle a fait un boulot formidable, heureusement qu’elle était volontaire. Malgré tout, ce n’était pas facile pour moi : EPICA est mon groupe, j’aurais aimé être sur scène avec les garcons.

La dernière fois que nous t’avons rencontrée, EPICA faisait la première partie de SONATA ARCTICA. Aujourd’hui, vous êtes en tête d’affiche, ce qui signifie également que tu as davantage de responsabilités. Sur le long terme, comment préserves-tu ta voix ?

Je dors beaucoup, je mange équilibré, je ne fais pas la fête, je ne bois pas, je ne fume pas… Les garçons traînent souvent beaucoup avec nos fans, mais pour moi, c’est impossible, car cela impliquerait évidemment de leur parler. Les chanteurs ont tendance à tomber facilement malades, et les chances d’attraper un rhume sont très élevées lorsque l’on s’adresse à quelqu’un. Je dois garder mes distances et beaucoup me reposer.



(Simone) : « Sur scène, je suis toujours naturelle. Même si je joue un peu la comédie, je suis toujours moi-même et je m’éclate. Le public s’en rend bien compte, et il y a beaucoup d’interaction entre nous : ils s’éclatent, et moi ça m’éclate de les voir s’éclater ! C’est un véritable échange d’énergie. »

Tu as gagné beaucoup de confiance en toi ces dernières années, et tes performances scéniques ne cessent de s’améliorer. As-tu des méthodes particulières pour gérer le stress et être une meilleure chanteuse ?

Merci ! Je crois qu’il est important de se sentir bien avec soi-même. Quand j’ai rejoint EPICA, je n’étais qu’un bébé. Après six ans, mes capacités vocales se sont développées. Je ne sais pas vraiment comment j’ai réussi à améliorer mes performances scéniques. Je crois que ça vient du changement dans notre musique, des changements dans le groupe. J’adore être un peu fofolle sur scène et secouer la tête dans tous les sens. C’est une de mes caractéristiques : sur scène, je suis toujours naturelle. Même si je joue un peu la comédie, je suis toujours moi-même et je m’éclate. Le public s’en rend bien compte, et il y a beaucoup d’interaction entre nous : ils s’éclatent, et moi ça m’éclate de les voir s’éclater ! C’est un véritable échange d’énergie.

Pendant un concert, tu disparais parfois de scène pendant quelques minutes. Que fais-tu à ce moment-là ?

En règle générale, je retourne en coulisses pour boire, me recoiffer, arranger mon maquillage, me détendre, me sécher… Je vais aussi aux toilettes, et il m’arrive de regarder le concert.


Un ami de notre cameraman [note : Seb’], qui vit en Tunisie, lui a raconté que vous aviez joué là-bas devant 3 000 personnes. Il était très impressionné. La Tunisie est un petit pays, et le metal ne donne pas l’impression d’être le genre musical le plus populaire en Afrique du Nord. Qu’as-tu pensé de ce concert ?

J’ai entendu dire que nous étions le premier groupe de metal à venir jouer à Tunis, la capitale. Quand on nous a proposé ce concert, nous avons immédiatement accepté, car nous adorons visiter de nouveaux pays et voir de nouvelles têtes. On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. En fait, c’était très strict, nous étions entourés de policiers. Après le concert, la police a même volé l’argent du promoteur, qui a fait faillite. Des policiers sont venus en coulisses avec des bergers allemands car ils pensaient que nous cachions de la drogue. Le concert en lui-même était extraordinaire, les gens étaient ravis que nous ayons fait le déplacement. Le concert s’est très bien passé, nous en gardons un très bon souvenir.

Les pays du sud, comme le Brésil ou la Tunisie, semblent être un nouvel Eldorado pour le metal. Es-tu d’accord avec cette vision des choses ?

Ce sont des pays où on peut faire de très bonnes tournées. Il me semble que NIGHTWISH a fait une quinzaine de concerts au Brésil. Nous n’en avons pas fait autant, nous avons seulement donné quatre concerts au Brésil pendant cette tournée. Le public est toujours ravi que nous venions, les gens sont dingues, mais dans le bon sens du terme ! Ils sont passionnés, et l’énergie que dégage notre musique leur parle beaucoup – aussi bien les passages agressifs que les passages plus lents. En plus, ils adorent les groupes à chanteuse, donc nous avons beaucoup de chance !

Vous avez repris et enregistré « Crystal Moutain », qui est à l’origine une chanson du groupe DEATH. J’imagine que cette décision est venue de Mark. Tu n’es pas très présente sur cette chanson. Si on te laissait le choix, quelle chanson aimerais-tu reprendre ?

Très bonne question ! En fait, je chante bel et bien sur « Crystal Mountain », je fais les ch?urs. La reprise dont tu parles doit-elle être une chanson metal ? Je ne sais pas du tout quel titre choisir… J’adore chanter « Memory », on peut dire que c’est une reprise. C’est une chanson que je pourrais chanter en permanence, mais notre claviériste ne l’aime pas beaucoup. Tant pis (note : en français dans le texte) !

Une reprise est-elle envisageable sur le prochain album ou sur un prochain single ?

Nous avons déjà enregistré « Memory » pour notre premier DVD. Pour l’instant, nous n’avons pas encore envisagé d’enregistrer une reprise pour le prochain album, mais quand nous l’aurons bouclé et qu’il sera temps de sortir des singles, nous y penserons peut-être. Les gens aiment bien avoir une chanson bonus sur les singles.

EPICA est un groupe qui communique beaucoup avec ses fans – à tel point qu’il est parfois difficile pour les journalistes de trouver de nouvelles questions à vous poser ! J’imagine que vous faites ça principalement pour vos fans, mais n’est-ce pas également un moyen d’éviter ou de contrôler les rumeurs ?

Il y a toujours des choses à découvrir, c’est aux journalistes de trouver de nouvelles questions ! C’est comme ça qu’on se retrouve avec des interviews intéressantes au lieu de répondre tout le temps aux mêmes questions. Les fans ont le droit de poser des questions et de communiquer avec le groupe. Au début, nous acceptions toutes les interviews parce que nous n’étions que des amateurs. Aujourd’hui, nous essayons de sélectionner les interviews pour garder un peu d’exclusivité. Mais les garçons adorent parler avec les fans, donc c’est à eux qu’il faut vous en prendre !

Pour beaucoup, tu es un objet de désir (pour les hommes) ou de jalousie (pour les femmes). La plupart des métalleux seraient prêts à se couper un bras pour être avec toi…

J’espère que non ! Mon copain a besoin de ses deux bras pour jouer du clavier !

Le public a tendance à se montrer très dur envers les musiciens, notamment sur Internet. Comment gères-tu les rumeurs concernant ta vie privée ou ton attitude ? La rumeur te dit un peu fière…

Il y a beaucoup de jaloux. Ces gens-là pensent que ce boulot est tout rose, mais je n’aime pas vraiment recevoir tant d’attention. J’aime avoir mon jardin secret. Je n’ai aucune envie de devenir super connue, car je n’aurais plus aucune liberté. Dans ces cas-là, les gens vous suivent partout et se forgent une fausse image de vous. Ce n’est pas très juste de juger les gens après les avoir rencontrés une seule fois, alors qu’ils étaient de mauvaise humeur. Je suis quelqu’un de bien. Je ne suis pas arrogante : je sais ce que je veux, et ça fait toute la différence ! Je respecte les gens, et je veux être respectée.

Nous allons terminer l’interview avec une question très importante : je crois savoir que tu es blonde. Pourquoi te teindre en roux ?

Je ne suis pas blonde, je suis châtain foncé, mais mes cheveux sont très clairs sur le devant. J’adore le roux, je trouve que ça me va beaucoup mieux que ma couleur naturelle. Je porte cette couleur depuis neuf ans. Ça me correspond complètement. Je ne suis pas née avec cette couleur, mais c’est ainsi que je me vois et c’est ainsi que je veux paraître.

C’est très joli !

Merci !

Entretien réalisé le 11 novembre 2008 à Villeurbanne
Traduction par Saff’

MySpace Epica : myspace.com/epica




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