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Live Report   

Evanescence tient sa promesse


A concert d’exception, salle d’exception. C’est au magnifique Grand Rex que nous sommes ce soir conviés pour revivre les années fastes d’un groupe qui a marqué l’adolescence de nombre de fans, Evanescence. Son atmosphère feutrée et intimiste, sous son dais étoilé bleu nuit, semble le cadre parfait pour ce concert qui s’annonce intense et riche en émotions.

Si le groupe n’était pas particulièrement dans la lumière ces dernières années, leur ambitieux projet Synthesis a quant à lui pu susciter la curiosité et l’intérêt des fans de la première heure. Comme son nom l’indique, Synthesis se veut la synthèse d’une carrière mais aussi une transition vers un futur musical. En effet, si Synthesis reprend les grands succès du groupe réarrangés pour l’occasion par un orchestre symphonique, deux nouveaux morceaux font également leur apparition. L’expérience live d’un orchestre joint aux musiciens du groupe se veut très prometteuse et sera à la hauteur de nos attentes.

Artiste : Evanescence
Date : 28 mars 2018
Salle : Grand Rex
Ville : Paris [75]

Evanescence

L’expérience commence donc par une introduction orchestrale, aux styles divers et aux influences variées, de façon à donner d’emblée le ton. Ainsi se mêlent aux grands classiques de Mozart, dont le superbe et poignant « Lacrimosa », et Beethoven, des morceaux contemporains tels que « Sally’s Song » ou « Zelda’s Lullaby ». Cette introduction est également l’occasion de mettre en lumière les talentueux musiciens de l’orchestre, dirigé par Susie Bench, qui vont accompagner le groupe tout au long de la soirée, avant qu’Amy Lee ne monopolise quasi totalement l’attention, car il faut bien l’avouer, c’est elle qui est attendue. Et l’entrée d’Amy Lee se fait sous une ovation bien prévisible. Après une ouverture délicate au piano par la chanteuse, le show prend rapidement une dimension plus rock avec le premier morceau rythmé, « Never Go Back », conciliant harmonieusement la diversité des registres et des influences chers au groupe. Si le show se révèle clairement moins dynamique et électrique qu’un concert de metal classique, la force du projet – et l’aura d’Amy Lee – semble néanmoins porter ses fruits et ravir le public, tant la performance se veut de qualité.

Les fans, très réceptifs, reconnaissent les premières notes de chacun des grands hits du groupe et n’hésitent pas à manifester leur enthousiasme. A commencer par le morceau « Lacrymosa » reprenant le célèbre thème de Mozart, somptueux. Rapidement, la musique gagne en puissance, notamment grâce à la batterie, et en complexité avec les arrangements. La voix d’Amy Lee, dont il paraît inutile de vanter les mérites ici, est proprement magnifiée par l’orchestre et d’une clarté assez stupéfiante, notamment sur des morceaux ultra attendus pour lesquels la voix est mise au premier plan. Commençons par « Bring Me To Life », morceau emblématique du groupe, qui a – sans exagérer – déclenché des cris hystériques dans le public dès les premières notes. Si le refrain est moins rock dans cette version orchestrale, il est aussi plus épuré et toujours aussi efficace. Pas de voix masculine cette fois, mais celle de la guitariste Jen Majura en chœur.

Orchestre

L’introduction de la batterie en deuxième partie de chanson apporte du relief, du rythme et de la puissance au morceau qui gagne aussi en profondeur avec les cordes de l’orchestre. La programmation et ses notes électro constitue peut-être le changement le plus étonnant et potentiellement controversé. Il était de la volonté d’Amy Lee de mettre en valeur les instruments à cordes mais aussi les éléments programmés avec Synthesis, pour retrouver l’essence musicale des morceaux, mais ces notes électroniques ont pu sembler trop présentes aux oreilles de certains. La donne est différente avec « My Immortal », présenté par Amy Lee comme l’un des tout premiers morceaux et dédié aux fans de toujours. Cette fois, la chanteuse laisse sa place au piano et reste au micro, le but étant clairement de hisser sa voix sur un véritable piédestal. Ni programmation ni instruments électriques cette fois, rien qu’une voix pure, brute (presque céleste – laissons-nous aller à l’hyperbole !) et un orchestre.

En résulte une expérience d’une incroyable émotion. Nombre des chansons reprises pour Synthesis gagnent ainsi en douceur mais aussi, paradoxalement, en intensité exécutées en live avec orchestre, à l’image de « Lithium » dont la beauté, éthérée, est exhaussée par le piano et quelques cordes, tandis que la voix d’Amy Lee verse dans les aiguës avec toujours autant de maîtrise. La virtuosité de celle-ci au piano est encore mise en évidence avec l’interlude « Unraveling », introduisant « Imaginary » qui fait aussi la part belle à Tim McCord à la batterie, les autres musiciens restant toujours, à regret, en retrait. « Lost In Paradise » et sa lumière chaude, crée par sa scénographie l’illusion d’un bosquet ombragé percé de rayons, d’un petit paradis sur lequel régnerait de sa voix cristalline, Amy Lee, inondée de lumière. Mais bientôt, batterie et guitares résonnent, le son monte crescendo, voix et instruments gagnent en intensité tandis que la scène bat comme un cœur, illuminée de rouge et d’orange en rythme avec les percussions. « Your Star », toujours dans la délicatesse, est décorée d’une constellation d’étoiles.

Evanescence

L’apport de notes électro et des cuivres donne beaucoup de relief à ce morceau très applaudi. Les deux nouveaux titres présentés par Evanescence ce soir semblent plus résolument rock dans leur approche, à commencer par « Hi-Lo » et son refrain assez intense. Sur cette chanson, l’accent est toutefois mis sur la programmation une fois encore, avec notamment la voix d’Amy Lee prolongée en échos infinis par des notes électroniques. « Imperfection » est probablement la chanson la plus rock du show. Introduite par un solo de piano magistral, « The In-Between », assez sombre et grave, par Amy Lee, elle révèle très vite toute sa force et son énergie avec guitares et batterie.

Après un cours rappel, Amy Lee rejoint seule l’orchestre et, au piano, interprète la belle et très douce ballade « Speak To Me » puis la mélancolique « Good Enough » à son tour sublimée. Chaque note est perçue, chaque souffle et murmure, chaque inspiration et expiration, on est porté au plus près de cette musique presque originelle, au plus près de la voix, bercés par la respiration, le timbre et les vibrations du chant d’Amy Lee. A l’occasion du dernier morceau de cette soirée, « Swimming Home », la chanteuse porte à son public un message de remerciement et de partage. Rejointe par ses musiciens, Evanescence interprète cette chanson très lumineuse et légère et est finalement saluée par une standing ovation. Il semblerait que le rêve d’Amy Lee se soit bel et bien concrétisé, une ère pour Evanescence s’achève en beauté et une autre s’ouvre déjà, très prometteuse. Les fans trépignent, en redemandent et attendent un retour, plus prompt cette fois, du groupe.

Evanescence

Setlist :

Ouverture orchestrale
La Chasse, Mozart
Sonate Au Clair De Lune, Beethoven
Lacrimosa, Mozart
Sally’s Song, Danny Elfman
Zelda’s Lullaby, Koji Kondo et Asuka Ohta
Together Again
Synthesis
Overtur
Never Go Back
Lacrymosa
End Of The Dream
My Heart Is Broken
Lithium
Bring Me To Life
Unraveling
Imaginary
Secret Door
Hi-Lo
Lost In Paradise
Your Star
My Immortal
The In-Between
Imperfection
Rappels :
Speak To Me
Good Enough
Swimming Home

Report et photos : Elena Delahaye.



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