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Metalanalyse   

Epica perpétue son univers


C’est un fait, dans son usage le plus courant, le terme « Metal Symphonique » est un raccourci, par ailleurs assumé, faisant plus référence à l’ajout d’éléments de la musique classique (chœurs, orchestre, piano, chant lyrique…) à une formation metal de base qu’à un véritable mélange où l’on ferait se rencontrer deux manières de composer différentes. Or, un style ne se résume pas à l’utilisation d’un instrument. L’influence de la musique classique s’entend par exemple bien plus en termes de composition chez des représentants d’un style comme le metal néoclassique, tels que Yngwie Malmsteen ou Adagio, que chez un Within Temptation. Et, jusqu’à présent, Yngwie Malsteen n’a fait qu’épisodiquement appel à un orchestre et Adagio pas encore.

Tout alambiqués qu’ils soient, les titres les plus épiques de Nightwish ou Epica puisent plus leur inspiration de musiques de film que de symphonies. De manière, là encore, tout à fait assumée, d’ailleurs. La passion de Tuomas Holopainen (Nightwish) pour les musiques de film n’est un secret pour personne. Il en va de même pour Epica, qui a même par le passé enregistré un album instrumental, The Score, pour faire office de musique de film. Mais là n’est pas le propos : qu’il s’agisse d’une symphonie ou d’une musique de film, la difficulté du mélange reste importante. L’importante part des orchestrations rend l’insertion de guitares ou de plans purement rock/metal difficile. En résultent bien souvent des albums typés « musique de film », « métallisés » par quelques grosses rythmiques de guitare.

Mark Jansen l’évoquait il y a un an et Simone Simmons nous l’a confirmé il y a quelques semaines en interview : l’album Design Your Universe est une grande fierté et représentera la pierre angulaire, le socle du groupe pour les albums à venir. Requiem For The Indifferent est le premier album à lui succéder. Effectivement, il s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur et intègre l’évolution majeure de celui-ci. Une évolution concernant d’une part la diversité des ambiances proposées et, d’autre part, la manière dont la guitare est intégrée dans l’ensemble. Sur les trois premiers disques, les orchestrations primaient sur la guitare dans la composition, cet instrument ne servant alors que de support rythmique et à « métalliser » le son, comme nous l’évoquions plus haut. Un support, dont on aurait presque pu se passer sans que cela ait une quelconque influence sur les compositions.

Ce qui n’est plus le cas depuis Design Your Universe : les riffs et leads sont plus élaborés et complètent l’ensemble musical. Il est déjà plus difficilement envisageable d’imaginer priver le groupe de ses guitares. Une dimension qui a pris d’autant plus d’importance sur ce nouvel album. Autant dans le mix que dans l’écriture pure, les guitares, la basse et la batterie, garants de l’aspect metal d’Epica ont un rôle équivalent aux orchestrations. Cet album contient par ailleurs beaucoup plus de soli de guitare que l’on a pu l’entendre sur les productions précédentes du groupe.

Requiem For The Indifferent se démarque en revanche de son prédécesseur (ainsi que des précédents d’ailleurs) par son aspect moins accrocheur, bien que moins extrême. Tout alambiqués qu’ils étaient, les albums d’Epica comportaient au moins trois ou quatre titres qui pouvaient potentiellement faire office de single. Sur ce disque, même les titres plus courts, y compris celui qui fait office de single, « Storm The Sorrow », s’insèrent dans la trame scénaristique, ce qui fait que Requiem For The Indifferent s’écoute plus dans son intégralité que morceau par morceau. En résulte l’impression, à la fin de l’écoute, de n’avoir pas retenu grand chose, d’avoir digérer la globalité de l’œuvre, tant aucun morceau, aucun hit ne s’en démarque particulièrement.

En résumé, et à l’instar de Design Your Universe, Requiem For The Indifferent est un de ces albums sur lequel le mélange et le dialogue entre la base instrumentale metal et les orchestrations sont les plus aboutis. Et au risque de sacrifier une part d’accroche et de perdre l’auditeur en recherche d’immédiateté, Epica fait le choix ici de ne pas faire de concession sur la trame de ce disque. Là où son prédécesseur représentait un habile compromis, prédécesseur dont on comprend pourquoi il est érigé au rang de pierre angulaire par le groupe, sorte de tronc commun à partir duquel il pourra choisir, à chaque disque de partir dans telle ou telle direction en accentuant tel ou tel aspect de la recette.



Laisser un commentaire

  • Aeralwind dit :

    Simone elle était pas sensée avoir quitté le groupe ?

    t1 c’est pire que plus belle la vie le métal … j’y pige keud’

    Aeralwind.

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  • ah dommage conclusion pour cet album, l’ancien ayant réussi a me faire aimer ce genre de metal. Pour moi les maitres dans l’art du mélange entre orchestre et metal c’est Dimmu Borgir, Puritanical, Death cult et Abrahadabra sont vraiment des « masterpiece »

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  • In The Woods dit :

    Je n’ai pu écouter de ce nouvel album que « the storm of sorrow » et tout comme « Metal’O Phil » je trouve que cela manque d’accroche. Le résultat est assez fadasse. Je m’étais particulièrement régalé avec « design you universe » qui effectivement est une pierre angulaire de la discographie du groupe, même si je reste très attaché à leur premier album (un point de nostalgie pointerait-il le bout de son nez :-)). Le metal symphonique à chant féminin existe depuis plus de 15 ans maintenant et je pense que le style s’épuise avec le temps, les groupes ont de plus en plus de mal à se renouveler sans que l’on est un sentiment de déjà entendu. J’attends donc de pouvoir écouter l’album dans son intégralité pour en avoir le coeur net. Merci à Metal’O Phil pour ses premières impressions

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  • « Moins extrème » mince alors moi qui m’attendais à écouter un Design your Universe 2, j’avais bien accroché à cet album et à ses tendances plus death groovy, espérons que ce ne sera pas une déception dans la lignée du dernier Within Temptation

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    Ivan

    Pour moi, le groupe qui a le mieux réussi le mélange métal + orchestre c’est Rhapsody, avec ses deux premiers albums : Legendary Tales et Symphony of the Enchanted Lands. Sur leurs derniers albums, je trouve que ça devient carrément moins intéressant, et plus proche des Within Temptation et consorts…

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