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Nouvelles Du Front   

Faith No More : à boire et à manger ?


Ces dernières années ont été marquées par la reformation de pas mal de groupes de manière plus ou moins probante. A priori, cette mode, que l’on pouvait penser passagère au démarrage, ne semble pas s’arrêter. Difficile de dire si c’est une bonne ou mauvaise chose tellement il y a à boire et à manger dans les réelles motivations des protagonistes concernés. Malgré tout, certaines de ces réunions nous ont interpellés et font vraiment plaisir.

Au niveau des bonnes et heureuses surprises, on se souvient du cas Faith No More, revenu en trombe l’année dernière. Et quel ne fut pas notre enchantement de découvrir que les Français auraient le droit d’assister à cet événement à domicile, le groupe ayant fait une performance remarquée et dûment applaudie au festival Rock en Seine 2009. La performance avait été largement à la hauteur de nos espérances. On en aurait presque oublié les 11 ans de séparation tellement ils n’avaient rien perdu de leur splendeur.

Pour le plaisir des yeux, des oreilles et aussi du bon rire :

Oui, quel ne fut pas notre plaisir de revoir ce groupe intemporel faire son come-back, surtout de manière si réussie. Faith No More fait partie d’une catégorie à part de groupes ayant une identité propre et indomptable. Souvent copié, jamais égalé. Et les conséquences sont ce qu’elles sont. Beaucoup de nouveaux groupes applaudissent et revendiquent Faith No More dans leurs influences. Mais tous ces jeunes loups pourront faire ce qu’ils veulent dans la veine de ce que le groupe a institué, la bande à Patton aura toujours une place particulière dans nos c?urs et tout le reste nous semblera toujours plus amer, quelle que soit la qualité du produit. D’ailleurs, beaucoup de ces groupes n’osent pas essayer de copier vulgairement Faith No More, et ne font que s’en inspirer. Il n’y a pas à dire, le groupe impose le respect et a obtenu avec les années un statut de groupe intouchable. Qu’est-ce qui expliquerait un tel engouement? Difficile de répondre à cette question, étant donné la diversité des réponses possibles.

Tout d’abord, un style musical teinté d’influences diverses très difficiles à apprivoiser pour un esprit étroit. En effet, il y très peu de barrières dans leur répertoire et cette inaccessibilité apparente renforce la satisfaction d’avoir maîtrisé tous les éléments plus ou moins décalés mais intelligemment assemblés entre eux. Et pour cela, une seule écoute est impossible. Nos oreilles sont mises à rude épreuve au démarrage mais quelle récompense au bout du compte ! Puis il y a ce frontman d’exception. En plus de dégager un charisme incroyable dans ses lives, ses capacités vocales sont purement incroyables. On pourrait presque se demander s’il est humainement possible d’avoir une telle variété de timbres et de passer d’un registre à l’autre avec une telle aisance. Mais le bougre le fait, et ce n’est pas pour nous déplaire, loin s’en faut. En dernier lieu, on peut également honorer le fait que, malgré leur musique si particulière ne pouvant provoquer que l’adoration ou le rejet total chez l’auditeur, Faith No More a réussi à faire diffuser ses ?uvres à grande échelle et a bien vendu. Leur Angel Dust (1992), souvent considéré comme leur meilleur album, s’est tout de même retrouvé en 4ème des classements français. A l’époque, alors que la popularité du hard rock descendait en flèche, laissant place au grunge et à un rock des plus mélodiques, on ne peut qu’applaudir la performance. Arrêtons nous là avec les tentatives d’explications, il y en a beaucoup.

Se pencher sur le cas Faith No More aujourd’hui n’est pas un fruit du hasard. En effet, le grand Mike Patton, que l’on ne présente plus, a décidé de revenir un peu sur ce come-back. A priori, le monsieur a encore du temps pour répondre à des interviews, malgré le fait qu’il ait à gérer FNM, Mr Bungle, Fantômas et son label Ipecac. Nul doute que le groupe californien ne fera jamais rien comme tout le monde. Son explication du pourquoi un tel engouement du public pour les reformations en général? « Il y a quelque chose dans notre culture qui fétichise le passé et il ne fait aucun doute que nous avons plus d’attentions du public aujourd’hui que nous en avons jamais eu auparavant. Ca peut sembler bizarre mais c’est révélateur du fonctionnement des gens et de notre société. Ils veulent entendre des choses qui les font rêver et se rappeler certains moments et lieux de leur vie ». Donc, en résumé, la nostalgie du public serait responsable…



Cela paraît totalement logique, c’est vrai, mais que fait-il des plus jeunes qui découvrent la musique du groupe dans le cadre de cette reformation? Eh oui, c’est possible, nul doute que beaucoup d’individus au Rock en Seine l’année dernière ont assisté au concert sans vraiment connaître le nom ou la musique de Faith No More. Patton nous aiguille aussi sur le fait que les raisons financières n’étaient pas la principale motivation de cette réunion: « Certaines offres étaient vraiment ridicules. Il est très facile pour nous de refuser des propositions d’offres. Mais nous nous sommes toujours sentis fiers de notre musique et avons concocté une nouvelle recette avec de vieux ingrédients, c’est pour cela que nous le sentons bien ». On ne peut pas douter de lui sur sur ce point, le frontman ayant toujours été intègre dans tout ce qu’il a entrepris. On peut néanmoins sentir une légère animosité envers la mode des « reunion tour », comme une sorte d’attaque implicite envers certains combos ayant succombé à cette mouvance par simple appât du gain. Au sujet du futur de la bande, on n’en sait toujours pas plus, si ce n’est que « musicalement, durant ce retour, nous avons joué ensemble et réalisé que notre musique fonctionne toujours et que l’on s’y sent encore à l’aise ». Cela fait toujours plaisir à entendre et ça ravive tous nos espoirs de voir une nouvelle galette estampillée Faith No More dans les bacs un jour ou l’autre.



D’ailleurs, sachez que le combo américain remet le couvert cette année au niveau prestation live et passe par l’Europe. Malheureusement, la France est cette fois-ci « snobée », mais si vous êtes des accros du groupe, vous pouvez toujours vous rabattre sur la Belgique ou l’Espagne.
Et pour les « Patton Addicts », l’homme sort un nouveau projet intitulé Mondo Carne, proposant des réinterprétations de grandes chansons de variété et pop italienne. Pour l’occasion, Patton est accompagné d’un orchestre de 40 musiciens. Ca vaut le coup de jeter une oreille, donc. En attendant, en tant que grands fans de Faith No More, nous surveillons avidement leur cas, comptez sur nous pour vous tenir au courant !

Sources :
www.fnm.com[/urlb] – www.braveworlds.comwww.noisecreep.com[/urlb]



Laisser un commentaire

  • Atteinte moi aussi de pattonite aiguë, je reste malgré tout très nostalgique de l’époque « The real thing » et « Angel dust » pour ce qui est de FNM… Certe « Album of the year » est très bien aussi, mais il y manque beaucoup de la gniaque qu’on pouvait encore trouver dans certains morceaux « King for a day… »
    Moi je dis ça, je dis rien, hein ^^

    [Reply]

  • Fucktoy / RM dit :

    Cool cet article! Mais…

    Mondo CaRne?

    Je pense certes que Mike Patton aime la viande italienne, en témoignent ses sept ans passés avec Titi Zuccatosta (dont les wikipèdes oublient trop souvent, non sans un zéphyr de négligence, la contribution à l’artwork du premier fantômas, Amenaza Al Mundo). Mais j’ose croire que l’homme à la main anesthésiée préfère le Mondo, donc ce sera Mondo Cane! 🙂

    Aaaah ces « Patton addicts » (ou « victimes de la pattonite aigüe), qu’ils sont chiants… ils feraient limite remarquer que Patton n’a plus à gérer Bungle puisque le groupe s’est séparé en décembre 2004…

    Et euh… Patton intègre? Mouarf! Je souffre certes de pattonite aigüe, mais ça me laisse encore un (léger) sens critique. Dans ce seul article, il y a déjà deux motifs de dire « F For fake »:

    «  »Patton nous aiguille aussi sur le fait que les raisons financières n’étaient pas la principale motivation de cette réunion: « Certaines offres étaient vraiment ridicules. Il est très facile pour nous de refuser des propositions d’offres. Mais nous nous sommes toujours sentis fiers de notre musique et avons concocté une nouvelle recette avec de vieux ingrédients, c’est pour cela que nous le sentons bien ». » »

    Jadis, Patton ironisait que la seule raison qui le pousserait à reformer FNM serait… deux mallettes pleines de fric. Et puis, l’une des raisons invoquées concernant la séparation du groupe en 1997 fut justement le fait qu’ils commençaient à faire de la musique de merde (j’ose le dire, même si j’adore Album Of The Year et Ashes To Ashes, et Helpless, et Paths Of Glory et… eh m**de, je suis vraiment atteint).

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