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Metalanalyse   

Extol : une réunion d’ombre et de lumière


Pour la sortie de cet album éponyme, les Norvégiens d’Extol reviennent de loin. Et pour cause, le dernier album en date du groupe remontait à 2005 avec The Blueprint Dives. Extol avait annoncé la cessation de son activité en 2007 (à cause de problèmes personnels qui empêchait le chanteur Peter Espevoll de faire de la musique, d’après un entretien que nous avons eu avec lui), mais durant ces dernières années, l’idée de reprendre le projet restait dans un coin de la tête de Peter Espevoll et d’Ole Børud.

La reprise d’activité est effective en 2012 avec la réalisation d’un documentaire sur le groupe (« Extol: of Light and Shade »). La réunion du groupe rassemble trois des cinq musiciens de la formation, qui retrouve ainsi Ole Børud, guitariste qui a largement façonné la musique d’Extol avant son départ en 2004 et revenu pour l’occasion, et Peter Espevoll au chant et David Husvik à la batterie, piliers du groupe depuis sa création en 1993. Le nouvel album d’Extol est l’aboutissement de ce retour aux affaires des Norvégiens. Annoncé deux mois seulement avant la sortie dans les bacs, cet album éponyme se veut la synthèse des explorations musicales du groupe.

Pour Extol, un thrash metal aux thématiques chrétiennes à la Believer est une influence explicite surtout depuis l’album Synergy (2003). The BluePrint Dives intégrait quant à lui un melting-pot d’éléments divers et variés, pour finir d’émanciper tout à fait la musique des Norvégiens, loin du death metal sale de Burial, l’album de leurs débuts. Extol, ce cinquième album éponyme, rassemble de manière plus modérée les pistes explorées par son prédécesseur. Après sept années de silence, le temps est à la mise au point. Extol se retrouve avant tout, remet ses pieds dans des marques musicales encore fraîches, approfondit son propos. Les Norvégiens proposent leur mélange de death et de thrash, avec des hurlements black, des structures progressives, des mélodies et des refrains au chant clair, réconciliant finalement les trois premiers albums – en particulier la déclaration créative que représentait Undeceived – et The Blueprint Dives en fournissant a posteriori un chaînon – supposément – manquant.

Si Extol succède logiquement à The Blueprint Dives, le résultat en est nettement différent. Le précédent donnait la première voix à un chant clair dont certains hurlements venaient finaliser la tonalité hardcore comme sur « Soul Deprived ». Sur Extol, si le groupe ne se défait pas de son habitude à mélanger les styles sans vergogne, l’ambiance est plus encline à coupler des bouts de metal extrême à des éléments progressifs traditionnels. Le premier morceau « Betrayal » alterne ainsi les blasts noirs de ses couplets, des passages très techniques et un refrain au chant clair dans des tonalités rappelant le rock progressif classique.

« Open The Gates » explicite encore davantage dans son refrain les influences des années 70, également marquées dans les chœurs posés sur les blasts de « Behold The Sun ». Le groupe ne faisait pas mystère il y a quelques années déjà de leurs influences très variées, mais précisait plus récemment sur The Metal Resource l’apport de Rush, Yes ou Genesis à leur musique. Le tout alimente des effets décalés auquel The Blueprint Dives avait déjà ouvert grand les portes en agglomérant ensemble tous les éléments stylistiques qui semblaient tomber sous la main des musiciens : « Wastelands » et ses riffs dissonants, « A Gift Beyond Human Reach » et son entrée en matière à coups de percussions métalliques.

Produit par un Jens Bogren de référence, le son de cet Extol est à la fois profond et clair. Le retour d’un chant black bien gras renforce ostensiblement un effet de contraste qui déjà caractérisait la musique des Norvégiens. Avec ce nouvel album, Extol réintègre la scène extrême, assumant comme toujours sa position particulière de groupe de metal chrétien et norvégien qui correspond, quelque part, à la grande ouverture musicale dont ces musiciens font preuve.

Album Extol, sorti le 24 juin 2013 via Indie Recordings



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  • Hum. Un chant qui rappelle les meilleurs albums de Zao. Et la musique est pas mal, mieux que leurs précédents opus dont j’étais pas très fan, selon moi.

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