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Chronique   

Existance – Wolf Attack


Le heavy à l’ancienne n’est pas près de mourir. Si le style n’a évidemment plus le lustre d’antan, certains obstinés se chargent de reprendre le flambeau. C’est le cas des Français d’Existance, à l’œuvre depuis 2008. Le quatuor a décidé de réemprunter tous les codes en les respectant scrupuleusement, jusqu’à l’accoutrement et cette fameuse combinaison veste en cuir-bandana. Son premier album Steel Alive (2014) lui a permis de côtoyer les cadors tels que Saxon ou Gamma Ray lors de différents festivals. Une progression confirmée par Breaking The Rock (2016), de quoi obtenir le privilège d’ouvrir pour Primal Fear. Prévu pour inaugurer la Mainstage 2 lors de l’édition 2022 du Hellfest, Existance est indéniablement l’une des valeurs montantes du heavy français aujourd’hui. Wolf Attack compte entériner ce statut. Existance s’est montré patient pour présenter son nouvel opus dans les meilleures conditions possible en dépit de la pandémie. Du heavy pour la meute et rien d’autre.

Wolf Attack profite d’une production en adéquation avec cet esprit rétro (l’artwork d’un loup dans un cimetière au clair de lune est tout un programme en soi) sans pour autant souffrir d’obsolescence. Tout le mérite en revient à la production de François Merle (Manigance) et au mastering de Jacob Hansen (Primal Fear, Epica, Amaranthe, Volbeat…). La caisse claire de Gery Carbonnelle a toute la réverb’ désirée, les guitares de Julian Izard et Antoine Poiret sont aussi limpides qu’incisives et la basse de Julien Robilliard a ce grain médium caractéristique qui semble avoir abandonné toute idée de rondeur. Le chant de Julian a toute la grandiloquence nécessaire : Wolf Attack respecte tous les poncifs avec la volonté de les appuyer. « Highgate Vampire » multiplie les leads pour accompagner les aigus haut perchés de Julian. Existance voue un culte aux refrains en chœur et aux progressions épiques qu’Iron Maiden livre depuis tant d’années, jusqu’à abuser de ces passages en twin guitars qui font tout le sel du genre. Au heavy ultra-classique succèdent des influences plus thrash présentées par « Deathbringer » et ces chœurs agressifs qui ponctuent le riffing. Si l’essence d’Existance est résolument mélodique, il offre cependant des variations de registres bienvenues. C’est ce qui lui permet de proposer l’explicite et enjoué « Rock ‘N’Roll » aux mélodies qui effleurent à la fois le glam et le punk californien. Il sait parfois nous inviter dans sa vie onirique moite avec le hard langoureux de « Jenny’s Dreams ». De quoi redonner du cachet au T-shirt du loup hurlant au clair de lune et à la literie motif panthère.

Existance fait partie de ce paradigme musical du revival. Il parvient cependant à ne pas s’effondrer devant les monuments du genre parce qu’il prône un surjeu qui se confond avec un second degré. Impossible de ne pas se remémorer Fear Of The Dark (1992) lorsqu’on écoute « Sniper Alley » ou l’élan de Judas Priest (voire de Motörhead) derrière « Preacher Of Insanity » avant que celui-ci n’enchaîne les prouesses guitaristiques. Wolf Attack ne s’en cache pas, il a des airs d’anthologie du rock des eighties et fait sourire sans irriter. Cette conjugaison de rock fédérateur (« You Gotta Rock It ») et de heavy homérique (« Wolf Attack ») agrège deux éléments extrêmement familiers pour une dynamique singulière. Certes, le surjeu amène à certains excès, à l’instar de la ballade mielleuse « Tears Of Fire », véritable prouesse de sensiblerie et prétexte aux leads transis. Un écueil qui n’empêche jamais de se plonger sans honte dans ce monde de cuir et de permanentes, y compris lorsque Julian chante en français sur « Gwendoline », un choix qui fait le lien avec les grandes heures du heavy français et apporte toute l’exubérance que l’on peut imaginer.

Wolf Attack fait partie de ces rares cas où proposer une musique d’un autre temps a ses vertus. La démarche entière d’Existance joue en sa faveur, surtout lorsqu’elle accompagne une véritable recherche dans le songwriting. Il y a tout un cahier des charges des clichés à remplir et l’accroche en fait partie. C’est ce qui évite à Existance de n’avoir pour seul mérite que l’imitation. Peut-être que le genre du heavy metal tolère davantage la redite que le rock des seventies en raison d’un lexique qui ne se prend pas toujours au sérieux. Quoi qu’il en soit, Wolf Attack promet quelques grands moments d’Air Guitar.

Clip vidéo de la chanson « Highgate Vampire » :

Lyric vidéo de la chanson « Power Of The Gods » :

Album Wolf Attack, sortie le 29 octobre 2021 via Blood Blast. Disponible à l’achat ici



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