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Interview   

Europe s’aventure entre les mondes


Celui qui s’est arrêté au Europe des années 80 et se met aujourd’hui à écouter Walk The Earth, leur nouvel et onzième album, risque d’être très surpris. Surtout, il a plusieurs trains de retard ! Car voilà près de quinze ans et six albums qu’Europe est revenu sur la scène, soit plus que la première période de leur carrière jusqu’au coup d’arrêt de 1992. Six albums où les Suédois ont réinventé leur son presque à chaque fois. « Presque » parce que voilà deux voire trois albums, depuis Bag Of Bones (2012), où Europe semble avoir trouvé son éden en allant puiser dans la tradition des années 60 et 70 pour ensuite la rafraîchir à sa manière. On ne s’étonnera donc pas que le groupe se soit à nouveau tourné vers Dave Cobb, le monsieur « production organique » du moment, pour approfondir leur étroite collaboration.

Comme le fait bien comprendre le chanteur Joey Tempest, les années 80 sont bel et bien derrière eux. Et même lorsqu’ils se sont lancés l’an dernier dans une petite tournée afin de célébrer les 30 ans du légendaire The Final Countdown, ils ont bien pris soin d’ajouter au set leur dernier album en date, joué lui aussi en intégralité, pour bien rappeler ce qu’est Europe aujourd’hui. Mais laissons le frontman expliquer tout ceci, et plus encore, de lui-même.

« Il est important de porter les bonnes traditions vers l’avenir. Et les bonnes traditions quand il s’agit de rock n’ roll, ce sont celles des années 70 et 60 […] parce que ça sonne mieux, plus chaud, plus ample et riche. »

Radio Metal : Walk The Earth a été enregistré aux mythiques studios Abbey Road. Comment était l’atmosphère là-bas ?

Joey Tempest (chant) : L’atmosphère était très sympa. Evidemment, ça fait des années que j’essaye d’amener les gars en Angleterre pour enregistrer. J’ai réussi à réserver un créneau à Abbey Road et c’était une bonne idée parce qu’ils ont bien aimé l’idée, tout le monde voulait enregistrer là-bas, tout le groupe. Dave, notre producteur, a pris l’avion de Nashville pour venir à Abbey Road. C’est un studio high-tech très cool mais ils ont aussi ces vieux microphones, compresseurs et tables vintage. Donc nous avons utilisé ça conjointement à des équipements modernes. Ca créé un très bon son !

Vous avez une nouvelle fois travaillé avec Dave Cobb à la production. Qu’est-ce qui vous a poussé à retourner auprès de lui ? Qu’est-ce qu’il a que d’autres producteurs, comme Kevin Shirley, n’avaient pas ?

Oh, Kevin est super aussi ! Kevin est aussi un homme très occupé mais ce qui s’est passé avec Dave était que nous avons travaillé avec lui sur War Of Kings il y a deux ans et nous avons réalisé qu’il convenait parfaitement au groupe. Il est presque devenu un membre du groupe. Il écrit un peu avec nous, il travaille sur les arrangements… C’était une question de timing et le feeling était super avec lui ! Donc nous avons parlé de Walk The Earth, nous avons dit « voyons avec Dave à nouveau » parce qu’ainsi nous pouvions nous appuyer sur ce que nous avions déjà construit avec lui, faire un album encore meilleur, et nous pouvions l’impliquer un peu plus. Dave était d’ailleurs davantage impliqué dans la composition, la co-écriture et l’arrangement de cet album. Donc nous lui faisons confiance, c’est l’un d’entre nous ! Nous savions que ses idées étaient bonnes. Nous savions que nous pouvions lui faire confiance pour nous aider avec cet album. Nous étions plus à l’aise. Car généralement, nous ne faisons vraiment confiance à personne d’extérieur au groupe, nous faisons toujours tout nous-mêmes. C’était dur pour nous de commencer à nous fier à quelqu’un mais Dave était un gars très sympa avec qui traîner. Donc ouais, nous étions davantage à l’aise pour lui faire confiance sur cet album.

Comme tu l’as précisé, non seulement il a produit l’album mais il a également contribué à la musique et aux paroles. Peux-tu nous parler de votre collaboration créative ?

Evidemment, nous sommes toujours bien préparés. Europe est toujours bien préparé. Nous avions dix chansons avant de rencontrer Dave. Nous avions dix chansons que nous voulions enregistrer, nous avions des idées de paroles, nous avions une direction, nous avions des thèmes… Nous étions très bien préparés, comme toujours. Mais nous laissons toujours les choses un peu ouvertes, avec les paroles, la musique et les arrangements, et lorsque nous avons quelqu’un comme Dave, nous pouvons lui faire confiance pour donner un coup de fouet aux chansons et peut-être leur apporter un petit plus, ou peut-être changer un arrangement, ou peut-être composer un nouveau passage au milieu ou quelque chose comme ça. Donc ce que nous faisons, à Abbey Road, en l’occurrence, c’est que le matin nous lui jouons une démo d’une chanson et il l’écoute. Alors il s’assoit et réfléchit pendant dix minutes. Ensuite, nous nous asseyons tous ensemble dans le studio et il dit : « C’est une super chanson mais j’ai quelques idées. Pourquoi on n’essaierait pas ceci, pourquoi on n’essaierait pas cet arrangement, peut-être que j’ai un petit bout que j’ai écrit pour la fin ou autre. » Voilà vraiment comment ça fonctionne. Il emmène l’album plus loin et améliore les chansons pour leur faire passer un palier.

Dave est un producteur qui a beaucoup de succès, notamment auprès de nombreux groupes recherchant un son très authentique et organique. Penses-tu qu’il y a un besoin d’authenticité de nos jours ?

Je pense qu’il est important de porter les bonnes traditions vers l’avenir. Et les bonnes traditions quand il s’agit de rock n’ roll, ce sont celles des années 70 et 60 : comment ils enregistraient la batterie, la basse, la guitare et le chant, et quels compresseurs ils utilisaient, quels microphones… Et c’est important qu’on apprenne. Il y a seulement quelques personnes qui connaissent ça. Kevin connaît, Dave Cobb connaît, Brendan O’Brien connaît, il y en a d’autre. Bob Ezrin évidemment connaît. Même Bob Rock connaît. C’est juste un savoir qu’on apprend avec les bases de l’enregistrement du rock n’ roll, tel que ça se passait dans les années 60 et 70, et il faut perpétuer cette tradition parce que ça sonne mieux, plus chaud, plus ample et riche. Tu sais, dans les années 80, il y avait tant de gadgets digitaux, de compresseurs digitaux, etc., et il y avait trop d’argent qui flottait dans l’air, et trop d’entreprises qui fournissait aux studios ces nouveaux gadgets. Plein de groupes ont commencé à trop les utiliser et les productions sont devenues en plastique, métalliques et médiocres. Je pense que beaucoup de gens s’en sont rendus compte maintenant et il faut combiner le nouveau monde avec l’ancien monde. Bien sûr, nous enregistrons en digital de nos jours avec Pro Tools, mais il faut combiner ça avec du matériel vintage chaleureux pour réchauffer le son, pour faire en sorte que le rock n’ roll sonne comme du rock n’ roll. Nous sommes un peu des geeks avec ça, et Dave Cobb aussi, il est très geek et il sait comment faire ces choses.

Regrettes-tu de n’avoir pas eu ce genre de son dans les années 80 ?

Non, pas vraiment. Nous étions jeunes, nous étions dans notre vingtaine, nous apprenions. C’était une aventure pour nous. Nous avons appris en travaillant avec les plus grands producteurs : Kevin Elson, Ron Nevison, Beau Hill… Nous avons appris grâce à eux mais nous étions trop jeunes pour prendre le contrôle et prendre les choses en main, ce que nous avons fait lorsque nous avons recommencé en 2004. Nous avons été en contrôle de chaque studio, chaque choix, chaque ingénieur, chaque producteur… Parce que ça nous intéresse. Mais à cette époque, nous nous contentions de suivre les producteurs que nous choisissions. Je suis encore fier de ces productions. Nous n’avions pas essayé d’être trop excentriques ; ce n’est pas trop pompeux.

« Nous avons tenu des funérailles pour les années 80 […]. Tout le monde avait la tête baissée avec la main sur le cœur, et nous avons fait une minute de silence pour les années 80. ‘Au revoir’, nous avons dit. C’était super ! »

La dernière fois que nous avons parlé à John Norum, il nous a dit que les années 80 étaient sans doute la pire époque pour le rock…

D’une certaine manière, je suis d’accord. Comme je disais, je pense qu’il y avait trop de joujoux dans les studios, niveau production. Trop de jouets de production, digitaux… Ils étaient nouveaux et n’avaient pas été testés, si tu vois ce que je veux dire. Aussi, tout allait trop loin et ça devenait presque unidimensionnel. Voilà pourquoi je voulais faire ma carrière solo et tout étudier, Neil Young, Bob Dylan, Jackson Browne, Randy Newman… n’importe quoi ! Je voulais apprendre à écrire des paroles plus profondes et faire des compositions plus profondes parce que je pense que les années 80 ont vraiment mené les choses à devenir unidimensionnelles. On avait besoin d’en faire émerger une dimension, dans les paroles et la musique. Et c’est ce que nous essayons de faire maintenant : avoir une compréhension plus profonde des accords, des chansons et aussi des paroles et du son, avoir plus d’expression, je suppose. Je pense que l’expression des années 80 était tout le temps à fond plutôt que d’avoir des nuances et de la dynamique, et c’est ce que nous essayons d’accomplir maintenant.

War Of Kings était votre premier album avec Dave Cobb et il avait lui aussi ce côté années 70. Du coup, est-ce que War Of Kings était la première étape vers Walk The Earth, d’une certaine manière ? Dirais-tu qu’avec ce nouvel album, vous avez perfectionné ce que vous avez essayé d’accomplir sur War Of Kings ?

Je pense que nous l’avons amené à l’étape d’après, oui. Mais je dirais que la nouvelle aventure du groupe Europe a plutôt démarré avec Bag Of Bones, vraiment. Bag Of Bones nous a vraiment poussés à dire au revoir au passé. Nous avons tenu des funérailles pour les années 80 dans la salle de contrôle, tout le monde écoutait une des intros que nous avions pour une des chansons, c’était l’intro de « My Woman My Friend » [intitulée « Requiem »], et nous avons dû enterrer notre passé [petits rires]. Tout le monde avait la tête baissée avec la main sur le cœur, et nous avons fait une minute de silence pour les années 80. « Au revoir », nous avons dit. C’était super ! Nous avons ça sur cassette vidéo quelque part [petits rires]. C’était nous et Kevin Shirley en train de faire des funérailles dans le studio. Nous avions le sentiment que : « Oh ouais, d’accord, ça y est, le futur est grand ouvert ! » Donc Bag Of Bones était le revirement total. En fait, même sur Last Look At Eden, nous avons commencé à nous amuser avec quelques trucs. Au niveau des paroles, j’ai commencé à davantage m’amuser sur Last Look At Eden. J’ai commencé à progresser avec les paroles. Mais Bag Of Bones, War Of Kings et Walk The Earth, ces trois derniers albums, c’est un groupe complètement différent.

On peut entendre des influences très claires des années 70 dans les chansons, comme « Walk The Earth » qui a ces harmonies qui rappellent beaucoup « Kashmir » de Led Zeppelin, « GTO » qui a ce riff dans la veine de « Burn » de Deep Purple, tandis que « Pictures » sonne très Pink Floyd. Ces influences étaient-elles conscientes ou bien se sont-elles plutôt exprimées à un niveau subconscient ?

Ça s’est clairement fait plus de façon organique et subconsciente, car lorsque nous sommes arrivés au studio, nous n’avions que des démos partielles et de répétitions. Ce dont tu parles s’est probablement produit sur place à Abbey Road. Dave Cobb a vraiment voulu utiliser les techniques de production, les sons et les vieilles consoles des Beatles et Pink Floyd, et donc nous avons combiné ça au nouveau monde, comme je disais. Donc ça nous a inspirés quand nous étions en studio et ça a produit ce dont tu parles, mais ce n’était pas vraiment délibéré. Nous avons travaillé vite, deux semaines en studio, une chanson par jour. C’est juste ainsi que nous voulions que ce soit, sans vraiment décider que ça allait être dans la veine de Pink Floyd ou autre. Ça s’est fait simplement comme ça, et le studio et le matériel ont sûrement aidé.

Mais est-ce que ces groupes sont ceux que vous admirez particulièrement ?

Ouais, en fait, je sais que Mic Michaeli, notre claviériste, est un énorme fan de Pink Floyd. Moi, John et John aimons également Pink Floyd. Nous sommes aussi de grands fans de David Bowie et quelques-uns d’entre nous s’intéressent aux Bealtes. Mic aime beaucoup les Beatles aussi, depuis qu’il est jeune. Personnellement, je suis plus porté sur Pink Floyd et Bowie peut-être, dans les années 70, si on parle de cette époque, et Led Zeppelin, bien sûr. Led Zeppelin a plutôt enregistré aux Olympic Studios. Ils n’ont pas trop enregistré à Abbey Road, mais plein de bons groupes ont enregistré à Abbey Road aussi. Oui, nous aimons énormément ces groupes. Ils font partie de nos collections de vinyle.

Et, plus spécifiquement, peux-tu nous parler de la chanson qui s’appelle « Pictures » ? Car elle est assez différente de tout ce que vous avez pu faire auparavant !

Ouais, c’est une chanson très spéciale. Elle est plus atmosphérique. Ça faisait vingt ans que j’avais la structure d’accords originelle dans ma tête, ou en tout cas depuis très, très longtemps. Il y a longtemps, c’était une chanson à tempo rapide. Je me souviens en faire des démos avec Mic, il y a peut-être dix ou quinze ans, mais je ne l’ai jamais amenée plus loin. Durant l’hiver, avant que nous allions au studio, j’ai commencé à m’amuser avec, jouer lentement ces accords, et j’ai commencé à me dire : « Ce serait vraiment bien ! » Ca faisait si longtemps que j’avais ces accords, ils étaient importants pour moi. Une semaine avant d’aller à la dernière répétition, je suis retourné chez mes parents où il y a un piano, c’est celui sur lequel j’ai composé plein de trucs pour Europe, et j’ai écrit une seconde partie pour la chanson. Ensuite la chanson s’est constituée et je l’ai présentée aux gars durant la répétition, et ils ont dit : « Ça c’est différent, c’est génial ! » Je pense que nous étions désormais prêts à produire quelque chose comme ça. Nous n’aurions pas pu la faire même sur War Of Kings, c’est une chanson particulière. Aussi, Dave Cobb a aidé avec les techniques de production et a aussi ajouté la partie d’outro, il avait suggéré d’avoir une longue outro. Je me souviens qu’il a travaillé avec nous sur la partie de piano solo. Donc tout s’est mis en place avec Dave en studio, ainsi que le son et tout. Au niveau des paroles, c’est la seule chanson qui soit vraiment lié à notre passé, parce que Dave et moi, nous discutions des paroles, et je les avais presque terminées mais nous essayions de voir quel en était le message. Nous avons pensé : « Peut-être que ce pourrait être la suite des paroles de ‘The Final Countdown’, peut-être que ce pourrait être l’homme qui a été séparé. » Ils quittent la Terre en 1986, c’est un homme qui a été séparé de tous les autres, flottant dans l’espace et essayant de comprendre quel serait son sort. C’est donc le seul lien avec le passé qu’on trouvera sur cet album. Autrement, comme tu le sais, Europe est désormais un nouveau groupe. Je veux dire que nous avons une expression différente aujourd’hui, nous ne pouvons même plus composer comme nous le faisions à l’époque.

« Europe est désormais un nouveau groupe. Nous avons une expression différente aujourd’hui, nous ne pouvons même plus composer comme nous le faisions à l’époque. »

Tu as co-écrit les paroles de « GTO » avec Dave à propos de votre amour pour les routes et la liberté. Etes-vous des amateurs d’automobile ?

Pour ce qui est de conduire en écoutant de la musique, je pense, oui. Mais la chanson en soit, musicalement, c’est l’idée de John Norum, c’est son riff. John Norum et Dave ont travaillé les arrangements et les riffs, c’est une idée de chanson de John Norum, vraiment, mais c’était effectivement Dave et moi qui avions travaillé sur les paroles. Il venait de s’acheter une nouvelle voiture. Je crois qu’il s’est acheté une nouvelle Mustang ou quelque chose comme ça, et nous parlions de voitures. C’est juste que j’adore conduire des voitures tout en écoutant de la musique. C’est dans ces conditions que j’avais pour habitude de faire toutes les démos d’Europe, je les prenais avec moi dans ma voiture, tout le temps. J’écoute constamment de la musique dans la voiture parce que ça me permet de m’évader de tout et juste conduire. Le son de cette chanson donnait le sentiment d’une chanson faite pour conduire une voiture, vraiment, c’est aussi simple que ça [petits rires].

Sur l’album, vous avez plusieurs chansons qui abordent l’idée de la démocratie, et tu as même fait des recherches sur le sujet et rencontré un professeur d’université. Qu’est-ce qui t’as poussé à te concentrer et réfléchir là-dessus ?

J’ai pensé que depuis environ l’année dernière, le monde a été tiré dans plein de directions différentes, politiquement. C’est une époque étrange que nous vivons et je me suis beaucoup intéressé à la démocratie, et j’ai commencé à lire et faire des recherches. L’idée à l’origine était de faire un album conceptuel sur la thématique de la trajectoire de la démocratie, en gros. Donc je voulais avoir dix chansons et que chacune d’entre elle décrive un moment dans l’histoire où la démocratie a pris forme ou a été écartée. C’était donc très ambitieux [petits rires]. Je pars toujours dans des trucs de dingue et les gars dans le groupe sont là « d’accord, c’est cool » mais ils me retiennent toujours aussi. Ils sont toujours, genre, « allez, on est un groupe de rock, on fait du divertissement » et ils ont absolument raison. Peut-être qu’un jour nous ferons un album conceptuel mais il se trouve que là, le résultat est meilleur que je ne l’imaginais, car je voulais un mélange dans les paroles. Je crois que deux, trois ou quatre textes restent liés à l’idée de la trajectoire de la démocratie et le monde sans dessus-dessous, plus ou moins. Mais c’est suffisant, le reste des textes, c’est de la poésie rock normale et ils proviennent d’autres sources, ils sont simplement nés en studio avec la musique. Mais c’est intéressant ; j’aime démarrer un album sous différents angles. J’ai aussi écouté de la musique progressive lorsque j’ai commencé la composition de cet album. J’écoutais du Rush, j’écoutais du Opeth, j’écoutais des vieux Jethro Tull… Je voulais me secouer parce que je ne veux pas commencer à écrire quelque chose de prévisible ou gentillet. Donc niveau paroles et musique, je suis parti dans un état d’esprit plus sombre, plus abstrait, et ça rend le produit final meilleur. Lorsque tout converge, avec le groupe, le producteur et tout, ça devient quelque chose de vraiment sympa. Donc je préfère partir sur une base abstraite plutôt que de façon gentiment prévisible.

Et penses-tu qu’il soit nécessaire aujourd’hui de remonter à la source de la démocratie ? Penses-tu qu’on soit en train de perdre cet idéal ?

Ouais. Je trouve très intéressant comment la démocratie a été développée au fil des années, au fil de l’histoire, jusqu’à aujourd’hui, et la démocratie a été très, très importante. C’est une chose, selon moi, en laquelle on devrait s’intéresser et qu’on ne devrait pas perdre de vue. Il est important qu’on apprenne tous du passé mais aussi qu’on en fasse quelque chose qui marche pour l’avenir.

Les chansons « Walk The Earth » et « Turn To Dust », non seulement englobent joliment l’album, l’un ayant cette idée de renaissance et l’autre de retour là d’où l’on vient, mais si on écoute les paroles ce sont deux chansons très positives. Du coup, vois-tu un lien entre le début et la fin de l’album ?

Il y a de nombreux liens. Nous adorons l’idée de commencer avec « Walk The Earth » et finir avec « Turn To Dust ». En fait, nous savions depuis le début, peut-être même avant que nous arrivions en studio, que ce serait une super façon de procéder. Mais en studio, nous avons commencé à nous dire que c’était parfait, autant niveau paroles que musicalement. En fait, « Turn To Dust », Mic Michaeli avait cette idée de chanson depuis peut-être dix ans maintenant. Moi et John Levén, nous lui avons toujours dit : « Il faut qu’on fasse quelque chose, il faut la finir. » Donc, cette fois, j’ai vraiment poussé Mic à la finir. J’ai dit : « Il faut qu’on travaille plus sur cette idée. » Donc il a trouvé un refrain, des accords, et il s’est vraiment motivé à la finir pour cette fois. Nous l’avons aidé en studio et en avons fait un super morceau. Je suis content que nous l’ayons poussé à la finir et aidé avec les arrangements et les paroles. Nous sommes très satisfaits d’avoir enfin pu l’enregistrer. Donc « Turn To Dust », c’est plus la vision de Mic que j’ai aidé à faire avancer. J’aime bien le concept des questions existentielles et de profiter du moment présent. J’adore la fin de l’album comme ça, ainsi que la fin abrupte de la chanson – ça aussi c’était l’idée de Mic, je crois qu’il a été inspiré par un vieil album des Beatles ou de Pink Floyd, quelque chose comme ça. Mais c’est sa vision, très obscure, il a de supers idées, il a un esprit très intéressant, pour ainsi dire. Et j’adore le côté positif de « Walk The Earth », donc les deux fonctionnent bien comme ça.

Sur l’illustration, on peut voir un triangle, qui revient de temps en temps dans vos visuels. Quelle signification mettez-vous derrière cette forme géométrique ?

Ça fait depuis The Final Countodwn que nous avons des triangles. Au revers de l’album The Final Countdown, il y a une sorte de triangle qui fait face à l’univers. Je me souviens qu’avec nos ingénieurs lumière de l’époque, nous utilisions des triangles sur la tournée The Final Countdown World Tour en 86. Nous avions deux triangles au-dessus du groupe qui pouvaient bouger à la verticale. Les triangles nous suivent donc depuis cette époque. Ça a plus commencé accidentellement, vraiment, au dos de la pochette de The Final Countdown. Et ensuite, nous avons à nouveau eu une illustration sur Prisoners In Paradise avec un triangle, je crois que c’était plus sous forme d’une pyramide, je ne me souviens plus maintenant. Donc nous avons déjà eu ça auparavant, mais là c’était plutôt une coïncidence. Nous avons aimé l’œuvre de ce gars [Mike Sportes], nous avons vu ça sur un T-shirt de Dave Cobb un jour en studio et nous avons aimé la façon il dessinait ces trucs. Il n’utilise presque pas d’ordinateur, il les fait manuellement, il est comme Storm Thorgerson, c’est un véritable artiste, c’est un peintre. Nous avons dit que nous voulions un artwork unique de lui. Nous lui avons juste envoyé les paroles et aussi des idées sur ce que nous aimions. Nous lui avons dit que nous aimions les pochettes de Pink Floyd, nous aimions Hypgnosis, ce genre de feeling. Et ça, c’est ce qu’il a fait lorsqu’il a lu les paroles de « Walk The Earth » et aussi d’autres paroles dans l’album. Donc peut-être a-t-il incorporé « Turn To Dust », et peut-être d’autres paroles. C’est vraiment un artiste. Il ne parle pas beaucoup de son art. Donc je ne vais pas m’aventurer à expliquer sa vision, c’est à lui de le faire, mais nous dans le groupe, lorsque nous avons vu cet artwork, nous l’avons adoré et nous avons trouvé que ça collait très bien à l’album. Nous avons beaucoup apprécié travailler avec lui. Mais le triangle en soi n’a pas de signification particulière pour nous, ce n’est qu’une forme que nous aimons et que lui aussi aime bien. Comme je l’ai dit, nous avons un lien avec le triangle mais ce n’est qu’une forme que nous apprécions, et nous apprécions aussi la grille qui apparaît sur la pochette. Nous apprécions cet homme qui marche vers la lumière ou peu importe ce qu’il fait. Nous apprécions le sens plus profond qu’il y a derrière et aussi, tout bêtement, la simplicité d’un bel artwork.

« J’ai écouté de la musique progressive lorsque j’ai commencé la composition de cet album. J’écoutais du Rush, j’écoutais du Opeth, j’écoutais des vieux Jethro Tull… Je voulais me secouer parce que je ne veux pas commencer à écrire quelque chose de prévisible ou gentillet. »

A propos de Walk The Earth, tu as déclaré que, pour toi, « c’est un album miracle ». Qu’est-ce que cet album a de miraculeux selon toi ?

[Petits rires] Chaque album que nous faisons maintenant devient un album miracle pour nous ! Parce que lorsqu’il est fini, nous nous regardons : « On a fait ça ? C’est génial ! » Parce que nous travaillons assez vite. Nombre des décisions sont prises rapidement en studio. Donc après coup, on a toujours l’impression d’un album miracle, genre : « Wow, c’est vraiment nous qui avons fait cet album ? C’est incroyable ! Ça pourrait être le meilleur album que nous ayons jamais fait ! » Donc voilà pourquoi j’appelle ça un miracle. Genre, comment s’est arrivé ? Comment ça a pu venir de rien ? C’est venu de rien, zéro chanson, et ensuite tu finis avec dix nouvelles compositions intéressantes. Voilà pourquoi on l’a qualifié d’album miracle, il n’y a rien de profond derrière ça, vraiment [petits rires].

Depuis votre retour en 2003, vous avez beaucoup changé votre son, du heavy, sombre et moderne Start From The Dark, au plus orchestral Last Look At Eden, à maintenant avec le plus vintage Walk The Earth. Est-ce que vous vous êtes cherchés ou bien est-ce plus une volonté d’expérimenter avec votre son ?

Nous cherchons et nous nous intéressons de plus en plus aux différents ingénieurs de studio pour trouver ceux qui conviennent le mieux. Je pense qu’il est important pour les nouveaux groupes d’apprendre à trouver les bons ingénieurs studio et producteurs, car il en existe de très bons. Pour nous, ça a juste été une aventure organique. Donc nous finissons un album et ensuite nous commençons à réfléchir… Nous réagissons presque aux derniers albums et disons : « On ne va pas refaire ça, on va essayer ça maintenant, on veut tenter cette idée maintenant. » Donc c’est presque une réaction contre notre album précédent, et ensuite nous avançons et voyons comment nous pouvons améliorer le son aussi, si nous pouvons trouver un meilleur ingénieur ou studio… Donc Abbey Road était bien parce qu’il a tout ce nouveau matos mais il a aussi tout le vieux matos pour pouvoir mélanger les deux. Et qui sait ce que nous allons faire la prochaine fois [petits rires] ? Mais cet album est tellement frais maintenant que nous allons y travailler pendant une paire d’année. Il est très bon, donc je pense que nous pourrons peut-être tourner deux ans dessus.

Comment votre public a-t-il réagi à tous ces changements dans votre son ? Les gens n’ont-ils pas été déconcertés, surtout vos fans venant des années 80 ?

Oui, bien sûr. Nous avons beaucoup de chance que certains de fans hardcore des années 80 soient encore avec nous. En fait, peut-être qu’ils veulent faire partie de notre voyage. Je ne sais pas s’ils aiment vraiment ce que nous faisons ! [Rires] Mais nous ne pensons pas trop à ces choses, nous avançons, c’est tout. Nous avons de la chance de connaître une nouvelle reconnaissance, de gagner quelques récompenses et de nouveaux fans. Mais honnêtement, il est dur de dire pourquoi ils écoutent encore mais peut-être qu’ils le font, je l’espère [petits rires]. Je ne sais pas, nous n’y pensons pas tellement. Nous avons la chance d’avoir ce que nous avons. On dirait que nous élargissons notre communauté de fans, donc c’est vraiment bien.

Mais n’est-ce pas frustrant pour vous, d’une certaine manière, que le grand public semble encore considérer Europe comme un groupe des années 80 et faire référence à vos tubes des années 80 ?

Ouais, bien sûr. Enfin, ce n’est pas frustrant. Tu sais pourquoi ? Parce que nous avons appris et compris le monde de la musique. Si tu changes et deviens plus un groupe de pop, alors c’est un autre monde, c’est un monde très différent et, pour être honnête, ce monde n’est pas celui dans lequel nous nous sentons le plus à l’aise. Nous nous sentons plus à l’aise dans la communauté rock avec vous, en l’occurrence, vous connaissez notre musique, et aussi la presse rock en Angleterre. Ils nous comprennent, ils ont suivi la nouvelle aventure, mais si on pense à un public plus large, ils ne s’intéressent pas à la presse rock et ils ne lisent pas à propos du rock en tant que tel. Ils nous connaîtront peut-être pour « Rock The Night » ou « Superstitious », « The Final Countdown » ou… Et ça va aussi parce que nous comprenons comment ça fonctionne mais nous sommes davantage à l’aise dans la communauté rock. C’est pour ça que nous n’essayons jamais d’écrire de hits, nous n’essayons jamais d’écrire des trucs façon années 80. Nous ne voulons rien avoir à faire avec ça, vraiment [petits rires]. Mais si nous avions une chanson aujourd’hui, genre, si « Walk The Earth » ou « Pictures » ou autre, les gens commençaient à les jouer à la radio, ce serait génial ! Mais c’est différent, c’est quelque chose dont nous sommes très, très fiers aujourd’hui.

D’un autre côté, vous avez célébré l’année dernière les 30 ans de l’album The Final Countdown. Etait-ce parce que cet album est toujours important pour vous ou bien était-ce plus pour faire plaisir aux fans ?

Nous ne voulions pas vraiment faire quelque chose d’énorme pour les 30 ans de The Final Countdown. Donc nous avons donné dix concerts l’année dernière et nous avons aussi joué le nouvel album, War Of Kings, durant la même soirée. Il y avait donc un peu de nostalgie mais nous avons aussi pu jouer un nouvel album, c’était important pour nous. Et c’était aussi important pour nous de nous éclater durant la soirée ! [Rires] Ca a fait que c’était très spécial et marrant de pouvoir jouer un tout nouvel album [petits rires] ainsi que des trucs plus nostalgiques avec le vieux The Final Countdown. Pour nous dans le groupe, ça a fait une soirée parfaite. C’était bien. Je ne pense pas que nous le ferons très souvent. C’était dix concerts et c’est tout. C’était sympa de revisiter certaines de ces chansons, comme « Time Has Come » et, pour ma part, « Love Chaser » était plutôt amusante à jouer, ça faisait très longtemps que nous n’avions pas joué ces chansons. Donc c’était marrant à faire pendant une petite période de temps. Mais évidemment, c’est sur DVD maintenant, le DVD anniversaire des 30 ans au Roundhouse avec les albums War Of Kings et The Final Countdown, donc c’est désormais disponible.

« Moi et John […] nous parlions à travers notre tour manager, nous nous asseyons dans des limousines différentes ; nous avons vraiment arrêté de nous parler. [Mais maintenant] nous sommes redevenus comme des frangins […]. Il faut juste apprendre. »

Quelle importance cet album, The Final Countdown, revêt pour vous après tant d’années ?

Evidemment, c’était un grand moment pour nous. C’était le troisième album. J’ai été en contact avec CBS à New York, la plus grosse maison de disque au monde. Ils avaient Michael Jackson, Bruce Springsteen, Boston et tout un tas d’artistes. C’était un grand moment pour nous d’enregistrer pour eux et de faire appel à Kevin Elson, le producteur de Journey, et faire un troisième album. Et aussi ce troisième album a ouvert toutes les portes : nous avons démarré une tournée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, et en Allemagne, en France où tu te trouves… Paris, nous y avons très souvent été ! C’était une époque incroyable pour nous. Nous avions dans la vingtaine et les portes s’ouvraient les unes après les autres. Ça nous a aussi aidés à arriver là où nous sommes aujourd’hui. Car les gens entendent « The Final Countdown » et peut-être qu’ils veulent savoir : « Je me demande ce qu’ils font aujourd’hui, est-ce qu’ils ont d’autres chansons ? » Peut-être qu’alors ils se mettent à écouter certains des nouveaux albums. Cette chanson est aussi une invitation. C’était donc une grande époque dans nos vies, évidemment.

Vous avez désormais une carrière plus longue et fait plus d’albums depuis votre reformation en 2003 que la première période du groupe. Qu’est-ce qui selon toi rend le groupe plus fort maintenant qu’à la fin des années 80/début des années 90 ?

Je pense que c’est parce que la musique est de plus en plus aventureuse. Nous sommes en excursion, nous nous intéressons à plein d’autres choses, nous essayons de pousser plus loin notre univers musical, nous essayons d’écrire différemment, et aussi le son : nous essayons de trouver de bons producteurs, ingénieurs, studios, équipements, et faire en sorte que notre son aille de l’avant. Et nous nous faisons plaisir. Je veux dire que nous sommes cinq gars, nous nous sommes rencontrés quand nous étions adolescents et nous estimons avoir un bon boulot maintenant, et nous ne voulons pas le perdre, et nous voulons nous amuser et être créatifs. Mais c’est dur à expliquer. Je pense que c’est juste l’alchimie entre ces cinq gars. Tout le monde se donne à cent pour cent et s’entre-aide. Nous composons à nouveau ensemble maintenant, les derniers albums ont été composés par nous tous et c’est fantastique de voir comme ils sont devenus bons en tant que compositeurs. Avant, j’écrivais [tout]. Car j’ai commencé à composer des chansons lorsque j’avais neuf ou dix ans. J’adorais composer des chansons, donc lorsque j’ai commencé dans le groupe, j’écrivais toujours les chansons mais désormais, nous composons ensemble et ils trouvent des tonnes d’idées. Et nous avons décidé de ne pas revenir en arrière, de ne pas composer quoi que ce soit que nous ayons fait auparavant ; depuis le tout début, depuis Start From The Dark, chaque album est une nouvelle aventure. Nous voulons repousser les limites et essayer différentes choses, et nous nous fichons du monde extérieur, de ce que les gens pensent ou de ce que les fans attendent, ou le management, ou la maison de disques [rires]. Nous le faisons, c’est tout ! Peut-être que c’est ça le secret, et quelques autres groupes, comme Rush, c’est aussi ce qu’ils font. Ils s’en fichent, ils font leur propre truc. Je pense que c’est très bien pour les groupes d’agir ainsi. C’est aussi ce qu’a fait Deep Purple pendant de nombreuses années et ils restent des héros pour nous. Le dernier album de Deep Purple produit par Bob Ezrin est super, il y a des trucs excellents là-dessus ! Donc je pense que c’est important pour les groupes de ne tout simplement pas écouter les gens extérieurs, d’aller de l’avant et faire leur propre truc. Je crois que c’est vraiment ça la clef.

En 86, John Norum a quitté le groupe parce qu’il n’aimait pas la direction que le groupe prenait. Penses-tu que vous êtes plus relax et en phase maintenant qu’à l’époque ?

Ouais. En fait, lorsque nous avons recommencé en 2004, nous avons dit que nous écririons tous ensemble et parlerions de tout et ne laisserions pas les problèmes prendre de l’ampleur, nous devions tous communiquer. Donc maintenant, si quoi que ce soit va mal, nous en parlons. Nous essayons de fortifier notre relation et faire en sorte qu’elle soit durable. Lorsque tu es jeune, tu as un fort égo, tu arrêtes de parler des choses. Moi et John, nous avions arrêté de parler, tu vois, nous ne nous parlions plus. Nous parlions à travers notre tour manager, nous nous asseyons dans des limousines différentes ; nous avons vraiment arrêté de nous parler. Alors que nous étions des frères ! Je veux dire que nous avons lancé le groupe, donc… Ouais, maintenant, John et moi, nous sommes redevenus comme des frangins et nous sommes ensemble depuis plus longtemps maintenant. Il faut juste apprendre, tu sais, apprendre du voyage.

Plus tôt, tu as mentionné que tu as écouté beaucoup de musique progressive quand tu as commencé à composer votre nouvel album, et tu as mentionné le groupe Opeth. C’est un groupe qui aujourd’hui fait du rock progressif mais qui avant faisait du death metal progressif. Du coup, est-ce que tu écoutes du death metal ?

[Petits rires] Ça m’arrive ! En fait, j’écoute de tout. Peut-être pas beaucoup mais j’ai effectivement tendance à suivre tous les styles et essayer de me tenir au courant. Mais oui, j’ai tendance à écouter Opeth, les trois ou quatre derniers albums. Je n’écoute pas autant les premiers Opeth mais ça arrive, je trouve qu’ils ont fait des trucs excellents au début aussi, mais j’apprécie surtout les trois ou quatre derniers. C’est un super groupe. Nous les connaissons, ce sont aussi des amis à nous.

Et quelle est la chose la plus surprenante que tu écoutes ?

Oh, bon sang ! Je suis avec ce groupe, c’est un groupe de rock, et nous sommes très portés sur le rock, le classic rock et tout mais, en privé, j’ai aussi un côté chanteur-auteur-compositeur. Je pense que la plupart des gens le savent parce que quand j’ai fait mes albums solos, j’écoutais plein de choses allant de Jackson Browne à Neil Young ou Bob Dylan. Je suis un grand fan de Bob Dylan et Bob Marley ! Je suis un énorme fan de Bob Marley ! En fait, les deux Bobs, Bob et Bob, ce sont les rois, pour ma part. Bob Marley et Bob Dylan, c’est tout, c’est la base pour une excellente expression, ils sont géniaux ! Donc ça pourrait en surprendre certains, mais il y a tellement d’autres artistes. Je veux dire que Warren Zevon est un parolier incroyable. Randy Newman, son style ironique, j’adore ça. Et Van Morrison, plein de choses chez lui sont géniales. Surtout son côté spirituel, lorsqu’il a commencé à faire de la musique spirituelle, avec ses débats intérieurs. Personne n’a fait ça, personne n’a vraiment osé aller aussi loin que lui, c’était juste génial. Donc ouais, j’écoute parfois ces trucs.

Interview réalisée par téléphone le 27 septembre 2017 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : François-Xavier Gaudas.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Europe : europetheband.com.

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