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Chronique   

Epica – The Holographic Principle


Epica - The Holographic Principle« Excellence. Puissance. Intelligence. Créativité. Ambition. » Il s’agit là de la première ligne du dossier de presse du nouvel album d’Epica, The Holographic Principle. Le ton est donné : on peut d’emblée oublier la sobriété et la modestie. Certes, il ne s’agit là que d’un dossier de presse, mais finalement celui-ci s’avère assez à l’image d’un album qui pousse les curseurs encore un peu plus loin. Et lorsque quelqu’un en fait des « caisses », on peut légitimement se poser des questions sur la solidité du fond. Tout ce qui est excessif est insignifiant, dit-on. Mais ne partons pas sur un a-priori, d’autant que l’album précédent, The Quantum Enigma, avait vu les Hollandais opérer une certaine remise en question, qui fut salvatrice au final. Et ce The Holographic Principle en est la suite directe, au niveau thématique tout du moins, puisqu’il reprend là où ils s’étaient arrêtés dans « la recherche de ce qui est réel » en questionnant le concept de réalité virtuelle et en demandant si notre vie n’est pas elle-même virtuelle, multiple, holographique, etc. Les lubies scientifico-philosophiques de Mark Jansen dans toute leur splendeur.

Et c’est d’ailleurs la recherche de la splendeur qui a poussé Epica à soigner plus que jamais la carrosserie en faisant appel à un maximum d’instruments réels (et non virtuels donc…), que ce soit des cuivres, cordes, bois et autres instruments ethniques. Epica met les petits plats dans les grands – si cela était encore possible pour un groupe déjà peu réputé pour faire dans la demi-mesure – pour livrer une production blockbuster explosive, avec une couche orchestrale belle, épaisse et organique dont la chanteuse Simone Simons sait bien tirer profit, avec un brin de théâtralité (« Tear Down Your Walls »). A l’écoute, les efforts dans ce domaine ne font aucun doute. Mais à trop se focaliser sur l’emballage, Epica n’en aurait-il pas un peu négligé les chansons en elles-mêmes ? C’est la question qu’on peut se poser au vu de certaines ficelles grossières, comme des narrations inutiles ou ces chœurs lyriques caricaturaux et écœurants. Les guitares qui, certes, parviennent à peu près à tenir tête au déluge orchestral, pêchent le plus souvent par des riffs sans grande inventivité et un son rythmique mal dégrossi qui ne cadre pas avec les ambitions affichées. Au bout du compte, c’est même la basse qui s’en sort le mieux.

En termes de construction des chansons, les atouts de The Quantum Enigma sont encore présents, mais seulement partiellement. Avec le refrain de « Edge Of The Blade » on retrouve la force d’un thème qui s’ancre en tête. D’autres chansons comme « A Phantasmic Parade » et ses teintes orientales, « Universal Death Squad » ou « The Cosmic Algorithm » ne manquent pas d’efficacité. D’un autre côté, inversement, le trio « Divide And Conquer », « Beyond The Matrix » et « Once Upon A Nightmare » qui truste le milieu d’album ne semble aller nulle part avec ses longueurs. Ne parlons même pas du final épique, pompeux et quelque peu fouilli « The Holographic Principle – A Profound Understanding Of Reality » qui cristallise tous les « vices » d’Epica.

Ce qu’on ne pourra toutefois pas leur reprocher, c’est d’avoir abandonné leurs élans métalliques. Outre les growls de Jansen, quelques passages thrashy – « Universal Death Squad » ou « Dancing In A Hurricane », même si avec sa première partie à coup de sitar, cordes orientales et percussions, puis ses cuivres à la Star Wars, ceci en fait une chanson quelque peu décousue – ou power – « Divide And Conquer » ou « Tear Down Your Walls » – auront vite fait de réveiller les cervicales. « Ascension – Dream State Armageddon » pousse même le bouchon en envoyant un blast beat, les faisant tomber pour de bon dans le metal extrême, renforçant par la même le sentiment de surenchère.

Il ne fait aucun doute que l’opus ravira les fans qui recherchent justement cette grandiloquence et démesure. The Holographic Principle, c’est du Epica élevé au carré. Pour les autres, ceux qui recherchent de la consistance derrière les artifices, tout ceci tend tout de même à manquer, d’une part, de thèmes forts au goût de « reviens-y », d’autre part, de retenue et subtilité.

Clip vidéo de la chanson « Edge Of The Blade » :

Lyric vidéo de la chanson « Universal Death Squad » :

Album The Holographic Principle, sortie le 30 septembre 2016 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici.



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