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Interview   

Evile revient de l’enfer


Huit ans après Skull, le groupe de thrash metal anglais Evile revient – presque d’entre les morts – mais n’est plus tout à fait le même. Entre-temps, Ol Drake est parti, puis est revenu, puis c’est son frère Matt qui est parti… Aujourd’hui, Evile est de retour avec son cinquième album Hell Unleashed sous une toute nouvelle configuration : Ol est passé au chant, tout en restant à la guitare lead, et Adam Smith (RipTide) a intégré les rangs. Nouveau line-up, nouveau départ. Les fans seront peut-être un temps décontenancés par cette nouvelle formule, pas uniquement à cause de la différence du chant, mais aussi pour l’agressivité accrue de la musique. Evile délaisse l’influence de Metallica pour lorgner du côté des vieux Sepultura voire d’une influence death metal.

Tout ceci amène forcément son lot de questions et c’est justement pour y répondre que nous avons contacté Ol Drake. Ce dernier fait toute la lumière sur ces huit dernières années, depuis son départ jusqu’à la réalisation de ce nouveau disque. L’occasion pour en apprendre plus sur le musicien lui-même, que ce soit les problèmes de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) dont il a pu souffrir, sa passion pour les vieux films d’horreur ou ses idoles musicales.

« J’essaye de me concentrer sur le fait que j’adore la musique et que j’adore en jouer. Je sais que nous n’allons pas gagner d’argent et que nous ne deviendrons pas un énorme groupe. »

Radio Metal : Quelques mois après la sortie de l’album Skull, tu avais annoncé ton départ d’Evile. A l’époque, tu disais que « l’industrie musicale, pour un groupe de [votre] genre et ‘niveau’, détermine un mode de vie irréaliste pour [toi] ». Etais-tu désenchanté à ce moment-là ?

Ol Drake (chant & guitare) : Je pense que parler de désenchantement, c’est le bon mot. C’était le problème de partir en tournée pendant longtemps et de revenir sans argent. Ça se fait quand on a seize ou dix-neuf ans et qu’on n’a pas de facture à payer, pas de responsabilité, mais quand on approche la trentaine, et qu’on a des factures et des enfants, ça n’a pas de sens. Malheureusement, le metal est devenu un passe-temps pour beaucoup de groupes – les plus petits groupes en tout cas. J’étais désenchanté et je ne voulais plus faire ça à l’époque. Quand nous avons débuté, j’ai tout mis dans ce groupe. La plupart du temps, je n’avais pas de boulot, donc tous mes efforts et mon temps allaient dans la composition musicale ou dans le fait d’envoyer des e-mails pour organiser des tournées et des concerts. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, quand j’étais éveillé, je me consacrais à Evile. Après avoir fait ça pendant aussi longtemps, je me suis demandé pendant combien de temps encore je pouvais continuer et il est clair que j’ai perdu la passion à ce moment-là.

Tu as réintégré le groupe en 2018. Qu’est-ce qui a changé dans ta vie ou dans ton esprit pour prendre cette décision ?

D’abord, ça me manquait. J’ai fait plein de choses à côté desquelles j’étais passé : nous avons eu deux filles, j’ai pris un boulot normal et pour une fois, j’avais de l’argent qui rentrait et me permettait de payer les factures. J’ai pris conscience que la plupart des groupes de metal devaient faire ça comme un passe-temps. C’est quelque chose à côté de notre travail. J’ai parlé à Matt [Drake] de mon retour et ça me paraissait être la bonne chose à faire car ça me manquait et j’avais conscience que je ne devais pas m’attendre à jouer dans des arènes et à gagner un tas d’argent.

L’industrie musicale ne s’est pas tellement améliorée entre-temps, probablement le contraire…

Il est clair qu’elle a empiré pour les artistes. La musique n’a jamais été aussi accessible avec Spotify et tous ces trucs, mais ça fait que c’est pire pour les artistes, car si un artiste est diffusé uniquement sur Spotify, il ne gagne pas du tout d’argent. La musique a été dévaluée, encore plus maintenant. Malgré ça, j’essaye de me concentrer sur le fait que j’adore la musique et que j’adore en jouer. Je sais que nous n’allons pas gagner d’argent et que nous ne deviendrons pas un énorme groupe. Je me concentre juste sur le fait que j’aime faire ça. Si je me fais plaisir, ça veut dire que d’autres gens éprouveront du plaisir. Et si finalement nous devenons un plus gros groupe et que nous avons les moyens de tourner et tout, ce n’est que du bonus. Sinon, pas de problème.

Pendant ton absence du groupe, ils t’avaient remplacé par Piers Donno-Fuller et avaient annoncé commencer à travailler sur de nouvelles musiques, mais au final, il semble que ça n’ait mené à rien jusqu’à ce que tu reviennes. Est-ce que ça signifie que tu es et a toujours été le moteur de ce groupe ?

Oui, d’une certaine façon, car après mon départ, il ne s’est rien passé, ils n’ont même pas composé la moindre nouvelle musique. Je crois qu’ils ont écrit quelques riffs et peut-être l’intro d’une chanson ou un truc comme ça, mais il ne s’est rien passé, ils ont juste fait quelques concerts. C’est pourquoi, quand je suis revenu, la première chose que j’ai faite était de commencer à composer le prochain album, car ça faisait cinq ans depuis le dernier. Ça me semblait plus pertinent de faire de la musique et ensuite de demander au reste du groupe ce qu’ils en pensaient. Notre manière de faire est que je commence une chanson et la leur envoie. Puis le groupe arrive, s’ils ont le moindre riff, ils peuvent les balancer dans le morceau ou, s’ils pensent qu’un truc n’est pas bien, essayer autre chose à la place. Tout le monde est impliqué, mais en gros, c’est moi qui fais la tambouille.

Avez-vous réutilisé certains des riffs sur lesquels ils avaient commencé à travailler avant ?

Non. Ils étaient corrects mais ça sonnait trop comme des ébauches. Ça n’avait pas assez été travaillé et rien ne s’est passé avec ça, donc quand nous avons commencé à composer de nouvelles choses, ça n’a pas été utilisé. Ce n’était même pas une décision consciente, nous avons juste commencé de zéro et avons joué de la nouvelle musique.

Non seulement tu es de retour à ta place de guitariste lead, mais tu es également devenu le chanteur lead du groupe après le départ de ton frère Matt. Il a cité des raisons familiales et de santé pour expliquer sa décision – pour résumer son long communiqué. Quel a été ton sentiment en tant que frère et collègue en le voyant quitter le groupe au moment où vous étiez remis sur les rails ?

Nous nous doutions que ça allait arriver. J’ai commencé à composer l’album en octobre 2018 et musicalement, la structure principale des chansons a été bouclée en juillet 2019. Puis, c’était à Matt d’écrire les paroles et les parties de chant, mais nous n’avons jamais rien reçu. Environ un an s’est écoulé et nous savions tous que ça allait arriver, car il n’avait tout simplement pas le temps de s’en occuper. Je m’y attendais, je n’étais pas furieux. C’était juste : « Ce problème est évacué. Maintenant, finissons les chansons. » En tant que frère, je pense qu’il est plus heureux en dehors d’Evile, car sa santé n’était pas terrible. Il a eu trois enfants et a un travail à plein temps très important au conseil municipal local. Je n’étais pas surpris et je pense qu’il se porte mieux en dehors du groupe car il est très occupé. Quand il l’a annoncé, c’était plus ou moins au moment où il a pris la décision, peut-être une semaine ou deux après, histoire que nous nous mettions d’accord sur un communiqué, mais nous savions depuis un moment que ça allait arriver. Il est d’ailleurs parti une première fois et puis s’est ravisé et a quand même essayé de continuer, mais deux semaines plus tard, il est reparti. Ça devait arriver.

« C’est toujours compliqué quand on a des membres de la même famille dans un groupe. C’était clairement compliqué dans Evile. »

Ça n’a pas sapé ta motivation, d’autant que c’est arrivé en pleine pandémie qui, en soi, a miné les groupes ?

Non, parce que nous étions très concentrés sur l’objectif de sortir de nouvelles musiques d’Evile. Evidemment, c’était triste que Matt ne fasse plus partie du groupe, mais d’une certaine façon, l’inactivité de Matt retenait un peu le groupe. C’était une bouffée d’air frais par rapport à ce que nous pouvions faire. L’atmosphère est devenue un peu plus détendue et plus positive, et à ce moment-là nous pouvions continuer sur notre lancée. En plus, il est clair qu’il y avait une envie. Quand je suis revenu, rien n’était sorti en cinq ans. C’était mon objectif de sortir un album aussi vite que possible. Pas que nous allions le précipiter, mais il fallait sortir de la musique avec Evile, car ça faisait trop longtemps.

Matt a déclaré n’avoir « jamais été le meilleur frontman, ou le meilleur chanteur, et Evile mérite d’avoir un frontman qui peut se consacrer à cent pour cent à cet art, et [il était] certain que cette personne existait et pouvait aider le groupe à passer un palier ». Du coup, qu’est-ce qui t’a fait penser que tu étais cette personne ?

Ce n’est pas que j’ai pensé que j’étais cette personne. Quand Matt a rédigé ce communiqué, je n’étais pas encore le chanteur d’Evile, ça n’avait pas été décidé. C’était le fait que nous savons comment sont les fans de metal quand les chanteurs quittent leur groupe, le nouveau chanteur n’est jamais vraiment complètement accepté. Nous avons bien pensé à prendre un autre chanteur, mais nous étions sûrs qu’avec le départ de Matt, une nouvelle tête en guise de chanteur n’aurait pas remporté autant de suffrage qu’une tête qui leur était familière. Nous avons pensé que la meilleure manière d’éviter ça était de mettre au chant quelqu’un que les fans connaissaient. Joel [Graham] ne voulait pas s’en charger et Ben [Carter] ne sait pas chanter ce genre de chose et jouer de la batterie en même temps. Nous n’étions que trois dans le groupe, donc c’est tombé sur moi. Ensuite, quand j’ai songé à cette éventualité, la première personne qui m’est venue à l’esprit était Chuck Schuldiner. S’il n’avait pas fait ce qu’il a fait, je n’aurais pas été aussi confiant, car je me disais qu’on ne pouvait pas avoir un guitariste lead qui fait aussi le chant, mais je me suis dit qu’évidement on pouvait, car Chuck l’avait fait, alors pourquoi pas ? Chuck m’a clairement aidé à prendre cette décision. De même, je voulais que les chansons soient un peu plus agressives et il se trouve que mon chant est plus agressif, donc ça avait vraiment du sens. Ce n’était une question de : « Je vais me proposer et faire ça très bien. » C’était juste ce que nous devions faire.

C’est la première fois que tu chantes lead dans un groupe. Comment as-tu abordé ton nouveau rôle ? Ce n’était pas intimidant ?

Si ! J’avais déjà fait des chœurs en live avant, donc j’ai un peu l’habitude de jouer et chanter en même temps. Grâce à ça, j’étais meilleur que je croyais que j’allais être, mais il y a encore des choses dans nos morceaux que Matt faisait, c’est-à-dire dans le fait de chanter et jouer en même temps, pour lesquelles je ne comprends toujours pas comment il faisait. Il y a des trucs difficiles dans les anciennes chansons d’Evile et je passe du temps dessus pour m’améliorer. Pour ce qui est des nouveaux morceaux, c’était compliqué parce que je n’avais jamais vraiment fait ça comme il faut. Quand il m’est incombé de faire le chant et les paroles des chansons, Matt était encore dans le groupe. J’ai enregistré ma voix comme guide pour montrer comment seraient le chant et les paroles. Quand Matt est parti, les chansons avaient déjà été enregistrées en démo, ça sonnait bien mais j’avais besoin de m’améliorer au chant. Sans notre producteur Chris Clancy, qui a été chanteur pendant une vingtaine d’années, je ne pense pas que cet album aurait existé ou ne serait-ce que sonné aussi bien que maintenant, car il m’a aidé à modeler ma voix de façon à ce que je ne me fasse pas mal. Quand je chantais avant, je pouvais sentir le goût du sang dans ma gorge et j’endommageais tout. Il m’a vraiment aidé à me débarrasser de ça. Je suis aussi en train de travailler avec Melissa Cross en ce moment pour que mon chant soit sain et que je n’endommage pas ma voix chaque soir quand nous tournerons. Quand nous somme allés en studio, la première semaine était vraiment mauvaise, car je n’y arrivais pas. Puis, la seconde semaine a été très bonne car il y a eu un déclic et j’ai enfin pu y arriver.

Quels sont les conseils les plus importants à savoir pour chanter comme il faut sans endommager sa voix ?

C’est dur à expliquer sans être physiquement avec la personne pour lui expliquer. C’est beaucoup lié à la respiration et à la manière dont on retient le souffle dans le diaphragme. C’est juste une autre manière de faire sortir l’air de notre gorge. Il faut que ça vienne du bon endroit et pas du mauvais endroit, c’est-à-dire notre gorge. C’est compliqué [rires].

Avais-tu des références en tête quand tu as commencé à construire tes lignes vocales ou à modeler ta voix ?

Je suis un grand fan de Death, évidemment, et de Chuck Billy dans Testament. Ce que j’aime principalement en termes de voix, c’est Max Cavalera dans Sepultura. Plein de gens ont dit que je sonne comme Max Cavalera sur ces nouveaux morceaux, mais ce n’était pas fait exprès. Quand j’ai trouvé ma technique de chant, je ne pouvais pas faire autrement que de sonner comme ça. Nous avons bien essayé quelques trucs en studio. Nous avons essayé un son un peu plus à la Slayer, nous avons essayé une approche plus à la Metallica, en étant un peu plus mélodique dans les chansons, mais tout ce que nous avons essayé, ça n’allait pas, ça ne collait pas à la musique. Comme les riffs et les chansons sont vraiment agressifs, rien d’autre ne fonctionnait. Dès que nous avons commencé à faire le chant avec des cris directs et agressifs, ça allait très bien. Même le producteur Chris était là : « Tu dois faire ça pour cet album. Rien d’autre ne fonctionnera. » Je me souviens que même Andy Sneap était d’accord. Donc je ne pouvais pas échapper à ce genre d’aboiement de chien à la Max Cavalera. Ça sonne peut-être comme ça, mais ce n’était pas intentionnel [rires].

« Grâce au nouveau line-up, nous voyons ça comme un tout nouveau départ […]. Nous faisons table rase et repartons de zéro. »

Vous avez aussi accueilli Adam Smith de RipTide à la guitare rythmique : peux-tu nous parler de son recrutement ?

Nous connaissons RipTide car ils sont aussi de Huddersfield. Quand Matt est parti et que j’ai décidé de chanter, nous avions besoin d’un guitariste rythmique, mais nous ne connaissions personne dans le coin capable de faire ça. Ben a mentionné Adam de RipTide. J’avais pensé à lui, mais il était dans RipTide et je me suis dit qu’il était peut-être dévoué à cent pour cent à ce groupe. En fait, c’est un gros fan d’Evile depuis qu’il a onze ans et il en a dix-neuf ou vingt maintenant. Je l’ai appelé à l’improviste et j’ai dit : « Salut, c’est Ol d’Evile. Est-ce que ça te dit d’intégrer Evile ? » Il a dit : « Est-ce que je peux te rappeler dans cinq minutes ? » [Rires]. Ça l’a un peu choqué mais au final, c’était une très bonne décision, car c’est un gars très tranquille et détendu. C’est un très bon guitariste. Nous avons une super dynamique avec lui et c’est une très bonne chose de l’avoir dans le groupe.

Justement, comment le nouveau line-up a-t-il changé la dynamique du groupe ?

La dynamique est vraiment bonne. Quand je suis revenu, c’était comme si je n’étais jamais parti. C’était comme refaire du vélo, c’était naturel. Je ne suis pas en train de dire quoi que ce soit de mal sur Matt mais c’est beaucoup plus positif et relax aujourd’hui sans lui dans le groupe. Il y avait une certaine dynamique au sein du groupe qui était un peu plus négative avant, il y avait plus d’hésitations pour faire les choses et accepter certaines offres. Il y aura toujours des désaccords dans les groupes, c’est juste qu’à l’époque les désaccords étaient plus nombreux, et maintenant ça semble beaucoup plus fluide et simple. Nous regardons devant et il n’y a plus autant de remises en question de tout. Nous sommes vraiment prêts à repartir sur les routes, faire des concerts, tourner et jouer les nouveaux morceaux. C’est beaucoup plus facile maintenant.

Tu dirais que les désaccords venaient de Matt ? Matt est ton frère, donc j’imagine que tu avais quand même avec lui un lien fort que tu as perdu…

C’est toujours compliqué quand on a des membres de la même famille dans un groupe. C’était clairement compliqué dans Evile. Une partie de la négativité venait de Matt mais je pense que c’était surtout une dynamique globale. C’est devenu négatif, je ne sais pas comment ni pourquoi. Je pense que grâce au nouveau line-up, nous voyons ça comme un tout nouveau départ, d’une certaine façon. C’est une bouffée d’air frais au sein du groupe. Je dis ça sans porter atteinte à Matt, mais nous faisons table rase et repartons de zéro.

Dirais-tu qu’avoir deux membres d’une même famille dans un groupe peut être à la fois une bénédiction et une malédiction ?

Oui. Je suis à cent pour cent d’accord pour dire que c’est une bénédiction et une malédiction. Parfois, on n’a même pas besoin de se parler pour savoir ce que l’autre pense, que ce soit sur les compositions ou sur ce qu’on est en train de faire, mais c’est aussi un malédiction dans le sens où tu parcours le monde avec un frère ou une sœur. Demande à n’importe qui : « Aimerais-tu être dans un groupe ? » La personne te dira surement « oui ». Puis demande-lui : « Aimerais-tu être dans un groupe avec ton frère ou ta sœur ? » Et je parie que beaucoup de gens répondront : « Pas question ! » [Rires].

Hell Unleashed est clairement plus agressif, flirtant avec le death metal, ce qui est bien annoncé par le titre de l’album. Alors que les précédents albums penchaient souvent du côté de Metallica, cette fois vous êtes plus dans une influence de Slayer ou de vieux Sepultura. Comment vous êtes-vous retrouvés à prendre une telle direction musicale ?

J’ai souvent voulu injecter un peu plus d’agressivité dans notre musique, y compris si on remonte à Infected Nations. J’ai toujours voulu avoir plus de punch dans le son, les riffs et le chant. J’ai toujours été fan de death metal, depuis le début de mon adolescence, et j’ai toujours admiré les riffs dans le death metal, j’adore ce genre de riffs dissonants mais cohérents. Nous avons clairement essayé d’incorporer l’approche death metal des riffs tout en restant thrash. J’admire beaucoup Sepultura pour ça. Ça ne fait aucun doute qu’on entendra du Sepultura dans cet album, nous ne cachons pas nos influences. Nous sommes très influencés par Slayer, Sepultura, Metallica et tous ces groupes. Nous avons l’impression que plus personne ne fait ce type de thrash, ou en tout cas que ça fait longtemps que ça n’a pas été fait. Je pense que c’est la raison pour laquelle nous pensons tenir quelque chose de vraiment spécial avec cet album.

L’influence de Metallica est presque absente de cet album. Dirais-tu que c’est ton frère qui était responsable du côté Metallica d’Evile ?

Il l’était probablement en termes de chant. Il y a des vidéos sur internet de gens qui font croire que des chansons d’Evile sont de nouvelles chansons de Metallica et les gens le croient ! Il y a clairement quelque chose. Evidemment, pendant de nombreuses années, Metallica était ma plus grande influence aussi. Une partie de cette influence s’est certainement insinuée dans mes compositions. Plein de gens ont dit que Matt sonnait soit comme Tom Araya, soit comme James Hetfield. Je pense que le côté Metallica venait clairement plus du chant mélodique.

« J’ai souvent voulu injecter un peu plus d’agressivité dans notre musique, y compris si on remonte à Infected Nations. J’ai toujours voulu avoir plus de punch dans le son, les riffs et le chant. »

Qu’est-ce que cette intensité musicale a impliqué pour vos jeux respectifs ?

C’est étrange parce que nous n’avions pas établi d’objectif pour l’album. Nous savions juste que nous voulions nous concentrer plus sur les riffs et faire que les chansons restent sympas pour que les gens aient envie de continuer à écouter et qu’ils ne s’ennuient pas. Nous voulions des tempos plus rapides mais aussi des riffs plus simples, et cet équilibre, curieusement, appelait un jeu quand même assez complexe. Comme ça fait longtemps que nous faisons ce groupe, nous avons une bonne maîtrise du son d’Evile. Je pense que ça se ressent dans les chansons, on écoute et on se dit parfois : « Ça, ça ne doit pas être facile à jouer » [rires]. Ben a consciemment essayé de rendre cet album beaucoup plus intense à la batterie. Plein de groupes de nos jours jouent de la batterie en studio et découpent ensuite les parties dans Pro Tools. Il y a des bouts de couplet qui sont copiés-collés et ce n’est pas vraiment une seule prise. Ben, lui, jouait des prises complètes sur la chanson entière. Quatre-vingt-quinze pour cent du temps, c’était parfait parce que nous maîtrisions tellement bien ces chansons, vu que ça faisait déjà deux ans que nous étions dessus, que Ben s’est défoncé sur chaque morceau et c’était super. Il a vraiment bossé.

On a parlé des influences death metal de l’album et il se trouve que vous avez même fait une reprise du « Zombie Apocalypse » de Mortician, un groupe de death-grind…

Encore une fois, j’ai toujours été fan de death metal. A chaque fois que je parlais à des gens de Mortician, ils me disaient qu’ils n’en avaient jamais entendu parler, donc je leur montrais et leur recommandais d’écouter « Zombie Apocalypse », et ils étaient toujours là : « Ouah, c’est vraiment cool ! » Ce que j’aime le plus dans cette chanson, c’est le riff. C’est l’un des riffs les plus sous-estimés du metal, je trouve. C’est un riff vraiment bizarre et qui fonctionne très bien avec l’accordage très bas de Mortician, mais je me suis dit : « On ne peut pas jouer aussi grave, il faut jouer plus aigu. » J’ai demandé au groupe s’ils voulaient reprendre une chanson de Mortician, donc ils l’ont écoutée. Je crois que Joel la connaissait déjà et ils ont tout de suite été partants. Enfin, c’est mieux de faire ça que de faire une reprise typique, genre du Metallica ou du Sepultura. Nous aimons toujours faire des choses à contre-courant ou inattendues, et comment être plus inattendu qu’en reprenant un morceau de Mortician ? [Rires]

C’est marrant, parce qu’avec votre manière de jouer ce riff vraiment heavy, ça lui donne un petit côté à la Pantera…

Je comprends compétemment ce que tu veux dire. C’est comme « Walk » sous stéroïdes [rires].

Après trois albums réalisés avec Russ Russell, vous avez travaillé avec Chris Clancy. Penses-tu que le changement de line-up était une opportunité aussi d’essayer un nouveau producteur ou bien était-ce plus la direction musicale qui a dicté ce choix ?

Nous en avons parlé pendant que nous étions en train de composer l’album et Matt était à cent pour cent pour continuer avec Russ, il ne voulait rien changer. Le reste du groupe n’avait rien contre Russ, c’était juste que tôt ou tard, il faut faire appel à quelqu’un d’autre, on ne peut pas éternellement utiliser le même producteur, donc nous nous sommes dit que nous devions essayer quelqu’un d’autre. Quand Matt a quitté le groupe, le truc, ce n’était pas de se dire : « C’est bon, on laisse tomber cette idée de faire appel à Russ » car j’étais en contact avec Russ, mais au final nos plannings ne correspondaient pas. Je crois qu’il était en train de reconstruire son studio, ce dernier avait été vidé et ils étaient en train d’installer du nouveau matériel et de déménager des choses. Il a dit : « On sera disponibles à telle et telle date. » J’ai dit : « Non, on a besoin d’enregistrer beaucoup plus tôt que ça. » Ça ne s’est donc pas fait. J’ai discuté avec Andy Sneap à propos de la personne à laquelle nous devions faire appel et il a recommandé Chris Clancy. Je n’avais jamais entendu parler de lui et je ne l’avais jamais rencontré, mais il a dit : « Si tu chantes pour la première fois sur cet album, il te faut quelqu’un qui comprend le chant. » Vu qu’il est chanteur de formation, j’ai sauté sur l’occasion car faire en sorte que mon chant sonne bien était ma préoccupation première sur cet album. Je suis très content que nous ayons opté pour Chris car il a énormément aidé sur cet album.

Non seulement c’est la première fois que tu te charges du chant, mais il y a aussi le fait que tu n’avais pas forcément beaucoup l’habitude d’écrire des textes. Si on se fie à des chansons telles que « Gore », « The Thing » ou « Zombie Apocalypse », on dirait que tu es un grand fan de films d’horreur. Etait-ce ta principale source d’inspiration ou bien en as-tu profité pour aussi traiter des sujets plus personnels ?

Je suis un énorme fan de d’horreur. Tout ce que ma patronne, Natalie, et moi regardons, c’est des documentaires sur des tueurs en série et des films d’horreur. Une chose qu’Evile a toujours fait, c’est essayer de faire des chansons sur des films. Ça faisait un petit moment que nous ne l’avions pas fait, c’est pourquoi nous avons fait « The Thing ». Etant maintenant le parolier, j’ai saisi l’opportunité de revenir à ces racines sur le plan des textes. Nous avons des chansons sur la paralysie du sommeil, sur le fait d’être incarcéré en prison à tort, sur la guerre, sur l’enfer, etc. ; nous voulions revenir à cette approche brute, mais ça m’a donné aussi l’occasion de parler de moi dans une des chansons. La chanson « Disorder » parle de mes propres problèmes de santé mentale, des TOC – ce n’est pas que le fait de se laver les mains ou je ne sais quoi, c’est beaucoup plus une maladie mentale. Je vais beaucoup mieux maintenant, mais j’ai beaucoup enduré durant de nombreuses années et « Disorder » c’est le récit de ce que j’ai vécu avec ça. J’ai donc vraiment quelque chose de personnel dans cet album, mais en dehors de ça, nous voulions avoir des paroles metal que le public pourrait hurler et nous chanter en retour.

« Mon premier souvenir de film d’horreur date de mon enfance, et c’est en fait un mauvais souvenir. Mon frère Matt était en train de regarder le premier Halloween. Je crois que dans la première scène du film, on voit Michael Myers enfant, qui déambule dans la maison et poignarde sa famille. C’était quand j’avais peut-être sept ou huit ans et j’ai éclaté en sanglots. »

Peux-tu nous en dire plus sur ce que tu as enduré avec cette maladie mentale ?

Une chose que les gens ne comprennent pas sur les TOC, c’est que c’est une maladie qui essaye presque de duper ton esprit en te faisant croire des choses. Plein de gens croient que c’est juste une histoire d’éteindre la lumière ou de se laver les mains dix fois, mais ce n’est pas ça. C’est ton cerveau qui te dit : « Si tu ne fais pas ces choses, il peut se passer ça. » Tout le monde a ces pensées, genre : « Bordel, pourquoi est-ce que je suis en train de penser ça ? C’est stupide », mais ce qui se passe avec les TOC, c’est que lorsque tu as une mauvaise pensée ou une pensée absurde, ton cerveau essaye de te convaincre que c’est ce que tu penses, alors tu t’inquiètes à cause de cette pensée et ça devient un genre de cycle, comme une spirale infernale. Ce sont constamment des hauts et des bas avec ta santé mentale et c’est très dur à gérer. Je connais quelques personnes qui ont des TOC aussi et ils luttent vraiment contre ça au quotidien. J’ai réussi à m’en sortir en restant occupé avec le travail, la famille ou la musique. Je n’en souffre plus trop, mais je voulais juste souligner ce que c’était.

Comment c’est justement d’avoir des TOC quand on est un musicien qui tourne ? J’imagine que ce doit être pire dans ce contexte.

C’est difficile en tournée parce que tu rencontres énormément de gens, tu te rends dans plein d’endroits différents. Ton esprit tourne quoi qu’il arrive à plein régime, donc avec les TOC… Disons juste que c’est difficile [rires].

Peux-tu nous parler de ta passion des films d’horreur ? On dirait que tu es plus dans les vieux films d’horreur…

Oui, clairement plutôt les vieux films. Mon premier souvenir de film d’horreur date de mon enfance, et c’est en fait un mauvais souvenir. Mon frère Matt était en train de regarder le premier Halloween. Je crois que dans la première scène du film, on voit Michael Myers enfant, qui déambule dans la maison et poignarde sa famille. C’était quand j’avais peut-être sept ou huit ans et j’ai éclaté en sanglots. Ma mère et mon père sont venus, et ils étaient là : « Bordel mais qu’est-ce qui se passe ?! » A partir de ce moment là – où j’étais un petit peu plus vieux – j’ai été désensibilisé aux films d’horreur, donc j’aimais beaucoup les regarder, des Griffes De La Nuit à The Thing. Je me suis passionné pour ce genre d’histoires mi-science-fiction, mi-fantastique. J’imagine que c’était une sorte d’échappatoire. Je pouvais me poser et regarder un film pendant deux heures et ne me soucier de rien. Je ne peux pas complètement expliquer pourquoi j’aime les films d’horreur, mais j’aime vraiment ça [rires].

Penses-tu que les films d’horreur des années 80 ont un charme qui s’est perdu avec les films d’horreur plus modernes ?

Complètement. Je pense que c’est une combinaison de choses. C’est beaucoup dû au matériel qu’ils utilisaient à l’époque. On pourrait assimiler ça au rapport analogique versus numérique dans la musique. L’atmosphère des vieux films est juste plus authentique. Comme The Thing, par exemple, tous les effets dans ce film, à part le stop motion à la fin, étaient des effets pratiques, ils ont construit tous ces monstres. De nos jours, c’est principalement des images de synthèse. Je pense qu’il y a un détachement inconscient quand on voit des images de synthèse à l’écran, on sait que ce n’est pas là et on ne peut pas complètement s’immerger dans le film. Même si c’est un genre de marionnette en caoutchouc qu’on voit à l’écran, on sait quand même qu’elle est là, et elle peut avoir l’air idiote – certaines choses dans The Thing avaient l’air un peu idiotes – mais ça reste honnête. C’est l’une des choses qui manquaient au prequel de 2011. Ils ont refait The Thing sur l’autre campement et c’était tout en images de synthèse. J’ai instantanément détesté parce que je n’arrivais pas à l’apprécier en sachant que ce truc à l’écran venait de quelqu’un qui l’avait créé par ordinateur, avec le jeu d’acteur réalisé sans que la chose soit vraiment là… Il n’y a pas beaucoup de films d’horreur modernes que j’aime. Il y en a des bons, j’ai récemment vu Hérédité et il est bien. Il y en a quelques autres, mais j’ai un trou de mémoire !

L’acteur Brian Posehn fait des chœurs sur la chanson « Gore ». Comment l’as-tu connu au départ et l’as-tu impliqué sur cette chanson ?

Je ne le connaissais pas jusqu’à ce que quelqu’un m’envoie une capture d’écran de l’émission de Sarah Silverman en Amérique. Il portait un T-shirt d’Enter The Grave d’Evile à la télé et j’étais là : « Attends, quoi ? C’est fou ! » Je connaissais Brian Posehn pour son rôle dans The Big Bang Theory et un tas de sitcoms dans lesquelles il a joué. Je lui ai envoyé un e-mail pour lui dire que je ne savais pas qu’il était fan d’Evile et nous avons commencé à discuter. Il a d’ailleurs fait des chœurs dans la chanson « Cult » sur notre troisième album. Pour cet album, cette fois, nous étions en studio et je me suis dit que j’allais lui demandé s’il voulait le refaire. Je lui ai posé la question, il a écouté la chanson et il l’a adorée, donc il a accepté. Ça n’a jamais été fait dans le but que ça atterrisse dans les news, genre « ‘Gore’ featuring Brian Posehn ». Ce n’était pas prévu pour ça ; je lui ai juste envoyé un mail pour savoir s’il aurait envie de faire quelques chœurs. Maintenant, tout le monde regarde le clip en disant : « Je ne vois pas Brian » mais il n’est pas dans le clip car ça n’a pas été possible. Tout le monde dit : « Je n’entends pas Brian dans la chanson » mais c’est parce qu’il fait juste des chœurs. Il y eu un peu de confusion autour de ce featuring de Brian Posehn. Je pense que les gens s’attendaient à ce qu’il chante un couplet ou quelque chose comme ça, mais ça n’a jamais été le plan.

« Quand Metallica monte sur scène, je suis là : « Ouah, c’est Metallica ! » Et peut-être que si je les rencontrais et ouvrais pour eux, je perdrais cette magie, or je n’ai pas envie de la perdre. Donc une partie de moi a envie de ne jamais rencontrer Metallica [rires]. »

Evile était l’un des tous premiers groupes de ce que les gens ont appelé le revival thrash metal. Pendant l’absence du groupe depuis Skull, la scène a eu le temps de prospérer et est maintenant bourrée de plus jeunes groupes. Quelle est la place d’Evile dans cette scène aujourd’hui ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir complètement répondre parce que tant que nous ne serons pas vraiment de retour dans cette scène, je ne saurais pas quelle est sa dynamique actuelle. Il y a encore des groupes comme Havok et Warbringer qui continuent à sortir de la super musique, mais il y a aussi des groupes plus jeunes. Tout ce que je peux dire, c’est que je vais me concentrer sur notre propre musique et sur le fait de refaire des concerts. Si nous sommes un peu plus vieux que tout le monde, je ne pense pas que ça a une importance. Nous sommes inspirés par les groupes de thrash originaux. Je ne vois pas de barrières d’âges ou d’époques en musique. Les gens continuent de composer de la musique classique quatre cents ans plus tard. C’est juste de la musique pour moi.

Penses-tu que les gens n’ont pas oublié Evile malgré ça et malgré l’absence de huit ans ?

Je pense que beaucoup de gens ont oublié Evile et c’est parfaitement compréhensible, car le quatrième album que nous avons fait, Skull, n’a pas été bien promu pour je ne sais quelle raison. Il n’a pas eu beaucoup d’exposition, peu de gens l’ont écouté. Je sais que mon départ n’a probablement pas aidé. Depuis, je pense que beaucoup de gens ont cru que le groupe s’était séparé, car durant mes cinq années d’absence, ils n’ont pas fait grand-chose – pas de nouvelle musique, qu’une petite poignée de concerts. Je pense que plein de gens sont surpris d’apprendre qu’Evile sort de nouveaux morceaux. Les gens commentent les clips en disant : « Merde alors, Evile ! Je croyais que vous aviez splitté il y a dix ans ! »

J’imagine que vous avez deux fois plus de boulot pour regagner l’attention des gens…

Oui [rires]. Ceci dit, nous ne nous concentrons pas là-dessus. Nous faisons ce que nous pouvons.

Dans son communiqué, Matt a déclaré que son « grand regret en quittant le groupe est qu[’il n’a] jamais eu l’occasion de jouer un concert avec Metallica, c’était [son] plus objectif personnel principal dans le domaine de la musique live ». Et toi, quel serait ton plus objectif personnel ?

Je pense que mon objectif idéal ou mon rêve en musique serait de pouvoir faire ça en tant que carrière, de pouvoir me réveiller le matin en sachant que jouer de la musique est mon boulot. Ce serait mon rêve, car j’ai toujours voulu faire ça. Si je devais donner un rêve plus simple, je pense que ce serait le même que Matt, j’adorerais ouvrir pour Metallica. Cependant, il y a un inconvénient à ça. Quand on est dans un groupe depuis aussi longtemps et qu’on rencontre plein de gens, on a tendance à perdre la magie des groupes. Quand j’étais gamin, j’assistais à un concert, le groupe montait sur scène et je ressentais cette magie, genre : « Ouah, c’est eux ! » Globalement, je ne ressens plus ça, mais je le ressens encore pour Metallica. Donc quand Metallica monte sur scène, je suis là : « Ouah, c’est Metallica ! » Et peut-être que si je les rencontrais et ouvrais pour eux, je perdrais cette magie, or je n’ai pas envie de la perdre. Donc une partie de moi a envie de ne jamais rencontrer Metallica [rires].

Matt a dit que Metallica avait changé sa vie. Si toi, tu devais mentionner un groupe ou même un musicien qui a changé ta vie, ce serait qui ?

C’est une double réponse. Il y a clairement Metallica, en particulier James [Hetfield] et Kirk [Hammett], car c’était le premier groupe qui m’a mis dans la musique. A chaque fois que je les voyais dans la vidéo Live Shit ou un truc comme ça, ça me donnait envie de faire ce qu’ils faisaient. Je voulais être sur scène, je voulais jouer de la guitare et tourner à travers le monde. L’autre serait Jeff Waters d’Annihilator. Quand j’ai entendu Annihilator pour la première fois, notamment ses solos, ça m’a scotché. Il m’a donné envie de pouvoir jouer de la guitare comme ça, donc j’ai passé bien six à huit ans rien qu’à apprendre des morceaux d’Annihilator. Je pense que la combinaison de Metallica et d’Annihilator, c’est vraiment ce qui a déterminé ce que je voulais faire pour le reste de ma vie, c’est-à-dire juste jouer de la musique, jouer de la guitare et être sur scène.

On a perdu Eddie Van Halen il n’y a pas longtemps et il se trouve que j’ai toujours vu Jeff Waters comme étant le Eddie Van Halen du thrash…

Je suis entièrement d’accord. Il ne niera pas qu’il est influencé par Van Halen. Je trouve que c’est l’un des meilleurs guitaristes – si ce n’est le meilleur – dans le thrash et le metal, car son jeu rythmique et celui en solo sont meilleurs que ceux de n’importe qui. Je ne comprends pas pourquoi ça ne fait pas lui l’un des plus grands guitaristes dans le metal. Il est clairement sous-estimé !

Interview réalisée par téléphone le 4 avril 2021 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Emilie Bardalou.
Traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Karl Smith (2, 5, 6, 7).

Site officiel d’Evile : evile.co.uk

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