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Interview   

Existance : le heavy metal en héritage


Le heavy metal typé années 80 fait un retour remarqué depuis quelque temps avec des fers de lance comme Visigoth, Night Demon, White Wizzard, Enforcer, etc. A tel point que l’on parle même de New Wave Of Traditionnal Heavy Metal ou New Wave Of True Heavy Metal. Dans cette mouvance les groupes français récents ou de retour ne sont pas en reste : Tentation, Titan, Furies… et bien sûr Existance. Les jeunes loups d’Existance viennent de sortir leur quatrième album Wolf Attack, unanimement salué par les critiques. Pour les fans de heavy, il sera difficile de résister aux morceaux épiques, aux hymnes heavy et hard, et aux twin guitars dont regorge l’album.

Julian Izard, le chanteur et guitariste du groupe – et fils de Didier Izard, chanteur de H-Bomb que l’on a malheureusement perdu il y a trois ans – nous parle de la passion du groupe pour cette musique, de son actualité, de son héritage, et de leur manière de le gérer et le faire avancer dans l’interview qui suit.

« J’ai toujours privilégié la musique dans ma vie. Je conçois qu’il y ait des gens pour qui c’est compliqué de faire ça, mais je voulais que rien ne soit un frein pour la musique. »

Radio Metal : Tout le monde ne connaît pas forcément Existance, donc peux-tu nous présenter le projet et son historique en quelques mots ?

Julian Izard (chant & guitare) : J’ai créé le groupe fin 2008. Il s’est passé plein de choses ! Avec le line-up actuel, nous sommes ensemble tous les quatre depuis 2017 et c’est depuis ce moment-là que le groupe a commencé à progresser et à évoluer. Avant Wolf Attack, nous avons sorti deux albums, plus un EP démo portant le nom du groupe en 2011-2012. Ensuite, nous avons sorti Steel Alive, le vrai premier album en 2014, suivi de Breaking The Rock en 2016, et maintenant Wolf Attack en 2021. Je te vois venir, tu vas dire que ça fait longtemps…

Oui, on va y revenir ! Tu as évoqué des changements de musiciens. C’est la vie de tout groupe, mais qu’est-ce qui a engendré les évolutions dans le groupe ?

C’est surtout que les gens bougent et soit ils évoluent humainement, tu ne t’entends plus trop avec eux, soit surtout les musiciens ne vont plus forcément tous dans le même sens. Quand j’ai monté le groupe, j’avais dix-huit ans et après, c’est normal, les mecs évoluent, certains mûrissent, pensent à autre chose et donnent d’autres priorités à leur vie. C’est ça qui a fait qu’il y a eu beaucoup de changements dans le groupe. Quand je dis que les gens bougent, ça peut être aussi dans la direction que tu veux prendre. Moi, j’ai toujours privilégié la musique dans ma vie. Je conçois qu’il y ait des gens pour qui c’est compliqué de faire ça, mais je voulais que rien ne soit un frein pour la musique. Antoine est là depuis Steel Alive en 2014, donc ça commence à faire quelque temps, mais pour les autres, on le sent tout de suite quand il y a vraiment une osmose dans le groupe. Chacun se répartit des tâches différentes, car nous faisons quand même pas mal de choses par nous-mêmes. Du coup, c’est mieux pour tout le monde : avant je devais m’occuper de plein de choses ! Je voyais que les autres avaient du mal. Alors que là, nous nous répartissons plus les tâches et nous arrivons à mieux avancer, c’est plus simple. Ça a amené une nouvelle dynamique rien qu’entre nous, musiciens.

Si j’ai bien compris, cet album était prêt depuis un petit moment…

Après la tournée que nous avons faite avec Primal Fear et Riot en 2018, nous sommes rentrés en studio en 2019 pour enregistrer cet album. On va dire que fin 2019, il était prêt. Nous étions chauds pour le sortir et là est arrivé ce qui est arrivé, une pandémie. Nous nous sommes dit que c’était mort, que nous ne pouvions pas sortir un album si nous ne pouvions pas le défendre, si nous ne pouvions pas jouer, si nous étions enfermés chez nous. Nous avons donc dû nous armer de patience. C’était compliqué, nous étions frustrés ! Mais nous avons suivi les conseils de gens plus expérimentés que nous et qui nous disaient d’attendre. C’est ce que nous avons fait. Rien qu’avec ça, nous avons perdu un an ou un an et demi. Ce qui nous réconfortait était de nous dire que nous avions la chance de ne pas l’avoir sorti, contrairement à des groupes qui avaient sorti leur album juste avant : au final, au moment où ils allaient attaquer les concerts, on leur a dit que c’était terminé, chacun devait rester chez soi. Je trouve que c’est encore pire. Au final, nous sommes chanceux, c’est comme ça que nous l’avons pris.

Dans le nouvel album, c’est majoritairement du heavy metal, avec quelques morceaux plus rock ou hard rock. C’est la ligne directrice de la composition d’Existance ?

Nous faisons du heavy metal typé années 80, c’est tout ce que nous aimons ! C’est complètement naturel. Tous les quatre, nous sommes vraiment ancrés dans le heavy. Après, nous avons tous nos groupes préférés et nous aimons tous des styles un peu différents. Moi, je peux aimer des choses plus hard rock voire glam. Antoine sera plus hard rock à la AC/DC. Géry sera plus dans le power metal. C’est peut-être ça les touches qu’on peut ressentir en plus dans cet album et qu’il n’y avait pas dans les autres d’avant. Après, niveau composition, ça peut partir d’une idée de base de quelqu’un. Je peux avoir écrit un morceau entièrement chez moi, mais ce qui est important, c’est que tout le monde amène sa patte et son style de jeu. Nous nous retrouvons en répète et nous essayons les idées ensemble. Le mec qui a écrit le morceau ne va pas s’obstiner à dire qu’à la batterie il faudra faire exactement ce qui est marqué. Ce n’est pas le but. Nous voulons que chacun amène sa patte et prenne du plaisir dans le morceau que nous sommes en train de jouer et composer.

« Avec Antoine, nous adorons faire des chorus à deux, à la tierce, etc. […] Et nous adorons aussi quand l’autre se goure, que tu sais que ce n’est pas toi et que c’est l’autre qui s’est trompé [rires]. »

J’ai vu qu’il y avait aussi des choses assez intuitives qui vous venaient…

Oui. « You Gotta Rock It » était un riff que nous faisions souvent pendant les balances. Nous trouvions que ça sonnait bien et nous nous sommes dit que ce serait bien un jour d’aller plus loin en répétition. C’est comme ça que nous avons écrit ce morceau. Après, en termes de composition, nous ne nous fixons pas de limites. Nous écrivons ce qui nous passe par la tête et ce que nous aimons. Nous nous disons que si nous aimons, ce sera forcément du Existance et les gens qui aiment ce que nous faisons, vu que nous avons toujours fonctionné comme ça, ne devraient pas être déçus. Après, nous écrivons plein de choses, il y en a certaines que nous ne retenons pas, nous faisons un choix à la fin. Des fois, c’est difficile, parce que nous aimerions bien mettre tel ou tel morceau, mais il faudrait faire un double album de vingt-cinq chansons. Mais nous ne nous disons jamais qu’il faut faire un morceau qui sonne comme ci ou comme ça. Nous faisons ce qui nous plaît.

Quand vous avez abordé l’album, y a-t-il eu une réflexion par rapport aux albums précédents ?

Déjà, ce que nous voulions améliorer, c’était la pochette. Nous faisions nous-mêmes celles d’avant, je passais du temps à faire ça. Ce sont des remarques que nous avions et que je trouvais constructives, disant que nous pouvions faire mieux que ça. Nous avons donc fait appel à un vrai dessinateur, Mario Lopez qui vient du Guatemala. Nous lui avons donné des idées et il nous a sorti cette pochette. C’était déjà une étape que nous voulions franchir. Ensuite, c’était aussi dans le son. Nous n’avons pas été enregistrer dans le même studio que pour les autres albums. Nous avons eu la chance que François Merle, le guitariste de Manigance qui a produit notre album, soit venu à nous pour nous proposer d’enregistrer. La démarche n’était plus la même. Quand nous sommes arrivés en studio, nous avons vraiment pris du temps pour trouver le son de guitare, de batterie et de basse que nous voulions. Des fois, nous passions deux jours rien que sur le son ! Tout ceci avait changé. Les coups d’avant, nous avions aussi été en studio chez Clément [Decrock] au studio Boss Hog, dans le Nord à Ham-en-Artois. Attention, nous ne tirons que de bonnes expériences chez lui aussi. C’est un mec que nous adorons, nous avons passé de bons moments, mais avec François, c’était différent parce qu’il a apporté son expérience dans le metal et ce qu’il fait avec Manigance. Il est venu avec une oreille de producteur mais aussi d’arrangeur. Il a fait pas mal d’arrangements sur les morceaux. Il m’a proposé, avec ma voix, de faire des doublages à la tierce, à l’octave, etc. Nous ne prenions jamais le temps de faire ça avant. Avant, c’était plus brut. Là nous prenions le temps de la recherche pour trouver les petites touches qui feront que le morceau sonne encore mieux.

Ce sont des choses dont vous n’aviez pas conscience avant ou bien vous n’aviez ni le temps ni l’argent à investir dessus ?

Quand nous écoutions les groupes, nous savions qu’il y a un mec qui fait des arrangements et tout, mais nous n’avons jamais eu la personne pour faire ce travail. Quand François est arrivé en nous proposant cette idée… Je suis un fan de Manigance depuis très longtemps et donc, déjà, pour moi, c’était tout drôle de bosser avec un mec que j’admirais quand j’étais ado, et je savais que les idées qu’il allait nous donner allaient apporter un plus au groupe. Je pense que je ne me suis pas trompé là-dessus. En tout cas, nous sommes vraiment contents du travail réalisé.

Ton chant très aigü parfois sur Wolf Attack est caractéristique du heavy metal des années 80. Est-ce François Merle qui t’a poussé là-dedans ?

C’est plus une caractéristique que nous voulions donner au groupe, montrer un aspect différent que je peux avoir avec ma voix. Nous voulions que « Highgate Vampire » soit le premier morceau pour que même les gens qui nous connaissent soient un peu déstabilisés au début, se disant : « Comment il chante ? C’est quoi ce morceau ? » Après, c’était aussi un peu dangereux de notre part de faire ça mais je trouve que c’était intéressant de montrer d’autres facettes de ma manière de chanter. Pareil pour « Tears Of Fire » où je chante plus dans les graves, avec une voix plus retenue, avec des passages en voix de tête en plus. J’adore chanter et si je peux montrer différents styles, tout en restant dans le heavy, pourquoi pas !

« A la fin, [mon père] était devenu le manageur, le roadie, le conducteur, le cuisinier, tout ce que tu veux dans le groupe. […] Il sera toujours là-haut pour nous suivre, voir si nous ne faisons pas de conneries. »

Il y a aussi un beau travail de leads à la guitare…

Oui, avec Antoine, nous adorons faire des chorus à deux, à la tierce, etc. Thin Lizzy et Iron Maiden sont des influences majeures pour nous, donc on retrouve ça et ça fait partie d’Existance. Nous sommes obligés d’avoir des passages mélodiques parce que nous adorons ça, ça nous fait tripper. Et nous adorons aussi quand l’autre se goure, que tu sais que ce n’est pas toi et que c’est l’autre qui s’est trompé. Après, il enlève sa guitare et il fait style que ce n’était pas accordé, mais non en fait il s’est gouré, elle n’est pas désaccordée [rires]. Ça fait aussi partie du plaisir, et puis nous ne sommes pas des machines, c’est normal.

Vous reprenez « Gwendoline », un morceau d’H-Bomb, donc de ton papa. Cet hommage était important pour toi ?

Oui, c’était important pour moi et pour les autres musiciens de lui rendre hommage, parce qu’il nous soutient et qu’il est avec nous depuis le début du groupe. A la fin, c’était devenu le manageur, le roadie, le conducteur, le cuisinier, tout ce que tu veux dans le groupe. Il faisait beaucoup pour nous. Nous avions besoin de lui rendre hommage. C’était naturel. Nous avons aussi fait un clip dans une église et c’est une chanson qui lui est dédiée. C’est une chanson que j’ai écrite quand je n’allais pas super bien. Comme quoi, la musique t’apporte beaucoup de choses. Ça peut aussi t’apporter un côté thérapeutique pour t’aider à aller mieux, pour faire sortir les choses, etc. On va dire que maintenant la boucle est bouclée. Il sera toujours là-haut pour nous suivre, voir si nous ne faisons pas de conneries. J’aurais aimé qu’il voit ça, mais bon… La vie est ainsi faite.

Tu parles d’un clip que vous avez tourné dans une église. Il y a une anecdote à ce sujet…

Oui. Le clip n’est pas encore sorti. Nous ne savons pas encore la date. Ce qui est particulier, c’est qu’effectivement, nous avons tourné dans une église. Déjà, un groupe de metal dans une église, tu as des gens qui sont réfractaires à ça. Au départ, je voulais faire ça dans une église près de chez moi, l’église où j’ai grandi, sauf que je suis tombé sur un prête très compliqué qui était en retard sur son temps. Nous avons eu la chance d’avoir un ami qui nous a présenté au père Bertrand Mounier. Déjà ce mec est un fan de metal, à la base. Sous sa soutane, il a des T-shirts de Maiden, Powerwolf, etc. Il a compris notre démarche. Il nous a aidés, il nous a proposé plusieurs églises – nous avions même le choix de l’église ! Un mec super ! En plus, nous avons pu goûter du vin de messe, bon, faut pas le dire… [Rires] C’était vraiment une bonne expérience. En plus, nous avons pu faire rentrer un piano à queue dans l’église. Il fallait oser, qu’il accepte, qu’il ait confiance en nous. J’ai hâte de partager ce clip avec tout le monde.

Vous aviez déjà du monde qui vous suivait avant, mais on a l’impression que vous avez passé un palier aujourd’hui avec cet album en termes de retours très positifs…

Oui, ça fait très plaisir de voir que la presse soit autant unanime avec nous pour défendre cet album. Ce n’est que du bonheur. Nous remercions tout le monde pour son soutien. Ça nous fait super plaisir. J’espère que ça va continuer, que nous allons essayer d’évoluer au maximum. Nous sommes français, il n’y a pas beaucoup de groupes français qui arrivent à sortir du lot, donc si nous pouvons évoluer encore, nous sommes chauds. Nous avons la chance d’être dans un style de musique où, quand les gens sont fans, ils ne lâchent pas leurs groupes. C’est ce que j’aime. Nous l’avons remarqué avec nos précommandes : l’album n’était pas encore sorti, nous n’avions lancé qu’une vidéo, celle de « Power Of The Gods », et nous ne nous attendions pas à avoir autant de précommandes et un soutien aussi énorme des fans et des gens. Je tenais à remercier toutes ces personnes qui nous soutiennent, parce que sans elles, nous ne serions plus là aujourd’hui et nous ne pourrions pas faire notre passion. Grâce à eux nous arrivons à la faire, à évoluer, à continuer et à réaliser nos rêves, donc merci à tous !

« Je suis fier que sur la scène metal rien qu’européenne on puisse avoir des groupes français qui défendent cette musique, et pas que des groupes suédois – même si j’adore les groupes suédois, mais putain, c’est tout le temps des Suédois ou des Allemands ! Nous sommes bons en France aussi, nous pouvons faire des trucs bien. »

On a quand même l’impression qu’il y a une sorte de revival heavy metal depuis un certain temps à l’international, avec des groupes comme Visigoth par exemple, mais aussi en France. Qu’en penses-tu ?

Soit dit en passant, je trouve Visigoth excellent. Nous avons joué avec eux en Allemagne – je ne sais plus quelle année. En plus ils sont super cool. Mais sinon, par rapport à la scène metal française, je trouve qu’il y a quand même pas mal de bons groupes qui sont sous-estimés, ou bien que les gens ne prennent pas le temps d’aller écouter. Tu parles de revival, et c’est exactement ça : même entre groupes français, quand tu vois Sortilège, ADX – même s’ils n’ont jamais vraiment arrêté –, Titan, etc. tous ces groupes-là qui reviennent, ça remet un boost, et pour les jeunes groupes comme nous et d’autres – Tentation, Furies ou Hellrock que j’aime beaucoup – c’est bien ! Il faut qu’on ait une scène metal française et qu’il y ait pas mal de groupes qui essayent d’avancer le plus possible. Je suis fier quand je vois des groupes français qui vont jouer à l’étranger, en Allemagne, etc. Je suis fier que sur la scène metal rien qu’européenne on puisse avoir des groupes français qui défendent cette musique, et pas que des groupes suédois – même si j’adore les groupes suédois, mais putain, c’est tout le temps des Suédois ou des Allemands ! Nous sommes bons en France aussi, nous pouvons faire des trucs bien.

On va parler de la reprise des concerts, vous avez fait quelques dates, j’imagine que ça fait du bien ?

Oui, nous avons fait quatre concerts depuis la reprise. Nous en avons fait deux le weekend qui suivait la sortie de l’album, c’était le festival de Vouzier et une date à Aarschot en Belgique avec Victory. Avant ça, nous avions pu refaire deux concerts. Quand nous avons enfin pu refaire un concert, nous nous sommes demandé si nous allions retrouver nos repères, si nous n’étions pas trop rouillés, etc. C’était compliqué, parce que le dernier avant ça, c’était à Hambourg en février 2020, donc ça commençait à remonter un peu. En fait, tu te poses plein de questions, mais dès que tu reviens sur scène et que tu as le soutien des gens, tu es reboosté à fond. Même avec la presse, nous avons eu une journée promo à Paris et les gens venaient à notre rencontre pour les interviews, et on voyait que tout le monde, nous y compris, était content de revivre ça, de revoir des gens, de reparler d’une passion qu’on a en commun.

Il y a deux dates annoncées en janvier à Paris et Seyssinet avec Rhapsody Of Fire. D’autres choses sont prévues derrière ?

Déjà, nous jouerons au Hellfest ; c’est dans longtemps encore, mais ça va arriver vite ! Nous avons un festival en Allemagne en juillet. Nous avons le Rising Fest à Dijon en septembre. Mais notre but maintenant est d’essayer de trouver une tournée et de repartir sur les routes pour défendre l’album. Nous sommes en train de voir pour des choses, mais c’est trop tôt pour en parler. Si nous pouvons repartir rien que sur les routes d’Europe, en Allemagne, en Belgique, etc. un peu comme nous l’avions fait avec Primal Fear, ce serait encore un rêve de gosse qui se réalise.

Quel est votre état d’esprit par rapport à la date du Hellfest ?

Nous avons hâte d’y être, sans trop avoir hâte parce qu’après nous savons que ce sera déjà fini. C’est pareil, c’est un rêve qui se réalise pour nous. Ça faisait partie de nos objectifs. Depuis que j’ai monté le groupe, j’essaye d’avoir une place au Hellfest, mais j’y allais tout le temps en tant que festivalier. J’envoyais des mails et je n’avais pas de réponse, mais comme sans doute plein de groupes le font. Puis un jour, c’est Ben Barbaud qui t’appelle. Tu hallucines, tu te dis : « Putain, il m’appelle, moi ?! » Il est super sympa, il nous propose ça. C’est une fierté pour nous de nous dire que nous pouvons avoir notre nom sur une affiche aussi prestigieuse, avec tant de bons groupes.

« Depuis que j’ai monté le groupe, j’essaye d’avoir une place au Hellfest, mais j’y allais tout le temps en tant que festivalier. J’envoyais des mails et je n’avais pas de réponse, mais comme sans doute plein de groupes le font. Puis un jour, c’est Ben Barbaud qui t’appelle. Tu hallucines, tu te dis : « Putain, il m’appelle, moi ?! » »

Vous avez déjà fait de belles choses en termes de partage de scène. Quels ont été les moments marquants ?

Oui, nous avons eu la chance d’ouvrir pour pas mal de groupes que nous adorons. Nous avons pu jouer avec Saxon, Primal Fear, Riot, Joe Lynn Turner, Vandenberg… Un élément qui m’a marqué, car j’adore ce groupe, c’est que nous avons pu faire un weekend avec Vulcain. J’en profite pour leur faire une petite pensée. C’étaient des bons moments, nous nous sommes tellement marrés avec eux ! C’est ce que j’aime, quand il y a une bonne entente entre musiciens, tu rigoles bien, tu déconnes bien, etc. Forcément, il y a la partie concert, la relation avec le public et les salles suivant l’ambiance, mais après, il y a la relation que tu as avec les groupes. Surtout quand tu es avec des groupes qui ont trente ou quarante ans de carrière, tu vois que ce sont des gens qui sont hyper humbles… Par exemple, Joe Lynn Turner était comme ça : le mec vient, il se présente à toi comme si tu ne le connaissais pas [rires]. Avec la carrière qu’il a, je trouve ça excellent, c’est une leçon sur la vie. J’aime bien les gens humbles.

Il y a un côté autogestion dans le groupe, mais pas complètement. Peux-tu nous en parler ?

Nous sommes repartis un peu sur le même principe que pour Breaking The Rock. Nous sommes en autoproduction, donc ce que nous vendons en CD, etc., tout passe par nous. On peut commander l’album en direct via notre site internet (www.existanceband.com), nous avons une page avec tout notre merch. Maintenant, nous avons des partenaires qui aident à distribuer notre album – Grumpy Mood, Gibert Joseph et la FNAC bientôt – mais tout passe par nous, donc au moins, nous savons combien d’albums nous vendons. Le truc aussi est que nous n’avons pas trouvé de bonne offre de label qui nous intéressait, donc nous nous sommes dit que c’était la meilleure façon de faire pour récupérer le plus d’argent et pouvoir le réinvestir pour encore nous développer et faire autre chose. Par contre, ça nécessite beaucoup plus de travail ! Pour la promotion, nous travaillons avec Replica et notre attaché de presse est Olivier Garnier. Ils nous apportent beaucoup !

Tu disais tout à l’heure que pour vous, la musique est prioritaire dans votre vision de la vie…

Oui, c’est tellement compliqué dans la musique que nous ne voulons pas avoir de frein pour nous donner toutes les chances d’évoluer. C’est notre passion, nous adorons ça et c’est là que nous nous sentons le plus épanouis, donc plus on va nous en donner pour évoluer, plus nous l’accepterons, plus nous ferons des sacrifices pour ça. C’est vrai que c’est compliqué parce que tu en es à un stade où tu n’es pas professionnel, donc tu n’en vis pas et tu as besoin de travailler à côté pour gagner de l’argent, pour vivre mais aussi investir dans des choses pour le groupe. En parallèle, le soir, tu dois soit bosser ton instrument, soit faire des envois de CD ou répondre à des mails. C’est comme si tu avais deux travails. Ça peut être fatigant mais c’est aussi ce qui nous fait grandir et continuer. Et d’avoir des retombées comme celles que nous avons, ça nous motive encore plus. Forcément, avec tout ça, nous n’allons pas arrêter.

Et la période de Covid-19 n’a pas été compliquée à vivre quand la musique représente une partie aussi importante de ta vie ?

Si, c’était compliqué. Et ce qui était aussi très dur, c’est de ne pas voir l’avenir. Même encore maintenant, malheureusement, on ne connaît pas l’avenir, et nous ne savions pas pendant combien de temps nous allions subir ces restrictions et devoir rester enfermés chez nous, ne pas voir les gens, ne même pas voir nos potes musiciens. En plus, notre batteur est en Belgique, donc nous ne pouvions même pas nous voir pour répéter. C’était hyper compliqué et frustrant. Donc au bout d’un moment, nous avons trouvé l’idée de faire ces reprises.

J’allais justement y venir !

Nous avons eu l’idée de développer un thème Legends Never Die et de faire une série de reprises en hommage à des idoles, musiciens et artistes qui nous ont influencés et qui ne sont malheureusement plus de ce monde. Nous nous sommes fait plaisir avec ça, c’était un challenge pour que ça plaise au gens, pour ne pas nous retrouver ridicules à faire ça, et même entre nous quatre. Par exemple, si nous nous disons que nous aimerions bien faire un morceau d’Iron Maiden, tu as Julien qui avait un peu la pression en se disant qu’il fallait faire les bonnes parties à la Steve Harris. Ou quand nous avons fait « Kill The King » de Rainbow : j’adore Rainbow, mais Dio est un dieu pour moi, alors essayer de chanter sans faire ridicule et obtenir que ça passe bien, c’était un challenge. Ça nous a boostés pour travailler et continuer. Ça nous a permis de rester en contact avec tous les gens qui nous apprécient. Nous n’avons eu que des retours positifs. C’est ce qui nous motive. Je t’avoue que si nous avions fait la première vidéo et que tout le monde nous avait dit que c’était de la merde, nous en aurions peut-être fait qu’une [rires]. Et puis ça nous a permis de progresser et de bosser des trucs que nous n’aurions pas forcément travaillés entre nous.

Vous êtes en pleine promo de l’album actuellement, mais comment vois-tu l’avenir d’Existance ?

C’est de défendre l’album du mieux que nous pouvons, au travers de concerts surtout, d’aller à la rencontre des gens qui nous connaissent, d’essayer de rencontrer d’autres personnes, d’évoluer encore, et après nous retournerons en studio pour refaire un nouvel album. Nous avons déjà des morceaux dans les tiroirs. Après, il faut prendre le temps de bien peaufiner, c’est important.

Interview réalisée par téléphone le 10 novembre 2021 par Sébastien Dupuis.
Retranscription : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Existance : existanceband.com

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  • Une crème ce Julien ! Troisième ou quatrième interview de lui que je lis, et je suis à chaque fois bluffé de la gentillesse et de l’humilité du bonhomme.

    Bon en ce qui concerne la New Wave of Traditional Heavy Metal… la démarche est louable, et y’a pas mal de groupes qui sont loin d’être mauvais… mais le problème est que cette « vague » est gangrenée par des types ayant le même caractère que ces vieux cons en concert qui gueulent quand il y a des groupes d’un sous-genre précis en première partie de grosse formation, oui vous savez ! Ces gros types avec leurs Tee-Shirt Judas Priest qui te disent: « Maintenant le Metal c’est plus du Metal, c’est un mélange affreux, c’est pas comme avant ! Ces merdeux sur scène ils ont rien compris au Metal et au Rock’n’Roll ! » (mec t’as Judas Priest sur le torse, les mecs étaient les précurseurs du Speed Metal, qui lui-même donnera naissance au Thrash…)

    Ils arrivent à être plus casse-couille que les blackeux qui ne jure que par le Raw inécoutable enregistré avec un casque PC discount, faut le faire !

    Et c’est dommage ! Parce que putain y’as des pépites énormes qui pullulent dans cette vague.

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