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Live Report   

Evanescence : bring me to live-stream


Nous sommes toujours en 2020. La pandémie empêche toujours de se rassembler à plusieurs centaines de personnes dans des salles de concerts. Les groupes (surtout ceux qui avaient prévu de sortir un album et/ou de tourner cette année) ont toujours besoin de renflouer les caisses. Heureusement, Internet est toujours là. Bref, on ne va pas vous refaire la même introduction à chaque fois, vous commencez forcément à avoir l’habitude des live-streams. Et cette fois, c’est au tour d’Evanescence de s’y coller, pour compenser l’annulation de leur tournée des arènes européennes.

En lieu et place de Within Temptation, qui devait accompagner le groupe sur ladite tournée, la première partie est assurée par Amy Lee, frontwoman et compositrice en chef depuis 2003 et dernier membre fondateur encore présent au line-up. Pendant une grosse demi-heure, l’emblématique voix d’Evanescence répond aux questions envoyées par les fans sur les réseaux sociaux, avec un optimisme et une joie de vivre qui permettent d’oublier pour un temps les nombreux aléas de cette année ratée.

Depuis son studio personnel, Amy répond avec le même entrain aux questions indispensables du type : « Si tu étais dans le couloir de la mort, quel serait ton dernier repas ? » qu’à celles axées sur son nouveau bébé, The Bitter Truth, prévu en 2021. On apprend ainsi que le mastering de l’album vient tout juste d’être bouclé et que les paroles des nouvelles chansons ont été affectées par la pandémie comme par la situation politique américaine. Radieuse et pétillante, à des années-lumière de la princesse gothique des débuts du groupe, la chanteuse se prend même à geeker sur un certain réglage de clavier suite à une question extrêmement pointue d’un fan curieux. Une bouffée d’optimisme et de bonne humeur que l’on n’attendait pas de ce côté du spectre musical.

Côté musique, justement, là où d’autres groupes ont choisi de compenser l’absence de public par un show spectaculaire et une production démesurée, Evanescence a opté pour une configuration particulièrement intimiste. Amy, le guitariste lead Troy McLawhorn et le batteur Will Hunt sont ainsi réunis au Rock Falcon Studio de Nashville (où le nouvel album a d’ailleurs été enregistré)… mais dans trois pièces différentes. Jen Majura (guitare rythmique) et Tim McCord (basse), quant à eux, se trouvent respectivement en Allemagne et en Californie, et on salue bien bas les techniciens et le producteur qui auront su gérer ce casse-tête technologique pour offrir aux auditeurs un son irréprochable, digne des meilleurs albums studio.

Distanciation extrême oblige, les interactions physiques entre les membres sont forcément inexistantes, mais Amy compense cette « froideur » imposée par un vrai charisme et des interventions systématiques entre les chansons. La set-list fait évidemment la part belle aux singles tirés de The Bitter Truth, mais le reste de la discographie (finalement assez réduite) du groupe n’est pas oubliée pour autant. Soyons honnête, les hymnes de Fallen font toujours autant mouche malgré leurs dix-sept ans d’âge, et ce n’est certainement pas le producteur, complètement euphorique tout au long de « Bring Me To Life », qui dira le contraire. D’autant que la partie rappée de la chanson a désormais disparu et que cela mérite bien quelques points bonus.

Bien que le concert soit limité à quarante petites minutes, le groupe trouve malgré tout le moyen d’y caser des « rappels », sous la forme d’Amy seule au piano acoustique pour les deux derniers titres, dont une reprise d’un titre de Portishead. Un arrangement dépouillé qui prouve, s’il en était encore besoin, que la frontwoman a l’une des voix les plus impressionnantes du rock moderne. Ses comparses ne sont d’ailleurs pas en reste et livrent une performance impeccable, quoique rendue un peu trop clinique par la configuration inhabituelle.

Le show fut court, mais il fut bon. Une belle mise en appétit avant le retour d’Evanescence sur le devant de la scène en 2021, dès que les salles de concerts auront rouvert leurs portes. Mais si, on y croit !

Setlist :

Wasted on You
The Game is Over (première fois en live)
The Only One (première fois en live depuis 2011)
Sick
Going Under
Use My Voice (première fois en live)
Bring Me to Life
Lost in Paradise
Glory Box (reprise de Portishead)



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