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Live Report   

EVILE A LONDRES, THRASH A TOUS LES ETAGES



Artistes : EvileWarbringerThe Fading
Salle : Underworld, Londres
Date : 24-01-2010
Public : Environ 250 personnes

C’est le début de la tournée Infected Nations pour la promotion de leur album du même nom mais c’est, surtout, un tout nouveau départ pour Evile. Après la mort soudaine de leur bassiste Mike Alexander, c’est maintenant Joel Graham qui prend place au sein du groupe anglais.

Le but de cette tournée sera donc de reprendre les choses là où le combo les avaient laissées et de présenter Joel à leurs fans. C’est aussi le moment pour le groupe, qu’on sent encore assez fragile, de tenter enfin de tourner la page.


The Fading

En attendant que les portes de la petite salle de l’Underworld s’ouvrent, on aperçoit des gens en train de courir, paniqués, dans tous les sens. Le manager de la tournée, les responsables de promotion et les personnes qui gèrent le merch des groupes sont dans un stress total. Pendant ce temps, les trois formations de la soirée sont gentiment assises derrière le rideau décrépit des backstages, en train de se raconter tranquillement des blagues dans une atmosphère décontractée.

The Underworld est une petite salle intime en-dessous du pub populaire du quartier alternatif de Camden : The World’s End (ndlr : «la fin du monde»). Le pub apocalyptique porte très bien son nom vu qu’on y organise des concerts de metal extrême tous les soirs depuis les années 80.

Ce soir la foule est partagée. A l’arrière de la petite salle on retrouve les anciens adeptes du thrash, accoudés au bar et gardant la tête haute. Devant la scène c’est une toute autre histoire. Quatre ou cinq rangées d’adolescents surexcités avec des t-shirts Evile se sont formées, il est impossible de trouver le moindre recoin où se placer. C’est officiel, ce soir les plus jeunes ont pris le contrôle de la fosse et on sent tout de suite qu’il va y avoir des dégâts.

Le premier groupe nous vient d’Israël. The Fading est un groupe émergeant qui nous présente un death mélodique assez conventionnel. Ils sont connus pour avoir gagné le Metal Battle annuel du festival Wacken Open Air 2008. Résultat : ces petits chanceux se sont vu offrir l’opportunité d’être signés sur le label Wacken Records. Ils sont partis en Suède pour enregistrer leur premier album avec le producteur Pelle Saether (Ebony Tears, Necrodeath, Carnal Forge). Par conséquent, nos attentes sont élevées.

Aucun changement de lumières sur la scène, vu qu’il n’y a que trois spots. Résultat on ne se rend même pas compte que The Fading…est déjà sur scène. Leur set n’est pas très varié et le public ne semble pas si impressionné que ça. Par contre, on peut noter que niveau son tout est nickel et que les solos de guitare de Arie Aranovich valent le coup d’être entendus. Même si Ilia Badrov (chant) est débordant d’énergie du début jusqu’à la fin, le public reste immobile. Notre homme tente pourtant de faire bouger la foule en battant son poing, mais rien n’y fait. Et ce n’est pas comme si le reste du groupe ne faisait pas d’efforts non plus : ils se déchaînent tous comme si c’était un concert dans une arène. Un effort apprécié, mais l’ambiance reste toutefois inchangée.


The Fading

Malgré cette intro assez décevante, l’attitude du groupe sur scène est quand même remarquable. Le combo reste souriant tout le long et le chanteur ne laisse pas tomber ses efforts pour tenter d’animer la salle. Mais malheureusement, comme une référence implicite au nom du groupe (à savoir que Fading signifie «atténuation»), le son commence à s’affaiblir et à se perdre dans les bruits de foule. Bientôt on se retrouve à être plus intéressé par l’adolescent bourré du premier rang qui est bien le seul à bouger avec son spectacle de «air drums» plutôt que par la scène. A la fin de leur set, The Fading reçoit malgré tout des applaudissements sympathiques du public. Cependant, inutile de dire que ce sont des applaudissements un peu forcés.

Alors qu’ils quittent la scène en gardant néanmoins la tête haute, le sentiment de malaise qui s’est propagé dans la salle retombe enfin. C’est un problème récurrent pour les groupes qui jouent en première partie dans des salles aussi petites. On pourrait dire que s’ils ne parviennent pas à accrocher le public dès les premières notes, c’est souvent peine perdue. The Fading n’est pas un groupe mauvais, mais malheureusement il n’a pas su se mêler au courant dominant thrash/death de la soirée. Le temps de se prendre une bière et c’est parti pour 45 minutes de folies avec Warbringer !


John Kevill, Warbringer

Cette formation de Californie, qui fait de plus en plus parler d’elle est, tout comme Evile, un jeune groupe émergeant de la nouvelle vague thrash metal. Leur succès est évident : dès leur arrivée sur scène, la foule devient folle. Ici, rien de comparable avec les gentillets du groupe précédent. John Keville (chant) bondit sur scène avec une énergie débordante et un regard des plus malsains. A peine les Warbringer ont fini leur premier titre que ces thrash metalleux poursuivent avec une nouvelle compo encore plus violente et sans hésitation, John (chant) réclame direct un «circle pit». La foule se plie aux ordres du maître et semble apprécier ce thrash brutal aux influences death qui fait penser à un mélange entre Exodus et Slayer.


John Laux, Warbringer

On reconnait tout de suite le fait que l’âme entière de Warbringer repose sur l’énergie du chanteur. Ce sacré John court dans tous les sens sur scène comme un gamin hyperactif. Le reste du combo tente de le suivre dans sa démarche et d’éviter de se prendre les pieds dans son fil de micro qui s’agite dans tous les sens. Au moment de partir, la foule ne tient pratiquement plus debout, mais le groupe semble en pleine forme. Après une telle montée d’énergie et de puissance, la foule regagne son calme et chacun part à la recherche de sa basket perdue.

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Warbringer

C’est enfin l’heure et Evile entre en scène. Sous les cris de guerre et applaudissements de la foule, on sent que ce concert n’est pas ordinaire. Les visages des membres du groupe sont remplis d’émotion et avant même de prendre leurs instruments, le chanteur Matt Drake annonce au public qu’il va commencer le concert avec un petit discours. Le frontman anglais tient à remercier les fans et les groupes qui les ont soutenus depuis la mort tragique de Mike Alexander. Il insiste aussi sur le fait que le groupe est très heureux d’accueillir Joel Graham (basse) en tant que bassiste. Et pour finir Matt déclare que, même si les derniers mois ont étés très difficiles, ils sont prêts à mettre tout cela derrière eux et que ce sera la dernière fois qu’ils reviendront sur ce drame. Bien sûr la foule réagit en hurlant «Mike ! Mike ! Mike !», et c’est le moment idéal pour commencer le concert.


Matt Drake, Evile

Qu’est-ce qui peut être mieux pour commencer que de balancer un titre aussi stimulant que «Infected Nations» ? L’intro crescendo de la chanson parvient à captiver la salle entière et c’est au point culminant que l’on ressent l’émotion du groupe sur scène.

Olí Drake (guitare) est un véritable génie de la guitare et il ne se retient pas de le montrer. En voyant son apparence, avec sa longue barbe pointue et son air de petit lutin maléfique, on pourrait aussi se dire que c’est un peu le rigolo de la bande. Joel Graham (basse) semble s’être parfaitement bien intégré au sein du groupe. Ben Carter (batterie) a toujours l’air aussi méchant et Matt Drake, lui, toujours aussi serein. Evile ne bouge peut-être pas autant que Warbringer mais le headbang y est et l’osmose entre le groupe et la fosse est palpable.


Ol’ Drake, Evile

Leur set ne se différencie pas beaucoup de leurs concerts précédents. Les chansons les plus connues y sont : comme l’excellent titre «Demolition Now» du dernier album et quelques chansons de leur premier opus, Enter The Grave, notamment «For Those About To Die» qui fait énormément penser au thrash de Sodom. On retrouve aussi le titre qui les a rendus célèbres en Angleterre, l’indispensable «Thrasher». La deuxième partie du concert contient le titre «Bathe In Blood» qui est tellement comparable au «Reign In Blood» de Slayer que cela en devient ridicule. Le temps d’une petite pause et Evile revient pour nous achever avec «Enter The Grave» en guise de rappel. Matt prend quand même le temps de remercier la foule une fois de plus et nous demande à tous de ramener un pote ou deux la prochaine fois pour qu’ils puissent avoir l’occasion de jouer dans une salle plus grande, genre Brixton Academy par exemple.


Joel Graham, Evile

C’est en sortant de la petite salle, suffocante et maintenant transformée en sauna, qu’on se demande si Evile est un groupe thrash vraiment aussi révolutionnaire qu’on le prétend. Ayant commencé en faisant exclusivement des reprises, on comprend pourquoi leurs compositions contiennent autant d’influences des génies du thrash comme Exodus, Overkill et Testament. Toutefois, on espère qu’ils parviendront à s’éloigner de cette réputation de copieurs et qu’ils trouveront leur propre voie. Chose probable, vu que le talent y est !

Photos : Alexander Milan Tracy




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