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Interview   

Eths : la sortie vers la lumière


L’arrêt d’un groupe n’est jamais chose aisée, souvent vécu comme une déchirure par ses membres. L’arrêt d’un groupe comme Eths, après près de vingt ans sur scène, un line-up chaotique sur la fin, et une réformation en guise d’adieu, c’est exactement cela : une déchirure. Le constat amer pour Staif, compositeur principal du groupe, que plus rien ne tourne rond, et qu’il vaut mieux arrêter avant d’être vraiment sur le déclin. Le constat également qu’il est temps de faire le point sur ses envies, et de se tourner vers autre chose, peut-être, que cette noirceur ambiante qui habite la musique du groupe, et plombe l’homme au quotidien.

Cette reformation, c’est aussi l’occasion de partir la tête haute avec deux dates qui ont fait salle comble, et un très bel hommage à deux proches du groupe disparus récemment. A quelques heures de leur dernier set en tant que Eths, nous sommes allés dans les loges du Trianon de Paris prendre des nouvelles de Staif et de Candice, et faire le point sur ces années partagées au sein du groupe.

« Tout ce truc dark, j’en ai assez, en fait. J’ai besoin là de plus de lumière, de plus d’air, de plus de musicalité [petits rires]. Arrive un moment dans la vie, où ça devient lourd après à porter au quotidien. »

Radio Metal : Ce soir, c’est l’ultime concert de Eths. Quel est votre état d’esprit là tout de suite, à quelques heures de monter sur scène ?

Candice Clot (chant) : Nous sommes bien ! Nous sommes contents d’être à Paris avec autant de monde.

Stéphane « Staif » Bihl (guitare) : C’est une belle soirée, il y a plein de potes. Il y a des amis qui ont fait le voyage de Russie exprès pour venir ce soir ; ils nous avaient fait tourner en Russie pour le Terato tour. Ça fait plaisir ! On retrouve plein de vieilles têtes de toutes les époques, des fans hardcore de chaque époque, donc c’est cool !

Vous avez déjà fait la première des deux dernières dates le 8 avril à Marseille. C’était comment de se retrouver tous les deux ensemble sur scène pour la première fois depuis cinq ans ?

Candice : C’était bien ! Après, nous avons fait un premier petit concert où nous avions déjà un peu investi la scène tous les deux, avec Greg aussi, Guillaume et Roswell.

Staif : Mais c’est bien, c’est marrant comme les choses reviennent tout de suite. Les potes qui étaient là, c’est dingue, on aurait dit que le dernier concert était avant-hier, tout de suite c’est reparti…

Candice : Il y a les petits réflexes qui reviennent.

Candice, tu en es où dans ta vie d’artiste depuis ton départ en 2012 ? Tu as complètement arrêté la musique ?

Oui parce qu’en fait, je m’étais arrêtée pour m’occuper de ma fille. J’ai choisi de me tourner, pour l’instant, sur complètement autre chose. Là je suis aussi maman d’un petit garçon, donc pour l’instant c’est vraiment… Mais c’est vrai que de refaire de la musique, côtoyer tous ces gens, ça fait réfléchir.

En tant qu’artiste, qu’auteure, ça ne te manquait pas ?

J’avais beaucoup de choses à faire honnêtement [petits rires].

Staif : Il n’y avait pas le temps… [Rires].

Candice : Voilà, il n’y avait pas trop le temps pour que ça me manque, mais c’est sûr que c’est quelque chose qui a fait partie de ma vie et quand je réécoute les textes que j’ai écrit, c’est vrai que je me dis « c’était cool ».

Tes textes ont toujours été marqués par leur noirceur et les tourments. Est-ce que tu t’identifies toujours à ce que tu chantais dans ces chansons, est-ce que ça fait toujours partie de toi ?

Pas du tout. C’est pour ça aussi que je n’écris plus. J’ai arrêté aussi parce que j’avais besoin d’arrêter, je n’étais plus en phase avec ce que je faisais et ce que j’écrivais. Donc j’ai arrêté d’écrire à partir de ce moment-là. Je n’ai plus besoin d’écrire de cette façon et avec ces mots-là.

Avais-tu écouté l’album Ankaa ?

Oui ! Ils m’ont donné un CD.

Staif : Je l’avais envoyé à Candice et Greg, et j’avais hâte d’avoir leur avis, justement.

Et les retours étaient bons ?

Candice : Oui, bien sûr. La production, de toutes manières, je ne l’ai jamais caché, c’est très bien, il a toujours fait du bon boulot !

J’imagine que, Staif, quand tu as communiqué sur l’arrêt de Eths, tu as tout de suite appelé Candice pour lui dire…

Staif : Oui mais même, nous sommes toujours restés en contact avec Candice et Greg. Nous avons un tel lien… Puisque nous jouions ensemble avant même que nous nous appelions Eths. Et si tu veux, quand Candice est partie, quand Greg a arrêté, ce n’est pas comme quand d’autres membres sont partis où il y avait eu de vrais clashs. Là, ce n’était pas des clashs finalement, c’était la vie. Donc nous ne nous en voulions pas, mais il a quand même fallu un temps à chacun…

Candice : …de deuil.

Staif : …pour respirer, c’était normal. Eux comme pour moi parce que moi, ça m’a quand même fait souffrir un peu. Mais du coup, bien sûr, je les ai appelés avant même de l’annoncer de toute façon.

Et du coup, Candice, comment as-tu pris sa proposition de faire ces ultimes concerts ?

Candice : Moi, j’étais ravie parce que ça faisait un petit moment que je ne faisais plus du tout de musique, donc de mon côté, il n’y avait aucun souci. Après, c’est vrai qu’au départ, c’était pour une autre cause que nous nous sommes reformés.

Staif : Voilà, nous nous sommes reformés avant qu’il y ait cette décision d’arrêt de Eths.

Candice : En fait, nous avons deux potes qui sont décédés, du coup on nous a proposé cette reformation pour un concert hommage privé – ce qui explique pourquoi il n’a pas été annoncé. Et s’en est suivi l’arrêt du groupe et la proposition de, pourquoi pas, clôturer un peu le chapitre du groupe.

Staif : Pour finir de façon grandiose.

« Les salles ne sont pas super remplies, du coup tu fais des salles de plus en plus petites, c’est une spirale qui moi ne me plait pas. Dans ma logique, je préfère arrêter un truc, tenter autre chose et aller ailleurs. J’aspire à monter et non à descendre. »

Ça n’a pas été compliqué de mettre en place ces concerts ?

Non, justement, ça s’est fait assez simplement. Ce qui a été compliqué, c’est surtout que nous avons tous des emplois du temps de ministres, d’arriver à se retrouver matériellement. Mais sinon, non, justement, en termes énergétiques, si on peut dire, nous nous sommes retrouvés et ça a tout de suite marché. Nous étions même sidérés de se dire comme ça l’a fait, le concert à Marseille, alors que nous n’avons pas tant répété que ça, ce n’était pas très préparé. En fait, comme nous disions tout à l’heure, le truc est reparti tout seul d’un coup [petits rires].

Dans le communiqué qui annonçait la séparation du groupe, il était indiqué qu’ « il faut se rendre à l’évidence, le cœur n’y est plus. » A partir de quel moment tu t’es rendu compte de ça Staif ? Qu’est-ce qui t’en a fait prendre conscience ?

Malheureusement, ça faisait un moment déjà que c’était compliqué. Parce qu’après, il faut dire aussi que ce n’est pas évident, puisque comme je disais juste avant, ça fait très longtemps que nous jouions avec Candice et Greg, donc c’est dur de remplacer une telle complicité. J’avais conscience d’ailleurs que je ne pourrais pas la remplacer, au sein de ce groupe en tout cas, que ça aurait été très dur. Mais après, les choses ont fait que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde, c’était trop compliqué tout le temps. Moi, je n’avais plus de plaisir, mais je n’étais pas le seul, tout le monde, c’était un truc global, Rachel aussi, Damien, R.U.L., nous avions tous ce truc où nous ne prenions plus tant de plaisir que ça. Donc après, à un moment, il vaut mieux arrêter que continuer comme ça. Et puis c’était plus dur aussi, il ne faut pas se le cacher. Les salles étaient quand même bien moins remplies, et ça n’aide pas non plus. C’est-à-dire que tu y vas, tu as moyennement envie. Les salles ne sont pas super remplies, du coup tu fais des salles de plus en plus petites, c’est une spirale qui moi ne me plait pas. Dans ma logique, je préfère arrêter un truc, tenter autre chose et aller ailleurs. J’aspire à monter et non à descendre. Donc c’était mieux, plus sain [d’arrêter]. Et il est vrai que le fait que nous nous reformions par rapport au décès de nos amis a été comme un petit interrupteur en plus, comme quelque chose qui permet de se rendre à l’évidence : oui, le cœur n’y est plus mais il ne pourra plus y être, en fait. Et pour être honnête – bon, là c’est un peu privé -, cet ami qui est décédé, une des dernières fois où je l’ai vu, il nous avait vu sur scène la dernière formation et lui-même avait dit : « Ce n’est plus Eths. On voit que même toi, tu ne prends plus de plaisir. Tu devrais arrêter. Fais tes trucs, ça sera bien mais Eths, on sent qu’il n’y a plus le cœur. » C’est un peu tout ça aussi qui m’a vraiment poussé à ne pas m’accrocher. Parce que, certes, le cœur n’y était plus mais j’aurais aussi très bien pu dire « les trois, je les vire, j’en recherche trois autres… » Non, après, il faut arrêter à un moment [petits rires]. Quitte à faire ça, autant faire son truc solo. Et puis ce qu’il y a aussi pour ma part c’est, pas un ras le bol, mais une envie de changement, vraiment. Tout ce truc dark, j’en ai assez, en fait. J’ai besoin là de plus de lumière, de plus d’air, de plus de musicalité [petits rires]. Arrive un moment dans la vie, où ça devient lourd après à porter au quotidien parce que ça véhicule des énergies…

Candice : …des ondes négatives…

Staif : …qui sont puissantes et qui ne sont pas toujours ce qu’on a envie de véhiculer.

Tu parles d’envie de changement, d’inspirations plus lumineuses. Concrètement, ça se transcrirait comment ?

Ca se sent un peu si tu écoutes la fin d’Ankaa, ça démontre vraiment là où je veux aller. Sauf qu’il n’y aura plus de cris parce que les cris, pour l’instant, je sature, en fait. Je n’arrive plus. Autant les grosses grattes et tout, ça me plait toujours, mais maintenant j’ai envie de chant surtout.

Ça n’a pas été décevant pour Rachel de ne pas faire partie de ces dernières dates ?

Disons, honnêtement, nous nous sommes posés la question, vite fait, mais qui dit reformation, dit Candice, et ça devenait vite bizarre de dire « bon alors Candice, après on fait un ou deux morceaux avec Rachel… » Donc ça nous semblait beaucoup plus simple qu’il n’y ait que Candice, et nous nous sommes rattrapés, car comme on peut le voir, il y a Damien qui fait quand même partie de l’album III, et R.U.L. ça me tenait vraiment à cœur, puisque c’est quelqu’un que j’adore qui est devenu un ami, qu’il vienne pour le petit clin d’œil. Il y a aussi un morceau instrumental d’Ankaa qui est présent pendant le show. Mais voilà, c’était plus simple de faire comme ça, tout simplement.

Parce qu’on aurait pu imaginer un duo Rachel/Candice comme il y a eu après le départ de Candice…

Non, et c’est vrai que cette époque à deux chants, pareil, ça n’a pas été très heureux. Nous en avons parlé tous ensemble et il y avait quand même cette envie, vraiment, de rester sur le côté plus cool, good vibes, à l’ancienne. C’était vraiment plus simple. Et puis, je pense, très concrètement, la grande majorité du public s’attendait vraiment à voir Candice avant tout, puisque Rachel, s’ils voulaient la voir, ils pouvaient venir mais comme je te dis, les concerts, c’était de plus en plus dur…

Ankaa est un album entièrement marqué par ta patte, Staif, puisque tu en as écrit la musique, tu l’as produit, tu en as écrit la majorité des paroles. Est-ce que tu t’es toi-même dit à un moment donné qu’au fond, ce n’était plus Eths mais un projet solo ?

Oui mais c’était une volonté que je n’ai jamais cachée. C’est-à-dire que j’aurais très bien pu dire « allez, j’implique tout le monde et tout », mais c’était compliqué et je pensais savoir, quand même, où il fallait amener le truc, et j’avais envie de laisser ça avant de partir avec ce groupe. Ça m’a permis d’amener le groupe là où j’ai toujours voulu l’amener et là où nous n’avons pas toujours osé. Quand tu demandais [son avis sur l’album], justement, Candice me disait qu’elle avait vachement aimé les musiques et tout, et j’aurais rêvé de l’enregistrer avec Candice aussi cet album. C’est comme ça, ça a dû se faire autrement et je n’ai aucun regret, je suis très content des voix qu’a fait Rachel sur ce disque. Mais c’était complètement assumé ce côté quasiment projet solo, c’était aussi une façon de montrer ce que je pouvais faire tout seul, concrètement, de laisser une carte de visite assez costaud.

Du coup, par rapport à ce line-up qui n’aura pas duré longtemps, tu ne regrettes pas de ne pas avoir tout simplement arrêté quand Candice est partie ?

Non. Je ne regrette rien du tout.

Candice : Parce que tu as appris vachement de choses sur toi-même.

Staif : Bien sûr ! Je n’étais pas prêt encore. Eths faisait encore partie de moi, et il a fallu cette expérience pour que j’arrive aussi, à un moment, moi, à me détacher du groupe.

« Je citerais ce proverbe chinois que j’aime beaucoup : ne déplore pas que la rose se fane, mais souris qu’elle ait existé. »

Comment les fans ont réagi à l’annonce de l’arrêt du groupe ?

Il y en a pas mal qui sont déçus. Les Brésiliens font de la peine, presque, parce qu’ils sont là « trop triste, trop triste » et ils ne peuvent pas assister aux concerts, ils ont toujours rêvé de nous voir. Donc il y en a qui sont déçus parce qu’ils ne pourront jamais plus nous voir. Donc ça se comprend. Après, nous ne nous sommes jamais cachés de ça, nous avons toujours mis à jour que nous étions entièrement honnêtse et que quand nous avons envie, nous y allons, et quand nous n’avons plus envie, nous n’y allons plus. C’est comme ça. Comme je disais en répondant à un message sur Facebook, toutes les bonnes choses ont une fin, c’est comme ça. Et puis je citerais ce proverbe chinois que j’aime beaucoup…

Candice : [Petits rires].

Staif : Attention, la minute poétique : ne déplore pas que la rose se fane, mais sourit qu’elle ait existé. C’est ça.

Vous évoquiez tout à l’heure que ces concerts étaient en hommage à Mika Bleu et Ju Isilion. Pouvez-vous nous parler de ce qu’ils représentaient pour vous ?

Candice : Ju était notre webmaster à nos débuts.

Staif : Et en fait nous les avons surtout connus par le biais du groupe, puisqu’ils étaient quasiment nos deux premiers fans ! Au début, quand personne ne nous connaissait, eux étaient là à tous les concerts, devant, tout le temps. Donc ça a représenté énormément pour nous, parce que c’est par le groupe que nous les avons connus, et c’est donc lié avec le groupe, ils sont devenus des amis par la suite mais ils se sont toujours beaucoup investis pour nous. Et puis c’était – c’est, même – deux personnes vraiment très belles, des belles âmes.

Qu’est-ce que vous retenez de votre expérience et toutes ces années au sein de Eths ?

Candice : C’est une partie de ma vie où j’ai l’impression… nous étions ados, quoi, donc nous sommes passés par tellement d’étapes.

Staif : Nous avons grandi avec ce groupe, en fait. Nous sommes devenus adultes avec ce groupe, en étant dans ce groupe. Donc nous avons vécu quand même beaucoup de belles choses.

Candice : C’est qu’à arrêter à un moment donné, tu prends une claque parce que tu as toujours vécu comme ça, sur la route, à côtoyer des gens, différentes cultures, différents milieux, et quand tu arrêtes, ça fait bizarre, parce que justement, nous avons partagé beaucoup de choses. Ça nous a accompagnés sur toute une partie de notre vie…

Staif : Ca a amené beaucoup de choses mais il y a aussi eu beaucoup de trucs compliqués, de galères, de blessures… Il y a les deux, comme dans toute relation. Car je pense qu’un groupe, c’est vraiment une relation. Pas les uns les autres, je parle vraiment entre chacun de nous, la relation que nous pouvons avoir par rapport à cette entité qui est le groupe, qui est quelque chose d’assez passionnel, de l’ordre presque du couple, parce que c’est quelque chose qui nous nourrit à un moment, qui nous dégoute à un autre, mais dont on ne peut pas se passer, et c’est comme avec quelqu’un : quand les mauvais moments dépassent les bons, c’est qu’il faut arrêter.

Dans tout le répertoire de Eths, que ce soit au niveau musical ou du texte, quelle chanson vous tient le plus à cœur ? Staif, j’imagine « Anima Exhalare »…

Oui, tu as bien jugé ! C’est vrai qu’ « Anima » me tient énormément à cœur, d’abord parce que c’est une chanson que j’ai intégralement écrite et composée, et aussi parce que je l’ai écrite de manière assez personnelle, donc elle représente beaucoup pour moi.

Candice : Moi, je dirais des morceaux plus récents que sur Soma, c’était deux époques différentes. Je dirais « Proserpina », par rapport au chant, à la mélodie et au niveau de la création artistique, de la production.

Staif : Moi aussi, « Proserpina », j’aime beaucoup le texte et l’instru, j’étais très fier d’avoir composé tout ce final.

Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs ?

Candice : Pour moi, les pires souvenirs, c’est vers la fin, quand j’ai arrêté. C’était très dur de partir. Meilleur souvenir : quand nous partions en tournée avec d’autres groupes, le Sriracha Tour en tour bus, c’était sympa. Et après, nos gros concerts…

Staif : Les gros concerts, l’étranger aussi, la Russie, l’Amérique Latine, nous avons quand même fait des choses folles. Nous avons vu du pays et c’était cool, c’était vraiment bien. Beaucoup de belles choses. Et les mauvaises, pour ma part, il y en a pas mal qui sont personnelles, que je ne peux pas dire là. Après, je pense que c’est comme dans tout, c’est un peu derrière, maintenant, honnêtement. J’ai presque du mal à voir là comme ça.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Candice : Moi, je vais retourner à ma vie de famille, pour l’instant, et faire complètement autre chose. Pour l’instant, la musique, ce n’est pas à l’ordre du jour, pas tout de suite, je pense. J’aimerais faire autre chose. Ca reviendra sans doute un jour mais tout ce qui est chanté, ça me plait toujours, mais comme il dit, le chant saturé, le chant crié, non, ce n’est plus du tout quelque chose que j’ai envie de faire. Après, c’est de faire autre chose, de me sentir utile dans ce que je fais.

Staif : Pour moi, c’est marrant, c’est la même chose que Candice : de me sentir utile mais pour le coup, dans la musique, parce que je pense que c’est un peu mon rayon. Et j’avoue m’être un peu posé la question : est-ce qu’il ne fallait peut-être pas que je fasse autre chose ? Que je prenne un virage ? Je pense après pas mal de recul que non, mais c’est vrai que là, cette fin de groupe a été tellement dure que tu vois, on est franco, ça m’a presque dégouté de la musique, à force.

Candice : Oui, moi aussi j’étais dans ce truc-là, à la fin.

Staif : Parce que c’est dur et tu te dis au bout d’un moment : « Ben merde, quoi, est-ce que je suis vraiment fait pour ça ? » Bon, maintenant je le pense, et puis quand je vois tous ces gens après l’arrêt qui suivent et qui me disent : « Ankaa était bien ! Continue ! Continue ! » Donc je vais quand même continuer la musique mais j’ai envie d’amener quelque chose aux gens, autre chose en fait, et surtout, par contre, de sortir de tout ce côté noir et tordu, dark, d’aller vers quelque chose de plus clair, quand même. Et dans différents styles. Comme je l’ai souvent dit, dans la musique de film, ça me botte énormément, donc ça, je vais [voir] en parallèle, mais je bosse sur mon projet perso, je produis une chanteuse à côté – car ça me plait de produire d’autres artistes -, plein de choses.

Interview réalisée en face à face le 30 avril 2017 par Aline Meyer.
Fiche de questions : Nicolas Gricourt.
Retranscription : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Eths: www.eths.net



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