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Equilibrium : la genèse de Renegades


S’il y a un groupe qui au fil des années a fait du terme « épique » un de ses credos, c’est bien Equilibrium, et ce n’est pas son nouvel album Renegades, prévu pour dans un mois, qui démentira ce constat. Il suffit de voir la quantité d’éléments mis à contribution : trois chanteurs pour les voix claires et les growls, des tonalités folk metal, des clavier grandiloquents, de l’électronique et même un passage rappé, en plus de la base metal traditionnelle. On pourrait croire qu’avec un tel amalgame de sonorités, René Berthiaume, guitariste-chanteur et cerveau créatif du groupe, s’y perdrait, mais au contraire, Equilibrium, et en particulier Renegades, est un véritable terrain de jeu pour lui.

Avant de davantage discuter du contenu même de l’album et autres évolutions de line-up inaugurées par ce dernier, René partage avec nous le processus de réalisation de Renegades qui, à bien des égards, se démarque des précédents opus du combo. L’occasion de jeter un œil dans l’esprit d’un créatif et sur l’environnement dans lequel la magie a opéré.

René Berthiaume (guitare & chant) : Nous avons commencé l’année dernière à l’automne 2018. J’ai un petit home studio et généralement, je commence à écrire la musique là-bas, mais cette fois, il y avait des travaux de rénovation, donc j’ai dû déménager mes trucs dans un garage. Ce n’est pas une situation typique dans laquelle j’ai l’habitude de travailler sur la musique, mais d’une certaine façon il s’est avéré que c’était un bon environnement pour moi. C’était un peu chaotique autour de moi, donc j’ai vraiment dû me concentrer uniquement sur la musique et je ne pouvais pas être influencé par quoi que ce soit d’autre. Ceci était un peu différent pour moi, et puis il y avait un côté un peu old school que j’ai apprécié. Les premières chansons ont été créées comme ça, j’ai fait la majorité au clavier, avec une guitare et sur un ordinateur, pour la phase de composition. Ensuite, il se trouve que j’ai dû déménager dans le nord de l’Allemagne, et c’était encore une fois un environnement différent dans lequel travailler. Donc c’était très atypique pour moi. Généralement, comme je l’ai dit, je suis juste dans mon petit home studio pour travailler sur la musique, et cette fois c’étaient différents endroits, mais ça s’est fait de façon très intuitive. Je n’ai pas eu à beaucoup réfléchir, je n’ai fait que composer, composer et encore composer. Je ne sais pas, les idées, les chansons sortaient toutes seules. Pour moi, la partie la plus marrante, c’est vraiment le processus de composition, le premier processus : écrire la musique, façonner les sons, sélectionner les instruments qu’on veut utiliser, etc.

Ce qui est marrant, c’est qu’avant j’avais besoin d’avoir des images autour de moi, d’écouter de la musique ou de jouer à des jeux vidéo afin d’être dans un certain état d’esprit pour composer. Par exemple, pour l’album Erdentempel, à l’époque je jouais beaucoup à Skyrim [petits rires]. Je jouais pendant deux heures avant de commencer à composer quoi que ce soit. Mais ceci a disparu maintenant ; cette fois ce n’était pas nécessaire. L’inspiration vient simplement de l’intérieur de moi, ça a beaucoup changé. Chaque jour, je pouvais me poser devant l’ordinateur et commencer à écrire. Je ressentais qu’il y avait vraiment beaucoup de choses en moi à ce moment-là que je voulais faire sortir et écrire, et encore maintenant, je pourrais continuer à composer. Généralement, quand je finis un album, comme pour tous les autres albums, c’était genre : « D’accord, maintenant, j’ai besoin de faire une pause pendant un an et demi ou un an avant de recommencer à composer. » Cette fois c’était juste : « Ok, est-ce qu’on peut continuer ? » [Petits rires]. C’était donc très sain, pour moi, et je me suis éclaté à travailler comme ça. Ça paraissait vraiment naturel : je n’ai pas vraiment eu de problème pour écrire la plupart des chansons, tout était très fluide. Ça n’était pas difficile. Je ne sais pas comment l’expliquer. Ça sortait sans vraiment avoir à y penser. Il n’y avait pas de réelles difficultés. Les difficultés étaient peut-être plus lors de l’enregistrement, afin d’avoir de bonnes pistes, ou pour que les chanteurs fassent les bonnes prises. C’est peut-être ça la partie la plus exigeante : obtenir le meilleur à l’enregistrement. Je pense que c’est toujours la difficulté car on veut tirer le meilleur de sa propre prestation.

Nous avons tout enregistré nous-mêmes, puisque tous les membres du groupe sont localisés à différents endroits, nous ne vivons pas ensemble. Tout le monde vit à différents endroits en Allemagne, puis Hati est en Israël, et nous avons un nouveau chanteur qui vit en Norvège. Donc il n’y a pas tellement une atmosphère de groupe durant le processus créatif, mais il y a quand même un sentiment de groupe, vu que nous nous échangeons des fichiers via internet, et nous nous renvoyons des enregistrements. C’est presque comme travailler ensemble sur un album mais avec tout le monde loin les uns des autres. Donc chacun a enregistré ses parties vocales chez lui, et nous avons rassemblé tout ça, puis ça a été mixé en Suède par un ami à moi, Robin Leijon. C’était donc une belle collaboration entre tous les gens situés à différents endroits. Nous autoproduisons toujours nos albums et, cette fois, j’ai encore produit à quatre-vingts pour cent moi-même, mais comme j’étais dans le Nord pour écrire les musiques, je n’avais pas l’environnement acoustique idéal, et en dehors de ça, j’ai vraiment ressenti un besoin d’aide sur l’aspect technique parce que je voulais me concentrer davantage sur la musique elle-même. Voilà pourquoi nous avons fait appel à Robin. Il a fait un mix test pour une chanson et nous l’avons beaucoup aimé. Donc nous avons collaboré avec lui. J’ai pensé par le passé à collaborer avec un producteur plutôt qu’autoproduire, mais au final, il s’est toujours avéré que je m’en suis occupé moi-même. Honnêtement, je préfère vraiment avoir une tierce personne avec une approche différente de la musique, une personne avec beaucoup d’expérience qui s’occupe de ces choses. Aussi, pour cet album, j’ai vraiment réalisé à quel point ça pouvait être sain pour un album d’être un peu plus ouvert aux influences et idées d’autres personnes.

Propos recueillis par téléphone le 3 juin 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Adrien Cabiran
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Equilibrium : equilibrium-metal.net.

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