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Interview   

Eyehategod : 25 ans de survie


25 ans d’existence mais 15 ans pour sortir un nouveau disque alors que le groupe n’a jamais arrêté ses activités, notamment scéniques. Eyehategod en a vu passer dans sa carrière, encore récemment avec le décès du batteur Joey LaCaze de déficience respiratoire. Mais c’est aussi la vie à la dure qui a élevé plus particulièrement le chanteur Mike Williams IX, qui nous en parle à un moment donné dans l’entretien qui suit. « Nous sommes des survivants », nous dit-il. Et c’est cet état d’esprit qui meut le groupe et, comme la vermine, le rend si increvable. C’est aussi tout ce que la vie offre autour de nous et leur a envoyé en pleine face – et pour ce qui est de Williams, la liste est longue et en aurait fait sombrer plus d’un dans la névrose – qui fait la musique d’Eyehategod, si vicieuse, si torturée.

L’album éponyme est désormais sorti, alors profitons-en, les fournées d’Eyehategod se font rares ces temps-ci. Et nous en avons profité, justement, pour échanger avec le chanteur sur cet album, sur le décès de leur batteur et sur tout le reste.

« A l’époque, personne ne savait quoi faire avec un groupe qui sonnait comme nous. On peut comprendre que le problème venait des deux côtés. »

Radio Metal : Cet album éponyme est le premier album d’Eyehategod en près de 15 ans. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Mike Williams IX (chant) : Eh bien, beaucoup de choses se sont passées. Ce n’était pas de notre faute. Je veux dire qu’il y a beaucoup de choses qui se sont dressées sur notre chemin, tu sais, des conjonctures dans la vie. La vie n’a pas toujours été aussi facile pour nous. Ça a été une sorte de route cabossée, si tu vois ce que je veux dire. C’est quelque chose que nous avons essayé de faire pendant longtemps et nous avons finalement réussi à le faire. Donc, si cet album est éponyme, c’est que ça le défini, c’est comme une déclaration pour dire qu’il s’agit d’une sorte de nouveau départ. Et c’est notre premier album depuis longtemps. Nous avons tourné pendant tout ce temps. Nous n’avons jamais arrêté de partir en tournée, tu sais, à moins que quelque chose de vraiment bordélique se produisait nous empêchant de tourner. Mais ouais, c’est de là que vient le truc du titre éponyme.

Le processus d’enregistrement a débuté avec le producteur Billy Anderson mais apparemment les choses ne se sont pas bien passées et l’album est resté inachevé. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui a mal tourné en comparaison de lorsque vous aviez travaillé avec lui pour Dopesick ?

Oh ouais, il a fait Dopesick qui est super. Billy est un très bon ami à moi. Billy est un chouette type et c’est vraiment un très bon ami. Je le considère comme l’un de mes meilleurs amis. Mais le fait de travailler ensemble dans ce studio n’a mené à rien. Je veux dire que c’était la faute de tout le monde. Ce n’était pas de sa faute ou quoi que ce soit. Déjà, il y avait une équipe de tournage pour filmer un documentaire. Ils filmaient ce documentaire sur Billy et son travail et, en même temps, nous, en tant que groupe, nous essayions trop de précipiter l’album et de le sortir trop vite. Nous essayions de nous dépêcher et d’enregistrer et tout faire en seulement une semaine, et ce n’était tout simplement pas possible, ça ne pouvait pas aboutir. A côté de ça, il y avait quelques problèmes personnels avec des membres du groupe, des choses comme ça. Nous avons donc fini par tout abandonner à l’exception de la batterie de Joey. Nous avons gardé les pistes de batterie et nous avons fini par réenregistrer les guitares et la basse. Ensuite, plus tard, j’ai fait les parties vocales.

Tu as mentionné l’équipe de tournage. Est-ce que vous étiez distraits à cause de ça ?

Bien sûr. Ils étaient dans nos pattes. Ils nous embêtaient et c’était agaçant. Ils n’étaient pas là pour nous filmer. Ils étaient là pour filmer Billy. Nous pouvions par exemple être en train de parler de quelque chose de très personnel et lorsque nous nous retournions, il y avait un gars avec une putain de caméra qui était là en train de nous filmer. Et nous étions là : « Ça craint ! » Nous n’avions pas demandé ça. C’est juste arrivé. Ca a un peu énervé tout le monde.

N’avez-vous pas dit ça à Billy, que ça vous ennuyait ?

Oui ! Bien sûr, ouais ! Nous avons viré un mec. Nous avons dit à un des gars de dégager. Jimmy [Bower] a viré le type. Jimmy n’était même pas celui qui avait embauché le gars, mais il lui a dit qu’il devait partir et le gars est parti. Et ils ont amené un autre gars qui était plus sympa, clairement un type plus cool, mais quand bien même, les caméras restaient gênantes. Tu ne peux pas enregistrer un album lorsqu’il y a ça autour de toi ; à moins de l’avoir prévu nous-mêmes et de savoir que ça allait se passer comme ça.

Vous avez au bout du compte terminé l’album au studio de Phil Anselmo. Était-ce important d’être chez un ami, quelqu’un en qui vous pouviez avoir confiance et avec qui vous vous sentez à l’aise ?

Ça, c’est là où nous avons fait le chant. Ce n’est pas où nous avons fini l’album. Je veux dire que c’est là où nous avons fait les pistes vocales. L’album a été mixé à Chicago par Sanford Parker et ensuite masterisé à Chicago. C’est là où l’album a été bouclé. Mais ouais, Phil est l’un des chanteurs de metal qui a rencontré le plus de succès au monde. Donc, tu sais, le fait de l’avoir – et il est également mon meilleur ami – à mes côtés dans le studio pendant que je fais le chant, c’était… Personne ne passerait à côté de cette chance. Évidemment, il avait des conseils à me donner et, aussi, c’était simplement bon d’être là, à trainer avec lui. Il a de bonnes idées.

« Regarde autour de toi. 99 pour cents du temps, ce n’est pas un endroit très joli. Il y a beaucoup de laideur dans le monde. […] Mais pour être franc, nous nous amusons beaucoup [rires]. »

L’album a été entièrement fait et financé par le groupe. De toute évidence, vous vouliez un contrôle total. Pourquoi ? Avez-vous eu de mauvaises expériences par le passé avec les labels et plus généralement l’industrie de la musique ?

Évidemment. Qui ne le voudrait pas ? N’importe quel groupe avec un bon esprit veut posséder sa musique. Même si nous n’avions pas vécu de mauvaises expériences j’aurais toujours voulu avoir mon propre label et posséder ma propre musique. C’était donc une évidence. Ça tombait totalement sous le sens. Mais ouais, nous avons eu de mauvaises expériences par le passé. Notre première fois avec Century Media ne s’était pas bien passée. Tu sais, nous avons signé un contrat de licence avec eux cette fois-ci parce ce que c’est désormais un tout autre label. Il y a de nouvelles personnes. A l’époque, personne ne savait quoi faire avec un groupe qui sonnait comme nous. On peut comprendre que le problème venait des deux côtés. Nous ne nous entendions pas à l’époque. Nous avons donc fini par ne pas faire confiance… Dès le début, déjà, nous n’avons jamais fait confiance à personne. C’est toujours le cas. Mais notre relation est bien meilleure et c’est une bonne façon de faire que de posséder sa propre musique et ensuite la mettre sous contrat de licence avec Housecore, Century Media et Daymar au Japon.

Avez-vous pensé à sortir l’album par vous-mêmes ?

Bien sûr que nous y avons pensé. Mais personne n’a le temps de travailler là-dessus. Tu as besoin de gens, tu dois faire appel à une firme de publicité et tu dois trouver des distributeurs et tout. Nous n’avons pas le temps ou vraiment les compétences pour savoir comment faire tout ça. Donc le payer nous-mêmes, posséder l’album et ensuite le mettre sous contrat de licence, selon moi, c’est la chose la plus intelligente à faire, car ainsi ils peuvent nous aider à le promouvoir et le distribuer pendant que nous gardons les droits sur l’album.

La musique d’Eyehategod a toujours eu un côté tordu et malade. D’où ça vient ? Qu’est-ce qui inspire votre musique ?

Tout. La vie en tant que telle. Je veux dire, regarde autour de toi. 99 pour cents du temps, ce n’est pas un endroit très joli. Il y a beaucoup de laideur dans le monde. Il y a beaucoup de trucs horribles qui se produisent : la haine, même des dépressions personnelles, la misère, les drogues et les relations et amitiés qui tournent mal. Tu sais, peut-être que c’est une manière négative de voir les choses mais le nihilisme rentre en ligne de compte. C’est simplement la manière dont je vois les choses et je crois que c’est le cas pour tout le groupe. Mais pour être franc, nous nous amusons beaucoup [rires]. Nous avons un grand sens de l’humour. Nous aimons nous amuser dans le groupe. Nous ne restons pas là à être misérables ou quoi que ce soit. Ça se passera comme ça quoi qu’on fasse. Donc nous essayons de nous éclater le plus possible.

Pourquoi mets-tu tes mauvaises expériences sur tes albums plutôt que les bonnes ?

Pourquoi voudrais-tu mettre les bonnes expériences ? Je veux dire que ça n’intéresse personne. Penses-tu que quelqu’un veut écouter des paroles qui parlent de caresser un chien [rires] ou voilà une chanson à propos de moi en train de me balader avec ma copine ; personne ne veut entendre ça ! Les gens veulent quelque chose qu’ils peuvent identifier à ce qu’ils ressentent. Et je pense que beaucoup de gens s’identifient à ce groupe parce qu’ils ont effectivement les mêmes sentiments, les sentiments d’isolation et de désolation. Je pense que ça va main dans la main pour les gens qui font l’expérience de ces choses. Je le sais parce que les gens me le disent. Ils me disent que ce groupe est venu à eux à un moment difficile de leur vie car ils s’identifient à nous et qu’ils peuvent s’identifier aux choses que l’on dit. Même si les paroles sont très énigmatiques et abstraites, les gens y trouvent leurs propres significations, ce qui est bien. J’aime ça.

Est-ce que le groupe se met dans un état d’esprit particulier lorsqu’il fait un album et est-ce que toi tu te mets dans des conditions particulières lorsque tu chantes pour un disque ?

Non. C’est juste nous. C’est juste ainsi que nous sonnons. Je veux dire qu’il n’y a pas d’état d’esprit particulier ou quoi que ce soit [rires]. Tout le monde se prend quelques verres, quelques bières, des cocktails, ou des verres d’un quelconque vin ici et là. Mais à côté de ça, il n’y a rien de spécial. Nous sonnerons exactement pareil quoi qu’il arrive, tu sais, c’est juste ainsi que le groupe sonne. C’est ce que nous faisons et comment nous sonnons.

« Penses-tu que quelqu’un veut écouter des paroles qui parlent de caresser un chien [rires] ou voilà une chanson à propos de moi en train de me balader avec ma copine ; personne ne veut entendre ça ! »

Le batteur Joey LaCaze est décédé l’année dernière d’une déficience respiratoire. Ça a dû être un choc pour le groupe. Je sais qu’il avait de l’asthme mais n’y avait-il aucun signe d’avertissement sérieux ?

Pas sérieux, tout du moins, pas qu’il nous ait dit. Il nous a dit qu’il avait des problèmes pour respirer et des trucs comme ça. Je veux dire que moi aussi j’ai de l’asthme et j’étais sur la même tournée. Tu sais, nous avons fait une tournée de six semaines en Europe et c’est difficile à faire pour n’importe qui. Nous avons eu que très peu de jours de pause. Nous n’aimons pas vraiment prendre des jours de pause. C’est peut-être bien d’avoir des jours de pause au milieu de la tournée. Nous ne sommes pas de ces groupes qui jouent deux concerts et demandent à avoir une journée de pause. Nous continuons simplement à jouer et à jouer, et nous avons fait ça pendant six semaines à travers l’Europe. Ça l’a mis à rude épreuve, tu sais. Il s’était plaint de quelques trucs mais comme nous tous, tu sais, dès que quelqu’un vieilli, des choses se produisent. Il n’y avait rien qui nous disait qu’il devait vite aller voir un médecin ou quoi que ce soit. Ça dépend de l’individu, vraiment.

Rapidement après le décès de Joey vous avez continué à tourner et avez trouvé un nouveau batteur. On dirait que le fait d’abandonner n’était pas une option. Quel était l’état d’esprit du groupe à ce stade ?

Ce n’était pas si rapidement. Il s’est peut-être passé quatre mois avant que nous trouvions un nouveau batteur. Nous avons essayé plusieurs personnes mais ce n’était pas quelque chose d’immédiat. C’était probablement quatre ou cinq mois après. Mais l’état d’esprit sera toujours là. Il va nous manquer à tous, tu sais. C’était notre meilleur ami et le batteur du groupe. C’est donc une évidence, la réponse est évidente.

Pensez-vous qu’il aurait voulu que vous continuiez sans lui ?

Bien sûr. C’est ce qu’il voulait. Nous en avons parlé auparavant, tu sais, en blaguant avec notre sens de l’humour, nous disions : « Qui va me remplacer ? » De manière idiote et nous nommions quelqu’un de complètement absurde qui n’irait absolument pas dans le groupe. C’est juste un sens de l’humour un peu étrange, mais évidemment, il voulait que nous continuions. Je veux dire qu’il a écrit pas mal de chansons à la guitare, beaucoup de nos anciennes chansons. Nous portons donc toujours son héritage, tu sais.

Et d’ailleurs en blaguant à ce sujet, qui te remplacerait toi ?

Moi ? David Lee Roth.

Est-ce que le décès de Joey a influencé d’une quelconque façon l’album ? Est-ce que le groupe a mis davantage de colère dans l’album à cause de ça ?

Non, parce qu’il était déjà enregistré. Tout était déjà enregistré avant qu’il ne décède. Il aurait dû sortir plus tôt… Nous aurions sorti l’album plus tôt mais ça n’a pas pu se faire alors nous l’avons reporté.

Peux-tu nous dire comment Aaron Hill a été recruté ?

Ouais, il est génial. Il est dans pas mal de groupes locaux à la Nouvelle-Orléans. C’est vraiment un très bon musicien. Il joue de la guitare dans un autre groupe, il joue de la batterie et chante dans encore un autre groupe. C’est simplement un bon type et une personne étrange exactement comme nous le sommes. Il colle parfaitement. En plus d’être un bon musicien, nous voulions quelqu’un avec qui nous voudrions jouer. Il faut que tu t’entendes avec cette personne, tu sais. Il faut que tu puisses tourner avec cette personne et il colle clairement au job pour toutes ces choses-là.

Le groupe existe depuis un quart de siècle. Qu’est-ce qui te vient à l’esprit lorsque tu y réfléchis ?

[Rires] Beaucoup de choses. Je pense à toutes les années passées à faire ça et le fait que nous n’avons jamais imaginé que nous serions ensemble à faire ceci pendant aussi longtemps. Ce n’est pas quelque chose que nous avions prévu. Lorsque nous avons commencé ce groupe, nous étions tous dans d’autres groupes, comme nous le sommes toujours, nous avons beaucoup d’autres projets. Mais nous faisions ça pour nous éclater car c’était un groupe que nous voulions entendre et qui n’existait pas. C’était un son que nous voulions créer à l’improviste, tu sais, à partir de rien. Nous voulions faire une musique que nous voulions écouter de par les choses qui nous influençaient. Donc, être là depuis 25 ans, c’est plutôt incroyable. Il y a beaucoup à penser lorsque tu réfléchis à tout ce temps que ça représente. Tu sais, nous en sommes tous très fiers. Nous sommes fiers d’être toujours là. Nous sommes des survivants, tu sais.

Est-ce que le groupe prévoit de célébrer ses 25 ans ?

Nous avons commencé à faire ça l’année dernière avec la dernière tournée en Europe, nous l’avions appelée « La tournée des vingt-cinq ans d’abus et toujours fauchés » ou quelque chose comme ça. J’ai oublié le nom précis…. « Vingt-cinq ans d’abus de la famille dysfonctionnelle » c’était ça en fait le nom. Mais ensuite, tu sais, avec le décès de Joe, nous n’avons pas vraiment continué les célébrations. Mais nous allons tourner cette année en Amérique et espérons que nous retournerons en Europe en novembre si tout fonctionne correctement, et ça fera partie de la tournée des 25 ans.

« Tu n’abandonnes pas, tu vas de l’avant, peu importe à quel point tu peux, peut-être, être casse-pied pour d’autre gens en refusant d’abandonner [rires]. Nous sommes comme ça en tant que groupe. »

Tu as traversé un paquet de choses dans ta vie, que ce soit avec la drogue, tout ce qui s’est passé avec l’ouragan Katrina et ta maison qui a brûlé, le fait que tu te sois fait incarcéré ou le décès d’un ami comme Joey. D’où tires-tu ta force ou ta santé mentale lorsque tu traverses toutes ces épreuves ?

Je ne sais pas. C’est juste là. Ça vient simplement du fait d’être un survivant, comme je l’ai dit un peu plus tôt, le fait d’avoir eu à grandir en étant très jeune et de me débrouiller tout seul depuis que je suis un gamin. Mon frère m’a laissé dans un appartement lorsque j’avais quinze ans et il a emménagé avec sa petite amie. J’ai donc vécu par moi-même lorsque j’avais quinze ans jusqu’à maintenant, je vis toujours par moi-même. Et avant ça j’étais dans une maison d’accueil pour garçons ou sans abris et des choses comme ça. Tu te renforces des choses qui t’arrivent, tu sais. Je continue donc sur cette route et dans ce cycle. Tu n’abandonnes pas, tu vas de l’avant, peu importe à quel point tu peux, peut-être, être casse-pied pour d’autre gens en refusant d’abandonner [rires]. Nous sommes comme ça en tant que groupe. C’est comme ça que je suis, en particulier. Nous le sommes tous, tout le monde dans le groupe est comme ça. Nous ressentons tous la même chose. Tu n’as pas d’autre choix que d’aller de l’avant, tu sais. Si tu t’arrêtes et abandonnes… Nous n’avons pas l’habitude de faire ça.

Et j’imagine que le fait d’avoir un groupe et des amis autour de toi doit aider…

Bien sûr, tout le monde dans la Nouvelle-Orléans est comme une famille, tu sais. Il y a comme une fraternité à la Nouvelle-Orléans. Et à côté de ça, avec le groupe maintenant, le fait d’avoir été en tournée si souvent partout en Europe et en Amérique, nous avons des amis partout, tu sais, nous avons des amis dans le monde entier. Évidemment, ça aide. L’amour est une bonne chose. Ça aide à maintenir la motivation des gens.

Peux-tu nous en dire plus sur ton autre projet instrumental dénommé Corrections House ? Comment l’idée pour ce groupe a émergé ?

Eh bien, c’est moi et Scott Kelly de Neurosis et Bruce Lamont de Yakusa et Sanford Parker qui a mixé l’album d’Eyehategod. Il était dans Nachmystium, Twilight et quelques autres groupes différents, il était aussi dans Buried At Sea. L’idée venait simplement de moi, Scott et Bruce et était à l’origine de faire une tournée où nous faisions juste des sets en solo car, de toute façon, c’est ce que nous faisions déjà auparavant. Par exemple, je fais des lectures parfois dans des librairies ou des disquaires ou partout où je peux, je l’ai fait dans le Musée d’Art de la Nouvelle-Orléans. Donc je faisais ça. Scott tournait avec son truc acoustique. Il fait des trucs acoustiques en solo. Et Bruce tournait avec son saxophone et à faire des trucs en solo. Nous nous apprêtions donc juste tous les trois à partir en tournée, car nous nous connaissions de différents groupes. Je connais Scott depuis une éternité, depuis qu’Eyehategod a tourné avec Neurosis dans les années 90, tu sais. Nous avons passé un mois en tournée avec Neurosis. Je le connais donc depuis toujours et après que nous ayons décidé de faire la tournée solo, nous nous disions simplement : « écrivons de vraies chansons pour aller avec ça. » Nous avons impliqué Sanford, il a écrit quelques rythmes et trucs de fond sonore et nous avons construit sur cette base avec les guitares, le saxophone et la voix, et nous avons fini par faire l’album Last City Zero. Nous avons fait un 45 tours avant que nous avons appelé Hoax The System, mais ouais, voilà comment ça a commencé.

A quel point ton approche est différente entre les deux groupes Corrections House et Eyehategod ?

Ce sont deux groupes totalement différents. C’est facile d’approcher ça car c’est comme avec n’importe quel autre projet, j’y vais avec l’état d’esprit « Je suis dans ce groupe aujourd’hui, je suis là avec Corrections House », et lorsque je suis dans Eyehategod, je suis dans Eyehategod. C’est donc très simple pour moi. Il n’y a pas de technique lorsque tu es dans différents groupes. Tu fais ce que tu fais avec chaque groupe.

Penses-tu que vous ferez un autre album d’Outlaw Order ?

Je n’en ai aucune idée. Je veux dire que j’en ferais bien un mais nous sommes trop occupés avec Eyehategod. Je préfèrerais faire un album avec Arson Anthem avant d’en faire un avec Outlaw Order. Arson Anthem, c’était moi, Phil [Anselmo] et Hank III, c’était juste du hardcore vraiment rapide, un groupe influencé par le hardcore des années 80. J’adore ce groupe. Pour moi, l’album Insecure Notoriety, notre second album, était vraiment génial. Nous allons probablement nous y remettre avec ce groupe un jour. Mais tout le monde est tellement occupé, tu sais, Phil a The Illegals maintenant et Hank III tourne constamment. Mais avec Outlaw Order, je ne sais pas. Nous en avons parlé avant mais qui sait ? Je n’en sais rien.

As-tu parlé avec Phil de Arson Anthem en fait ?

Ouais. C’est ce que je disais. Nous allons sûrement refaire ça un jour. Mais tout le monde est occupé là tout de suite. Nous avons parlé de nombreuses fois de faire quelque chose.

Interview téléphonique réalisée le 7 avril 2014 par Spaceman.
Retranscription : Thibaut Saumade.
Fiche de questions, traduction et introduction : Spaceman.
Photos promo : Dean Karr.

Site Internet d’Eyehategod : eyehategod.ee



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