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Interview   

Fates Warning sous un nouveau jour


C’est au réveil (comme il nous l’a avoué), à 9h du matin (chez lui à Los Angeles), que Ray Alder, chanteur de Fates Warning, a pris le téléphone pour nous joindre. Sans doute pas encore totalement émergé, il ne se prend pas moins volontiers au jeu du question-réponse avec franchise et un certain flegme. Et des sujets à aborder, il y en a ! Neuf ans que Fates Warning n’avait pas sorti d’album avant que Darkness In A Different Light ne voit le jour cette année. Il fallait bien une explication à cela, et Alder n’a pas hésité à « faire amende honorable », comme il le dit lui-même, et reconnaître l’erreur commise par les membres du groupe en se dispersant dans divers projets parallèles. On ne les y reprendra plus, insiste-t-il, en prenant la mesure de ce que représente Fates Warning pour eux : « C’est notre carrière, c’est notre vie. Nous avons fait ça pendant vingt-cinq ans et nous devrions pas nous en ficher. »

Et en neuf ans beaucoup choses ont pu changer, ce qui fait autant de sujets à explorer avec le chanteur. Que ce soit le retour du guitariste Frank Aresti, l’intégration de Bobby Jarzombeck à batterie pour définitivement remplacer Mark Zonder, leur départ de chez Metal Blade – le label chez qui ils étaient depuis leurs débuts – pour rejoindre Inside Out, etc. Même l’album en lui-même représente un parti pris dans le cap, celui de « revenir à leur racines » et « être à nouveau un groupe de rock ».

C’est donc un Ray Alder lucide – sur leurs erreurs, leurs difficultés et même la réalité d’être un musicien qui a besoin de payer ses factures – a qui nous avons parlé. Mais aussi un Ray Alder qui, définitivement, vise le futur avec Fates Warning.

« Avant même de nous en rendre compte ça devient ce spectacle merdique où nous faisions d’autres trucs plutôt que de faire avancer notre groupe. C’était vraiment ridicule. »

Radio Metal : Darkness In A different Light est arrivé neuf ans après le précédent album de Fates Warning. C’est très long. Pourquoi cela a pris autant de temps ?

Ray Alder (chanteur) : Je crois que c’était la combinaisons de tous nos projets parallèles sur lesquelles nous avons travaillé. Ça nous a éloigné, pour ainsi dire. Lorsqu’une personne faisait quelque chose, les autres qui étaient disponibles commençaient à travailler sur autre chose. C’en est simplement arrivé au point où c’est devenu ridicule. Grosso modo c’est ça. Et puis, tu sais, il y avait quelques chansons sur l’album de Arch/Matheos qui étaient à l’origine prévues pour être des chansons de Fates Warning. J’ai travaillé sur celles-ci il y a un moment. Et c’était simplement quelque chose pour lequel je n’avais pas le cœur et je n’arrivais pas à m’associer avec cette musique. Jim (Matheos) et moi avons eu une longue conversation et il m’a demandé si ça me posait un problème s’il faisait autre chose avec la musique sur laquelle nous étions en train de travailler et s’il pouvait le faire avec John (Arch). J’ai dit : « Non, fais ce que tu as à faire et nous ferons le prochain ensemble. » C’était donc une poignée de trucs stupides. Ce n’était pas que nous nous étions séparés. Beaucoup de gens disaient que nous avions splitté, mais ça n’a jamais été le cas. C’était les projets parallèles, et ils nous ont éloignés. Maintenant, je pense que nous avons appris la leçon.

Dans le communiqué de presse, il est mentionné qu’il y avait un accord tacite au sein du groupe comme quoi vous aviez besoin d’une pause. Pourquoi le groupe aurait-il eu besoin de faire une pause ?

Pour que nous puissions vivre le train vie ostentatoire que nous menons ! (Rires) Non, je veux dire, évidemment, nous avons besoin de payer nos factures et faire de l’argent, et être un musicien est une manière de le faire, tu sais. Je suppose que c’est, en gros, la raison principale : faire de l’argent.

OK, mais ne pouviez-vous pas faire un autre album de Fates Warning pour faire de l’argent, en fait ?

Tout à fait, c’est ce que je disais ! Une fois que quelqu’un faisait quelque chose, un autre se mettait à dire « OK, si tu fais ça, alors je ferais ça ! » Et ils ne faisaient que se marcher dessus, et avant même de nous en rendre compte ça devient ce spectacle merdique où nous faisions d’autres trucs plutôt que de faire avancer notre groupe. C’était vraiment ridicule. Je me rends compte à quel point c’est ridicule. Mais on ne peut pas revenir en arrière maintenant. Ça fait neuf ans et maintenant j’essaie seulement de faire amende honorable, tu sais.

Est-ce pour cela que tu as ton autre groupe Redemption, pour assouvir ta soif de musique progressive ? Car autrement les deux groupes ne sont pas vraiment complémentaires…

Je suppose qu’on pourrait dire ça, mais je ne sais pas si ce serait la vérité. Le truc avec Redemption, c’est que le guitariste Nick (Nicolas van Dyk) est un de mes meilleurs amis au monde. Ils recherchaient un autre chanteur et à l’époque je ne faisais rien, donc j’ai dit : « OK, je chanterai avec vous les mecs et nous verrons après ça. » Et on dirait qu’à chaque fois que Nick voulait faire un autre album, Fates Warning ne faisait rien, Jim faisait quelque chose de son côté ou peu importe, donc je disais simplement : « OK, faisons un autre album. » Encore une fois, c’est un moyen pour arriver à mes fins, c’est un job, c’est un moyen de faire de l’argent, en gros.

Quel était l’état d’esprit du groupe au moment de faire ce nouvel album de Fates Warning ?

Beaucoup de confusion, je dirais. (Rires) C’était beaucoup de travail. Jim et moi avons travaillé très dur sur cette chose. Lorsque nous avons commencé à travailler dessus, il y a à peu près deux ans, je me souviens d’être en Europe et de jouer « One Thousand Fires » aux autres gars dans le groupe qui n’avaient encore rien entendu, en 2011 ou 2010. L’état d’esprit était de faire quelque chose qui allait nous impressionner, je dirais. Ça a mis longtemps pour que nous statuions sur la direction que nous voulions prendre. Une fois que nous avions fait « One Thousand Fires », « Firefly » était la chanson suivante, et après avoir fait « Firefly » nous avons plus ou moins déterminé où nous voulions aller avec la musique : des chansons plus courtes, plus accrocheuses et des trucs comme ça.

« L’état d’esprit était de faire quelque chose qui allait nous impressionner. »

Ressentiez-vous de la pression, en vous disant : « ça fait neuf ans depuis notre dernier album, alors ça a intérêt à être bon » ?

Eh bien, ouais, c’était clairement dans nos esprits. Nous ne savions pas ce que les gens allaient penser à propos de quoi que ce soit que nous allions faire. En fait, c’est plus le cas maintenant, Nicolas. L’album est sorti, donc nous nous demandons ce que les gens peuvent bien en penser. A l’époque, en fait, nous voulions juste écrire les meilleures chansons possible, des chansons accrocheuses, tu sais.

Cet album est très centré sur la guitare, avec aucun clavier ou sample. Est-ce en réaction aux albums d’OSI que Jim fait et qui reposent beaucoup sur les claviers et les samples ?

C’est une volonté consciente. Jim et moi avons parlé de ça auparavant et nous sommes mis d’accord sur le fait que nous ne voulions aucun clavier sur cet album, de manière, en quelque sorte, à revenir à nos racines. En gros, nous sommes un groupe de rock. Nous avons commencé à nous dire que même sur No Exit il n’y avait que deux guitares, une basse et une batterie. Nous voulions donc revenir à ces racines, je ne dirais pas nécessairement pour être un groupe plus heavy, mais je ne pense pas qu’il y ait un quelconque besoin de clavier dans ce que nous faisons. Si tu écoutes l’album aujourd’hui, il y a beaucoup de guitares acoustiques en dessous [des parties principales], et beaucoup de textures différentes, différentes couleurs que nous avons ajoutées, il n’y a pas besoin de clavier. Mais ouais, nous avons consciemment voulu être à nouveau un groupe de rock, ce que nous étions à l’origine. Je pense que ça a valu le coup, je trouve que c’est super. Je n’ai pas besoin de clavier ! (Rires)

Apparemment, cet album a été composé par Jim et toi en duo. Comment travaillez-vous ensemble ?

Eh bien, je suis sur la côte est, il est sur la côte ouest. Je vis à L.A., il vit dans le New Hampshire. Nous avons donc tous les deux du matériel d’enregistrement chez nous. Jim écrit la musique – pour être bien clair avec ça, Jim écrit tout – et il m’envoie ça. Ensuite j’écris les mélodies et lui renvoie ça, et nous allons et venons ainsi. Une fois que nous estimons que c’est terminé, nous envoyons ça à Joey (Vera), notre bassiste, et Bobby (Jarzombeck), notre batteur, et la démo commence ici. Ce n’était pas un processus facile. Évidemment, si Jim n’aime pas quelque chose, il me le dira. Et si Jim m’envoie quelque chose que je n’aime pas vraiment, je lui dis. Mais ouais, c’est principalement Jim et moi, et ensuite nous donnons ça aux autres lorsque nous pensons que c’est terminé.

Mais le fait de travailler loin l’un de l’autre n’enlève-t-il pas la spontanéité de la composition ?

Eh bien, je dirais que c’est bien plus rapide qu’avant. (Rires) A l’époque, je me souviens pour Perfect Symmetry, nous nous renvoyions des cassettes ! Littéralement, des cassettes par la poste ! C’est ce que nous faisions… Oh, mon dieu, je suis si vieux ! Je me sens comme un vieillard… Mais désormais, je travaille sur quelque chose, je le charge sur mon ordinateur, le lui envoie et il le reçoit dans les cinq minutes. C’est donc grosso modo comme si nous étions dans la même pièce. Il y a quelques fois où nous parlions en utilisant Skype. Bon, c’est difficile de ne pas être ensemble, mais, d’une certaine façon, c’est surement mieux.

« Nous voulions donc revenir à ces racines, je ne dirais pas nécessairement pour être un groupe plus heavy, mais je ne pense pas qu’il y ait un quelconque besoin de clavier dans ce que nous faisons. »

Jim a dit une fois à propos du fait de faire de la musique originale : « Pour moi c’est très difficile, et on dirait que ça devient de plus en plus difficile. Il y a tant de musique là dehors, on dirait vraiment que tout a été fait et dit. » Ressent-tu les mêmes difficultés ?

Ouais, je suppose. C’est difficile de… Je ne sais même pas comment exprimer ça correctement. Je ne veux pas être influencé par quelque source extérieure que ce soit, comme d’autres groupes. Je ne veux pas faire ce que quelqu’un d’autre a fait, je ne veux pas refaire quelque chose que j’ai déjà fait. Donc ouais, il y a une volonté d’essayer de faire quelque chose de différent, mais il faut que ce soit fait naturellement. Nous ne voulons simplement pas refaire incessamment les mêmes choses et parfois c’est difficile.

Et comment surmontes-tu cette difficulté ?

Je croise les doigts ! (Rires) Je veux dire que tu espères simplement que tu ne fasses pas quelque chose que tu as déjà fait. Nous avons déjà réalisé tant d’albums et, lorsque j’écris quelque chose, je me demande littéralement « As-tu déjà fait ça auparavant ? » Mais en général ce n’est pas le cas… (Rires)

L’album contient une ballade de seulement une minute trente ainsi qu’une chanson épique longue de quinze minutes avec de grosses guitares. Est-ce que ce contraste symbolise le type de liberté qui caractérise Fates Warning ?

Ouais, je le pense. Le label est très cool car ils n’ont pas influencé ou dit quoi que ce soit à propos de quoi que ce soit que nous faisons. Mis à part le fait qu’ils n’ont pas aimé l’illustration, mais nous avons quand même dit que allions la garder. (Rires) Nous sommes un groupe de rock progressif et il est évident que nous allons faire des choses différentes. La chanson d’une minute était quelque chose pour laquelle nous n’étions pas sûrs si nous allions l’inclure ou pas. Mais, au final, nous nous sommes dit que ça ferait un contraste sympa avec le reste de ce que nous faisions. Et bien entendu, la chanson de quinze minutes, c’est un élément de base de Fates Warning. Je veux dire, il fallait que Jim écrive quelque chose qui était, de toute évidence, une chanson épique. Et je trouve qu’il s’est très bien débrouillé, c’est d’ailleurs ma chanson préférée dans l’album, pour être tout à fait franc.

L’album s’intitule Darkness In A Different Light, ce qui est plutôt énigmatique, dans la pure tradition de Fates Warning. Quelle est sa signification ?

C’était difficile de trouver un titre pour l’album. Nous avions de nombreux titres différents. Une fois que nous avons lu les paroles que j’avais assemblé, ça faisait sens, en quelque sorte. C’était très étrange que toutes les paroles, ou la plupart des paroles je dirais, traitaient d’ombre et de lumière. Je ne sais pas pourquoi. Ce n’était pas quelque chose de conscient, c’est juste comme ça que c’est arrivé. Jim a trouvé le titre et j’ai trouvé que c’était parfait. Je trouvais que ça faisait sens avec tout ce dont nous parlions. Quelqu’un pourrait débattre : (il prend une voix idiote) « Le noir sous une lumière différente ? Le noir c’est le noir ! Tu ne peux pas éclairer le noir ! » Peu importe. L’obscurité pour moi c’est davantage un état d’esprit, une manière d’être. Dans les paroles, « obscurité » et « lumière » ont beaucoup à voir avec l’espoir et la lumière au bout du tunnel. Tu vois ce que je veux dire ? C’est en quelque sorte ce que nous recherchions.

« Il est évident que Dream Theater est bien plus populaire ; peut-être qu’ils sont un bien meilleur groupe que nous ne le sommes. »

Ceci est le premier album de Fates Warning avec Frank Aresti depuis Inside Out. Comment c’était de l’avoir à nouveau à bord sur cet album ?

C’était super ! Nous avons tourné avec lui pendant un moment et nous n’arrêtions pas de parler de faire un autre album ensemble. En fait, il a joué sur l’album de Arch/Matheos et, encore une fois, une partie de ces chansons étaient supposées être des chansons de Fates Warning. Mais, ouais, c’était génial, j’aime Frank, il est super. Il n’a pas vraiment écrit quoi que ce soit sur l’album, il n’a fait que jouer de la guitare, mais c’est extra de l’avoir à nouveau.

C’est aussi le premier album avec Bobby Jarzombek à la batterie. Mark Zonder avait un style de jeu très caractéristique qui enrichissait beaucoup le caractère musical de Fates Warning. Était-ce difficile de remplacer Mark ?

Je ne dirais pas que c’était difficile. Bobby tourne avec nous depuis plus de cinq ans maintenant. Nous savions que pour le prochain album nous ferions appel à Bobby. Mark ne voulait plus vraiment être dans le groupe. Même après que nous ayons fait FWX, il voulait plus ou moins partir à ce stade mais nous lui avons demandé de faire cet album. Et c’est marrant car nous avions envisagé d’utiliser Bobby sur FWX et il a d’ailleurs fait quelques pistes. Mais nous voulions le faire avec Mark simplement pour les fans et l’histoire. Mais pour répondre à ta question, non, ce n’était pas du tout difficile. Je trouve que Bobby est incroyable. J’ai toujours su que nous avions fait le bon choix. C’est un batteur tellement super et je trouve qu’il apporte beaucoup. Mark était très technique. Bobby est aussi technique mais il est plus un batteur de rock, je dirais. Et je trouve que ça nous ajoute clairement un son différent.

Est-ce que le fait de tourner a aidé Bobby à adapter son jeu aux besoins de Fates Warning ?

Je le pense. Il a joué avec son frère Ron dans ce groupe progressif vraiment timbré, Spastic Inc, et maintenant il joue avec Rob Halford, Sebastian Bach et des gens comme ça. Donc, être avec nous, je pense que ça lui donnait un sentiment de challenge. Et il appréciait ça, je le sais. Il est très excité à propos de tout ce que nous avons fait sur l’album. Je lui parle presque tous les jours et, en tant que batteur, je pense qu’il apprécie l’opportunité de jouer autant que possible. De toute évidence, dans un groupe progressif, tu peux plus ou moins faire tout ce que tu veux, je pense donc qu’il est très heureux.

Es-tu toujours en contact avec Mark Zonder ?

Oh ouais ! Je lui ai parlé il y a quelques semaines. Il vie en Californie.

L’album sort chez Inside Out Music. « Enfin », j’ai envie de dire, car ça a toujours semblé être le label parfait pour Fates Warning, dans la mesure où c’est un label qui accueille beaucoup de groupes de metal progressif et qui partage son nom avec l’un de vos albums… Comment se fait-il que vous n’ayez pas signé plus tôt chez eux ?

(Rires) Nous avons été chez Metal Blade pendant une éternité. Ils avaient un très bon contact avec tout le monde dans le groupe. C’est marrant parce que Metal Blade est allé vers tellement de choses différentes. Ils ne traitent plus vraiment avec les plus vieux groupes comme nous. Évidemment, tous ces plus jeunes groupes sont bien plus heavy que nous le serons jamais. Nous avons donc discuté avec Brian Slagel (PDG de Metal Blade, ndlr) et nous avons pensé que nous devrions essayer de prendre une autre route pour voir s’il y avait quelque chose qu’un autre label pouvait faire pour nous. Nous avons demandé à Inside Out et ils étaient intéressés. Et il n’y a aucune animosité entre nous et Metal Blade. Brian et moi sommes toujours de très bons amis. Je lui ai d’ailleurs parlé hier. Il est seulement question d’essayer quelque chose d’autre, et il faut espérer que ça fonctionne. Nous verrons.

« Nous ne rajeunissons pas, nous devons profiter de ce qui se profile à l’horizon. Et une partie de ça, c’est le fait d’écrire et d’enregistrer de la nouvelle musique. »

Fates Warning est un groupe essentiel de metal progressif qui a toujours poussé le genre en avant. Pourtant, il n’a toujours pas la reconnaissance qu’il mérite. Est-ce frustrant d’être pionnier dans le genre et toujours être dans l’ombre du succès d’un groupe comme Dream Theater, par exemple, là où il devrait être au coude-à-coude ?

Frustrant… Je n’utiliserais pas le mot « frustrant ». Je dirais.. C’est notre faute. Je veux dire, Dream Theater et tous ces autres groupes font des albums tous les deux ou trois ans alors que nous, ça nous prend longtemps pour faire des albums. Je ne sais pas. Il est évident que Dream Theater est bien plus populaire ; peut-être qu’ils sont un bien meilleur groupe que nous ne le sommes. Et ils ont une audience plus large. Pour répondre à ta question : non, ce n’est pas du tout frustrant. Je n’y pense pas. Au contraire, comme je l’ai dit, c’est de notre faute, du fait que nous prenions autant de temps entre les albums.

Je sais que Fates Warning et Dream Theater sont amis. Donc, que penses-tu du nouveau Dream Theater ?

Je ne l’ai pas écouté, en fait. J’ai juste entendu une chanson que quelqu’un m’a fait écouter. Mis à part ça, je ne sais pas. Je n’écoute pas vraiment Dream Theater. Pour être franc, je n’écoute pas vraiment de musique progressive. Je ne pourrais même pas te dire ce que j’écoute. (Rires) Je ne me souviens plus du dernier album que j’ai acheté, pour être honnête. en fait, si, le dernier truc que j’ai écouté était A Perfect Circle, je peux te le dire maintenant. C’était le dernier album que j’ai écouté, c’était il y a quatre jours. Mais, franchement, je suis trop occupé pour m’asseoir et écouter de la musique.

Ça me fait d’ailleurs pensé à quelque chose : il y a une ligne de basse dans la chanson « I Am » qui me rappelle Tool. Est-ce une de vos influences ?

Je ne sais pas. Il faut que je demande à Joey à ce sujet. Ce qui est drôle à propos de cette chanson c’est que Bobby est crédité en tant que compositeur sur cette chanson : il a écrit la partie de batterie et l’a envoyé à Jim qui a écrit les guitares autour, ce qui est inhabituel, nous n’avions jamais fait ça auparavant. Et, franchement, c’est d’ailleurs l’une de mes chansons préférées sur l’album. Mais, non, ce n’était pas voulu de sonner comme qui que ce soit. J’ai entendu cette remarque de quelqu’un d’autre. J’ai joué l’album pour quelques amis et l’un d’eux a dit : « Ça sonne comme Tool ! » Et je disais « Mec, vraiment ? OK, ce n’était pas intentionnel. »

Qu’en sera-t-il du prochain album de Fates Warning : est-ce qu’il faudra attendre encore dix ans ?

(Rires) Non, j’espère pas. Non. Nous en avons déjà parlé. Nous allons tourner autant que possible pour cet album. L’intention est maintenant d’aller en Europe, revenir, aller en Amérique et ensuite revenir en Europe et faire quelques festivals d’été et tourner en Amérique et faire un autre album. Tu sais, nous ne rajeunissons pas, nous devons profiter de ce qui se profile à l’horizon, je pense. Et une partie de ça, c’est le fait d’écrire et d’enregistrer de la nouvelle musique. J’attends avec impatience ce que le future nous réserve. Nous nous sommes rendus compte de nos erreurs en prenant neuf ou dix ans pour faire un album. C’est notre carrière, c’est notre vie. Nous avons fait ça pendant vingt-cinq ans et nous ne devrions pas nous en ficher. Nous devrions profiter de la situation et écrire de la musique. Donc, pour répondre à ta question : non ! (Rires)

Je sais que vous avez déclaré que le line-up actuel est le meilleur que Fates Warning ait jamais eu. Avez-vous donc pensé à enregistrer un concert ?

Non, à ce stade c’est trop tôt pour penser à ça. Mais à savoir s’il y a une possibilité : absolument. Mais, qui sait, peut-être que ça se fera à un moment dans le future. Il y a tant de concerts que nous essayons de mettre en place, il est donc possible que l’un d’entre eux soit enregistré. Nous verrons. Ce serait fun. Ce serait assurément un truc super de faire jouer à Bobby et Joey certains des vieux trucs. Ce serait sensationnel. Nous verrons ce qui adviendra.

Interview réalisée par téléphone le 28 août 2013 par Spaceman.
Traduction et retranscription : Spaceman

Site internet officiel de Fates Warning : www.fateswarning.com

Album Dakness In A Different Light, sorti le 30 septembre 2013 chez InsideOut Music.



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