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Éditorial   

Eric Wagner : du doom vers l’au-delà


La pandémie de Covid-19 est un coup dur pour l’industrie de la musique. Elle pèse lourd sur le moral de bien des fans de metal qui doivent se passer de concerts. Elle continue surtout à multiplier les victimes, parmi lesquelles des acteurs majeurs de la scène. C’est le cas du chanteur Eric Wagner, légende du doom connue pour son rôle dans The Skull, Lid, Blackfinger et surtout Trouble, décédé le 22 août à seulement 62 ans d’une pneumonie causée par le virus. Opposé au vaccin comme à toute médecine institutionnelle, il l’avait contracté lors de la tournée américaine de The Skull avec The Obsessed, qui avait justement dû être annulée lorsque trois des quatre membres du groupe avaient été testés positifs…

Inaugurant une semaine particulièrement difficile pour les mélomanes – quelques jours plus tard, c’étaient la légende du reggae Lee « Scratch » Perry et le batteur des Rolling Stones Charlie Watts qui passaient l’arme à gauche –, la mort de Wagner a ému le monde du metal, de Nick Holmes (Paradise Lost) à Shawn Drover (Eidolon, Megadeth) en passant par Lee Dorrian (Cathedral), mais aussi au-delà. Il avait notamment participé au projet Probot de Dave Grohl des Foo Fighters : il y chante sur le titre « My Tortured Soul ».

Mais c’est évidemment pour les fans de doom que la perte est la plus douloureuse. En effet, aux côtés de Saint Vitus et Pentagram, Trouble fait partie des pontes américains du genre ; dès ses premiers albums, les désormais cultes Psalm 9 et The Skull, il a contribué à poser les bases du style et a influencé des générations de musiciens dans le doom – Candlemass, Electric Wizard – et ailleurs – At The Gate, Autopsy. Fondé en 1979 à Chicago par Rick Wartell, Trouble est le groupe où Wagner, à tout juste vingt ans, a trouvé sa voix, dont la tessiture et les paroles aux tonalités bibliques sont immédiatement reconnaissables et laisseront elles aussi une empreinte durable sur bien des esprits. Dans les années 1990 et avec l’aide du producteur star Rick Rubin, Trouble prend une direction plus psychédélique où l’amour de Wagner pour les Beatles se fait plus évident que jamais. Il quitte le groupe quelques années pour travailler sur le projet Lid aux côtés de Daniel Cavanagh d’Anathema (ils sortiront un album, In the Mushroom, en 1997) : c’est alors Kyle Thomas qui le remplace. Mais Eric Wagner y revient en 2007 pour un dernier album, Simple Mind Condition.

Quelques années plus tard, en 2012, Wagner, Lothar Keller et d’autres anciens de Trouble (Ron Holzer et Jeff Olson) fondent The Skull. D’abord, comme son nom l’indique, un hommage au groupe légendaire, The Skull propose ensuite de nouveaux titres dans la lignée des classiques de Trouble, encore alourdis par le poids de la maturité et des années. Le projet sortira deux albums, For Those Which Are Asleep et The Endless Road Turns Dark, tout comme Blackfinger, avec un album éponyme en 2014 puis When Colors Fade Away en 2017. La créativité inépuisable et la présence scénique unique de Wagner laissaient imaginer que l’artiste avait encore beaucoup à partager avec son public…

L’année dernière, Trouble s’était allié avec Hammerheart Records pour ressortir tout son catalogue et annonçait un nouvel album – avec Kyle Thomas au chant, qui a rejoint le groupe à nouveau en 2012 – dont on ne sait pas plus à ce jour. En revanche, il a été confirmé que Wagner avait fini de travailler sur un album solo, annoncé quant à lui pour 2022, où apparaîtront des membres de Blackfinger, Lid, Trouble, ainsi que Victor Griffin de Pentagram. Un album qui aura désormais des allures de testament pour les fans, mais qui prouve que son héritage n’est pas près de disparaître…

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