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Le Blog Du Doc   

Et puis quoi encore ?!


Je souhaite depuis quelques semaines interviewer un acteur incontournable du domaine musical. Pour de multiples raisons cela s’avère très difficile. Et comme je considère qu’il est important de vous faire partager les difficultés que nous pouvons rencontrer en tant que média : voilà un bel article sur le sujet. Ce billet traite par conséquent de l’éternel débat entre les intermédiaires qui sont là pour faire leur communication d’entreprise alors que nous on est un média qui a été créé pour vous informer : nos deux activités sont donc bien différentes. Mais parfois nos interlocuteurs confondent (volontairement ou non) les deux métiers. Pourtant, communication et journalisme ce n’est clairement pas la même chose et ce blog va à nouveau le rappeler.

Et oui je le sais bien : on n’arrête pas de vous bassiner avec cette idée depuis notre création. Mais on ne se refait pas et comme tous ces enjeux nous paraissent diablement importants : c’est reparti pour un tour !

Dans le présent billet c’est un système particulier que je décris et aucunement les protagonistes. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne les cite pas. Je ne suis pas là pour faire des attaques ad hominem et chacun son métier après tout, il n’y a pas de soucis là-dessus. Le « qui » m’importe bien moins que le « quoi » donc voici les échanges entre *** et moi-même à propos de mon interview qui a tant de mal à se faire avec ****.

Les ***** faisant allusion à des éléments qui font également partie de notre conversation.

Oui, c’est un fait, il y aura beaucoup d’étoiles dans ce blog mais je sais, amis lecteurs, que vous ne m’en tiendrez pas rigueur et qu’au contraire vous louerez ma volonté de garder l’anonymat de mes interlocuteurs !

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Moi-même :

« Bonjour ***,
Comme convenu je reviens vers toi concernant cette interview.
Dans l’idéal je souhaiterais qu’elle se déroule cette semaine à Paris comme **** me l’a lui même proposé *****
Merci de me confirmer.
A très vite et bonne fin de journée, »

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Mon interlocuteur :

« Bonjour Amaury
**** revenant d’une semaine de vacances ne va pas être dispo cette semaine, on voit ça.
Peux tu en attendant nous faire passer les questions par mails ? Ca nous permettra d’avancer.
On revient vers toi pour te dire ce qui est possible ou pas, et quand.
Merci »

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Moi-même :

« Bonjour ***,
Je souhaite faire une interview de **** qui concerne *****.
Je ne comprends pas pourquoi le fait que **** s’exprime au cours d’un entretien est si problématique…?
Par ailleurs il n’est pas dans mes habitudes de transférer mes questions en amont par mail parce que je suis un média et pas un outil de communication.
Quand je vois que **** lui même me dit ***** qu’il n’y aura pas de soucis pour m’accorder une interview cette semaine je trouve nos échanges à toi et moi étonnants.
Etant à Paris très fréquemment je reste à la disposition de **** pour une interview à Paris quand il le souhaite.
Merci à toi.
A très vite, »

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Mon interlocuteur :

« Amaury,
Il n’y a rien d’étonnant la dedans, on essaie de centraliser toutes les demandes reçues et de faire au mieux avec nos contraintes / nos impératifs, ceux de ****.
Je ne sais pas si **** aura un créneau de libre cette semaine, je te lai déjà dit *****.
En aucun cas le fait que **** s’exprime en entretien ne pose problème, tu te doutes bien, la preuve en est qu’il ****
Merci donc de bien vouloir nous faire passer tes questions, nous procédons ainsi avec toutes les demandes, aurais tu la gentillesse de faire comme tout le monde ?
Je ne vois pas en quoi cela te pose problème. En tout cas nos autres interlocuteurs n’y ont pas vu d’objection.
Bonne soirée »

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Mes questions par mail avant une interview et puis quoi encore ? 100 euros et un mars pendant qu’on y est ? Surtout ce « aurais tu la gentillesse de faire comme tout le monde ? », qui me prend pour un enfant de 4 ans et qui a pour objectif de me faire croire que je suis « le méchant de service » alors que les autres journalistes sont eux bien dociles et compréhensifs, est vraiment insupportable. D’ailleurs si ces derniers acceptent réellement de balancer leurs questions en amont car en face d’eux c’est « quelqu’un d’important » : eh bien bienvenue au royaume de la complaisance !

Ce n’est en tout cas pas la vision que j’ai de mon activité.

Mais je soupçonne plutôt mon interlocuteur de faire son travail de communicant en me racontant des bêtises sur mes confrères qui pour beaucoup, je le sais, se contrefichent d’interviewer ****. En tout cas, j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, mon interlocuteur me raconte de toute façon n’importe quoi.

Il est dans son rôle mais je préfère qu’on me dise « non » directement plutôt que de me faire mariner une interview que l’intermédiaire en question veut probablement éviter pour des raisons qui lui sont propres. Le problème c’est qu’un communicant aura toujours des réserves à dire « non ». Je ne sais pas trop pourquoi en fait… La peur de froisser, de décevoir, de déplaire etc. ? Je voudrais bien savoir ce qui est écrit dans « Le petit manuel du parfait communicant » pour comprendre le pourquoi du moment. Or si on nous disait « non » immédiatement ça faciliterait grandement notre travail en nous faisant gagner un temps considérable…

Mais c’est ainsi et je comprends les contraintes de chacun. Nous ne faisons pas les mêmes métiers. En tout cas, en tant que média indépendant, je peux vous garantir que personne ne nous impressionne pour, par exemple, envoyer nos questions au préalable à des interlocuteurs qu’on aurait envie d’interviewer.

Franchement pour qui tous ces gens se prennent-ils ?! Mais qui sont-ils pour considérer perpétuellement les médias comme un vulgaire outil de comm’ de leur business ?! Radio Metal comme un relai d’information que l’on doit contrôler ? Non merci. Et envoyer mes questions par mail, c’est contrôler/édulcorer/atténuer (bref choisissez le terme qui vous va le mieux) mon indépendance, ma spontanéité… alors qu’une bonne interview repose justement sur la spontanéité.

Notre boulot n’est pas simple car même si ces d’interlocuteurs peuvent parfois nous aider (soyons honnêtes jusqu’au bout) ils auront de toute façon tendance à nous considérer comme un simple relai d’info. Résultat : quand on écrit des articles qui sortent du « politiquement correct » – c’est-à-dire qui ne vont pas dans leur sens, pour faire simple – alors on raconte bien entendu des « bêtises, des sottises etc. ».

Ce bluff à deux euros cinquante n’a jamais marché avec nous et je ne vois vraiment pas pourquoi les choses changeraient dans le futur. Nous sommes de drôles d’entêtés, vous savez. Que ce soit Spaceman, Metalo, l’Animal ou moi-même : il nous en faudra beaucoup pour qu’on baisse notre pantalon, un jour, devant qui que ce soit.

Toute l’équipe de Radio Metal au complet est avant tout au service de ses lecteurs et auditeurs et il aurait été intéressant de faire une interview de ****. Mais je comprends mes interlocuteurs car si interview il y a, alors elle sera fidèle à ce qu’est Radio Metal : c’est-à-dire un média honnête fait par des passionnés de musique et de journalisme.

J’ai par ailleurs conscience que notre honnêteté fera toujours peur aux communicants. Car le vrai journaliste veut toujours être au plus près des faits. Et quand les faits s’apparentent à un immense panier de crabes qui ne sent pas spécialement bon – et où la Vérité est parfois bien difficile à déceler – raison de plus pour que les médias aient toujours l’objectif de faire comprendre les enjeux à leurs lecteurs.

C’est uniquement de cette manière que je vois mon activité et c’est pour cette raison que je pense que les bons communicants et les bons journalistes ne sont pas faits pour s’entendre professionnellement.



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  • « qui me prend pour un enfant de 4 ans »

    bah oui vous vous rappeller pas? 1er avril dernier si je ne me trompe pas!^^

    vive RM!

    [Reply]

  • Le fait de demandé les question est tout simplement anti journalistique, les réponse seront pré étudier à l’avance ce qui ne fera en rien ressortir les pensé de l’artiste mais plutôt ce que le groupe de com’ autour voudrait comme image du groupe. Je supporte le doc à 100 %

    [Reply]

  • Mais pourquoi ne pas balancer les noms ?

    [Reply]

  • Tony Ouininon dit :

    Mais qui est donc cet « acteur incontournable du domaine musical » ? Un patron de maison de disque ? Un rédacteur en chef d’un magazine ? Un patron de radio ? Un artiste ? Un organisateur de concerts ? Après la lecture de ton article, le passionné de musique que je suis, se demande qui est cet personne qui prend les journalistes (et par extension ceux comme moi qui sont en bout de chaîne) pour des gogos.
    Sans aller jusqu’à donner le nom de ***, il serait bien de nous donner plus de précisions concernant ****. Cela nous aiderait à mieux comprendre les rôles/attitudes/buts de chacun dans ce monde impitoyable qu’est l’industrie musicale. 🙂

    [Reply]

  • aaaah ça me rappelle un festival que j’avais organisé pour lequel *** était râvi de jouer (et pour un cachet ridicule) mais dont leur manageur ne voulait pas entendre parler… ça ne s’est donc pas fait!
    on se demande pour le bien de qui ils travaillent finalement. l’image du groupe qu’ils représentent, ou la leur?

    je comprend que l’emploi du temps de *** (le vôtre) soit parfois difficile à gérer mais l’envoi des question par mail au préalable, c’est un peu gros

    continuez à agir de cette façon RM, c’est comme ça qu’on vous aime!

    [Reply]

  • KnightWhoSayNi dit :

    Tiens, je suis un brin déçu… Le premier blog du Doc’ qui, en fin de lecture, me laisse circonspect. Non pas que le fond du problème ne soit pas compréhensible bien sûr, mais le discours militant m’apparaît un peu « à côté » cette fois-ci. La faute à un léger flou sémantique sur le terme « communicant » ? D’ailleurs, « attaché de presse » ? « Agent » ? Autant de professionnels qui, qu’on le veuille ou non, font partie de la chaîne « média » et qui ont leur rôle à jouer. Après qu’ils le jouent mal est un autre problème, mais les considérer comme structurellement parasitaires me semble un tantinet abusif…

    [Reply]

    Je reconnais dans l’article qu’ils peuvent nous aider mais je maintiens que, structurellement, nos métiers sont trop différents pour que l’on puisse s’entendre.

    Après c’est toi qui parle de parasite ! 😉 😉

    KnightWhoSayNi

    Oui, et j’en parle à dessein pour mettre un mot sur l’avis qui semble se dégager du billet… Vos métiers sont différents certes, mais ils sont tout de même censés fonctionner en synergie, c’est l’un des buts d’un attaché de presse ou d’un agent en théorie. C’est pas le cas d’espèce que je récuse, bien au contraire (il y a un paquet de mauvais pros dans tous les secteurs), mais la généralisation que tu en déduis. Peut-être un autre professionnel du même secteur te fera changer d’avis un jour ! Mais je prends bien acte que tu maintiens, hein 😉

  • Tout dépend !
    Si l’interview fait ressortir une image particulièrement mauvaise de l’artiste en question (que ce soit parce que de façon passagère il a des soucis, ou alors parce que c’est juste un connard fini) et que ce n’est pas dans ses intérêts (à l’artiste) de laisser transparaître une telle image, alors c’est sur qu’il y aura conflit.

    Cependant, si l’interview de par sa spontanéité et sa franchise (en gros ce que vous faites, et ce qui est appréciable parce que ça donne une bouffée de fraîcheur et qu’on a pas l’impression de se faire resservir le même plat réchauffé 25 fois de suite comme dans la plupart des interviews où tout est convenu d’avance) fait ressortir la véritable personnalité de l’artiste, alors la personne chargée de la com’ n’a absolument aucune raison de le refuser.
    Dans ton cas, je dirais plutôt que tu es tombé sur une espèce assez courante d’abruti prétentieux qui s’est pris pour le directeur com’ d’Obama, ce qui n’est pas rare dans ce domaine…
    C’est juste dommage que l’entêtement de *** vous empêche d’interviewer **** (c’est mignon les petites étoiles, et c’est aussi appréciable de votre part de ne pas ternir ces personnes en lâchant leurs noms sur le net où ils seront sans doute soumis à la vindicte furieuse de l’internaute dont le commentaire ira se loger en bonne place dans le prochain No Comment ^^)

    Bref, un gros pavé pour pas grand chose, et non, je ne fais pas de com’!

    N’abandonne pas, et fais nous une belle interview doc’ !

    [Reply]

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