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Interview   

F.K.Ü. : génération VHS


Les années 80 reviennent en force, on n’apprendra rien à personne en établissant ce constat. Voilà pourquoi le groupe F.K.Ü. (acronyme de Freddy Krueger’s Underware) tombe à pic aujourd’hui avec son nouvel album intitulé 1981. Mais comme ils le revendiquent eux-mêmes, ce n’est pas eux qui ont pris le train en marche, c’est le train qui les a rattrapés, en tant que fans de thrash old school, des vieux formats comme les cassettes VHS et disques vinyle, mais aussi l’impatience que pouvait générer le fait de ne pas tout avoir à sa portée et de devoir faire l’effort de sortir pour aller louer un film ou acheter un disque, elle-même génératrice de plaisir décuplé.

Mais plus particulièrement avec cet album, ce à quoi le groupe a voulu rendre hommage, ce sont les vieux films d’horreurs et autres slashers, autant certains incontournables que des pépites méconnues à faire découvrir aux auditeurs. Car au-delà du côté joyeusement horrifique et humoristique de leur démarche, les musiciens sont avant tout des passionnés de ce genre cinématographique dont ils nous parlent ci-après avec gourmandise. Rencontre avec le chanteur caméléon Lawrence Mackrory alias Larry Lethal (également connu pour officier dans Darkane et Scarve) et le bassiste-parolier Patrik Sporrong alias Pat Splat.

« Au-delà de l’hommage aux films de l’époque, c’est aussi un hommage au format, aux VHS, aux cassettes vidéo, et au fait de collectionner les films, d’aller à leur découverte. […] Parfois, la réputation du film était telle que quand tu mettais enfin la main dessus, bien souvent, c’était le troisième ou quatrième niveau de copie et l’image était très mauvaise, et ça renforçait le côté effrayant. »

Radio Metal : Votre nouvel album, 1981, vient juste de sortir, et il donne l’impression que vous avez interrompu une sorte de routine qui consistait à utiliser le mot « mosh » dans le titre de l’album et à aborder des sujets comme les pogos, le metal, le groupe, etc. Pourquoi est-ce que vous avez décidé de changer maintenant ?

Lawrence « Larry Lethal » Mackrory (chant) : Je pense qu’il y avait beaucoup de choses que nous voulions faire différemment. Je suppose que nous en avions marre de la façon dont nous faisions les choses. Nous nous sommes rendu compte que les deux derniers albums, Where Moshers Dwell et Rise Of The Mosh Mongers, étaient assez similaires. Nous avons simplement dit « nous voulons faire quelque chose d’un peu différent cette fois », comme ne pas mettre une photo de nous sur la pochette de l’album et ne pas avoir un titre avec le mot « mosh » dedans. Nous avions le sentiment qu’il était temps de faire autre chose. Et quand Patrik a pensé au concept de 1981, d’écrire des chansons en hommage à tous ces films, nous avons réalisé que notre manière de faire les choses jusqu’à présent ne collait pas avec ce concept. Il était temps de prendre nos distances et faire autre chose ; c’est très rafraîchissant, pour moi et pour le groupe. Nous nous en éloignions pour faire quelque chose de nouveau cette fois. Je pense que c’est bien.

Patrik « Pat Splat » Sporrong (basse) : Nous nous réinventons un petit peu.

Vous rendez hommage à l’année 1981 avec cet album, en particulier aux slashers de cette époque. Qu’est-ce que cette année a de si spéciale ?

Pour les gens qui sont vraiment fans de ça, l’année 1981 était l’apogée, l’année d’or des slashers ; plus de 200 slashers sont sortis rien que cette année-là. La censure a commencé juste après, et tout a un peu diminué, mais c’était une année record pour les slashers et il y en a eu beaucoup de très bons comme Vendredi 13 chapitre 2 et Halloween 2. Ceux-là sont très connus, mais il y avait aussi beaucoup de films moins connus et nous voulions que les gens les découvrent grâce à notre album. 1981 paraissait être une bonne année sur laquelle se concentrer.

Comment est-ce que vous pouvez expliquer qu’autant de slashers aient été produits cette année-là ?

Le premier Halloween était un film indépendant qui a rapporté énormément d’argent et je pense que les producteurs ont vu que c’était une manière facile de se faire de l’argent. Tu n’as qu’à faire porter un masque à un mec et le faire poursuivre des gens. Je pense aussi qu’il était temps pour quelque chose de nouveau ; jusqu’alors, il y avait tous ces films d’horreur gothiques, les films Hammer et les films de monstres. Il fallait quelque chose de nouveau. Tout s’est accéléré après Halloween, c’est ce qui a déclenché le mouvement.

Lawrence : Patrik a absolument raison. Les studios ont vu que c’était une bonne manière de se faire de l’argent. Comme Patrik l’a dit, tu n’as besoin que d’un groupe d’adolescents, de faux sang et d’un mec avec un masque… [rires]. Il y a énormément de films qui ne sont que des mauvaises copies de ces films cultes, ils ont dû les filmer en environ deux mois, puis ils les ont sorti et se sont fait de l’argent. C’est la raison de ce « big boom ».

Le thème de l’horreur faisait déjà partie du concept du groupe ; qu’est-ce qui vous plait tant dans ces vieux slashers ?

Patrik : Tu veux te rappeler comment c’était à l’époque quand tout était un peu plus simple. Au-delà de l’hommage aux films de l’époque, c’est aussi un hommage au format, aux VHS, aux cassettes vidéo, et au fait de collectionner les films, d’aller à leur découverte. Parfois, la réputation du film était telle que quand tu mettais enfin la main dessus, bien souvent, c’était le troisième ou quatrième niveau de copie et l’image était très mauvaise, et ça renforçait le côté effrayant. Quand j’ai vu Massacre à la Tronçonneuse pour la première fois, je crois que c’était la cinquième copie, c’était en noir et blanc, et l’image sautait : ça renforçait la sensation de malaise que l’on ressentait en regardant le film. Plus tard, quand je l’ai vu en Blu-ray pour la première fois, je me suis dit : « Nan, ça ne va pas ». Je pense que nous voulions recréer cette sensation sur notre album. C’est ce qu’il renferme. Je ne sais pas, comme Lawrence l’a dit, beaucoup de ces films étaient… Tu aimes le visuel, et souvent la bande son était très bonne, mais les films en eux-mêmes étaient très, très mauvais. Quand tu les regardes maintenant, les massacres sont cools, mais c’est tellement long entre chacun, rien ne se passe. Les dialogues sont comme ceux de films pornos, « beurk » [petits rires]. Je me rappelle quand j’avais treize-quatorze ans, je regardais ce genre de films et ils étaient interdits. Tu les regardais avec tes amis pour tester et voir si tu arrivais à tenir à regarder tous ces massacres.

Comment est-ce que vous avez choisi les films auxquels vous alliez rendre hommage sur l’album ?

Lawrence : Ouais, comment t’as choisi Patrik ?

Patrik : Comment je les ai choisis ? C’était très dur, il y a tellement de films que nous aurions dû intégrer dans l’album… Je ne sais pas. Le plus important quand j’écrivais les paroles, c’était que j’essayais d’avoir des paroles un peu variées, parce que si nous n’avions que quatorze chansons avec des maniaques portant un masque et chassant une bande d’ados sexuellement excités, ça aurait été très ennuyeux. C’est la raison pour laquelle il y a L’Au-Delà et La Maison Près Du Cimetière, autre chose que des slashers. C’était mes préférés, et surtout ceux que je préfère maintenant, je regarde ces vieux films tout le temps. Je me rappelle certains d’entre eux totalement différemment, et quand je les regarde aujourd’hui, je me dis « ce film est en fait très bon ! » Certains, comme c’est le cas avec Cauchemars À Daytona Beach, j’avais le souvenir d’un film étrange, et je l’ai regardé récemment et j’ai bien aimé. C’est un film très glauque, très désagréable à regarder, mais j’aime bien. Et j’adore le titre [original du film] Nightmare In A Damaged Brain, c’est excellent.

Lawrence : Je ne pense pas que tu aies vraiment décidé « c’est ces films-là ». Patrik a commencé à écrire, il a d’ailleurs écrit sur plus de films que ceux que nous avons vraiment inclus dans l’album, et j’ai lu les paroles et elles me renvoient quelque chose. Pour certaines chansons, les paroles ont été écrites en premier, ou au moins une partie des paroles pour pouvoir sentir l’atmosphère qu’elles dégagent, et ensuite je me suis mis à composer une chanson basée sur ça. Donc ce n’était pas « Nous devons faire ces quatorze films là », c’était totalement aléatoire. Je suppose que tu voulais vraiment écrire sur certains des films, mais pour d’autres j’ai simplement choisi ce qui me paraissait bien.

Patrik : Oui, la musique correspondait au thème. Du coup, j’ai dû supprimer certains de mes préférés, certains des films que j’aurais vraiment, vraiment voulu inclure, mais nous n’avons pas trouver comment les insérer dans l’album. Peut-être qu’ils seront sur la partie 2. Je ne sais pas.

« Parfois nous sommes ‘à la mode’ et parfois nous ne le sommes pas. Heureusement pour nous, on dirait que c’est le cas en ce moment. Et puis dans six mois nous serons de nouveau à côté de la plaque… [rires] »

Certains de ces films sont obscurs, peu connus ; est-ce que c’était important pour vous de faire découvrir certains « bijoux » de l’époque à ceux qui écoutent votre musique ?

Oui, absolument. Il y a une chanson sur l’album qui s’appelle « Corpse Mania », c’est un film de Hong Kong. A vrai dire c’est un giallo, tu sais, le genre de film italien. Ça parle de nécrophilie et c’est un film très étrange, mais qui contient de très bonnes séquences, je pense que les gens devraient le regarder. Et je ne crois pas que beaucoup de monde sait que ce film existe, alors avec un peu de chance, nous allons pousser les gens à le découvrir.

Lawrence : Presque tout le monde connait Halloween et Vendredi 13, mais même moi je n’avais pas vu tous ces films et j’étais là : « Ouah, il faut que je regarde ça ! » Il y avait quelques films que je devais regarder parce que je ne les avais jamais vu avant. Même dans le groupe, il y a certains des films que nous n’avions pas vus. Patrik, lui, les a tous vu bien sûr [rires].

Comment est-ce que tu as abordé chacun de ces films pour l’écriture des paroles ?

Patrik : Très souvent, quand les chansons parlent de films, tu commences par regarder les « catch-phrases » et les citations pour voir si tu trouves quelque chose d’accrocheur. Comme je l’ai expliqué, si tu as un maniaque avec un gros couteau et une bande d’ados en rut, tu dois trouver des variantes à cette histoire. Par exemple, les paroles pour « Friday The 13th Part 2 » me sont venues à un moment ou j’en avais marre, je pensais : « C’est juste pas possible d’écrire une autre chanson là-dessus ». Donc, histoire d’avoir un peu d’inspiration, j’ai listé le nom des victimes et la façon dont elles meurent, et en les relisant je me suis dit : « Voilà, ça devrait être les paroles. » Purement et simplement. Parce que c’est ce qui est important dans le film : les victimes et comment elles meurent. Ça a fini comme ça. Et le refrain est une des punchlines. Je pense que je vais écrire les paroles comme ça à l’avenir, je prends les meurtres et les punchlines et hop, c’est fait [rires]. Ce n’est pas de la poésie, c’est très basique, mais nous pensons que c’est quelque chose d’important : il devrait aussi y avoir un peu d‘humour. Nous ne sommes pas un groupe de gore metal, nous voulons avoir quelques trucs marrants sur l’album. Et sur les albums précédents, quand nous avions des chansons qui parlaient de films mais qui n’étaient pas nommées d’après le titre de ces films, nous avions créé une sorte de petit jeu pour que les gens essayent de trouver de quels films il s’agissait. Je pense que les gens ont apprécié ça.

On dirait que vous avez opté pour un style encore plus old-school, crossover et très direct avec cet album. Et vous avez dit que vous aviez essayé de capturer l’atmosphère de cette époque. Du coup, avez-vous essayé de recréer musicalement l’ambiance du début des années 80 quand tous ces slashers sont sortis ?

Lawrence : A vrai dire, non, ce n’est pas le cas. Ça c’est bien goupillé au final, mais avant même de commencer avec ce thème de 1981 et de faire de chaque chanson un hommage à un film, avant même d’avoir pensé à ça, nous avions dit que nous voulions faire un album plus punk, avec des chansons plus courtes, plus directes, pas de remplissage, et si on a un super riff, ne pas se dire « j’adore ce riff, on va le mettre quatre fois dans la chanson » – nous ne voulions rien de tout ça, ça devrait être juste assez pour que les gens qui écoutent l’album ne s’ennuient pas. C’était ce que nous avions à l’esprit. Nous voulions une atmosphère un peu dangereuse, « live », avec beaucoup de rythmes de batterie façon D-beat, comme du vieux Discharge. Nous voulions ça, et une fois le concept défini, toutes les pièces du puzzle se sont assemblées. Avoir un son old-school n’était pas vraiment ce à quoi nous pensions, nous avons simplement dit que nous voulions faire un album plus intense cette fois-ci. Et heureusement, le tout rend très bien. Nous rendons hommage à une époque, mais nous n’essayons pas de copier le style des groupes de l’époque. On retrouve cette ambiance de toute façon tout simplement parce que nous sommes ce que nous sommes : tous ces groupes sont des influences pour nous et l’ont toujours été. Bref, voilà.

Plus qu’un hommage aux slasher sortis en 1981, cet album peut aussi être vu comme un hommage aux années 80 en général, comme l’artwork le suggère – les années 80 revenant à la vie. En ce moment, on constate une résurgence des années 80, que ce soit dans la musique ou à la télévision avec une série comme Stranger Things. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Pour moi, ça fait longtemps que nous le voyons venir. Nous avons toujours été des fous de VHS et nous avons toujours aimé les années 80, donc c’est un thème permanent dans l’histoire de F.K.Ü. Mais tu as raison : aujourd’hui, on commence à voir l’esthétique des années 80 ressurgir, comme dans Stranger Things et ce genre de choses, mais aussi la musique synthé des années 80, je crois que ça s’appelle la synthwave, il y a beaucoup de nouveaux artistes qui créent ce genre de musique VHS des années 80. C’est ce qui se passe en ce moment et notre but n‘était pas de prendre le train en marche, nous faisons ça depuis un moment. C’est juste qu’avec tous les albums que nous avons sortis, nous avons remarqué que nous avions un peu rendu hommage à ces films des années 80 ici et là, mais nous avons pensé que nous devrions nous concentrer sur ça à 100%, simplement parce que nous le voulions. Je suppose que c’est le bon moment parce que beaucoup de gens semblent aimer ça et aimer la pochette de l’album parce que ça fait rétro. Je pense que nous avons tapé dans le mille quand nous avons décidé de faire ça maintenant [rires].

Patrik : C’est plutôt le mouvement qui nous a suivis, parce que quand nous avons commencé, ce n’était pas cool du tout et pas à la mode de faire du thrash en se concentrant sur le thème que nous avons choisi. C’est ce que nous faisons et c’est marrant parce que parfois nous sommes « à la mode » et parfois non. Et puis tout va plus vite : quand la seconde vague de thrash metal est arrivée il y a quelques années, elle est arrivée et repartie aussi vite parce que tout le monde s’est mis à jouer du NWOBHM. Mais nous n’avons jamais eu l’intention de … Ce groupe a commencé avec nous faisant ce que nous aimons faire, et nous aimons le thrash metal et ce sera toujours comme ça. Et parfois nous sommes « à la mode » et parfois nous ne le sommes pas. Heureusement pour nous, on dirait que c’est le cas en ce moment. On verra. Et puis dans six mois nous serons de nouveau à côté de la plaque … [rires]

C’est drôle parce qu’on se moquait des années 80 il n’y a pas si longtemps que ça et maintenant tout le monde pense que c’est génial.

Je pense qu’il s’est passé la même chose avec les années 70 et 60. D’abord, c’est marrant, ils s’habillaient bizarrement et tout, et puis le temps passe… Il y a aussi les gens qui étaient enfants et qui ont grandi à cette époque ; maintenant qu’ils sont adultes, ils commencent à créer certaines choses… Tu sais, ce dont nous parlions tout à l’heure, tu veux te rappeler comment c’était avant, quand la vie était un peu plus simple parce que tu te rends compte que c’est putain de compliqué quand tu grandis [rires].

Lawrence : Pour nous, c’est notre enfance : nous avons tous grandi dans les années 80, donc c’est le reflet de notre amour pour cette période. Mais il y a aussi les gens qui grandissent maintenant et qui ont raté les années 80 mais qui les aiment aussi parce que c’est quelque chose dont ils n’ont pas fait partie. Donc il y a énormément de gens à fond dans l’ambiance années 80 en ce moment et je pense que c’est marrant.

« Tu veux te rappeler comment c’était avant, quand la vie était un peu plus simple parce que tu te rends compte que c’est putain de compliqué quand tu grandis [rires]. »

L’humour a toujours été une part importante de votre identité, que ce soit dans la musique ou dans l’imagerie, et vous semblez être encore très attachés aux choses que vous aimiez adolescents. Est-ce que ce groupe est en fait un moyen pour vous de redevenir adolescent et d’oublier l’âge adulte ?

Patrik : [Rires] Tout à fait. Des hommes adultes qui redeviennent gamins. Non, absolument. Le côté fun est la base. Nous avons formé le groupe parce que nous faisions tous partie d’autres groupes qui prenaient la musique très au sérieux, tu pensais que tu serais la prochaine star, et nous nous sommes dit que nous aimerions former un groupe secondaire et jouer de la musique pour le fun : boire de la bière et s’amuser. Et étonnamment, c’est ce groupe là qui a survécu à tous les autres. C’est l’importance de s’amuser. Ceci étant dit, nous avons toujours pris la musique très au sérieux. Nous voulons que ce soit drôle et qu’il y ait quelques trucs marrants dans les paroles mais en même temps, nous voulons vraiment écrire des chansons qui passent l’épreuve du temps en étant de très bonnes chansons.

Lawrence, ta façon de chanter dans F.K.Ü. est assez différente de ce qu’on a pu entendre venant de toi dans ton autre groupe, Darkane. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ta façon de chanter et ces différences ?

Lawrence : Je trouve ça drôle. J’adore chanter et j’ai toujours aimé essayer de trouver de nouvelles façons de le faire. Je faisais partie d’un autre groupe avant F.K.Ü. et je faisais plutôt du chant clean, et puis j’ai rejoint F.K.Ü. et je me suis dit : « Je dois essayer de chanter comme ces mecs des années 80 que j’adore. » Donc je me suis mis à essayer d’imiter certains de ces chanteurs comme Steve Souza, John Connelly et Bobby Blitz, juste pour m’amuser parce que je trouvais ça cool, je voulais que ma voix sonne comme ça et j’ai toujours essayé d’utiliser ma voix de différentes façons. Et quand j’ai rejoint Darkane, il a fallu que je trouve un style qui correspondait à la musique. Je ne me suis jamais considéré comme un chanteur qui fait « son » truc et qui chante d’une façon. Je pense que c’est parce que quelques années après avoir rejoint des groupes, j’ai commencé à faire des voix off pour des dessins animés, et tu dois faire beaucoup de voix différentes ; j’ai toujours adoré ça. C’est totalement naturel pour moi : si je chante avec Darkane, ce sera de cette façon, et si je chante avec F.K.Ü., ce sera de cette autre façon. Maintenant que j’y pense, je crois que c’est assez rare que des chanteurs ne chantent pas du tout de la même manière dans différents groupes. Je n’en ai aucun qui me vient à l’esprit là [petits rires]. C’est peut-être étrange pour certaines personnes, mais pour moi c’est totalement naturel. Je ne peux pas chanter comme un screamer moderne dans F.K.Ü., ça serait nul, ça ne collerait pas à la musique. Et c’est pareil avec Darkane, je ne peux pas arriver et crier [avec une voix thrashy] « Yeaaaaah, mosh ! », ce serait totalement débile.

Patrik : Tu devrais essayer ! [Rires]

Lawrence : C’est cool que tu aies remarqué. Certaines personnes m’ont déjà fait la remarque : « Ta voix sonne différent dans ces groupes. » Et je suis là : « Et c’est une bonne ou une mauvaise chose ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » [Rires] Je trouve ça marrant.

Tu as dit que tu doublais des voix dans des dessins animés ; c’est intéressant, ça veut dire que tu penses un peu comme un acteur. Est-ce que pour cet album tu as essayé de t’imprégner de l’état d’esprit des tueurs ?

[Rires] Les paroles m’indiquent comment chanter la chanson. J’adore chanter rythmiquement : quand Patrik écrit les paroles, je les lis et je m’assure que je prononce bien toutes les syllabes en rythme avec la batterie. C’est une chose. L’autre, c’est que j’ai besoin de jouer les mots, pas juste de les chanter avec une voix metal, j’essaye de mettre l’accent sur les choses importantes ou cools. Donc non, je n’essaye pas de me mettre à la place d’un tueur ou de quelqu’un qui se fait pourchasser par un tueur ou un truc du genre. Et ce n’est pas juste le cas pour F.K.Ü., je ne pense pas non plus de cette façon quand je chante avec Darkane. Ce sont les paroles qui me guident, qui me disent comment ma voix doit sonner sur cette chanson-là, je laisse les mots… Et c’est facile dans F.K.Ü., parce que comme tu l’as dit, j’ai un peu l’âme d’un acteur en moi, et surtout en concert, je ne fais pas que chanter, je joue aussi un peu la comédie. Je n’avais jamais vraiment pensé à ça non plus, ça me vient naturellement. Mais ouais, il y a un peu de personnification et les paroles m’aident.

L’album a été produit par le groupe, mais Lawrence, c’est toi qui t’es occupé du mixage et de la masterisation. Quelle approche avez-vous adoptée ? Je sais que vous vouliez enregistrer en live et avoir une énergie live pure sur l’album.

D’habitude, je m’occupe aussi de l’enregistrement, mais ça prend énormément de temps parce que t’es un peu fainéant et tu n’as pas la pression du temps et de l’argent. Donc cette fois, nous voulions tout enregistrer rapidement et essayer d’enregistrer le plus possible en live. Tout n’est pas à 100% du live, mais nous avons essayé de recréer cette énergie que tu as quand tout le monde est dans la même pièce, etc. Ça fait partie de la notion dont nous avons parlé au début, l’idée d’avoir un album qui soit très intense et un peu dangereux, mais également d’essayer de tout enregistrer ensemble en tant que groupe, d’être dans le studio en même temps le plus possible, tous ensemble. Nous avons essayé d’enregistrer rapidement pour avoir une certaine ambiance et pour éviter de trop travailler chaque petit détail. Le son est peut-être un peu discordant à certains moments, mais ces petites choses que tu aurais passé beaucoup de temps à améliorer apportent quelque chose en plus à l’énergie de l’album. Nous aimons beaucoup cet aspect, nous voulions que ça donne l’impression que nous étions allés en studio et que nous avions tout envoyé d’un coup. Je ne me suis pas occupé de l’enregistrement cette fois, ce qui était génial parce que j’ai pu me concentrer sur mon rôle de membre du groupe, mais pour ce qui est du mixage, j’adore faire ça. Ça a été très facile de mixer cet album parce que les chansons sont vraiment géniales. J’ai adoré le mixer, ça s’est fait rapidement parce que nous ne voulions pas trop le peaufiner, nous ne voulions pas que l’album soit tout lisse et moderne. Je pense qu’aujourd’hui beaucoup trop de groupes de thrash utilisent des techniques de production qui… Je ne sais pas comment le dire… Tout est parfait, et ce n’est pas du tout notre style. Nous voulions avoir un son un peu dangereux.

D’après le communiqué de presse, le but de l’album est de faire voyager ceux qui l’écoutent « à l’époque où tu allais louer des films au magasin de locations de cassettes avec tes amis et ou tu ne pouvais pas télécharger les films sur internet ». Est-ce que cette relation plus tangible qu’on avait avec la musique à l’époque vous manque ?

Patrik : C’est vrai que j’aime l’époque des cassettes et des vinyles. Mais il est impossible d’échapper à tout ce qui est sur internet et tous les blu-rays spéciaux qui sortent avec des bonus si tu es vraiment un fan de film comme je le suis, et que tu aimes beaucoup toutes les interviews et scènes coupées que tu n’as jamais vu avant. Je ne peux pas dire que je ne jure que par les VHS, mais j’ai un lecteur cassette et je regarde des vieux films une fois de temps en temps, quelques fois dans le mois, juste pour me mettre dans l’ambiance. Comme je l’ai dit, c’est mieux de regarder certains films en VHS, comme Massacre À La Tronçonneuse par exemple, mais tu as ce large panel de très, très bons films à ta disposition, des films sur lesquels tu n’aurais jamais pu mettre la main auparavant ; c’était impossible de les avoir mais maintenant tu les as. C’est comme quand tu étais enfant et que tu étais impatient, cette sensation d’attendre quelque chose manque parfois. C’est la même chose avec les vinyles, les LP, tout peut se trouver facilement maintenant… Je n’ai aucune idée de ce que je suis en train de raconter [rires]. J’aime les deux : les vieilles VHS et les trucs nouveaux. C’est le meilleur des deux mondes.

« Nous avons formé le groupe parce que nous faisions tous partie d’autres groupes qui prenaient la musique très au sérieux, tu pensais que tu serais la prochaine star, et nous nous sommes dit que nous aimerions former un groupe secondaire et jouer de la musique pour le fun : boire de la bière et s’amuser. Et étonnamment, c’est ce groupe là qui a survécu à tous les autres. »

Lawrence : Je pense que parce que ça se passe comme ça maintenant, tu es assis dans ton canapé, tu mets Netflix et tu fais défiler une liste d’options infinies, tous ces films, des milliers de films, tu peux regarder ce que tu veux. Je suppose que nous voulons aussi rappeler aux gens qu’à l’époque, il fallait se rendre dans un magasin et choisir les films que tu voulais voir. Tu ne pouvais même pas regarder de bande-annonce, juste « ok, je vais prendre ces trois-là et on les regardera. Celui-là était pourri, celui-là était sympa. L’image est de mauvaise qualité, il faut que j’ajuste la bande pour que ce soit mieux ». Regarder un film, en louer un demandait beaucoup d’effort.

Patrik : Oui, c’était un acte social.

Lawrence : Oui, exactement. Et c’était pareil quand tu cherchais un album. Fouiller les bacs, « cet LP a l’air cool, je ne sais pas s’il est bien mais la pochette est super et les mecs ont les cheveux longs, on verra bien ». Tu n’avais pas tout à portée de main comme c’est le cas maintenant. Nous voulons rappeler aux gens que c’était comme ça avant, et je pense que beaucoup de jeunes trouvent que c’est cool parce qu’on en voit beaucoup acheter des vinyles ou des vieux films. Ça a une certaine valeur pour eux. Je suppose que si tu devais faire du vélo dans la neige juste parce que tu voulais voir un film, tu appréciais ce film beaucoup plus parce que ça t’avait demandé beaucoup d’efforts [petits rires].

Vous avez un nouveau batteur, Unspeakable Emp (Emil Berglin). On dirait que le poste de batteur a été plutôt instable, d’autant que c’est le seul poste qui ait vraiment changé dans le groupe au fil des années. Comment est-ce que vous l’expliquez ?

Nous sommes la version thrash de Spinal Tap [rires]. La place de batteur change tout le temps. Je vais essayer d’expliquer : notre premier batteur ne voulait tout simplement plus jouer de la batterie, il voulait créer des jeux vidéo et s’intéressait aux armes et ce genre de choses ; il ne voulait plus être batteur. Avec notre deuxième batteur, les choses se passaient bien, il est longtemps resté avec nous, mais au final c’était comme n’importe quelle relation : une distance finit par s’installer et nous avons décidé de prendre des chemins différents. Ce n’était pas notre choix, nous avons juste eu beaucoup de malchance avec les batteurs [petits rires]. Ils ont fait leur temps, et puis ils sont passés à autre chose. Je ne peux pas prédire l’avenir, mais je pense qu’il sera génial avec le lineup actuel qui devrait durer très longtemps, j’espère jusqu’à ce que le groupe décide d’arrêter. Car la sensation que nous avons est que Emil, ou Unspeakable Emp comme on l’appelle, est parfait pour le groupe et il est tellement dévoué, il comprend vraiment l’idée du groupe, et il est à fond dans le concept visuel ; je veux dire, c’est un grand fan de Kiss comme Patrik l’est et comme nous le sommes tous d’ailleurs.

Patrik : C’est le plus important [rires].

Lawrence : Ouais, et ce n’est pas forcément Kiss. Pour moi, c’est Iron Maiden, et je sais que Pete [Stooaahl, Peter Lans], notre guitariste, aime beaucoup Venom. Tu dois avoir une image, tout doit être réfléchi, il ne s’agit pas juste de monter sur scène habillé normalement et de jouer du metal merdique. Il est réellement dévoué à ça. Quand nous écrivions cet album, je lui ai demandé : « Est-ce que tu as des chansons ? Parce que si tu as quelque chose, tu peux totalement écrire pour ce groupe. Tu n’as pas à payer ton droit d’entrer dans le groupe parce que t’es le nouveau. Si t’as quelque chose, montre-le-nous. » Et il a répondu « Ouais, je crois que j’ai quelques riffs. » Et il a écrit quatre chansons sur l’album et nous ne pourrions pas être plus heureux parce que les chansons correspondent totalement à F.K.Ü. Je peux dire que nous avons enfin trouvé le vrai quatrième membre du groupe maintenant [petits rires].

Patrik : Nous avons l’impression qu’il est avec nous depuis déjà longtemps.

Lawrence : Oui, exactement.

Cette année marque le trentième anniversaire du groupe ou le vingtième en fonction de quand on considère que le groupe a commencé. Le groupe a été créé en 1987 mais a rapidement fait un hiatus et s’est reformé en 1997. Quelle était la raison de cette coupure de dix ans ?

Patrik : Comme je te l’ai dit plus tôt, nous avons commencé le groupe pour s’amuser en parallèle de nos autres groupes plus sérieux, et je pense que ce qu’il s’est passé, c’est que nous prenions nos autres groupes tellement au sérieux que nous n’avions pas de temps à consacrer à F.K.Ü., nous avions fait, je ne sais pas, dix répétitions ou quelque chose comme ça. Nous étions concentrés sur nos « vrais » groupes, mais nous nous parlions encore lors de soirées : « On devrait remonter F.K.Ü. ! » Et je crois que c’était en 1995 ou 1996, je tenais un magasin de disques à l’époque et un jour, Lawrence est entré dans le magasin et nous avons commencé à parler et je me suis rendu compte que ce mec… La première version de F.K.Ü. n’a pas fonctionné parce que notre chanteur avait l’air super cool mais il était nul au chant. C’était un désastre. C’était marrant mais c’est tout. Donc Lawrence et moi avons commencé à parler, et nous nous sommes rendu compte que nous avions beaucoup en commun et qu’il aimait beaucoup de choses que je trouvais cool. Je ne me rappelle pas exactement comment nous en sommes arrivés à lui demander de faire un essai pour F.K.Ü., mais ça s’est passé comme ça.

Lawrence : Je crois que j’étais plus proche du premier batteur, Theo [Savidis], nous traînions souvent ensemble, et lui et Pete jouaient ensemble dans un groupe appelé Lost Souls et Pat a aussi joué dans ce groupe pendant un temps, et il m’a dit : « Tu sais quoi ? Pete, Pat et moi avons un groupe qui s’appelle F.K.Ü. mais nous n’avons pas joué depuis un moment parce que le chanteur était nul et tout. » Et il a dit : « On voulait savoir si tu voulais faire un essai et chanter avec nous ? Parce qu’on veut vraiment recommencer à jouer. Nos autres groupes deviennent tellement sérieux, on a besoin de s’amuser un peu. » Et moi j’étais là : « Euh, ça à l’air intéressant. » Donc je suppose que ces dix ans… Techniquement, le groupe a été formé en 1987 parce que c’est à ce moment que les mecs se sont regroupés et ont commencé à répéter, qu’ils ont trouvé le nom Freddy Krueger’s Underwear, que Patrik a dessiné le premier logo pour le groupe et tout le thème du groupe. Après, je suppose que c’est assez rare de ne presque rien faire pendant les dix premières années [rires]. Mais techniquement, oui, 1987. Mais nous sommes actifs depuis 1997.

« Je ne me suis jamais considéré comme un chanteur qui fait ‘son’ truc et qui chante d’une façon. Je pense que c’est parce que quelques années après avoir rejoint des groupes, j’ai commencé à faire des voix off pour des dessins animés, et tu dois faire beaucoup de voix différentes. »

Comment est-ce que vous avez trouvé ce nom, Freddy Krueger’s Underwear, en 1987 ?

Patrik : A part les films d’horreur, notre plus grosse influence était les groupes crossover comme Crumbsuckers, Ludichrist et Carnivore. Et notre influence la plus grande de toute était S.O.D. Donc nous voulions avoir trois syllabes, quelque chose comme S.O.D. ou D.R.I., mais nous voulions que ce soit sur le thème de l’horreur, donc nous avons réfléchi « F.K., F.K., Freddy Krueger… » Nous étions fans du premier Les Griffes De La Nuit à cette époque, donc nous voulions avoir Freddy Krueger dans le nom du groupe, et ça collait parce que S.O.D. avait une chanson appelée « Freddy Krueger » sur Speak English Or Die. Donc nous avons réfléchi : « Freddy Krueger, ok, mais il faut ajouter autre chose. » Et nous voulions utiliser le umlaut donc nous avons essayé plusieurs lettres et le U fonctionnait bien. Donc nous devions trouver quelque chose avec le U, « Undercover, Under … Underwear ! » Au début c’était Underpants (« slip » en anglais, NdT), mais c’est débile. Donc, Underwear (« sous-vêtement » en anglais, NdT). Ça a l’air vraiment très stupide, nous avions un peu bu : « Ouais, c’est super, ça va être génial ! » Et c’est comme ça que ça s’est fait. Ce n’est pas du tout sérieux. Et plus tard, je pense que la première fois que nous avons réalisé ça, c’était quand nous étions en tournée et que des gens nous ont dit : « Ouais, c’est un super nom de groupe, Freddy Krueger’s Underwear, ça fait aussi Fuck You ! » Et je me suis dit : « Ouais, génial ! » Nous n’avions jamais pensé à ça. Du coup ça collait encore plus. Voilà d’où ça vient [rires].

Comme je l’ai dit plus tôt, vous respectiez une sorte de tradition avec les thèmes autour des pogos (« mosh » en anglais, NdT) jusqu’à 1981. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Lawrence : « Moshing », qu’est-ce que ça représente ? Pour nous, ça fait partie d’une chose plus globale ; tous ces groupes des années 80 parlaient des pogos et c’était important dans la scène hardcore. S.O.D. hurlait « mosh ! », il y avait « Milano Mosh » et toutes ces choses. C’est simplement devenu notre truc, « mosh ! » Nous avons utilisé ce mot à n’en plus pouvoir, nous l’avons utilisé dans quasiment toutes nos chansons. Et nous ne voulons pas abandonner ça, nous voulons garder ce mot vivant comme il l’était à la fin des années 70 et 80. Je ne sais pas ce que les gens font aujourd’hui, je suppose qu’ils sont super violents, qu’ils se battent dans la fosse, mais ce n’est pas ce que « pogoter » représente pour nous. Tu dois prendre soin des autres quand tu es dans la fosse. C’est censé être un peu violent, mais c’est aussi censé être marrant. Exodus a dit : « Good friendly violent fun ». Voilà ce que ça veut dire, comment nous voyons ce concept. C’était amusant parce que nous venions de rentrer de Tokyo, au Japon, ou nous avons joué et d’autres groupes y jouaient aussi, nous étions parmi le public à les regarder et personne ne pogotait. Quand nous sommes montés sur scène et que nous avons commencé à jouer, le public a formé un moshpit au milieu de la fosse et nous pensions : « Yes ! » ; nous voulons voir ça à chaque concert. Tu peux être tout devant ou au fond de la fosse, pas de problème, tu peux faire ce que tu veux, mais nous voulons voir un cercle de gens en mouvement au milieu de la foule.

Patrik : Une tornade.

Lawrence : Ouais, une tornade faite de chair et d’os ! [Rires]

Pour un groupe old-school, vous avez toujours pris un peu de temps entre chaque album. Comment vous expliquez ces délais ?

La vie. Je ne sais pas. Le truc, c’est que nous nous sommes posé cette question quand nous avons sorti notre dernier album, et c’est à ce moment que nous avons décidé que la prochaine fois ça ne nous prendrait pas quatre ans. Nous avons décidé que ça ne nous prendrait que deux ans, et puis la vie nous a rattrapés. Notre guitariste Pete a dû subir une opération sérieuse des yeux, il n’a pas joué de guitare pendant un an. Et toutes ces choses, toutes ces petites choses qui se sont passées, nous nous sommes séparés de notre batteur, un nouveau est arrivé et ça n’a pas fonctionné, et puis nous avons trouvé Emil… Toutes ces choses se passent, tu n’as aucun contrôle sur elles, et c’est ce qu’il s’est aussi produit cette fois. Mais comme je vois les choses aujourd’hui, c’est impossible que ça nous prenne encore quatre ans à sortir le prochain album. D’ailleurs j’étais très surpris parce que cinq minutes avant cette interview, j’ai vu que notre batteur Emil avait déposé une nouvelle chanson dans notre dropbox pour l’album numéro six.

Patrik : Pour laquelle je suis en ce moment-même en train d’écrire des paroles !

Lawrence : Donc ouais, nous sommes déjà en train de travailler sur le sixième album. Je prédis qu’il sortira dans deux ans, et tu peux prendre ça pour argent comptant cette fois.

Ma dernière question est pour toi Lawrence : est-ce que tu peux nous donner des nouvelles de Darkane ? Le dernier album, The Sinister Supremacy, a déjà quatre ans…

[rires] Je n’ai pas autant de pouvoir sur ce groupe que je peux en avoir sur F.K.Ü. Ils vivent dans une région différente du pays et je dois en quelque sorte attendre qu’ils soient prêts et qu’ils fassent ce qu’ils ont à faire. Mais actuellement, le statut du groupe c’est que nous avons plein de démos, plein de chansons, presque un album complet en termes de chansons. Je pense qu’il en faut quelques-unes de plus et ensuite nous commencerons à planifier la confection du nouvel album. Mais ça se rapproche énormément. Ce serait sympa de pouvoir enregistrer quelque chose l’année prochaine, mais j’ai appris à ne rien dire ou à ne rien espérer parce que comme je l’ai dit aux autres gars : « Faites-moi savoir quand vous êtes prêts et on fera quelque chose. » Mais ça doit venir d’eux. Je ne suis pas un des compositeurs principaux et je n’ai pas un rôle moteur dans ce groupe comme c’est le cas dans F.K.Ü., ce sont c’est ces mecs là-bas qui gèrent ça. Quelque chose va bientôt se passer, je sais qu’il y a beaucoup de chansons de prêtes. Attendons et nous verrons. Ça m’intéresse autant que toi [rires].

Tu n’as rien entendu pour l’instant ?

Oh si, j’ai entendu certaines chansons et elles sont vraiment super, c’est du Darkane classique, mais je n’ai pas encore commencé à écrire des paroles ou quoi que ce soit parce qu’il faut que nous planifiions quand enregistrer et tout ces trucs. J’ai besoin d’avoir un plan avant de me mettre à travailler parce que j’ai énormément d’autres choses à faire et F.K.Ü. me prend presque tout mon temps en ce moment et le temps de tout le monde dans le groupe parce que nous sommes à fond là-dessus en ce moment. J’aime me concentrer sur une période courte et faire beaucoup de choses pendant cette courte période. Si je commençais à écrire des paroles pour Darkane maintenant, je vais m’ennuyer d’ici à ce que nous commencions l’enregistrement. C’est mieux d’attendre que nous ayons un planning et là je me mettrai au travail.

Interview réalisée par téléphone le 8 novembre 2017 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Lison Carlier.

Site officiel de F.K.Ü. : www.moshoholics.com.

Acheter l’album 1981.



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