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Interview   

Eryn Non Dae assume son honnêteté


Durant l’écriture et l’enregistrement de son nouvel album Meliora, à paraître le 8 octobre prochain, Eryn Non Dae (Ex-END) a très vite annoncé la couleur en insistant dans sa communication sur la thématique de l’album : la métamorphose. Plus particulièrement celle au cours de laquelle l’homme s’élève vers « quelque chose de plus grand ». En décrivant un tel voyage introspectif à travers ce disque, annoncé comme étant « particulièrement dynamique », tout en contrastes, peut-être que le groupe lui-même cherchait à se transcender, humainement et musicalement.

C’est notamment les travers du comportement humain vis-à-vis de la technologie qui semblent tourmenter le guitariste Franck Quintin, au discours que vous trouverez peut-être innocent, mais d’une conviction inébranlable. Eryn Non Dae ne fait pas non plus de compromis dans sa démarche artistique ou marketing, prenant le temps qu’il faut pour écrire ses titres et ne communiquant que lorsqu’ils ont véritablement des choses à dire. Un groupe à l’art difficile d’accès qui assume pleinement le fait d’être difficile à travailler par un label au risque d’être mis de côté.

Bref, un groupe assumant pleinement son honnêteté.

« Si les gens pouvaient baiser avec leur téléphone plutôt qu’avec leur copine je pense qu’ils le feraient ! [Rires] »

Réécouter l’interview : [audio:interviews/Interview Eryn Non Dae.mp3|titles=Interview Franck (Eryn Non Dae)]

Radio Metal : Votre nouvel album sort le 8 octobre. Les premières informations communiquées à son sujet concernaient sa thématique. Vous avez en effet beaucoup insisté sur le fait qu’il abordait le thème de la métamorphose. C’est donc un concept-album ?

Franck Quintin (guitare) : Oui, Mathieu écrit les textes de A à Z et il avait cette idée en tête avant même la conception musicale de l’album. Il voulait vraiment développer cette idée. Au fil des morceaux, il a trouvé cette thématique et l’a développée à travers son sentiment envers l’humanité et le monde qui l’entoure. Cette métamorphose évolue au fil de l’album. Il aborde une évolution de pensée par rapport à ce qui l’entoure.

C’est une thématique qui aborde notamment la métamorphose de l’Homme. Il est question d’une introspection qui fait de l’Homme quelqu’un de meilleur, non pas dans le sens supérieur du terme mais simplement dans le fait d’être une meilleure personne.

Oui, il s’agît simplement de devenir une meilleure personne, ce qui apparemment de nos jours devient de plus en plus compliqué ou peut être un but à atteindre… Nous trouvons ça un peu pitoyable. Lorsque nous regardons les gens autour de nous, nous trouvons que l’être humain s’enfonce inexorablement dans un égoïsme et un individualisme quotidien. Il va plus parler à son téléphone qu’à l’être humain qui est à côté de lui et qui marche à côté de lui. Les gens ne se regardent plus, ne se parlent plus. C’est aussi ce ras-le-bol que Mathieu a voulu exprimer.

Penses-tu qu’il faudrait éradiquer la technologie pour arriver à un monde meilleur ?

Non, il ne s’agît pas de l’éradiquer. Je me sers aussi de la technologie mais je n’oublie pas de parler à mon voisin, de regarder les gens dans les yeux quand on se croise dans le rue. Je trouve que la sensibilité humaine passe petit à petit à la trappe. Si les gens pouvaient baiser avec leur téléphone plutôt qu’avec leur copine je pense qu’ils le feraient ! [Rires]

Dans ce cas nous allons raccrocher ! [Rires]

Quand je regarde les gens qui nous entourent, je me demande : où est-ce que l’on va ? La technologie enferme les gens. C’est sûr que l’on peut s’ouvrir au monde extérieur et parler à l’autre bout du monde mais on ne regarde plus autour de soi.

On essaie de voir le plus loin possible alors qu’on a déjà des choses à proximité qu’on ne regarde plus.

Tout à fait. La relation humaine s’est détériorée au fil du temps avec ces technologies qui nous envahissent au quotidien. Vous avez dû le voir autour de vous si vous avez cette sensibilité. Cela me choque. Je le constate également dans mon travail, les gens ne se parlent plus mais restent scotchés à leur portable.

Ce sont des concepts que l’on a tous en tête mais on ne suit pas forcément une philosophie particulière pour aller à l’encontre de ce phénomène. On continue par exemple à jeter des choses dans nos poubelles alors qu’on sait qu’on ne le devrait pas, etc. En ce qui te concerne as-tu adopté une certaine manière de vivre pour t’éloigner de cela ?

Je pense que le tri sélectif commence à se répandre un peu partout. J’ai un compost pour jeter mes bio-déchets, j’ai construit une maison en bois, ce qui me permet d’avoir une consommation d’énergie minimum. J’ai un poêle qui chauffe toute ma maison. Je suis en train de construire une maison en bois avec des panneaux solaires. J’utilise beaucoup le vélo pour me déplacer dans des lieux proches donc je pense participer à ma petite dimension. Je fais attention et vis en fonction de cela.

Le fait de travailler sur cet album a-t-il provoqué une sorte de travail introspectif de la part des membres du groupe ou est-ce quelque chose qu’il y avait déjà en vous et dont vous aviez envie de parler ?

Nous avons toujours eu cela en nous et c’est peut être pour cette raison que cela fait longtemps que nous sommes ensemble et que l’on s’entend très bien. On est tous d’accord sur ce sujet alors ça n’a pas demande plus d’introspection pour la conception de l’album. Nous avons tous au quotidien cette façon de voir les choses concernant l’être humain.

Cette façon de voir les choses déteint-elle sur la gestion du groupe ? Essayez-vous d’être un groupe « meilleur » ?

Oui, nous essayons de nous améliorer en tant qu’êtres humains. La perfection n’existe pas et n’existera jamais alors nous essayons de nous améliorer tous ensemble.

« Il faut savoir se faire oublier pour revenir ensuite avec de la fraîcheur et cela évite que le public soit harcelé par la moindre news. »

Un auditeur remarque que ce n’est pas la technologie le problème, ce sont les abrutis. Il veut sans doute dire que s’il n’y avait pas la technologie, les êtres humains trouveraient probablement autre chose pour s’éloigner les uns des autres. Cela me rappelle un professeur que j’avais qui nous disait qu’à l’heure actuelle les gens ont tendance à voyager partout dans le monde mais qu’à l’opposé, ils ne connaissent pas ce qu’il y a à dix ou vingt kilomètres de chez eux alors qu’ils pourraient y trouver des choses tout aussi belles.

Oui et cela se retrouve dans la relation humaine. On utilise internet pour parler à l’autre bout du monde avec une personne que l’on connaît peut-être à peine alors que l’on ne parlera pas à son collègue de travail. La technologie est un outil, cela pourrait être génial mais on utilise le mauvais côté de la chose.

Cela a souvent été le propre de l’Homme de détourner les choses. Certaines technologies comme le nucléaire se sont retournées en armes de guerre…

Exactement, cela se retrouve partout. Il y a toujours le côté sombre de l’être humain qui se dit : « Tiens, si j’essayais de faire ça ? C’est mieux pour ma gueule, on s’en fout des autres ».

Le côté humain que vous défendez est une philosophie positive au contraire de votre musique qui est très agressive, torturée et qui finalement va en opposition avec cette idée de la simplicité des choses. Comment vois-tu cela ?

Nous avons tous nos parts sombres, nos démons, des événements qui nous attristent et cela se retranscrit dans la musique. L’art en général permet de retranscrire des émotions alors, même si au quotidien nous sommes des personnes assez gaies, la musique retranscrit toutes ces émotions qui nous frustrent dans le monde qui nous entoure. Il est certain que la musique de E.N.D. est loin d’être rose. On met tout dans la musique. On passe pourtant de bons moments, je ne pense pas que nous soyons des gens dépressifs à côtoyer.

L’album se nomme Meliora qui est le mot latin pour dire « meilleur ». Pourquoi avoir choisi cette langue ?

Lorsque Mathieu nous a présenté ce titre ça nous a tous plu. Je trouve que c’est joli à l’oreille. C’est une langue ancienne qui a du vécu et qui possède une certaine puissance. Nous pensions prendre au départ un titre en français mais ça n’avait pas fait l’unanimité dans le groupe donc on a abouti à ce choix et ça nous plaît complètement. A la base ce devait être un titre en français comme dans un certain groupe…

Quels étaient les arguments contre un titre en français ?

Ça ne plaisait pas à tout le monde. L’album devait s’intituler « Renaissance » notamment par rapport à l’être humain. Finalement je crois que je préfère « Meliora ».

« Renaissance » faisait peut-être un peu plus cliché…

Oui, il y avait un peu de ça aussi. Mais « Meliora » c’est très bien.

Les groupes français ont tendance à attirer l’attention outre-Atlantique. Nos confrères de Metal Sucks avaient écrit un article vous concernant dans lequel ils abordaient aussi la notion de « French Touch » en disant qu’il y avait un vivier de groupes de qualité qui provenait de France où l’on pouvait retrouver une approche commune allant un peu dans le cérébral. Est-ce quelque chose que vous ressentez ? Avez-vous eu des contacts avec des médias américains qui s’intéressaient ainsi à vous ?

Depuis qu’on a signé Hydra Lernaïa avec Metal Blade, on a été énormément chroniqué à l’étranger. Ils revenaient souvent à cette scène émergente, dû à l’effet Gojira puis à Hacride et Klone qui sont aussi d’excellents groupes. Cela est donc revenu souvent dans les chroniques et les interviews mais après il est difficile d’expliquer ce qu’est la « French Touch ».

Cela vous a-t-il ouvert des portes au niveau des États-Unis ou vous n’avez pas eu de véritable retour ?

Nous avons eu pas mal de retours au niveau des médias. On a vendu pas mal de CD là-bas sans y avoir joué.

Et en terme d’opportunités ?

On a eu une opportunité pour aller jouer là-bas mais il y avait un certain coût. Nous avons également rencontré des problèmes de visa qui étaient onéreux donc malheureusement ça n’a pas pu se faire. Peut-être une prochaine fois.

A propos de Metal Blade : « Je pense qu’ils ont vu en nous la ‘French Touch’ qui allait peut-être exploser mais non car c’est une musique difficile d’accès pour les gens et donc nous n’avons pas assez vendu. On n’accroche pas non plus énormément de gens avec notre musique. »

Le titre « Scarlet Rising » est l’un des premiers titres que vous ayez révélé et ce bien avant la publication d’autres détails.

Oui, on le jouait bien avant de l’enregistrer. C’est un morceau que l’on a terminé rapidement dans le processus de composition donc on s’est dit que l’on pouvait présenter un titre exclusif sur scène aux gens, ce titre commence à dater en effet.

Le titre « Hidden Lotus » clôture l’album. Que peux-tu nous en dire ?

C’est le morceau efficace de l’album. L’album a été composé dans l’ordre du tracklisting donc « Hidden Lotus » est le dernier. Nous l’avons terminé peu de temps avant d’entrer en studio, on commençait alors un peu à speeder car nous détestons arriver en studio et avoir un morceau pas fini, ça ne serait vraiment pas possible avec Eryn Non Dae. C’est un titre un peu plus direct mais on est très content du résultat.

Un de nos lecteurs précise que le morceau ‘Hidden Lotus’ « déchire et qu’en live c’est vraiment planant ».

Merci ! En concert on essaie de faire voyager les gens à l’aide de toutes les ambiances que l’on essaie d’apporter dans et entre les morceaux d’un set. Si ça l’a fait planer, c’est qu’on a atteint notre but. Nous voulons faire planer les gens.

Pourquoi l’avoir mis à la fin alors qu’en effet c’est un morceau plus direct donc potentiellement plus accrocheur ? Cela pourrait devenir un single…

Nous ne raisonnons pas en termes de single ; d’ailleurs je pense qu’il est difficile de trouver un single d’Eryn Non Dae à part peut-être pour ce morceau. Nous avons de bons retours alors pourquoi pas. Les titres suivent aussi le cheminement du concept de Mathieu, il souhaitait garder l’ordre des morceaux ainsi. Au début, on s’était dit que « Chrysalis » pourrait clôturer l’album mais ça ne sait pas fait donc il est resté en ouverture et c’est Lotus qui conclue l’album. C’est très bien par rapport au concept global de « Meliora ».

Tu disais que ça ne serait pas possible pour vous d’arriver en studio avec un morceau qui ne serait pas complet pourtant certains groupes terminent de composer en studio. Pourquoi ça ne vous serait pas possible ?

Cela nous demande énormément de temps, de mise en place, de réflexion. On analyse beaucoup chaque partie instrumentale dès qu’on trouve quelque chose. Tout est décortiqué et chaque instrument a une part importante dans le groupe. Un morceau nous prend presque un mois pour être composé. Ce serait donc impossible de faire ça en studio. Un mois est le temps où nous y sommes restés pour cet album. Si notre musique était un truc beaucoup plus direct – peut-être pas à la Nirvana mais presque – je pense que l’on pourrait empiler des morceaux plus facilement mais notre musique est trop complexe pour pouvoir composer ainsi.

Votre précédent album est paru en 2009, vous avez mis trois ans à sortir le nouveau. Tu nous disais précédemment que vous preniez votre temps pour les morceaux et qu’à côté de ça, au cours de cette période, vous n’aviez pas beaucoup tourné. Est-ce que pendant ces trois ans vous avez uniquement travaillé sur cet album ?

Oui, pourtant on n’est pas des branleurs, on répète trois fois par semaine ! [Rires] Nous aimons faire les choses bien alors, même si tu ne joues qu’une ou deux fois dans un mois, on travaille le set sérieusement mais ça coupe le processus de composition. Les concerts plus la musique que l’on fait ont donné trois années de composition. L’album aurait pu sortir un peu plus tôt mais on a perdu du temps à démarcher. Si on avait été signé par Metal Blade il serait sorti six mois avant mais d’un autre côté on n’aurait gagné que six mois, ce qui n’est pas non plus énorme.

N’est-ce pas un peu handicapant d’avoir trois ans d’écart entre deux albums pour un jeune groupe qui aurait besoin de ne pas faire baisser l’attention du public ?

Non, ce n’est pas du tout notre manière de fonctionner, peut-être à l’instar des trois quart de la scène actuelle. Il faut savoir se faire oublier pour revenir ensuite avec de la fraîcheur et cela évite que le public soit harcelé par la moindre news. Nous ne fonctionnons pas comme ça, nous prenons notre temps. Même si nous étions restés chez Metal Blade, les délais de sorties n’auraient pas changé. Quel que soit le label, pour nous, c’est la condition sine qua non, on ne peut pas sortir un album tous les deux ans. Pour nous, c’est anti-créatif de sortir un album de façon régulière.

La tendance est plutôt au matraquage médiatique notamment sur les réseaux sociaux où les groupes balancent en permanence des informations dans le but de toujours maintenir l’attention à un certain niveau, en ce qui vous concerne ça n’est pas du tout votre philosophie ?

C’est moi qui m’en occupe. Les autres ont tendance à me calmer un peu car j’essaie de faire du boulot ; quand je ne fais rien, je me sens un peu coupable. Cependant nous ne sommes pas non plus accros à la surmédiatisation du groupe.

Penses-tu qu’aujourd’hui les groupes ont oublié l’essentiel et qu’ils se concentrent trop sur ce qu’il y a autour de la musique plutôt qu’à la musique elle-même ?

Totalement. Je le vois sur internet, beaucoup publient des choses stupides, des concours où ils demandent de faire telle ou telle chose, de porter tel T-shirt et de se prendre en photo juste pour ameuter le plus de monde possible, ce n’est pas pour nous.

« [Century Media] aime beaucoup […] mais nous a dit clairement que nous n’étions pas assez gros vendeurs pour être sur une telle écurie. D’autres labels nous ont aussi dit que notre album était super mais qu’ils avaient déjà assez de groupes sur leur label. […] Je préfère cette réponse car cela signifie que le mec travaille bien sur les dix ou quinze groupes qu’il a et que ça lui suffit. »

La pochette de l’album est vraiment très belle, que peux-tu nous en dire ?

Merci ! C’est notre bassiste Micka qui a signé pour cette belle œuvre. Romain avait fait la pochette pour Hydra Lernaïa et mis tout ça en page mais l’idée de base du digipack recto-verso vient de Micka, c’est très joli et on en est vraiment content. Quand il nous a montré ça on savait qu’on n’avait pas besoin d’aller chercher ailleurs, on avait la pochette.

L’album Meliora sort le 8 octobre. Sera-t-il disponible partout ?

Nous l’espérons. C’est le label M&O Music qui prend le relais de Metal Blade, on espère que ça va suivre. Les pré-commandes de Meliora sont disponibles depuis quelques jours sur notre site internet.

Est-il possible d’acheter votre album sur votre site internet ?

Oui, notre site est actuellement en maintenance mais un lien est disponible sur la page d’accueil pour pré-commander l’album et le recevoir un peu avant sa sortie. On peut le trouver chez Big Cartel et Bandcamp, il sera ensuite disponible sur notre web-shop.

Tu disais précédemment que vous aviez changé de label et que vous étiez passés de Metal Blade à M&O Music. C’est assez surprenant de passer d’un gros label tel que Metal Blade a un autre plus confidentiel comme M&O Music. Pourquoi ce changement ?

On avait un contrat pour un album avec option sur quatre et au bout de quelques temps, n’ayant pas assez vendu pour Hydra Lernaïa, ils ont mis fin à notre collaboration.

N’est-ce pas un peu triste de virer un groupe pour une question de chiffres de ventes alors que la promo fait partie de leur travail ?

Ils nous ont fait une très bonne promo. Nous avons eu des interviews partout et de nombreuses chroniques. En revanche, nous avons moins joué pour Hydra Lernaïa que pour l’EP qui est sorti avant [ndlr : The Never Ending Whirl of Confusion]. Certes c’était de plus belles dates mais tu joues moins souvent, alors, forcément, les chiffres de ventes ne décollent pas. C’est un peu frustrant mais nous ne sommes pas les seuls à être sorti de l’écurie Metal Blade. On pensait qu’ils auraient plus d’idées pour travailler sur le long terme étant donné que nous sommes un groupe en développement. Nous avons donc re-démarché pour Meliora. On a contacté beaucoup de labels, on a eu quelques réponses et on s’est penché sur M&O Music qui, pour nous, était le mieux.

Peut-être êtes-vous aussi un groupe difficile à travailler…

Oui, je pense qu’ils ont vu en nous la « French Touch » qui allait peut-être exploser mais non car c’est une musique difficile d’accès pour les gens et donc nous n’avons pas assez vendu. On n’accroche pas non plus énormément de gens avec notre musique.

Comparé aux autres labels, qu’est ce que M&O Music vous apportait en plus ?

Il n’y a pas eu énormément d’intéressés. On a fait les gros, les moyens et encore plus petits. M&O apportait quelque chose d’intéressant au niveau de la distribution et du point de vue financier donc on s’est rabattu sur lui. Beaucoup de gens n’arrivent pas à comprendre qu’on ne soit plus chez Metal Blade mais c’est comme ça. C’est la dure loi du marché, le disque s’écroule de plus en plus donc les petits vendeurs sont mis sur la touche.

Par rapport à la première fois où vous avez démarché et signé un contrat avec Metal Blade, avez-vous vu une baisse de l’offre en termes de contrat ?

On a peut-être eu plus d’offres pour cet album mais il n’y a pas eu beaucoup d’offres intéressantes. On a même démarché de gros labels. Nous avons par exemple des contacts avec Century Media, la personne aime beaucoup la musique de Meliora  mais il nous a dit clairement que nous n’étions pas assez gros vendeurs pour être sur une telle écurie. D’autres labels nous ont aussi dit que notre album était super mais qu’ils avaient déjà assez de groupes sur leur label. A la limite, je préfère cette réponse car cela signifie que le mec travaille bien sur les dix ou quinze groupes qu’il a et que ça lui suffit.

Vous n’avez pas eu de contact avec Season of Mist ? Un groupe comme vous correspondrait pourtant bien à la philosophie de ce label.

Beaucoup de gens pensaient la même chose mais non. Ils ne veulent écouter qu’un seul morceau, ce qui est assez bizarre, d’autant plus que, en ce qui nous concerne, notre musique est assez variée sur la durée de l’album. Tu as du lourd, du violent, du mid-tempo… On a choisi de leur envoyer le titre « The Great Downfall » qui est un titre assez lourd. Cela lui a plu mais ça ne l’a pas botté plus que ça, donc ça ne s’est pas fait. D’autres labels auraient pu également correspondre à notre musique mais soit nous n’avons pas eu de réponse, soit ils n’étaient pas intéressés.

Cela ne vous a jamais traversé l’esprit de tout faire par vous-mêmes ? De plus en plus de groupes procèdent ainsi en montant leur propre label.

Nous y avons pensé, on a commencé à y réfléchir et à entamer des démarches dans le cas où on ne trouverait pas de label. On était à deux doigts de le sortir par nous-mêmes, ça s’est joué à peu de temps. Peut-être que cela se fera pour le prochain, on verra.

N’avez-vous pas pensé à contacter Guillaume Bernard de Klone pour rejoindre la Klonosphère ? Vous êtes un groupe qui correspond à l’esprit d’Hacride, de Klone, etc. Est ce que ça vous aurait intéressé de les rejoindre ?

Au niveau du label, nous nous sommes posés la question de l’auto-production et on a donc finalement laissé la Klonosphère de côté. Je sais qu’il travaille très bien au niveau de la promotion des groupes mais avec les contacts que j’ai eu grâce à Metal Blade, je pense que je peux faire beaucoup de boulot par moi-même, que ce soit en France ou à l’étranger, où j’ai peut-être plus de contacts qu’en France. Ça nous a traversé l’esprit, on se connaît, on s’apprécie aussi bien humainement que musicalement avec ces groupes. Cela ne s’est pas fait mais peut-être qu’à l’avenir…

L’avantage du label qu’il a monté est que, aujourd’hui, les groupes sont distribués par Season of Mist.

C’était peut-être une erreur de notre part et peut-être qu’on s’en rendra compte plus tard mais l’histoire est ainsi faite.

Connais-tu déjà le fonctionnement de M&O Music ? Avez-vous travaillé avec eux par le passé ?

Pas du tout, c’est une grande première. Alex m’a expliqué qu’il avait beaucoup de contacts au niveau français et moi à l’étranger donc on se complète. Nous sommes sereins de ce côté là. J’ai commencé à démarcher à l’étranger pour les chroniques et les interviews à venir et je sais que certains journalistes ont écouté et ont bien apprécié l’album, donc on est confiant pour l’avenir et pour Meliora.

Aurais-tu des informations à communiquer sur une éventuelle tournée ?

Pour l’instant on a reçu une grosse proposition pour ouvrir pour un gros groupe. Cela devrait se décider dans les jours à venir, si cela ne se fait pas cela sera encore pour une histoire d’argent ce qui est particulièrement frustrant mais c’est comme ça. Si ça ne se fait pas, nous chercherons des dates à faire ici et là.

De quel groupe s’agît-il ?

Je ne peux rien dire mais si ça se fait ça serait beau !

C’est un groupe international ou un groupe français ?

[Rires] Vous ne saurez rien car si par exemple je disais « groupe français » vous mettriez immédiatement des baleines derrière… Mais si ça ne se fait pas j’imagine que l’on sera tellement frustré qu’on vous le dira quand même. En attendant croisez les doigts pour nous !

Aimerais-tu ajouter quelque chose ?

Regardez autour de vous, parlez-vous, c’est mon cri du cœur du moment. Chaque jour en allant travailler je me demande ce que va devenir l’être humain. Alors faites quelque chose !

Interview réalisée le 11 septembre 2012 en direct durant l’émission Anarchy X
Question : Spaceman et Metal’O Phil
Retranscription : Isabelle

Site officiel d’Eryn Non Dae : www.erynnondae.com

Album Meliora, sortie le 8 octobre 2012 chez M&O Music



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